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Ne
temporisez pas Henry B. Eyring Néphi avait raison. Dieu ne donne aucun
commandement aux enfants des hommes sans leur préparer la voie pour qu'ils
puissent obéir. Même si la situation est difficile, nous pouvons nous
repentir.
Il nous est tous arrivé d'avoir des délais à
tenir. La peur nous saisit lorsque nous comprenons que nous risquons de ne
pas avoir suffisamment de temps pour finir ce que nous avons promis. Il nous
vient la pensée : « Pourquoi ne m'y suis-je pas pris plus tôt ? » Le Seigneur savait que nous serions tentés de
remettre à plus tard la préparation la plus importante que nous puissions
jamais faire dans cette vie. Il nous a avertis plus d'une fois à propos des
délais. Il a enseigné la parabole des dix vierges, dont cinq n'ont pas
rempli leur lampe pour la venue de l'époux. Il a donné aussi la parabole
des serviteurs qui n'ont pas été fidèles parce qu'ils croyaient que leur
maître tarderait à venir. Les conséquences de ces retards ont été
tragiques. Pour les cinq vierges qui ne s'étaient pas préparées,
la situation a été la suivante : « Plus tard, les autres vierges vinrent, et
dirent : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. Mais il répondit : Je vous le dis en vérité,
je ne vous connais pas » (Matthieu 25:11-12). Pour les serviteurs infidèles qui avaient tardé
à se préparer, la situation a été la suivante : « Le maître de ce serviteur viendra le jour où
il ne s'y attend pas et à l'heure qu'il ne connaît pas, il le mettra en pièces,
et lui donnera sa part avec les hypocrites : c'est là qu'il y aura des
pleurs et des grincements de dents » (Matthieu 24:50-51). La tentation de tarder à se repentir ne vient
pas seulement à la fin du monde comme le suggèrent ces Ecritures. Cette
tentation semble avoir été presque constante depuis le début des temps et
reste présente pendant toute notre vie. Lorsque nous étions jeunes, peut-être
nous sommes-nous dit : « J'aurai bien le temps de me préoccuper de choses
spirituelles juste avant ma mission ou mon mariage. Les choses spirituelles
sont pour les vieux. » Ensuite, dans les premières années de mariage, la
pression de la vie, du travail, des factures et les instants de répit et de
divertissement semblent remplir tellement notre vie qu'il nous paraît
encore raisonnable de temporiser pour nous acquitter de nos devoirs envers
Dieu et envers notre famille. Il est facile de penser : « J'aurai peut-être
plus de temps pour cela quand je serai plus mûr. » Mais le temps ne
s'allonge pas dans les années qui suivent. Il y a tant à faire et le temps
semble s'accélérer. On ne dirait pas qu'il s'écoule dix ans entre le 55e
et le 65e anniversaire, ni entre le 65e et le 75e.
L'âge s'accompagne de problèmes physiques et
émotionnels. On dirait que nous n'arrivons pas à accomplir autant de
choses en une heure que lorsque nous étions jeunes. Il est plus difficile
d'être patient avec les autres qui semblent devenir plus exigeants. Il est
alors tentant de se croire dispensé de s'élever jusqu'aux normes requises
par nos alliances passées, maintenant négligées depuis si longtemps. Nous ne tombons pas tous dans ce piège de
l'inaction. Mais suffisamment de personnes le font pour qu'il s'y trouve au
moins une personne que nous aimons, et souvent plus . . . un
enfant, l'un de nos parents, un ami . . . quelqu'un dont nous nous
sentons responsables et pour qui nous souffrons et nous inquiétons.
L'Evangile leur a été enseigné. Ils ont contracté des alliances.
