Il y a des années, de cela, quelqu’un m’a passé une coupure de journal où il était question de la localisation du mont Sinaï en Arabie plutôt que dans la péninsule du Sinaï. A l‘époque, j’avais haussé les épaules et jeté l’article que je considérais comme farfelu. Je commettais ainsi l’erreur que font beaucoup de gens quand on leur présente quelque chose de différent de ce qu’on les a conditionnés à croire depuis leur enfance. Ma première réaction, en découvrant l’article de Potter a été : « Encore ? ». Mais les années m’ayant apporté un peu de sagesse, j’ai lu attentivement l’article et je suis allé sur le site de Ron Wyatt. Ma conclusion : les arguments sont suffisamment pertinents pour que nous les prenions au sérieux, d’autant plus que nous avons le témoignage de l’apôtre Paul, ce que je n’avais jamais remarqué. (Je ne le dirai jamais assez : nous ne lisons pas les Écritures avec suffisamment d’attention.) – M. Kahne

OU EST LE VERITABLE MONT SINAI ?


par George Potter
www.nephiproject.com

Car Agar, c’est le mont Sinaï en Arabie (Galates 4:25)

La crainte de Dieu et une dizaine d’autres émotions me remplissaient le cœur quand je me suis mis à monter sur la montagne. Cela se passait en Arabie, par une chaude après-midi de mai 1995. Notre destination était ce qui passait pour être la caverne où Élie avait entendu le murmure doux et léger de Dieu. Je ne cessais de me poser la question : « Sommes-nous les premiers saints des derniers jours à escalader le véritable mont Sinaï ? » Si oui, Craig Thorsted, Tom Culler et moi, nous étions en train de grimper sur la montagne où Moïse avait reçu sa grande vision (Ex 19:3 ; Éz 40:2 ; Ap 21:10 ; Moïse 1:42) où le prophète reçut sa dotation (Moïse 1), où Moïse reçut son appel de retourner en Égypte et de libérer les enfants d’Israël (Moïse 3), la montagne sur laquelle les dix commandements furent gravés par le doigt de Dieu. Je ne pouvais m’empêcher de me demander si nous ne jouions pas un rôle modeste mais important en identifiant la montagne dont certains saints croient qu’elle jouera un rôle dans l’annonce de la Seconde Venue (D&A 29:13), tandis que les musulmans prétendent que c’est là que Jésus-Christ adoptera la foi lorsqu’il reviendra dans les derniers jours .

Nous n’étions pas les premiers saints des derniers jours à tenter de trouver le candidat arabe pour le mont Sinaï. D’autres équipes avaient utilisé les instructions qui se trouvent sur le site internet de Ron Wyatt (http://www.anchorstone.com) et dans le livre de Larry Williams et de Cornuke, The Mount Sinai Myth, mais n’avaient pas réussi à localiser la montagne. Effectivement, les indices fournis par Wyatt, Williams et Cornuke ne nous ont pas été d’une grande utilité non plus. A l’aide de renseignements glanés dans des tentatives précédentes de trouver la montagne, nous avons finalement pu localiser celle qui semble aujourd’hui être une meilleure candidate pour le mont Sinaï que le candidat traditionnel de la péninsule du Sinaï. Bien que la rumeur concernant l’existence du mont Sinaï arabe coure depuis près de 200 ans, nous l’avons, mes compagnons et moi, maintenant visité à plusieurs reprises et avons ce qui est probablement le relevé photographique le plus détaillé des monuments archéologiques qui s’y trouvent.

Pourquoi est-il important pour la communauté des saints des derniers jours de localiser le véritable mont Sinaï ? Premièrement, le mont Sinaï est le plus ancien de tous les temples connus. Étant donné son rôle dans les derniers jours, il apparaît qu’il est toujours consacré comme site de temple, comme « maison du Seigneur ». Le dictionnaire de l’édition de la Bible de l’Église dit dans la rubrique Temples : « En cas d’extrême pauvreté ou d’urgence, ces ordonnances (celles du temple) peuvent parfois être accomplies au sommet d’une montagne (voir
D&A 124:37-55). C’est peut-être le cas du mont Sinaï. » Deuxièmement, cela fournit aux fidèles un véritable site biblique, un site qui est resté pour ainsi dire ignoré depuis l’époque de l’Exode. Troisièmement, notre exploration du mont Sinaï a permis la découverte de plusieurs emplacements possibles du Livre de Mormon, notamment de la vallée de Lémuel et de la rivière Laman (voir notre site internet http://www.nephiproject.com).

