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Le
pouvoir de la prêtrise
Thomas
S. Monson En fait, la prêtrise n'est pas
tant un don que la mission de servir, le droit d'encourager, et la
possibilité de faire du bien à autrui.
Mes frères de la prêtrise,
assemblés ici et dans le monde entier, je suis impressionné par la
responsabilité de vous adresser quelques propos. Je prie pour que l'Esprit
du Seigneur m'y aide. Certains d'entre vous sont
diacres, d'autres sont instructeurs ou prêtres, tous des offices de la Prêtrise
d'Aaron. Beaucoup d'entre vous sont anciens, soixante-dix ou grands-prêtres.
On attend beaucoup de chacun de nous. Dans une proclamation de la Première
Présidence et du conseil des douze apôtres publiée le 6 avril 1980,
figuraient ce témoignage et cette vérité: «Nous affirmons solennellement
que l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est
effectivement le rétablissement de l'Eglise établie par le Fils de Dieu,
quand, dans la condition mortelle, il a organisé son oeuvre sur la terre;
qu'elle porte son nom sacré, Jésus-Christ; qu'elle est édifiée sur un
fondement d'apôtres et de prophètes, et qu'il en est la pierre d'angle
principale; que sa prêtrise, dans les ordres d'Aaron et de Melchisédek, a
été rétablie par ceux qui la détenaient autrefois: Jean-Baptiste, pour
la Prêtrise d'Aaron, Pierre, Jacques et Jean pour la Prêtrise de Melchisédek[1].» Le 6 octobre 1889; George Q.
Cannon, de la Première Présidence, a lancé cet appel: «Je veux que le pouvoir de la prêtrise
soit renforcé. . . . Je veux voir cette force et ce pouvoir
se répandre à travers tout le groupe de la prêtrise, depuis les plus
hauts dirigeants jusqu'au plus humble diacre de l'Eglise. Chaque homme
devrait rechercher et recevoir les révélations de Dieu, la lumière des
cieux pour éclairer son âme et lui donner de la connaissance quant à ses
devoirs concernant la portion de l'oeuvre de Dieu qui lui échoit dans la prêtrise[2].» Le Seigneur lui-même a résumé
notre responsabilité quand, dans une révélation sur la prêtrise, il a
lancé cette exhortation: «C'est pourquoi, que chaque homme s'instruise de
son devoir et apprenne à remplir l'office auquel il est désigné, et ce,
en toute diligence[3].»
Mes frères de la Prêtrise
d'Aaron, que vous soyez diacres, instructeurs ou prêtres, apprenez votre
devoir. Mes frères de la Prêtrise de Melchisédek, apprenez votre devoir. Il y a des années, alors que
notre fils cadet, Clark, approchait de son douzième anniversaire, je
quittais avec lui le bâtiment administratif de l'Eglise quand Harold B.
Lee, alors président de l'Eglise, nous a salués. J'ai dit au président
Lee que Clark allait bientôt avoir douze ans. Sur quoi le président Lee
lui a demandé: «Clark, qu'est-ce qui va t'arriver quand tu auras douze
ans?» Dans une telle occasion un père prie pour que son fils soit inspiré
et donne la bonne réponse. Sans hésitation, Clark a répondu au président
Lee: «Je serai ordonné diacre.» C'était la réponse qu'attendait
le président Lee. Il a alors donné ce conseil à notre fils: «Rappelle-toi
que c'est une grande bénédiction que de détenir la prêtrise.» J'espère de toute mon âme que
chaque jeune homme qui reçoit la prêtrise l'honorera et sera fidèle à la
confiance qui lui est témoignée lors de l'ordination. Il y a quarante-quatre ans, j'ai
entendu William J. Critchlow, fils, alors président du pieu d'Ogden sud,
s'adresser aux frères à la session générale de la prêtrise de la conférence
et leur raconter une histoire sur la confiance, l'honneur et le devoir. Je
vais vous la raconter. La leçon simple qu'elle contient s'applique à nous
aujourd'hui, comme elle s'appliquait aux frères de l'époque. «Rupert, au bord de la route,
regardait une foule de gens qui se hâtaient. Au bout d'un moment, il a
reconnu un ami. ‹Où allez-vous donc tous, aussi vite?› a-t-il demandé.
