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Atteindre
tout notre potentiel Thomas S. Monson Si nous plaçons notre confiance en l'Eternel,
nous nous apercevrons que nous avons participé à son oeuvre sacrée, que
ses desseins divins ont été accomplis, et que nous y avons contribué.
A une époque lointaine, en un lieu éloigné,
notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ a enseigné à la foule et à ses
disciples « le chemin, la vérité et la vie[1] ». Il leur
a prodigué des conseils, par ses paroles sacrées. Il nous a donné le modèle
de sa vie exemplaire. Un jour, le Seigneur allait poser cette question : «
Quelle sorte d'hommes devez-vous être[2] ? » Pendant son ministère en Amérique, il ajouta
des paroles chargées de sens lorsqu'il répondit à la même question : «
Quelle sorte d'hommes devriez-vous être ? En vérité, je vous le dis, tels
que je suis[3]. » Au cours de son ministère terrestre, le Maître
a indiqué comment nous devons vivre, comment nous devons enseigner, comment
nous devons servir, et ce que nous devons faire pour atteindre tout notre
potentiel. L'une de ces leçons est rapportée dans le
livre de Jean, dans la sainte Bible : « Philippe rencontra Nathanaël, et
lui dit : Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et
dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. « Nathanaël lui dit : Peut-il venir de
Nazareth quelque chose de bon ? Philippe lui répondit : Viens, et vois. « Jésus, venant venir à lui Nathanaël, dit
de lui: Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n'y a point de fraude[4] ! » Dans notre séjour dans la condition mortelle,
le conseil de l'apôtre Paul nous apporte une direction céleste : « Que
tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout
ce qui est aimable, tout ce qui mérite l'approbation, ce qui est vertueux
et digne de louange, soit l'objet de vos pensées. » Puis il ajouta une
recommandation : « Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi, et ce
que vous avez vu en moi, pratiquez-le. Et le Dieu de paix sera avec vous[5]. » Plusieurs questions nous guideront dans nos
efforts pour atteindre tout notre potentiel : Suis-je ce que je veux être?
Suis-je plus près du Seigneur aujourd'hui qu'hier? Serai-je encore plus près
de lui demain? Ai-je le courage de changer pour m'améliorer? Le moment est venu de choisir un chemin souvent
délaissé, le chemin que nous pourrions appeler « la voie de la famille »,
pour que nos enfants et nos petits-enfants puissent atteindre tout leur
potentiel. Il existe une forte tendance dans notre pays, dans le monde même,
qui est porteuse de ce message tacite : « Revenez à vos racines, à votre
famille, aux leçons que vous avez apprises, aux exemples qu'on vous a montrés,
aux valeurs familiales. » Souvent il ne s'agit que de se tourner vers son
foyer, de monter dans un grenier qu'on n'a pas fouillé depuis longtemps,
d'ouvrir des journaux personnels qu'on lit rarement, des albums photo
presque oubliés. Le poète écossais James Barrie a écrit : «
Dieu nous a donné les souvenirs pour que nous ayons des roses d'été à
l'hiver de notre vie, des roses de juin au mois de décembre de la vie[6]. » Quels souvenirs
avons-nous de notre mère, de notre père, de nos grands-parents, de notre
famille, de nos amis ? Quelles leçons avons-nous apprises de notre père?
Il y a des années, un père de famille a demandé à E. Ray Christiansen
quel nom il lui conseillait de donner au bateau qu'il venait d'acheter. Frère
Christiansen lui a répondu : « Pourquoi ne pas l'appeler ‹Infraction du
sabbat› ? » Je suis certain que le marin en herbe s'est demandé si
l'objet de sa fierté et de sa joie allait l'aider à honorer le sabbat ou
le lui faire enfreindre. Quelle qu'ait été sa décision, il ne fait pas de
doute qu'elle a laissé une impression durable sur ses enfants. Un autre père a enseigné à son fils une leçon
inoubliable sur l'obéissance, et, par son exemple, sur le respect du
sabbat. J'ai appris cela lors des obsèques de H. Verlan Andersen, Autorité
générale d'une grande noblesse. Un hommage lui a été rendu par l'un de
ses fils. Il s'applique à nous, où que nous soyons et quoi que nous
fassions. Il s'agit d'un exemple tiré d'une expérience personnelle. Le fils de frère Andersen a raconté que des
années auparavant il devait sortir un samedi soir avec une jeune fille à
qui il tenait beaucoup. Il avait emprunté la voiture de son père. Les clés
à la main, il se dirigeait vers la porte, quand son père lui a dit : « Il
faudra mettre de l'essence dans la voiture avant demain. N'oublie pas de
faire le plein avant de rentrer. » Le fils de frère Andersen a raconté que la
soirée s'était très bien passée. Il avait rencontré des amis, ils
avaient pris des rafraîchissements, tout le monde s'était bien amusé.
