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LA RESURRECTION, UNE ANCRE POUR l’AME
Comment le témoignage de la résurrection de Jésus-Christ et de notre
résurrection à venir peut-il nous fortifier dans nos épreuves ?
Introduction
Harold B. Lee avait un ferme témoignage de la résurrection de Jésus-Christ, qui
fut encore fortifié peu de temps après son appel au Collège des douze apôtres en
avril 1941. Il raconta : « L’un des Douze vint vers moi et me dit : ‘Nous
voudrions que vous soyez l’orateur lors de la réunion de dimanche soir. C’est
pour le dimanche de Pâques. En tant qu’apôtre ordonné, vous devez être un témoin
spécial de la mission et de la résurrection du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.’
Je pense que ce fut la perspective la plus effrayante et la plus puissante de
tout ce qui m’était arrivé jusqu’alors.
« Je me suis isolé dans l’une des pièces du siège administratif de l’Eglise et
j’ai pris la Bible. J’ai lu les quatre évangiles, en particulier les passages
sur la mort, la crucifixion et la résurrection du Seigneur et, pendant que je
lisais, j’ai senti qu’il se passait quelque chose d’étrange. Je ne me contentais
pas de lire une histoire, parce que ces événements semblaient si réels que
j’avais l’impression de les vivre. Le dimanche soir, j’ai donné mon humble
message et j’ai dit : « Maintenant, moi, l’un des plus petits des apôtres ici-bas
aujourd’hui, je vous témoigne que je sais aussi de toute mon âme que Jésus est
le Sauveur du monde, qu’il a vécu, qu’il est mort et qu’il est ressuscité pour
nous.’
« Je le savais parce que j’avais reçu un témoignage particulier la semaine
précédente. Puis quelqu’un dans l’assemblée m’a demandé : ‘Comment le savez-vous
? L’avez-vous vu ?’ Je peux dire que le témoignage que l’on obtient par le
pouvoir du Saint-Esprit qui atteste à notre esprit que Jésus est le Christ et le
Sauveur du monde est plus puissant que la vue [1] .»
Enseignements de Harold B. Lee
En quoi la réalité de la résurrection est-elle une « promesse réconfortante » ?
« Le premier jour de la semaine, les femmes se rendirent au sépulcre de grand
matin… Elles trouvèrent que la pierre avait été roulée de devant le sépulcre ;
et, étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Comme
elles ne savaient que penser de cela, voici, deux hommes leur apparurent, en
habits resplendissants. Saisies de frayeur, elles baissèrent le visage contre
terre ; mais ils leur dirent : Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui
est vivant ? Pour vous, ne craignez pas ; car je sais que vous cherchez Jésus
qui a été crucifié.
« Il n’est point ici ; il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez, voyez le
lieu où il était couché.
« Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée :
c’est là que vous le verrez… Souvenez-vous de quelle manière il vous a parlé,
lorsqu’il était encore en Galilée, et qu’il disait : Il faut que le Fils de
l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu’il soit crucifié, et qu’il
ressuscite le troisième jour. Voici, je vous l’ai dit » [Luc 24:1-7 ; Matthieu
28:5-7 ; Marc 16:5-7].
C’est de cette manière que les auteurs des évangiles de Matthieu, Marc et Luc
décrivent le plus grand événement de l’histoire du monde, la résurrection
littérale du Seigneur Jésus-Christ, le Sauveur de l’humanité. Le plus grand de
tous les pouvoirs divins du Fils de Dieu dans la chair avait été démontré de
manière spectaculaire. Il avait déclaré à Marthe, qui se lamentait à la mort de
son frère Lazare : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi
vivra, quand même il serait mort » (Jean 11:25). Aux Juifs qui avaient des
intentions meurtrières, l’annonce de son pouvoir divin fut encore plus explicite
et éloquente : « En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle
est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui
l’auront entendue vivront.
« Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la
vie en lui-même.
« Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de [Dieu] » (Jean
5:25-27).
Peu de temps après sa résurrection, vint la preuve d’un deuxième pouvoir
transcendant de lever du tombeau, non seule-ment lui-même, mais ceux qui « bien
que morts, avaient cru en lui ». Matthieu décrit simplement et directement la
résurrection miraculeuse de la mort physique des fidèles : « les sépulcres
s’ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent.
Etant sortis des sépulcres, après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans
la ville sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes » [Matthieu
27:52-53].
Cela ne devait pas être la fin des pouvoirs de rédemption du célèbre Fils de
Dieu. Chaque époque, chaque dispensation a reçu la même promesse réconfortante :
« Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ » (1
Corinthiens 15:22)… « Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie,
mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement » (Jean 5:29).
Le moment où sa mission divine sera accomplie complètement arrive rapidement.
Si l’on comprenait pleinement la signification de ces événements extraordinaires
à cette époque où, comme l’on prédit les prophètes, « les méchants se préparent
à tuer les méchants et où « la crainte s’abattra sur tous les hommes » (D&A
63:33), beau-coup des craintes et des angoisses des hommes et des nations
dis-paraîtraient. En effet, si nous craignons Dieu et que nous honorons le roi [voir
1 Pierre 2:17], nous pouvons compter sur la promesse glorieuse du Maître : « si
vous vous dépouillez des jalousies et des craintes, et vous humiliez devant moi…
vous me verrez » [voir D&A 67:10][2] .