«L'ami s'est arrêté, puis a
demandé: ‹Tu ne sais donc pas?› «‹Sais pas quoi?› a répondu
Rupert. «‹Voilà, a repris l'ami, le
roi a perdu son émeraude royale. Hier il assistait à un mariage de nobles.
Il portait l'émeraude sur une fine chaîne d'or autour du cou. L'émeraude
a dû se détacher de la chaîne. Tout le monde la cherche, car le roi a
offert une récompense à quiconque la trouvera. Viens. Il faut nous dépêcher.›
«‹Mais je ne peux pas y aller
sans demander à grand-mère›, bredouilla Rupert. «‹Je ne peux pas attendre. Je
veux trouver l'émeraude›, répliqua son ami. Ruppert se précipita vers la
cabane, à l'orée des bois pour demander la permission de sa grand-mère.
‹Si je pouvais la retrouver, nous pourrions quitter cette cabane humide et
nous acheter un terrain sur le flanc de la colline›, dit-il, pour
convaincre sa grand-mère. «Mais la grand-mère fit non de
la tête et demanda: ‹Que deviendraient les moutons? Ils s'énervent dans
la bergerie. Ils attendent qu'on les conduise à la pâture. S'il te plaît,
n'oublie pas de les conduire au point d'eau quand le soleil sera haut dans
le ciel.› «Dépité, Rupert conduisit les
moutons à la pâture, et à midi il les conduisit au ruisseau dans les
bois. Là, il s'assit sur une grosse pierre près de l'eau, et se dit: ‹Si
seulement j'avais la chance de chercher l'émeraude du roi.› Comme il
tournait la tête vers le fond sablonneux du ruisseau, son regard fut
soudain attiré par quelque chose. Qu'était-ce? Cela ne se pouvait pas! Il
sauta dans l'eau, et, de ses doigts avides, il en sortit quelque chose de
vert, avec un fin morceau de chaîne en or. ‹L'émeraude du roi!
s'exclama-t-il. Elle a dû se détacher de la chaîne quand le roi, à
cheval, a franchi au galop le pont sur le ruisseau, et le courant l'a emporté
ici.› «Les yeux brillants, Rupert
courut à la cabane de sa grand-mère pour lui annoncer sa trouvaille. ‹Je
suis content pour toi, mon garçon, lui dit-elle, mais tu ne l'aurais jamais
trouvée si tu n'avais pas fait ton devoir et n'avais pas gardé les
moutons.› Ruppert reconnut que c'était la vérité[4].» La leçon de cette histoire est énoncée
dans ces deux vers bien connus: «Fais ton devoir; fais pour le mieux.
Laisse le reste à Dieu.» S'il y en a parmi vous qui croient
être trop faibles pour changer le cours favorable ou défavorable de leur
vie, ou qui n'arrivent pas à prendre la résolution de faire mieux à cause
de la plus grande des peurs, la peur d'échouer, ils ne sauraient trouver
d'assurance plus réconfortante que celle qu'apportent ces paroles du
Seigneur: «Ma grâce suffit à tous les hommes qui s'humilient devant moi;
car s'ils s'humilient devant moi, et ont foi en moi, alors je rendrai fortes
pour eux les choses qui sont faibles[5].» Les miracles se manifestent
partout, quand les détenteurs de la prêtrise magnifient leur appel. Quand
la foi remplace le doute, quand le service désintéressé remplace les
entreprises égoïstes, la puissance de Dieu réalise ses desseins. En fait, la prêtrise n'est pas
tant un don que la mission de servir, le droit d'encourager, et la
possibilité de faire du bien à autrui. Mes frères, nous avons vis-à-vis
des jeunes gens de la Prêtrise d'Aaron la responsabilité non seulement de
leur donner des occasions d'apprendre mais également de leur donner des
exemples dignes d'être suivis. Ceux d'entre nous qui détiennent
la Prêtrise de Melchisédek ont le privilège constant de magnifier leur
appel. Nous sommes des bergers qui veillent sur Israël. Les brebis affamées,
lèvent les yeux vers nous, prêtes à recevoir le pain de vie. Sommes-nous
préparés à paître le troupeau de Dieu? Il est impératif que nous soyons