Quelles sont les caractéristiques du mont Sinaï ?

Avant d’explorer le désert arabe à la recherche de la montagne, nous avons fait la liste de ce que les Écritures en disaient :

1. On la disait située en Arabie (pas dans la péninsule du Sinaï) (Galates 4:25) et non en Égypte (Exode 2:15, 19 ; 3:8, 10, 12). La péninsule du Sinaï fait partie de l’Égypte et il en était ainsi du temps de Moïse).
2. On la disait située à l’extrémité du coin nord-ouest de l’Arabie appelé Madian (Exode 4:19-25).
3. On disait que le buisson ardent et plus tard le camp d’Israël étaient situés à l’arrière de la montagne, le côté éloigné de la patrie de Moïse et de Jéthro (Exode 3:1-2).
4. Un autel de pierres non taillées y fut construit (Exode 20:24-26).
5. Il y avait un torrent (Deutéronome 9:21).
6. Un autel pour le veau d’or fut dressé non loin du mont Sinaï (Exode 32:17-19).
7. Des limites furent marquées pour empêcher les enfants d’Israël de monter sur la montagne (Exode 19:23).
8. Douze pierres furent érigées, une par tribu (Exode 24:4).
9. Sinaï avait une caverne habitable utilisée par Élie (1 Rois 19:8-9).
10. La montagne était « une très haute montagne ».
11. Il y avait suffisamment de place pour que quelque 3 000 000 d’Israélites campent à côté de la montagne (Exode 12:37).
12. Depuis l’emplacement du camp au pied de la montagne, les enfants d’Israël pouvaient voir la présence de Dieu (Exode 19:17-18).
13. Il y avait largement de quoi faire paître leurs animaux pendant une période de temps prolongée.

Le site traditionnel de la montagne de Moïse

Ce n’est apparemment pas pour un motif rationnel qu’il a été décidé que la montagne de Ste-Catherine, dans la péninsule du Sinaï, était le mont Sinaï. Tout ce que nous savons, c’est qu’un médium a convaincu Constantin que cette montagne solitaire près de l’extrémité sud de la péninsule du Sinaï était la montagne sacrée. Nous avons visité le mont Ste-Catherine, Tim Sedor et moi, et nous avons trouvé que c’était un mauvais candidat. Williams et Cornuke ont également visité Ste-Catherine et ont donné les raisons suivantes pour lesquelles il ne pouvait pas être le mont Sinaï. 1) Moïse n’aurait pas fait faire plus de 300 km aux troupeaux de Jéthro pour les amener dans une région qui est presque entièrement dépourvue de fourrage pour les moutons. 2) Il n’y a pas suffisamment de place pour un grand camp à l’emplacement de Ste-Catherine. Le lieu de campement le plus proche aurait été ce que l’on appelle l’oued du Repos. Cet oued ne pouvait pas être le lieu où les enfants d’Israël ont campé parce que la montagne n’est pas visible de là et nous savons que les enfants d’Israël ont pu voir la présence de Dieu sur la montagne. 3) Le terrain est extrêmement aride, les troupeaux des enfants d’Israël seraient morts de faim. 4) Moïse, qui avait alors quatre-vingts ans, aurait été obligé d’escalader une montagne qui nécessite du matériel d’alpinisme. 5) La montagne n’a pas de source d’eau potable. Pourquoi Moïse aurait-il amené plus de 2,5 millions de personnes à un endroit où il n’y avait pas d’eau ? 6) Il n’y a aucun indice archéologique de la présence d’un camp de près de 3 000 000 de personnes. 7) On n’y trouve aucun des autres éléments décrits dans la Bible (p. ex. la caverne, le torrent, etc.).