Le but de la vie est de réaliser l’immortalité et la vie éternelle [voir Moïse
1:39]. Recevoir l’immortalité signifie obtenir par la suite un corps qui ne sera
plus soumis à la douleur de la condition mortelle, à une autre mort physique ou
aux tromperies, toutes ces choses ayant disparu [3] .
Comment la connaissance de la résurrection nous soutient-elle dans les
moments de souffrance ou de mort ?
Avez-vous déjà été accablé spirituellement à cause d’un chagrin qui vous
laissait inconsolable ?
Imaginez une femme sur le point de tout perdre et ressentez sa force en cette
heure terrible ! Blottie au pied de la croix se tient une mère, belle au midi de
sa vie, la tête et les épaules enveloppées dans son châle. Au-dessus d’elle, son
fils aîné souffre cruellement sur la croix. On peut à peine imaginer l’intensité
de la souffrance du cœur de mère de Marie. Elle comprend mainte-nant la portée
de la prophétie lugubre du vieux Siméon lorsqu’il avait béni ce fils alors qu’il
était un nourrisson destiné « à devenir un signe qui provoquera la contradiction
» ajoutant à l’intention de Marie : « et à toi-même une épée te transpercera
l’âme » [ Luc 2:34-35].
Qu’est-ce qui la réconforta pendant cet événement tragique ? Elle savait qu’il y
avait une vie après la vie terrestre. N’avait-elle pas parlé avec un ange, un
messager de Dieu ? Elle avait indubitablement entendu parler de la dernière
prière de son fils avant qu’il ne soit trahi, telle qu’elle a été écrite par
Jean : « Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire
que j’avais auprès de toi avant que le monde fût » (Jean 17:5). La tête inclinée,
cette sainte mère entendit la dernière prière qu’il murmura sur la croix, à
travers ses lèvres torturées : « Père, je remets mon esprit entre tes mains »
(Luc 23:46), lui inspirant ainsi la résignation et le témoignage renouvelé
qu’elle serait bientôt avec lui et avec Dieu son Père céleste. Le ciel n’est pas
très éloigné de celui qui, malgré son profond chagrin, attend avec confiance le
jour glorieux de la résurrection [4] .
Avons-nous l’assurance de retrouvailles et de la réalisation de nos rêves dans
la vie à venir ? C’est là le cri de douleur d’une mère qui voit mourir son petit
enfant. C’est la question murmurée, mais souvent inaudible des malades et des
personnes âgées lorsque le sablier de la vie est presque vide. Quelle force et
quel réconfort cela doit être pour celui qui, dans cette situation, entend la
promesse glorieuse du Seigneur :
« Que tes morts revivent ! Que mes cadavres se relèvent ! Réveillez-vous et
tressaillez de joie, habitants de la poussière ! Car ta rosée est une rosée
vivifiante, et la terre redonnera le jour aux ombres » (Esaïe 26:19).
La main de la mort devient plus légère, le voile des ténèbres se perce et les
plaies douloureuses sont apaisées grâce à la foi qui nous élève au-dessus des
épreuves et des chagrins sordides de la condition mortelle et qui nous donne une
vision de jours meilleurs et de perspectives plus joyeuses, car il a été révélé
que « [Dieu] essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il
n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu
» (Apocalypse 21:4) grâce à l’expiation du Seigneur Jésus-Christ. Avec une telle
foi et une telle compréhension, vous pouvez, après avoir pleuré, chanter comme
il a été écrit : « La mort a été engloutie dans la victoire. O mort, où est ta
victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? » (1 Corinthiens 15:54-55 5 .)
Vous pouvez vous aussi savoir que votre Rédempteur vit, comme Job lorsqu’il
était tenté de maudire Dieu et de mourir [voir Job 2:9 ; 19:25] et que vous
pouvez ouvrir la porte et l’inviter à entrer souper avec vous [voir Apocalypse
3:20]. Imaginez-vous en tant qu’êtres ressuscités vous proclamant de la famille
de celui qui a donné sa vie, vous comprendrez aussi un jour que les récompenses
que les hommes reçoivent pour leurs épreuves et leurs expériences terrestres
seront les fruits de la vie éternelle, bien que, de l’avis des hommes, l’œuvre
de notre vie semble avoir été un échec [6] .
En quoi le fait de comprendre la résurrection est-il une ancre pour notre âme
?
Considérons l’exemple de Pierre, [qui]… renia le Maître à trois reprises le soir
où il fut trahi. Comparez la peur de ce Pierre tremblant avec le courage dont il
fit preuve peu de temps après devant les mêmes fanatiques religieux qui venaient
d’exiger la mort de Jésus. Il les accusa d’être des meurtriers et les appela au
repentir, fut emprisonné et par la suite, il subit lui-même le martyre avec
courage.