conscients de la valeur d'une âme humaine, que nous n'abandonnions jamais
l'un de ses fils précieux. Je vais vous lire une lettre d'un
jeune homme empreinte d'amour et qui a contribué à affermir un témoignage
de l'Evangile: «Cher Président Monson, «Merci de nous avoir adressé un
discours lors du jamboree national qui a eu lieu à Fort A. P. Hill, en
Virginie. Pendant notre voyage, nous avons vu beaucoup de lieux célèbres
comme les chutes du Niagara, la statue de la Liberté, la cloche de la
Liberté, etc. Celui que j'ai préféré est le Bosquet sacré. Nos parents
nous avaient écrit à tous des lettres à lire personnellement quand nous y
serions. Après avoir lu la lettre de mes parents, je me suis agenouillé et
j'ai fait une prière. J'ai demandé si l'Eglise était bien vraie et si
Joseph Smith avait bien eu une vision et était vraiment un prophète de
Dieu, et aussi si le président Hinckley est vraiment un prophète de Dieu.
Dès que j'ai eu fini de prier, j'ai senti l'Esprit qui m'a assuré que tout
est vrai. J'avais déjà prié pour la même chose auparavant, mais je
n'avais jamais reçu de réponse aussi forte. Il ne m'était pas possible de
nier que l'Eglise est vrai ni que le président Hinckley est un prophète de
Dieu. «Je suis béni d'être membre de
l'Eglise. Merci encore d'avoir assisté au jamboree. «Salutations respectueuses, «Chad D. Olson «P.S.: Nous avons donné un
exemplaire du Livre de Mormon avec notre témoignage à notre guide et au
conducteur de bus. Ils sont supers! Je veux être missionnaire.» Comme Joseph Smith, le jeune homme
s'était retiré dans un bosquet sacré et avait prié pour obtenir la réponse
à des questions que se posait son esprit curieux. Une fois de plus, une prière
a été exaucée et la confirmation de la vérité a été obtenue. Il y a beaucoup de membres non
pratiquants qui errent dans le désert du doute ou qui n'arrivent pas à
sortir du marécage du péché. L'un d'eux a écrit: «J'ai peur d'être seul.
L'Evangile n'a jamais quitté mon coeur, bien qu'il ait quitté ma vie. Je
vous demande de prier pour moi. Je serais heureux de manger les miettes qui
tombent de la table du plus humble des membres de l'Eglise, parce qu'il a
plus que moi à présent. Je pensais que les postes et les responsabilités
étaient importants dans l'Eglise, mais à présent je sais que je me
trompais sur toute la ligne. Ce qui compte, c'est d'être membre, le pouvoir
de la prêtrise, la paternité et le service. Je sais ce que je dois faire
pour retourner à l'Eglise, mais parfois je pense que j'ai besoin de
quelqu'un pour me montrer la voie, pour m'encourager, pour m'ôter ma peur
et me rendre témoignage. Je croyais que l'Eglise s'était égarée, alors
que c'était moi. L'appel du devoir peut se
manifester discrètement lorsque nous, les détenteurs de la prêtrise, nous
nous acquittons des tâches que nous recevons. George Albert Smith, ce
dirigeant modeste mais efficace, a déclaré: «Votre devoir est premièrement
d'apprendre tout ce que le Seigneur veut que vous sachiez, puis, par le
pouvoir et la puissance de [votre] sainte prêtrise, de magnifier votre
appel en présence de vos semblables de telle manière que les gens soient
heureux de vous suivre[6].»
Que signifie magnifier un appel?
Cela signifie lui conférer plus de dignité et d'importance, le rendre
honorable et recommandable aux yeux de tous les hommes, le faire grandir et
le renforcer pour que la lumière des cieux s'y manifeste à la vue des
autres hommes. Et comment magnifie-t-on un appel? Tout simplement en
accomplissant le service qui s'y attache. Un ancien magnifie l'appel
d'ancien en apprenant quels sont ses devoirs d'ancien et en s'en acquittant.