Mais dans son exubérance le jeune homme avait oublié de suivre
l'instruction de son père de mettre de l'essence dans la voiture avant de
rentrer. Le dimanche matin, frère Andersen s'est aperçu
que la jauge d'essence indiquait que le réservoir était vide. Le fils a vu
son père rentrer dans la maison et poser les clés de la voiture sur la
table. Chez les Andersen, le jour du sabbat était consacré au culte et aux
actions de grâces, pas aux achats. Dans son hommage funèbre, le fils de frère
Andersen a ajouté : « J'ai vu mon père mettre son manteau. Il nous a dit
au revoir, puis il est parti à pied pour l'église, distante, pour assister
à une réunion matinale. » C'était l'appel du devoir. La vérité l'a
emporté sur les convenances personnelles. A la fin de son hommage funèbre, il a dit : «
Jamais un fils n'a été plus efficacement instruit par son père que je ne
l'ai été ce jour-là. Non seulement mon père connaissait la vérité,
mais il la mettait en pratique. » C'est au foyer que se forment nos attitudes,
nos croyances profondes. C'est au foyer que l'espérance se nourrit ou se détruit.
Notre foyer doit être plus qu'un refuge; il
doit être aussi un endroit où l'Esprit de Dieu puisse demeurer, à la
porte duquel la tempête s'arrête, où règnent l'amour et la paix. Il y a peu de temps, une jeune mère m'a écrit
: « Parfois je me demande si j'influence la vie de mes enfants. J'élève
seule mes enfants, j'ai deux emplois pour joindre les deux bouts, et,
parfois, quand je rentre à la maison, tout est sens dessus dessous, mais je
ne perds jamais espoir. « Un jour, je regardais la conférence générale
à la télévision avec mes enfants, et vous parliez de la prière. Mon fils
a dit : ‹Maman, tu nous as déjà appris ça.› Je lui ai demandé:
‹Qu'est-ce que tu veux dire?› Il a répondu: ‹Tu nous a appris à
prier et tu nous as montré comment le faire, mais l'autre soir je suis entré
dans ta chambre pour te demander quelque chose et tu étais à genoux, tu
priais notre Père céleste. S'il est important pour toi, il sera important
pour moi.› » Cette soeur concluait : « Je suppose que nous ne savons
jamais qu'elle influence nous avons eue jusqu'à ce qu'un enfant nous voit
faire nous-mêmes ce que nous avons essayé de lui enseigner. » Quelle
magnifique leçon cet enfant a apprise de sa mère ! Un jour de fête des mères, quand j'étais
enfant, j'ai fait à l'Ecole du Dimanche une découverte étonnante que je
n'ai jamais oubliée. Melvin, un frère aveugle de la paroisse, qui chantait
admirablement, s'est levé, a fait face à l'assemblée comme s'il voyait
chacun. Il a chanté alors : « Ma merveilleuse maman. » Les souvenirs
attendrissants de leur mère ont pénétré le coeur de tous. Les hommes
sortaient leur mouchoir, les femmes avaient les larmes aux yeux. Nous, les diacres, nous allions parmi l'assemblée
porter un petit géranium dans un pot de terre à chaque mère. Certaines
des mères étaient jeunes, d'autres d'âge moyen, d'autres, très âgées.
Je me suis aperçu qu'il y avait de la gentillesse dans les yeux de chaque mère.