Pourtant, ils n'arrêtent pas de désobéir ou d'être négligents malgré
le malaise que nous savons qu'ils ressentent. Il leur incombe de choisir de
se repentir ou de rester prisonniers du péché. Mais si nous savons comment
ils se sont laissés prendre au piège de l'inaction et de l'entêtement,
cela peut nous aider à entendre plus facilement la réponse à notre prière
fervente : « S'il te plaît, Père céleste, dis-moi ce que je peux faire
pour l'aider ? » Cette tentation de la temporisation vient de
notre ennemi, Lucifer. Il sait que nous ne pouvons pas être vraiment
heureux si nous n'espérons pas en cette vie, puis en l'obtention de la vie
éternelle dans la suivante. C'est là le plus grand de tous les dons de
Dieu. C'est de vivre à jamais en famille avec notre Père céleste et avec
Jésus-Christ, et de progresser éternellement. Satan veut que nous soyons
malheureux comme lui. Il sait que nous ne pouvons obtenir ce vrai bonheur
que si nous sommes purifiés par notre foi au Seigneur Jésus-Christ, par
notre repentir profond et continu et par le fait de contracter et de
respecter les alliances sacrées qui nous sont offertes uniquement par
l'intermédiaire des serviteurs autorisés. Les Ecritures confirment le
danger de temporiser. « C'est pourquoi, si vous avez cherché à
faire le mal aux jours de votre épreuve, vous vous trouverez impurs devant
le siège du jugement de Dieu ; et rien d'impur ne peut demeurer auprès de
Dieu ; c'est pourquoi, vous serez rejetés à jamais » (1 Néphi 10:21). C'est pourquoi Satan nous tente de temporiser
pendant toute la durée de notre mise à l'épreuve. Tout choix de remettre
le repentir à plus tard lui donne la chance de voler le bonheur de l'un des
enfants d'esprit de notre Père céleste. Nous sommes tous tentés de temporiser. Nous
savons par expérience personnelle que le président Kimball avait raison d'écrire
: « L'un des défauts humains les plus graves, quelle que soit l'époque,
c'est la temporisation. » Il l'a ensuite définie en ces termes : « C'est
un manque de disposition à accepter maintenant notre responsabilité
personnelle » (The Teachings of Spencer W. Kimball, édité par
Edward L. Kimball, 1982, p. 48). Par conséquent, Satan s'efforce de nous
faire croire que nous n'avons pas besoin de nous repentir et nous fait
repousser à plus tard tout ce qui est désagréable. Il nous tente, vous et
moi, ainsi que ceux que nous aimons, en nous inspirant les pensées
suivantes : « Dieu a tant d'amour qu'il ne me tiendra sûrement pas
personnellement responsable d'erreurs qui ne sont que le résultat de ma
nature humaine. » Ensuite, si ce moyen ne fonctionne pas, il y a cette
autre pensée qui nous viendra presque sûrement : «Bon, j'ai la
responsabilité de me repentir, mais ce n'est pas le bon moment pour
commencer. Si j'attends, ce sera mieux plus tard. » Certaines vérités battent en brèche ces
mensonges destinés à nous tenter de repousser le repentir à plus tard.
Commençons par le mensonge, si attirant, que nous n'avons pas besoin de
nous repentir. La vérité est que nous devons tous nous
repentir. Si nous sommes dotés de raison et avons plus de huit ans, nous
avons tous besoin de la purification que procure l'application de tous les
effets de l'expiation de Jésus-Christ. Lorsque ceci est clair, nous ne
pouvons pas être tentés de temporiser par la question insidieuse suivante
: « Ai-je franchi la ligne du péché grave ou puis-je remettre à plus
tard même le fait de penser au repentir. » La question qui compte vraiment
est la suivante : « Comment puis-je apprendre à reconnaître où commence
le péché pour me repentir sans tarder ? » Une deuxième vérité sur notre responsabilité
est que nous ne sommes pas sans ressources pour affronter notre situation.
Le monde essaie de nous dire le contraire : il prétend que les
imperfections de nos parents ou une défaillance de notre patrimoine génétique
font que nous ne sommes pas responsables personnellement. Même si les
circonstances sont difficiles, elles n'excusent pas nos actions ni notre
inaction. Néphi avait raison. Dieu ne donne aucun commandement aux enfants
des hommes sans leur préparer la voie pour qu'ils puissent obéir. Même si
la situation est difficile, nous pouvons nous repentir. De même, le monde pourrait être prêt à
excuser notre mauvais comportement parce que ceux qui nous entourent font
pareil. Il est faux de dire que le comportement des autres nous innocente du
nôtre. Les principes que Dieu a fixés pour notre comportement ne changent