Qu’est-ce qui l’avait changé ? Il avait été un témoin personnel de la
transformation du corps brisé, meurtri de douleur qui avait été descendu de la
croix en un corps glorifié et ressuscité. La réponse simple et directe est que
Pierre avait changé parce qu’il connaissait le pouvoir du Seigneur ressuscité.
Il ne serait plus jamais seul sur les rives de Galilée, en prison ou dans la
mort. Son Seigneur serait à ses côtés [7] .
Je sais… ce que c’est d’être accablé par la solitude après la mort d’un être
cher. Pendant des années, j’ai reçu l’appel de ceux qui pleurent et j’ai essayé
de les réconforter, mais ce n’est que lorsque je me suis répété ces choses que
j’avais dites aux autres que j’ai ressenti que quelque chose de plus fort que
les paroles touchait les profondeurs de mon âme et que j’étais véritablement
réconforté. Il vous faut voir une partie de vous-même dans le tombeau. Il vous
faut voir l’être cher mourir et vous demander : Crois-tu ce que tu as enseigné
aux autres ? Es-tu sûr et certain que Dieu vit ? Crois-tu en l’expiation du
Seigneur et Maître, qu’il a ouvert les portes de la résurrection dans une vie
plus glorieuse ? C’est parfois quand nous nous trouvons seuls, dans la nudité
absolue, que notre témoignage grandit profondément si nous ne sommes pas
ébranlés et que nous ne sombrons pas dans l’incrédulité.
La femme de Job déclara : « Maudis Dieu et meurs » [voir Job 2:9]. Mais dans la
majesté de sa souffrance, Job fit une déclaration qui, d’après moi, se doit
d’être citée lors de chaque cérémonie funèbre. Il dit : « Mais je sais que mon
rédempteur est vivant, et qu’il se lèvera le dernier sur la terre. Quand ma peau
sera détruite, il se lèvera ; quand je n’aurai plus de chair, je verrai Dieu…
Mes yeux le verront, et non ceux d’un autre ; mon âme languit d’attente au
dedans de moi » [Job 19:25-27]. Si vous savez que vous avez ancré votre âme sur
le témoignage divin qu’il vit et qu’au dernier jour il viendra sur terre et que
vous le verrez face à face, si vous le savez, peu importe ce que seront les
risques, les responsabilités et les tragédies, si vous bâtissez votre maison sur
le roc, vous ne vacillerez pas. Oui, vous connaîtrez les expériences
terrifiantes du chagrin lorsque vous perdrez un être cher, mais vous ne
vacillerez pas ; et finalement, vous vous en sortirez avec une foi encore plus
forte que celle que vous aviez auparavant [8] .
Plus notre vie et les conditions qui règnent dans le monde sont complexes, plus
il est important de nous rappeler clairement les objectifs et les principes de
l’Evangile de Jésus-Christ. Le but de la religion n’est pas de répondre à toutes
nos questions concernant le gouvernement moral de l’univers, mais de nous donner
le courage d’avancer par la foi, bien que pour l’instant nous ne trouvions pas
toujours la réponse à nos questions [9] .
Aujourd’hui, en l’honneur de la plus grande victoire du monde, j’invite très
humblement ceux qui ont le cœur sincère, où qu’ils soient, à s’élever au-dessus
de leurs craintes et de leurs frustrations humaines et à se réjouir, comme
l’apôtre l’a déclaré aux Gentils : « Grâces soient rendues à Dieu, qui nous
donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Corinthiens 15:57) [10]
Conseils pour l’étude et la discussion
• Qu’a voulu dire le Sauveur lorsqu’il a dit : « Je suis la résurrection et la
vie » ? (Jean 11:25). Que ressentez-vous lorsque vous pensez à la résurrection
du Sauveur ?
• Quel effet a sur votre vie quotidienne le fait de comprendre la réalité de la
résurrection ?
• En quoi le témoignage de la résurrection est-il pour nous un réconfort
lorsqu’un être cher décède ? Dans quelles autres situations le témoignage de la
résurrection nous apporte-t-il du réconfort et nous aide-t-il à surmonter la
crainte ?
• Que pouvons-nous faire pour mieux comprendre la résurrection et pour en avoir
un plus grand témoignage ?
Notes
1. Ye Are the Light of the World, 1974, pp. 26-27.
2. CBS. « Church of the Air », diffusion, Conference Report, avril 1958, pp.
133-134.
3. The Teachings of Harold B. Lee, edition Clyde J. Williams, 1996, p. 30.
4. CBS. « Church of the Air », diffusion, pp. 134-135.
5. Decisions for Successful Living, 1973, pp. 179-180.
6. Conference Report, avril 1958, p. 136.
7. The Teachings of Harold B. Lee, p. 63.
8. Discours prononcé lors des obsèques de David H. Cannon, le 29 janvier 1968,
archives du département d’histoire, Eglise de Jésus-Christ des Saints des
Derniers Jours, pp. 5-6.
9. Conference Report, octobre 1963, p. 108 ; ou Improvement Era, décembre 1963,
p. 1103.
10. Conference Report, avril 1958, p. 136.
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