Chacune d'elles disait : « Merci. » J'ai ressenti la vérité du dicton :
« Quand on donne une fleur à quelqu'un, son parfum reste longtemps attaché
à la main de celui qui l'a donnée. » Je n'ai pas oublié ni n'oublierai
jamais cette leçon. Il est des mères, des pères, des enfants, des
familles qui sont appelés à porter un lourd fardeau ici-bas. C'est le cas
de la famille Borgstrom, du nord de l'Utah. C'était pendant la Deuxième
Guerre mondiale. D'âpres combats faisaient rage dans diverses parties du
monde. Les Borgstrom eurent le malheur de perdre
quatre de leurs cinq fils qui étaient sous les drapeaux. En six mois, tous
les quatre firent don de leur vie, chacun dans une différente partie du
monde. Après la guerre, le corps des quatre frères
Borgstrom fut ramené chez eux à Tremonton, et un service en leur honneur
fut organisé dans le tabernacle bondé de Garland, en Utah. Le général
Mark Clark y assistait. Il déclara plus tard avec émotion : « Je suis
arrivé en avion à Garland le matin du 26 juin. J'ai rencontré la famille,
la mère, le père et les deux enfants qui leur restaient, dont un garçon
de dix-sept ans. Jamais je n'ai rencontré de famille plus stoïque. « Les quatre cercueils recouverts du drapeau
étaient alignés devant nous dans l'église. J'étais assis avec ces
parents courageux. J'ai été impressionné par leur compréhension, leur
foi, leur fierté de ces fils remarquables qui avaient fait le sacrifice
suprême pour les principes qui leur avaient été instillés par leurs
nobles parents depuis leur enfance. « Pendant le repas, madame Borgstrom s'est
tournée vers moi et m'a dit à voix basse : ‹Allez-vous aussi prendre mon
benjamin?› J'ai répondu dans un murmure que tant que je commanderais
l'armée de la côte Ouest, si son fils était appelé, je ferais de mon
mieux pour l'affecter à l'arrière. « Au milieu de cette conversation à voix
basse avec la mère, le père s'est soudain penché en avant et a dit à
madame Borgstrom : ‹Chérie, j'ai entendu ta conversation avec le général
sur notre benjamin. Nous savons que si son pays a besoin de lui, il
partira.› « J'ai eu beaucoup de mal à contenir mon émotion.
Ces parents, dont quatre fils étaient morts des blessures reçues au
combat, étaient prêts à faire cet ultime sacrifice si leur pays
l'exigeait. » C'est l'Evangile du Seigneur Jésus-Christ qui
a touché ce foyer et les coeurs en ce jour mémorable. Les années se sont succédées, mais la nécessité
d'avoir le témoignage de l'Evangile reste essentielle. En avançant vers
l'avenir, nous ne devons pas négliger les leçons du passé. Notre Père céleste
a donné son Fils. Le Fils de Dieu a fait don de sa vie. Ils nous demandent
de faire don de notre vie, pour ainsi dire, à leur service. Est-ce que je
vais le faire ? Est-ce que vous et moi nous allons le faire ? Il y a des leçons
à enseigner, il y a des actes charitables à accomplir, il y a des âmes à
sauver. Rappelons-nous le conseil du roi Benjamin : «
Lorsque vous êtes au service de vos semblables, vous êtes simplement au
service de votre Dieu[7].
» Tournez-vous vers les autres pour secourir ceux qui ont besoin de votre
aide. Aidons-les à prendre une voie supérieure et meilleure. Comme nous le
chantions à la Primaire : « Conduis-moi et marche avec moi sur le bon
chemin. Dis-moi ce qu'il me faut faire pour le connaître enfin[8]. » La foi réelle ne se limite pas aux enfants,
mais concerne chacun. Comme nous l'apprenons dans Proverbes: « Confie-toi
en l'Eternel de tout ton coeur, et ne t'appuie pas sur ta sagesse. « Reconnais-le dans toutes tes voies, et il
aplanira tes sentiers[9].
» Si nous le faisons, nous nous apercevrons que nous avons participé à
son oeuvre sacrée, que ses desseins divins ont été accomplis, et que nous
y avons contribué. Je vais illustrer cette vérité par une expérience
personnelle. Il y a de nombreuses années, alors que j'étais évêque, je
me suis senti poussé à rendre visite à Augusta Schneider, veuve de la région
d'Alsace-Lorraine, qui parlait très peu anglais, mais qui parlait
couramment français et allemand. Pendant des années après cette première
impression, je suis allée lui rendre visite pendant la période de Noël.