pas, que les autres choisissent ou non de se mettre à leur hauteur. Cela devient particulièrement difficile
lorsque d'autres personnes nous blessent et que nous nous sentons justifiés
d'être en colère. C'est un mensonge de dire que notre colère justifie
notre envie de blesser ou de mépriser nos adversaires. Si nous attendons
qu'ils se repentent pour leur pardonner et nous repentir, nous leur laissons
le choix du délai, ce qui peut nous coûter le bonheur ici-bas et dans
l'au-delà. En fin de compte, c'est nous qui sommes
responsables parce que le Seigneur nous a bien avertis. A la naissance, nous
recevons l'Esprit du Christ qui nous permet de distinguer le bien du mal et
d'établir le rapport entre le péché et le malheur. Depuis la nuit des
temps, il a envoyé des prophètes pour dénoncer le péché et pour prôner
la foi et le repentir. Il a rétabli la plénitude de l'Evangile de Jésus-Christ
par l'intermédiaire de Joseph Smith, le prophète. Gordon B. Hinckley est
son prophète actuel. Il détient les clés de la prêtrise qui permettent
aux gens qui vivent aujourd'hui de se repentir et de choisir de recevoir la
vie éternelle. A notre époque, nous sommes tenus pour responsables parce
que le Saint-Esprit confirme la vérité de ces paroles. Même le fait d'accepter notre responsabilité
personnelle risque de ne pas suffire pour ne pas être tenté de croire que
ce n'est pas maintenant qu'il faut nous repentir. « Maintenant » peut paraître
si difficile et « plus tard » tellement plus facile. La vérité est qu'il
vaut toujours mieux se repentir maintenant que plus tard. Premièrement, le
péché a des effets nuisibles sur nous. Le fait de temporiser affaiblit la
foi dont nous avons besoin pour nous repentir. Si nous choisissons de
continuer à pécher, cela amoindrit notre foi et diminue notre droit de
demander la compagnie et le réconfort du Saint-Esprit. Et deuxièmement, même si nous devons obtenir
plus tard le pardon, le Seigneur ne peut pas rétablir les effets bénéfiques
que notre repentir immédiat aurait eus sur ceux que nous aimons et que nous
devons servir. Cela est particulièrement vrai pour les parents de jeunes
enfants. La prime enfance offre des occasions de former et d'édifier qui
risquent de ne jamais se présenter à nouveau. Cependant, même le grand-père
qui a peut-être laissé passer des occasions avec ses enfants peut, en
choisissant de se repentir immédiatement, faire pour ses petits-enfants ce
qu'il aurait pu faire pour leurs parents. Lorsqu'on accepte la responsabilité et que
l'on ressent qu'il est urgent de se repentir, la question suivante peut se
poser : « Par où vais-je commencer ? » Chaque vie est unique. Mais pour
chacun, le repentir nécessitera sûrement de prier humblement. Notre Père
céleste peut nous permettre de prendre pleinement conscience de nos péchés.
Il connaît la profondeur de nos remords. Il peut nous dire comment nous
pouvons nous qualifier pour obtenir le pardon. Pour les péchés graves,
nous devrons nous confesser à un juge en Israël et accepter qu'il nous
guide. Dans ce cas, la prière seule ne suffira pas. Mais, quelle que soit
la gravité de nos péchés, la prière nous ouvrira à tous la voie du
repentir et du pardon. Sans prière sincère, le repentir et la purification
sont impossibles. Lorsque la voie est ouverte par la prière, on peut
ressentir la paix. L'une des questions que nous devons poser à
notre Père céleste par la prière personnelle est : « Qu'est-ce que j'ai
fait ou oublié de faire aujourd'hui qui te déplaît ? Si seulement je peux
le savoir, je me repentirai de tout mon coeur, sans tarder. » Il répondra
à cette humble prière. Et la réponse confirmera sans doute qu'il valait
mieux demander le jour même que d'attendre le lendemain pour le faire. Je témoigne que les paroles suivantes, prononcées
il y a longtemps par un serviteur de Dieu, son vraies : « Et maintenant, mes frères, je voudrais
qu'après avoir reçu tant de témoignages, voyant que les Saintes Ecritures
témoignent de ces choses, vous vous avanciez et produisez du fruit digne du
repentir. « Oui, je voudrais que vous vous avanciez et
ne vous endurcissiez plus le coeur, car voici, c'est maintenant le moment et
le jour de votre salut ; et c'est pourquoi, si vous vous repentez et ne vous
endurcissez pas le coeur, c'est immédiatement que le grand plan de rédemption
se réalisera pour vous. « Car voici, cette vie est le moment où les
hommes doivent se préparer à rencontrer Dieu ; oui, voici, le jour de