Nous en avons conclu que la conception traditionnelle que le mont Sinaï se trouve à l’extrémité sud de la péninsule du Sinaï est un mythe entretenu principalement par le ministère égyptien du tourisme. Après être allé voir la montagne en 2001, je comprends pourquoi sa crédibilité est mise en doute depuis plus d’un siècle.

Alors, où est la montagne de Dieu ?


Un commentaire moderne de la Torah contient une carte montrant huit candidats possibles pour le mont Sinaï. En fait, il y a des millénaires que les érudits et les explorateurs recherchent en vain le mont Sinaï, et les Écritures ont l’air de dire que le véritable emplacement de la montagne pourrait ne jamais être révélé (Moïse 1:42). Il semble cependant que l’apôtre Paul ait connu l’emplacement du Sinaï. Il le situe en Arabie (Galates 4:25) et non dans la péninsule du Sinaï. Son témoignage semble basé sur ce qu’il a vu quand il était en Arabie. Il écrit : « … je ne montai point à Jérusalem vers ceux qui furent apôtres avant moi, mais je partis pour l’Arabie… » (Galates 1:17). Ayant passé du temps en Arabie, il est possible qu’il ait visité lui-même la montagne. Quoi qu’il en soit, si nous devons nous fier à ce grand apôtre, nous pouvons éliminer sept des huit endroits proposés parce qu’ils ne se trouvent même pas en Arabie.

Ce qui impressionne dans le seul candidat pour le mont Sinaï en Arabie, c’est le nombre de restes archéologiques que l’on trouve à son pied. La montagne est fort isolée, pourtant il y a des objets de fabrication humaine qui donnent à penser que c’est le mont Sinaï. Il s’agit de ce que Williams et Cornuke croient avoir été l’autel de Moïse, onze empilements de pierre que l’on trouve à côté de la montagne et qui semblent être « des marqueurs de frontières, une formation rocheuse naturelle au sommet de laquelle on a taillé un autel de haut-lieu du genre de ce que l’on trouve à Pétra et qui est entouré de pétroglyphes de veaux égyptiens stylisés (l’autel du veau d’or) et des piliers de marbre à moitié enterrés qui ont été brisés en plusieurs morceaux. Il y a aussi un lit de torrent asséché qui passe à côté de l’autel et une caverne habitable qui surplombe les monuments archéologiques.

Ce que disent les Écritures :

Le livre des Juifs, la Torah, qui signifie Enseignement, et l’Ancien Testament hébreu placent le mont Sinaï en Arabie. Bien que nous ne sachions toujours pas où se trouvent 55% des endroits dont le nom est mentionné dans la Bible, plusieurs noms de lieu-clés ont été transmis depuis l’Antiquité . L’un d’eux est Madian où se trouvait le mont Sinaï.

Voici ce que dit le récit de Moïse :

Moïse s'enfuit de devant Pharaon, et il se retira dans le pays de Madian, où il s'arrêta près d'un puits.

Le sacrificateur de Madian avait sept filles. Elles vinrent puiser de l'eau, et elles remplirent les auges pour abreuver le troupeau de leur père.

Les bergers arrivèrent, et les chassèrent. Alors Moïse se leva, prit leur défense, et fit boire leur troupeau (Exode 2:15-17).

La recherche a abondamment montré que Madian était à la fois une localité et aussi un « pays » dans le nord-ouest de l’Arabie. Sa frontière occidentale est constituée par le rivage oriental du golfe d’Akaba. Sa capitale, Madyan, était une étape majeure sur l’antique route du commerce de l’encens, qui allait du sud de l’Arabie jusqu’en Égypte et a dû être l’endroit que Moïse a dû tout naturellement atteindre en fuyant l’Égypte par la piste menant au grand désert . La ville s’appelle aujourd’hui officiellement al-Bada’a. Néanmoins, les cartes arabes modernes du nord-ouest de l’Arabie donnent toujours à la ville le nom de Shu’ayb, forme arabe de Jéthro.

