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Leçons
tirées de la vie de Laman et Lémuel Neal A. Maxwell Laman et Lémuel sont devenus des
rebelles au lieu de devenir des dirigeants, ils ont été pleins de rancoeur
au lieu d'être justes, tout cela parce qu'ils ne comprenaient ni la
personnalité ni les desseins de Dieu.
Comme ses paroles prophétiques
viennent de le démontrer, c'est une grande bénédiction que d'avoir le président
Hinckley. Mes frères et soeurs, les Ecritures,
chargées de sens, imprimées sur des pages très fines, comportent de
nombreux passages presque cachés. C'est pourquoi nous sommes exhortés à
les sonder, à nous en faire un festin et à les méditer (voir Jean 5:39;
Alma 14:1; Alma 33:2; Moroni 10:3; 2 Néphi 9:51). Mais surtout, nous
devrions faire un peu plus comme Néphi, c'est-à-dire appliquer toutes les
Ecritures à nous-mêmes (1 Néphi 19:23). Par exemple, par deux fois
apparaissent des passages concernant Laman et Lémuel, que certains considèrent
erronément comme des figurants, passages que nous devrions appliquer à
nous-mêmes. Voyez comme les paroles suivantes, au-delà de ces deux
personnages, prennent une portée universelle: «Et c'est ainsi que Laman et
Lémuel . . . murmuraient . . . parce qu'ils ne
connaissaient pas la manière d'agir du Dieu qui les avait créés» (1 Néphi
2:12; voir aussi Mosiah 10:14). L'incompréhension de la manière
d'agir du Seigneur envers ses enfants (ses relations avec eux et la manière
de les traiter), est la racine de beaucoup de problèmes. Les murmures n'en
sont qu'un symptôme, et ne sont d'ailleurs pas la seule conséquence non
plus; en fait, mes frères et soeurs, cette incompréhension affecte tout! Ne pas comprendre quelque chose
d'aussi capital fait que l'on ne connaît pas Dieu, qu'on finit alors par
voir erronément comme un Dieu hors de notre portée, indifférent, froid,
incapable, dépourvu de pouvoir et diminué, dont certaines personnes,
paradoxalement se plaignent des limites. Dès le début, Laman rejeta le rôle
qu'il aurait dû jouer. Il voulait avoir la part du lion, et n'acceptait pas
que Néphi soit le dirigeant spirituel. Lémuel non seulement était le
satellite obéissant de Laman, mais également lui conférait de la force en
se laissant entraîner par lui (1 Néphi 16:37-38). Si, au contraire, Laman
avait été isolé comme il se doit, certaines conséquences auraient pu être
très différentes. Dans notre société, nous avons aussi des gens qui
donnent du pouvoir à d'autres. Ils se laissent monter contre ce qui est
bon. Ils n'ont pas plus droit à l'immunité que Lémuel. Comme lui, ils
sont relativement peu en vue, mais leur hypocrisie est grande! Les exhortations adressées à Laman
et à Lémuel « . . . étaient dures à comprendre» pour qui
n'interrogeait pas le Seigneur; «et eux, étant endurcis de coeur, pour
cette raison, ils ne se tournaient pas vers le Seigneur comme ils l'auraient
dû» (1 Néphi 15:3). Ce refus de croire en un Dieu de révélation
était une faiblesse particulièrement fondamentale. Aujourd'hui certains,
souhaitant prendre leurs distances avec Dieu essaient de le reléguer dans
le passé. En croyant ainsi en un Dieu privé de pouvoir, les gens peuvent
faire plus ou moins ce qu'ils veulent. Il n'y a qu'un pas jusqu'à dire: «Il
n'y a pas de Dieu, par conséquent il n'y a pas de loi ni de péché!»