cette vie est le jour où les hommes doivent accomplir leurs oeuvres. « Et maintenant, comme je vous l'ai dit précédemment,
puisque vous avez eu tant de témoignages, je vous supplie donc de ne pas
différer le jour de votre repentir jusqu'à la fin ; car après ce jour de
vie, qui nous est donné pour nous préparer pour l'éternité, voici, si
nous ne faisons pas meilleur usage de notre temps pendant que nous sommes
dans cette vie, alors vient la nuit de ténèbres où aucun travail ne peut
être accompli. « Vous ne pouvez pas dire, lorsque vous êtes
amenés à cette crise affreuse : Je vais me repentir, je vais retourner à
mon Dieu. Non, vous ne pouvez pas le dire ; car ce même esprit qui possède
vos corps au moment où vous quittez cette vie, ce même esprit aura le
pouvoir de posséder votre corps dans le monde éternel » (Alma 34:30-34). Il y a une autre tentation à laquelle il faut
résister. C'est de céder à la pensée désespérante qu'il est trop
difficile de se repentir ou trop tard pour le faire. J'ai connu un homme qui
aurait pu penser cela et abandonner. A l'âge de douze ans, il a été
ordonné diacre. Des amis l'ont incité à commencer à fumer. Il a commencé
à se sentir mal à l'aise dans l'Eglise. Il a quitté sa petite ville sans
terminer ses études secondaires pour commencer à travailler dans le bâtiment
en suivant les chantiers dans tous les Etats-Unis. Il était chauffeur de
gros engins de chantier. Il s'est marié. Sa femme et lui ont eu des
enfants. Le mariage s'est terminé par un divorce. Il a été déchu de ses
droits paternels. Il a perdu un oeil dans un accident. Il a vécu seul dans
des foyers d'accueil. Il a perdu tout ce qu'il possédait à l'exception de
ce qu'il pouvait emporter dans une malle. Un soir où il se préparait à changer une
nouvelle fois d'adresse, il a décidé d'alléger le contenu de cette malle.
Sous le fouillis qu'il avait accumulé depuis des années, il a trouvé un
livre. Il n'a jamais compris comment il se trouvait là. Il s'agissait du
Livre de Mormon. Il l'a lu entièrement et l'Esprit lui a dit qu'il était
vrai. Il a su alors que pendant toutes les années qui avaient précédé,
il s'était écarté de la véritable Eglise de Jésus-Christ et du bonheur
qu'il aurait pu connaître. Par la suite, à plus de soixante-dix ans, il a
été mon compagnon missionnaire de district. J'ai demandé aux gens que
nous instruisions, alors que je témoignais du pouvoir expiatoire du
Sauveur, de le regarder. Il avait été purifié et avait connu un
changement de coeur et je savais que c'était ce qu'ils verraient sur son
visage. J'ai dit à ces personnes que ce qu'elles voyaient était la preuve
que l'expiation de Jésus-Christ peut purifier de tous les effets
destructeurs du péché. C'est la seule fois où il m'a repris. Il m'a
dit dans l'obscurité, à l'extérieur du mobil home où nous avions enseigné,
que j'aurais dû dire aux gens que si Dieu avait pu lui faire connaître un
changement de coeur, il n'avait pas pu lui rendre sa femme et ses enfants et
lui permettre de faire ce qu'il aurait pu pour eux. Mais en analysant ce
qu'aurait pu être son passé, il ne s'était pas laissé enfermer dans le
chagrin et le regret. Il était allé de l'avant, encouragé par sa foi en
l'avenir. Un jour, il m'a dit que dans un rêve, la nuit
précédente, il avait retrouvé la vue de ses deux yeux. Il a compris que
le rêve était un aperçu d'un jour à venir où il marcherait parmi des
gens pleins d'amour dans la lumière d'une résurrection glorieuse. Des
larmes de joie ont coulé sur le visage buriné de ce grand homme maigre. Il
m'a parlé calmement avec un sourire radieux. Je ne me rappelle pas ce qu'il
m'a dit de sa vision, mais je me rappelle son visage rayonnant de joie et
d'espoir pendant qu'il décrivait ce qu'il avait vu. Avec l'aide du Seigneur
et le miracle de ce livre au fond d'une malle, il n'avait pas été, pour
lui, trop tard ni trop difficile pour changer. Je témoigne que Dieu le Père vit. Je le sais. Il nous aime. Son Fils unique vit. Parce qu'il est ressuscité, nous aussi nous vivrons à nouveau. Nous verrons à ce moment là les personnes que nous avons aimées et qui nous ont aimés. Par la foi et l'obéissance, nous pouvons leur être à jamais unis en famille. Les membres de notre famille qui nous aiment, des deux côtés du voile, disent probablement lorsque nous nous demandons si nous allons nous humilier et nous repentir : « S'il te plaît, ne temporise pas. » C'est l'invitation, la supplication du Sauveur. Au nom de Jésus-Christ. Amen.
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