La LDS Bible (édition 1979), carte 6, The Ancient World at the Time of the Patriarchs, va dans le même sens que les géographes islamiques en situant Madian en Arabie à côté du golfe d’Akaba. Les premiers explorateurs occidentaux de la région s’accordent pour dire que Madian constituait le coin nord-ouest de l’Arabie (Beke (1834), Burton (1878) , Wallhausen (1886), Sayce (1894), Moore (1895), Shede (1897), Gall (1898), Gunkel (1903), Meyer (1906), Schmidt (1908), Gressmann (1913), Haupt (1914) et Musil (1911) .

Il y a plus de mille ans, le géographe islamique Al-Hauqal écrivait qu’il y avait, à Madian, un puits utilisé par Moïse pour abreuver les troupeaux de Jéthro (Shu’aib). Il expliquait déjà alors que le nom de la localité provenait de la tribu de Jéthro . Al-Muqqaddasi, qui écrivait à la même époque, dit : « On peut voir ici la pierre que Moïse déplaça quand il abreuva les troupeaux de Shu’aib. L’eau, ici, est abondante ».

Les géographes arabes situent le pays de Madian à l’ouest de la ville de Tabuk , d’où l’on peut déduire que le pays de Madian n’avançait pas loin à l’intérieur de l’Arabie. Tabuk est à moins de 240 kilomètres à l’est du golfe d’Akaba. Abdulla Al-Wohaibi, qui a compilé les écrits des géographes arabes entre 900 et 1100 de notre ère, note : « L’attention que les géographes arabes ont toujours accordée à Madyan vient du fait qu’il est cité dans le Coran à propos de l’histoire du prophète Shu’aib [Jéthro] . »

Certains essaient de justifier le mythe de l’existence du mont Sinaï dans la péninsule égyptienne du même nom en disant qu’à l’époque de Moïse, Madyan devait s’étendre jusque dans la péninsule du Sinaï. James Montgomery, spécialiste de la Bible, rejette ceci : « Le pays situé à l’ouest d’une ligne allant de l’oued de l’Égypte au golfe élanitique [le golfe d’Akaba] a toujours fait partie de la sphère politique égyptienne et c’est effectivement la frontière actuelle de l’Égypte… Les Arabes du sud appelaient « Égypte » la même région Msr, c’est-à-dire Mitsraïm . Les restes d’anciennes mines de cuivre égyptiennes près de Ste-Catherine confirment l’idée que l’Égypte dominait le Sinaï.

Bien que les traditions locales puissent être trompeuses, les habitants de Madian (al-Bada’a) ont une tradition abondante sur Moïse et son beau-père Jéthro. Outre le fait que le nom traditionnel de la localité soit Jéthro, les gens de l’endroit s’empressent de vous montrer les cavernes de Moïse, les puits de Jéthro, l’oued Horeb, l’oued de Moïse et les Eaux de Moïse. H. St. John Philby, le célèbre explorateur de l’Arabie, écrivit lors de sa visite à Madian : « D’ici, nous avons escaladé, mon guide et moi, les falaises pour visiter les ‘cercles’ de Jéthro au sommet de la crête Musalla, d’où nous sommes descendus très facilement vers notre camp à l’autre bout… un cairn marquait l’endroit où Jéthro est censé avoir prié et il y a tout autour de nombreux cercles… d’ici j’avais une vue magnifique sur toute la chaîne de montagnes de Madian, avec Lauz [Djebel al-Lawz] et les autres pics qui lui sont associés au nord-est… »

L’Exode nous dit ceci à propos de l’endroit où Moïse a vu le buisson ardent :

Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro, son beau-père, sacrificateur de Madian; et il mena le troupeau derrière le désert, et vint à la montagne de Dieu, à Horeb » (Exode 3:1).