(Voir 2 Néphi 2:13; voir aussi Alma 30:28.) Comme Laman et Lémuel, beaucoup
aujourd'hui voudraient confiner Dieu au passé. Il cesserait ainsi d'être
le Dieu constant d'hier, d'aujourd'hui et de demain. En fait, Dieu a
constamment devant les yeux le passé, le présent et l'avenir, qui
constituent pour lui un «maintenant éternel» (Enseignements du prophète
Joseph Smith, p. 177; voir aussi D&A 130:7). En bref, le manque de personnalité de
Laman et Lémuel les empêchait de comprendre la personnalité parfaite de
Dieu. Il n'est pas étonnant que Joseph Smith, le prophète, ait dit: «Si
les hommes ne comprennent pas la personnalité de Dieu, ils ne se
comprennent pas eux-mêmes» (Enseignements du prophète Joseph Smith,
p. 277). Laman et Lémuel ne se rendaient pas
compte non plus qu'un Dieu aimant est inévitablement un Père qui guide,
qui veut que ses enfants soient véritablement heureux et rentrent au foyer.
En ne comprenant pas suffisamment la manière d'agir de Dieu, Laman et Lémuel
passaient à côté du plus important attribut de sa personnalité, son
amour! Leurs murmures étaient donc le symptôme d'une tragique maladie. Laman et Lémuel ne comprenaient pas
non plus que la manière d'agir de Dieu consiste aussi à faire appel à des
prophètes pour avertir le peuple. Le Seigneur avait appelé Léhi, mais
Laman et Lémuel étaient apparemment embarrassés par le rôle impopulaire
de leur père et sa stricte remise en cause de la mentalité existant à Jérusalem.
Dans l'engourdissement spirituel où
ils se trouvaient, Laman et Lémuel jugeaient que les habitants de Jérusalem
ne méritaient pas les critiques que leur adressaient les prophètes (1 Néphi
2:13). Cependant, un déclin spirituel général était en cours. Il allait
se produire, comme souvent, «en peu d'années» (Hélaman 4:26). Beaucoup
de gens aujourd'hui ne remarquent pas non plus un déclin analogue et précipité.
Paradoxalement, les gens qui marchent comme des moutons de Panurge sont
fiers de leur individualisme! Ils considèrent les conseils comme des
offenses et des atteintes à leur libre arbitre. Que Laman et Lémuel n'aient pas
compris qu'un Dieu qui guide ses enfants peut exiger d'eux des choses
difficiles, était aussi une erreur fondamentale. Le rôle de l'adversité
est indiqué dans cette remarque sévère mais inspirée: «Néanmoins, le
Seigneur juge bon de châtier son peuple; oui, il met à l'épreuve sa
patience et sa foi» (Mosiah 23:21). Leur triste recherche de la facilité
est manifeste dans leur colère à l'idée de se procurer les plaques de
Laban, de supporter la vie difficile au désert, de construire un navire et
de traverser un vaste océan (1 Néphi 3:4). Engourdis et privés de
sensibilité, Laman et Lémuel ne partageaient pas la confiance de Néphi
que le Seigneur ne demanderait jamais à ses enfants de faire des choses
difficiles, sans leur préparer d'abord la voie (voir 1 Néphi 3:7). Leurs erreurs monumentales les ont
amenés à des incohérences comiques. Par exemple, Laman et Lémuel
croyaient que Dieu avait pu venir à bout du puissant pharaon et de la
grande armée d'Egypte au bord de la mer Rouge, mais pas qu'il pourrait
venir à bout du pouvoir local d'un Laban! A notre époque, combien, de manière
incohérente, se soumettent à des tyrans mortels et essaient de s'attirer
leurs faveurs? Dans la division finale, comme celle
qui a eu lieu entre les Lamanites et les Néphites, la séparation
spirituelle précède la séparation géographique: « . . . Moi,
Néphi, je pris ma famille . . . et tous ceux qui voulurent aller
avec moi . . . qui croyaient aux avertissements et aux révélations
de Dieu; c'est pourquoi, ils écoutèrent mes paroles» (2 Néphi 5:6). Laman et Lémuel ne mangèrent pas du
fruit de l'arbre de vie, qui est l'amour de Dieu (voir 1 Néphi 11:25).
