Les Chercheurs du 17ème siècle

 

Gary W. Ellsworth

 

Le 18 mars 1612, Bartholomew Legate subissait le martyre et devenait l'un des derniers hommes à brûlés vifs sur l'échafaud pour hérésie en Angleterre. Son crime ? Il attendait le rétablissement de la véritable Église du Christ.

 

Legate est considéré comme le fondateur des 'Chercheurs' (Seekers), bien qu'il n'ait jamais rien organisé officiellement. Les 'Chercheurs' étaient des gens qui pensaient que « Dieu allait bientôt faire une nouvelle révélation par l'intermédiaire 'd'apôtres miraculeux' et d'un 'envoyé miraculeux' et que jusqu'à l'apparition de cette nouvelle révélation, il n'y avait pas 'd'Église véritable', pas de 'baptême véritable' et pas de 'chrétien que l'on pût voir'. »[1] Legate recherchait 'un homme remarquable qui serait suscité par Dieu' pour relever l'Église véritable 'des cendres'.

 

D'où venaient ces idées ? Legate a peut-être reçu ces idées des chercheurs mennonites en Zélande, dans les îles du Danemark, où il se rendait souvent pour affaires. Mais ces idées en elles-mêmes datent de bien avant cela. Un bon siècle auparavant, un contemporain de Martin Luther, du nom de Johannes Denck (1495-1527), avait passé la majeure partie de sa vie à enseigner la doctrine anabaptiste à Augsbourg, en Allemagne, mais avait conclu alors qu'il n'avait même pas l'autorité pour prêcher ou baptiser, puisque cette autorité devait venir de Dieu.

 

Un autre auteur anabaptiste, qui vécut vers les années 1500, a exprimé comme suit ses sentiments profonds : « En raison de l'avènement de l'Antéchrist et de la dévastation qu'il a semée juste après la mort des apôtres... je suis... tout à fait certain que depuis maintenant quatorze siècles, il n'y a pas eu d'Église établie, ni d'ordonnances. »[2]

 

Ces mêmes idées prêchées avec éloquence par Legate, se sont perpétuées après sa mort. En Nouvelle-Angleterre, Roger Williams avait la conviction vers 1639 que personne n'était autorisé à accomplir des baptêmes sur la terre. Il a conseillé à ses fidèles d'attendre 'la venue de nouveaux apôtres',[3] et ils se sont séparés pour devenir 'ce genre de secte appelée Chercheurs'.[4] Il est intéressant de remarquer que Roger Williams, quand il était enfant, vécut près de la place de Smithfield où Legate fut exécuté ; il est possible qu'il ait entendu certains de ses enseignements.

 

De nombreux hommes éminents de la société anglaise étaient soit des 'chercheurs' soit des sympathisants de leurs idées, par exemple, Sir Henry Vane, principal porte-parole au Parlement, John Jackson, ministre des finances sous Oliver Cromwell, John Milton, le poète, et Oliver Cromwell en personne. Dans une lettre à sa fille Elisabeth, il termine par cette phrase : « Et donc le fait d'être un 'chercheur' consiste à faire partie de la meilleure secte après celle des 'trouveurs', ce que deviendront à la fin tous les chercheurs fidèles et humbles. Heureux celui qui cherche car il trouvera. »

 

Qu'est-il arrivé aux 'chercheurs' ? Ils n'ont pas établi d'Église parce qu'ils ne croyaient pas détenir l'autorité. Ils ne purent donc pas subvenir à leurs propres besoins spirituels. Ce même John Jackson, qui servit Cromwell, dit que beaucoup de fidèles, fatigués d'attendre, partirent en disant : « Venez, retournons en Égypte chercher du pain. Il vaut mieux être nourri par les corbeaux (les ministres presbytériens portaient des soutanes noires) que de mourir de faim. »[5] D'autres devinrent des Quakers.

 

Le petit groupe de chercheurs vécut et expira pendant le 17ème siècle, et ce ne fut que 170 ans après que Joseph Smith reçut les clés du rétablissement en 1830. Nous sommes les 'heureux qui ont trouvé' dont parlait Oliver Cromwell, et nous avons reçu le don recherché par les chercheurs ; nous pouvons avoir l'assurance que notre travail généalogique permet à de nombreux 'chercheurs' de progresser dans leur désir de vivre l'Évangile.

 



[1] Rufus M. Jones, Mystical Religion (Londres, 1909), p. 454

[2] Sebastian Frank, lettre écrite en 1531 et citée dans George Hunston Williams, Spiritual and Anabaptist Writers, Cambridge, Massachussetts, Harvard Press, 1957, p. 49

[3] Cotton Mather, Magnalia Christi Americana, or the Ecclesiastical History of New England, revu et abrégé par Raymond J. Cunningham, New York, Frederick Unger Publishing Co., 1970, p. 129

[4] Oliver Cromwell, lettre à sa fille, 25 oct. 1643, dans Cromwell, Edition Maurice Ashley (Englewood Cliffs, New Jersey, Prentice Hall 1969), p. 14

[5] John Garrett, Roger Williams, Witness Beyond Christianism, Londres, The Macmillan Co., 1970, p. 171.

 

 

 

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