Comme le disait Philby, le mont al-Lawz est visible d’al-Bada’a (ville de Madian) et se situe à son nord-est. D’après la Bible, ce serait là le mont Sinaï. Premièrement, c’est là que Moïse emmena les troupeaux de Jéthro, ce qui veut dire que la montagne est dans les environs d’al-Bada’a. Deuxièmement, puisque l’Arabie est connue depuis longtemps comme étant « le désert », son côté arrière serait l’intérieur ou l’est, pas le rivage. Cela veut dire également que le buisson ardent était du côté est des montagnes, du côté de la montagne opposé à la ville d’al-Bada’a (Madian). Puisque le lieu de résidence de Jéthro dans la vallée où existaient les grandes colonies était du côté ouest de la montagne, le côté arrière devait être le côté de la montagne opposé à la résidence de Jéthro et de la ville de Madian.

Ceci décrit exactement l’endroit où nous avons trouvé les monuments et les pétroglyphes. Non seulement la montagne est au nord-ouest d’al-Bada’a, mais les monuments que nous avons trouvés sont du côté est de la montagne. Le récit de l’exode dans le Coran semble confirmer l’idée que le côté arrière du Sinaï était effectivement le côté est. Quand nous lui faisons face de l’endroit où Jéthro habitait, le mont se trouve au nord-est, c’est-à-dire à notre droite. Le Coran dit que le Seigneur apparut à Moïse du « côté droit » de la montagne. (Coran 19:52, voir la traduction d’Abdullah Yusuf Ali, note 2601, qui montre que le côté droit était le côté est.)

Bien que ces arguments soient clairs et cadrent avec le récit biblique, il y en a malgré tout qui prétendent que le mont Sinaï était dans la péninsule du Sinaï. Ils avancent l’argument qu’il y a des récits bibliques dans lesquels des bergers emmènent les troupeaux dans des pays lointains. Ils disent : « Peut-être Moïse a-t-il emmené les troupeaux de Jéthro dans une longue recherche de nourriture et a fini par arriver dans le sud de la péninsule du Sinaï.

C’est peu probable, surtout si l’on sait que la région tout entière autour du site de Ste-Catherine ne convient pas comme pâture. Au cours de son long mandat le gouverneur anglais du Sinaï après la Première Guerre mondiale apprit à connaître la péninsule comme aucun autre occidental avant lui. Écrivant dans ‘Yesterday and Today in Sinai’, C. S. Jarvis affirme qu’il était tout à fait impossible que les multitudes israélites et leur bétail traversent et encore moins se nourrissent pendant plus d’un an dans « les éboulis de granite pur » du sud du Sinaï. D’ailleurs, pourquoi Moïse irait-il faire sortir les troupeaux de Jéthro d’Arabie pour les conduire dans la péninsule du Sinaï où les pâturages sont moins bons et où Moïse était un proscrit ? Il ne faut pas oublier que des garnisons égyptiennes protégeaient les mines de cuivre non loin de la montagne de Ste-Catherine.

Par contre, nous avons observé de grands camps bédouins dans et autour des montagnes de Madian. L’historien Abdulla Al-Wohaibi dit que Madian était « une ville antique florissante ayant de nombreux puits et des sources permanentes dont l’eau avait un bon goût. Il y a des fermes, des jardins et des bosquets de palmiers . » Il semble que, dans les temps anciens, il y ait eu plus de fourrage qu’il n’en fallait pour les moutons à Madian. Le Grec Agatharkidès de Cnide écrit à propos de Madian : « Le pays est rempli de chameaux sauvages ainsi que de troupeaux de cervidés, de gazelles, de moutons, de mules et de bovidés. » Il note aussi qu’en conséquence le gibier « attire de nombreux lions, loups et panthères . »

Si le mont Sinaï est à Madian, où est-il ? La chose la plus naïve à faire est de simplement prendre une carte routière moderne et de la suivre. Les cartes routières les plus utilisées en Arabie sont publiées par Eng. Zaki M. A. Farsi. Son guide de Tabuk couvre le pays de Madian. La carte routière moderne montre une piste qui part de l’oued I’fal vers l’est, à 16 km environ d’al-Bada’a. La piste conduit directement vers une haute montagne en forme de V, qui s’élance vers le ciel. La vallée s’appelle « wadi Musa », c’est-à-dire vallée de Moïse. Elle prend fin à la base occidentale de la montagne en forme de V. C’est à l’arrière ou du côté est de cette montagne que nous avons trouvé les monuments qui font penser que le véritable mont Sinaï se trouve ici.