L'expression la plus profonde de l'amour de Dieu pour ses enfants est le don
qu'il a fait de Jésus, pour notre rédemption: «Dieu a tant aimé le monde
qu'il a donné son Fils unique» (Jean 3:16). Avoir part à l'amour de Dieu
c'est avoir part à l'expiation de Jésus et à la libération et à la joie
qu'elle peut procurer. Il est évident que Laman et Lémuel n'avaient pas
cette foi, en particulier dans le Christ qui devait venir! (Voir Jarom
1:11.) Néphi, lui, avait «une grande
connaissance de la bonté . . . de Dieu». C'est ainsi qu'il a déclaré
avec force: «Je sais que [Dieu] aime ses enfants; néanmoins, je ne connais
pas la signification de tout» (1 Néphi 1:1; 11:17). Si nous aimons Dieu et
connaissons sa bonté, nous lui faisons confiance, même lorsque nous sommes
dans la perplexité. Donc Laman et Lémuel ne comprenaient
pas la relation des mortels avec Dieu et, ce qui est pire, ils ne voulaient
pas vraiment comprendre. Ils cherchaient à garder leurs distances avec
Dieu. De plus, étant intellectuellement paresseux, ils ne comptaient pas
leurs bienfaits alors que la gratitude aurait pu diminuer la distance. Mais
l'heure des comptes était néanmoins venue pour Laman et Lémuel. De plus, Laman et Lémuel faisaient
preuve de peu de curiosité spirituelle durable. Certes, un jour, ils ont
posé des questions directes sur la signification d'une vision de l'arbre,
de la rivière et de la barre de fer. Mais en fait par leurs questions ils
essayaient plus de relier entre eux des points de doctrine que d'établir un
lien avec Dieu et ses desseins à leur égard. Il est certain qu'ils
n'appliquaient pas les réponses à eux-mêmes (voir 1 Néphi 19:23). Leur contrition ne durait jamais très
longtemps. On le voit par exemple dans le temps qui s'est écoulé entre
l'apparition d'un ange et le moment où Laman et Lémuel ont recommencé à
murmurer (1 Néphi 3:31). Sous la contrainte, une fois, ils ont même
superficiellement reconnu qu'ils savaient que le Seigneur était avec Néphi,
mais ils n'ont pas tardé à devenir extrêmement grossiers dans leur
comportement sur le navire (voir 1 Néphi 17:55; voir aussi 1 Néphi 18:8,
9). Leur violence périodique montrait que leurs rancoeurs étaient autre
chose qu'une simple divergence abstraite ou intellectuelle. Laman et Lémuel étaient intimidés
par le pouvoir de Laban, mais leur peur du pouvoir ne faisait que révéler
le pouvoir de la peur. Etant donné que «l'amour parfait bannit la crainte»,
leur faible capacité d'aimer était évidente (Moroni 8:16; voir aussi 1
Jean 4:18). Ils n'avaient pas de principes, et, ce qui est plus triste, ils
n'éprouvaient pas d'amour! Ainsi, Laman et Lémuel, endurcis, réagissaient
rarement à la tendresse des autres. Ils ne connaissaient pas la compassion,
cette vertu éternelle. Quand Léhi les exhortait avec toute l'émotion d'un
père tendre ou tremblant, cela provoquait généralement plus de rancoeur,
et suscitait des réactions cruelles vis-à-vis de leurs parents et de leurs
frères et soeurs (1 Néphi 8:37). Quand Néphi manifestait du chagrin
devant leur conduite, Laman et Lémuel en étaient «contents» (voir 1 Néphi
17:19). Les exhortations étaient déjà difficiles à supporter, mais c'était
pire quand elles venaient de Néphi! Prompts à se mettre en colère et à
se plaindre, ils oubliaient si vite les fois où ils avaient été tirés
d'affaire qu'ils retombaient aussitôt dans de nouvelles difficultés. Les