Une fois, Augusta m'a dit : « Frère, j'ai quelque chose qui a beaucoup de
valeur pour moi. Je veux vous le donner. » Elle est alors allée chercher
le cadeau dans une cachette de son modeste appartement. C'était un
magnifique morceau de feutre d'environ 15 cm sur 25, sur lequel elle avait
épinglé les médailles qui avaient été décernées à son mari pour ses
faits d'arme dans l'armée française pendant la Première Guerre mondiale.
Elle m'a dit : « Je voudrais que vous acceptiez ce trésor auquel je tiens
énormément. » J'ai protesté poliment et lui ai suggéré qu'il devait y
avoir un membre de sa famille élargie à qui elle pourrait remettre ce
cadeau. « Non, m'a-t-elle dit. C'est pour vous, car vous avez l'âme d'un
Français. » Peu après m'avoir remis ce cadeau, Augusta a
quitté ce monde et est retournée auprès de Dieu qui lui avait donné la
vie. De temps en temps je m'interrogeais sur sa déclaration que j'avais l'âme
d'un Français. Je n'avais pas la moindre idée de ce que cela signifiait.
Je ne le sais toujours pas. De nombreuses années plus tard, j'ai eu le
plaisir d'accompagner le président Benson à la consécration du temple de
Francfort, en Allemagne, qui allait être utilisé par des membres parlant
allemand, français et néerlandais. Lorsque j'ai préparé ma valise, je me
suis senti poussé à prendre les médailles, sans avoir la moindre idée de
ce que j'allais en faire. Je les avais depuis des années. Lors d'une session de consécration en français,
le temple était comble. Les chants et les discours étaient magnifiques.
Chacun éprouvait une profonde reconnaissance pour les bénédictions de
Dieu. J'ai vu, dans mes notes pour diriger la session, qu'il y avait des
membres de la région d'Alsace-Lorraine. Pendant mon discours, j'ai remarqué que
l'organiste s'appelait Schneider. J'ai alors raconté ma rencontre avec
Augusta Schneider, puis je me suis dirigé vers l'orgue et ai remis à
l'organiste les médailles en le chargeant de retrouver les noms des
Schneider dans ses recherches généalogiques, puisqu'il portait le même.
L'Esprit du Seigneur a confirmé à notre coeur que c'était une session
particulière. Frère Schneider a eu du mal à se préparer à jouer le
dernier cantique de la session de consécration, tant il était ému par
l'Esprit, que nous ressentions dans le temple. Je savais que le précieux cadeau, le sou de la
veuve, car c'était tout ce que possédait Augusta Schneider, avait été
remis à quelqu'un qui s'assurerait que beaucoup, dotés de l'âme d'un Français,
reçoivent maintenant les bénédictions qu'apportent les temples, aux
vivants et à ceux qui ont quitté la condition mortelle. Je témoigne que tout est possible à Dieu. Il
est notre Père céleste; son Fils est notre Rédempteur. Si nous nous efforçons
d'apprendre ses vérités et de les vivre, notre vie et celle d'autres
personnes seront abondamment bénies. Je déclare solennellement que Gordon B.
Hinckley est véritablement le prophète de notre époque et est guidé dans
la grande oeuvre qui s'accomplit sous sa direction. Puissions-nous toujours nous souvenir que l'obéissance
aux commandements de Dieu apporte les bénédictions promises. Puisse
chacun de nous se qualifier pour les recevoir. C'est là ma prière, au nom
de Jésus-Christ. Amen.
[1]
Jean 14:6. [2]
2 Pierre 3:11. [3] 3 Néphi 27:27. [4] Jean 1:45-47. [5] Philippiens 4:8-9. [6] Paraphrase de James Barrie,
Peter's Quotations: Ideas for Our Time, 1977, p. 335. [7] Mosiah 2:17. [8] Naomi W. Randall, «Je suis
enfant de Dieu», Cantiques, n° 193. [9] Proverbes 3:5-6.
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