Il y a beaucoup d’autres raisons de croire que le pic situé à 15 km au sud du Djebel al-Lawz est le meilleur candidat pour le mont Sinaï. Nous avons découvert, mes collègues et moi, d’autres informations sur le sujet. Nous envisageons, Richard Wellington et moi, d’écrire un livre qui traite de la montagne, de la piste suivie par les enfants d’Israël jusque là, de l’endroit où ils ont traversé la mer Rouge et des campements où ils ont séjourné avant d’atteindre de mont Sinaï.

Traduit et mis sur le site avec la permission de George Potter

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A PROPOS DE ANCHOR STONES

M. Kahne

C’est un site qui ne manque pas d’intérêt. Ron Wyatt y développe une théorie concernant l’itinéraire de l’exode d’Israël et l’emplacement du mont Sinaï qu’il appuie sur des recherches sur le terrain, recherches rendues aléatoires par la difficulté d’obtenir les autorisations nécessaires pour faire les fouilles archéologiques indispensables.

Voici l’essentiel de sa théorie. La péninsule dite du Sinaï étant sous le contrôle de l’Égypte, pour échapper aux troupes du pharaon, il fallait que les Israélites traversent la mer Rouge vers l’Arabie. Il situe la traversée à la hauteur de Nuweiba (voir la carte), ceci pour trois raisons : 1) à cet endroit, il y a une crête sous-marine située à une profondeur d’environ cent mètres (contre 900 et 1500 mètres de part et d’autre). Cette crête a une largeur de 11 à 16 km et présente tant du côté arabe que du côté égyptien une pente douce de 8%. En outre, le sol y est très égal, ce qui permet de le parcourir facilement. 2) En plongeant près de la côte du côté de la péninsule, l’équipe a trouvé de nombreuses roues, les unes avec leur essieu, d’autres sans. Ils ont trouvé plusieurs roues à 6 rayons, une à 8 rayons et finalement une roue à 4 rayons, plaquée or en presque parfait état de conservation. Ils ont aussi trouvé des châssis de char sans roues. Ces trois types de roues permettent de situer l’Exode à la 18e Dynastie (vers 1400 av. J.-C.). Ils ont également trouvé un fémur humain. Ils ont pris des photos d’autres débris et d’ossements empilés, soit exposés, soit incrustés dans du corail. 3) A Nuweiba et, en face, sur le territoire saoudite, il y a une vaste plage capable de recevoir des milliers de personnes.

Une fois la mer Rouge (en fait le golfe d’Akaba) traversée, un vaste oued (vallée) mène directement au candidat arabe pour le mont Sinaï. Le peuple ne va pas l’emprunter parce que s’il l’avait fait, il se serait trouvé en terrain découvert, à la merci des Amalécites, qu’il devra de toutes façons affronter plus tard, mais dans de meilleures conditions. Selon la Bible, il va d’abord passer par Mara, Élim, Dophka et Alusch pour arriver enfin à Rephidim, du côté ouest du Sinaï. Seule Élim est identifiable, car, selon Nombres 33:9, il s’y trouve 12 sources d’eau et 70 palmiers. Les Israélites vont emprunter un oued allant vers le sud et aboutir à ce qui est aujourd’hui une très vaste oasis ayant douze sources et des centaines de palmiers (les 70 de la Bible ayant sans doute proliféré). Après avoir suivi une vallée vers l’est, les Israélites remontent vers le nord et arrivent à Rephidim. C’est là que, selon Exode 17:4-6, Moïse frappe le rocher d’où il fait jaillir de l’eau. Wyatt dit avoir vu le rocher, qui a 18 m de haut et se trouve à environ 30 m au-dessus du niveau du sol. Ce rocher est fendu au milieu et présente des traces d’érosion par l’eau et l’on peut voir que de nombreux ruisseaux en ont coulé dans plusieurs directions.