préoccupations quotidiennes, par exemple, à propos d'un arc (quelle
affaire!) prenaient le pas sur les choses de l'éternité. Nous vivons nous
aussi à une époque d'individualisme forcené, d'éthique basée sur
l'opportunisme, comme si les Dix Commandements venaient d'un comité! A leur arrivée dans les deux pays
d'Abondance, Laman et Lémuel pensèrent-il réellement que cette excellente
navigation n'était que coïncidence? Croyaient-ils que Néphi avait tout
simplement eu de la chance? (Voir Hélaman 16:16.) Leur ingratitude à l'égard
du remarquable Liahona pendant la traversée de l'océan nous amène à
demander: Qu'est-ce que Laman et Lémuel pensaient réellement de ce
remarquable instrument? N'était-ce qu'un gadget pratique ou un équipement
répandu sur chaque navire? Paradoxalement, beaucoup comme Laman
et Lémuel, qui sont les premiers à demander des signes sont ensuite les
premiers à les rejeter. Certains exigent plus de miracles tout en
consommant tous les jours de la manne et en oubliant de quelle source
remarquable ils la reçoivent. Par conséquent, mes frères et
soeurs, plutôt que des miracles périodiques, il vaut mieux avoir la
compagnie constante du Saint-Esprit (voir D&A 121:46). Cependant,
n'oublions jamais que le Saint-Esprit est un consolateur mais qu'il ne
s'impose pas! Comme ils rejetaient les prophètes et
les Ecritures, Laman et Lémuel ne pouvaient pas appliquer avec profit les
Ecritures à eux-mêmes; ils ne pouvaient pas ainsi se souvenir de ce qui
leur aurait été utile; ils ne pouvaient pas non plus recevoir de
connaissance nouvelle pour leur époque par la révélation personnelle.
Tout simplement, ils ne comprenaient pas que les voies de Dieu sont plus élevées
que les voies de l'homme (voir Esaïe 55:9). Ils laissaient leur esprit se dégrader
dans leur équivalent portable du «grand et spacieux édifice» (voir 1 Néphi
8:26, 31). Ainsi Laman et Lémuel sont-ils
devenus des rebelles au lieu de devenir des dirigeants, pleins de rancoeur
au lieu d'être justes, tout cela parce qu'ils ne comprenaient ni la
personnalité ni les desseins ni la manière de Dieu d'agir envers ses
enfants. Quant à leur niveau spirituel, Laman
et Lémuel étaient malheureusement des nullités. C'est vrai que nous
connaissons peu de choses sur eux, mais cela ne change rien à l'essentiel.
Si, à certains égards, ils semblent avoir une personnalité sous-développée,
c'est parce qu'ils souffraient d'un vide récurrent, qui aurait pu être
comblé par l'amour de Dieu. Dans une vision, au cours d'une scène de
solitude, Léhi regarda autour de lui, cherchant anxieusement Laman et Lémuel
«dans l'espoir de les voir». Finalement, il les vit, «mais ils ne
voulurent pas . . . manger du fruit» (1 Néphi 8:17-18; voir
aussi 1 Néphi 11:25; 8:35; 2 Néphi 5:20). Mes frères et soeurs, cette
constatation est la blessure la plus terrible et la plus lourde de conséquences
que l'on puisse s'infliger à soi-même! Heureusement, mes frères et soeurs, le Rétablissement, dans sa richesse, nous donne des moyens supplémentaires de comprendre la manière dont Dieu agit envers ses enfants, y compris envers chacun d'entre nous personnellement. Nous pouvons avoir part à son amour en appliquant la magnifique expiation de Jésus afin de devenir plus semblables à lui. En appliquant les Ecritures à nous-mêmes, nous hâterons ce processus si désirable! Puissions-nous le faire, au nom de Jésus-Christ. Amen!
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