Il a, là aussi, une plaine immense où la bataille avec les Amalécites (Exode 17) a pu se dérouler.

Partout à Rephidim, il y a des cercles de pierres qui semblent avoir été les pierres retenant des tentes.

A propos du mont Sinaï (le Djebel el Lawz), Wyatt signale que le pic de la montagne est entièrement noirci. Il attribue cela à l’effet de la présence de Dieu qui semble avoir provoqué des effets volcaniques (Exode 24:17 ; Deutéronome 4:11, 5:4, 23).

Dans Exode 19:12, Dieu commande à Moïse de mettre autour de la montagne des limites que le peuple ne peut pas franchir sous peine de mort. « L’enceinte sacrée » est aujourd’hui entourée de colonnes de 5m50 de diamètre, dont on ne peut plus voir que le sommet, la terre s’étant accumulée au fil des siècles.

Wyatt pense aussi avoir trouvé l’autel du veau d’or. Celui-ci porte des représentations de style égyptien de vaches et de taureaux, un genre de pétroglyphe que l’on ne trouve nulle part ailleurs en Arabie. En grimpant au sommet de l’autel, il dit avoir remarqué quelque chose de rouge et de luisant. A cet endroit, il y avait un creux de 10 x 15 cm qui semblait résulter d’une usure. En regardant de plus près, il a vu que le rouge provenait de minuscules traces d’or incrustées dans le creux du rocher. Son interprétation : c’est là que, selon Deutéronome 9:21, Moïse aurait brûlé le veau d’or, l’aurait réduit en poudre et l’aurait répandu dans le torrent pour le faire boire à Israël. Le creux serait le résultat du frottement de l’instrument utilisé par Moïse. Le lit asséché du torrent est bien visible, venant des hauteurs de la montagne, descendant jusqu’au bord de « l’enceinte sacrée », puis se dirigeant vers le nord. Il y a aussi des indications qu’un système très complexe de récolte de l’eau ait été créé, avec un lac et des puits.

Dans Exode 24:4, Moïse dresse douze pierres pour les tribus d’Israël. Dans « l’enceinte sacrée » on voit un demi-cercle de 12 grands rochers estimés avoir environ 1m80 de large et 2m70 de haut.

A un endroit de la montagne on aperçoit aussi une caverne qui pourrait bien être celle où Élie se réfugia (1 Rois 19:8-9).

On trouvera de nombreux autres détails ainsi que des photos sur le site de Wyatt.

Tout cela est très intéressant et mériterait que des fouilles soient faites sur les lieux par des archéologues de métier.
 

NOTES


Hadith, Riyadh-US-Salahîn, Imam Adu Zakariya Yahya Bin Sharaf An-Nawawi, vol. II, Riyadh, International Islamic Publishing House, p. 873.
Yohanan Aharoni, The Land of the Bible: A Historical Geography, trad. A. F. Rainey, 2e éd., Philadelphie, Westminster, 1979, p. 129.
Abdulla Al-Wohaibi, The Northern Hijaz in the Writings of the Arab Geographers 800-1150 B.C., p. 142.
Richard Burton, The Gold Mines of Midian, and the ruined Midianite cities, 1878, Cambridge, Angleterre, Oleander, 1979.
www.anchorstone.com
Abdulla Al-Wohaibi, The Northern Hijaz in the Writings of the Arab Geographers 800-1150 B.C., p. 142.
Al-Wohabi, p. 142.
Burton, p. 169.
Al-Wohaibi, p. 142.
James A. Montgomery, université de Pennsylvanie, 1934, p. 31.
H. St. John Philby, The Land of Midian, Londres, Ernest Bean Limited, p. 222.
Al Wohaibi, p. 141.
Burton, p. 108.
Eng. Zaki M. A. Farsi, Map and Guide of Tabuk, Djedda, Farsi.
 

 


 

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