Il en est de même du diacre, de l'instructeur, du prêtre, de l'évêque et
de tout détenteur d'un office de la prêtrise. Comme vous vous en souvenez, Paul,
aussi connu sous le nom de Saul, se rendait à Damas pour y persécuter les
chrétiens. Comme il s'approchait de cette ville, une lumière éclatante
l'entoura et il tomba à terre, stupéfait, et il entendit une voix dire: «Saul,
Saul, pourquoi me persécutes-tu?» Saul demanda alors: «Qui es-tu,
Seigneur?» La voix reprit: «Je suis Jésus.» Saul, repentant, demanda: «Seigneur,
que veux-tu que je fasse?» Après avoir reçu la réponse du Seigneur, Saul
le persécuteur devint Paul le convertisseur, et entreprit sa grande oeuvre
missionnaire[7]. Mes frères, c'est en agissant,
pas seulement en rêvant, qu'on fait du bien aux autres, qu'on les guide,
qu'on sauve des âmes. Jacques a dit aussi: «Mettez en pratique la parole,
et ne vous bornez pas à l'écouter, en vous trompant vous-mêmes[8].» Puissions-nous tous, nous qui
sommes assemblés ce soir dans cette réunion de la prêtrise, faire un
effort renouvelé pour mériter d'être guidés par le Seigneur. Il y a
beaucoup de gens qui prient pour recevoir de l'aide. Il y en a qui sont découragés,
qui souffrent d'ennuis de santé et des difficultés de la vie qui les désespèrent.
J'ai toujours cru en ces paroles:
«Les plus grandes bénédictions de Dieu sont toujours transmises par des
mains qui le servent ici-bas[9].»
Que nos mains soient prêtes, que nos mains soient pures, que nos mains
soient serviables, afin que nous puissions contribuer à fournir aux autres
ce que notre Père céleste veut qu'ils reçoivent. Pour conclure, je vais vous
raconter une expérience personnelle. Un ami très cher semblait avoir plus
de difficultés et de découragements qu'il ne pouvait en supporter. Pour
finir, il s'est retrouvé à l'hôpital, atteint d'une maladie en phase
terminale. Je ne savais pas qu'il s'y trouvait. Soeur Monson et moi sommes allés
à ce même hôpital pour rendre visite à une autre personne qui était très
malade. Comme nous en ressortions et que nous nous dirigions vers notre
voiture, j'ai eu l'impression claire que je devais retourner et demander si
Hyrum Adams y était hospitalisé. Des années auparavant j'avais appris à
ne jamais tarder à suivre une inspiration du Seigneur. A la réception, on
m'a confirmé qu'Hyrum était effectivement hospitalisé. Nous nous sommes rendus à sa
chambre, avons frappé à la porte et l'avons ouverte. Nous ne nous
attendions pas à ce que nous avons trouvé. Il y avait des grappes de
ballons de baudruche partout. Au mur, bien en vue, s'étalait une grande
affiche annonçant: Joyeux Anniversaire. Hyrum était assis dans son lit d'hôpital,
entouré de sa famille. Quand il nous a vus, il a dit: «Frère Monson,
comment avez-vous donc su que c'était mon anniversaire?» J'ai éludé la
question d'un sourire. Les détenteurs de la Prêtrise de
Melchisédek qui se trouvaient dans la chambre ont entouré Hyrum, leur père,
et mon ami, et lui ont donné une bénédiction de la prêtrise. Nous avons versé des larmes, échangé
des sourires de gratitude et des embrassades, puis je me suis penché vers
Hyrum et je lui ai dit à voix basse: «Hyrum, souvenez-vous de ces paroles
du Seigneur. Elles vous soutiendront. Il a promis: «Je ne vous laisserai
pas orphelins. Je viendrai à vous[10].» Puisse chacun de nous être toujours au service du Seigneur et ainsi avoir droit à son aide. Au nom de Jésus-Christ. Amen.
[1]
La Famille, déclaration au monde (35538.140). [2] Deseret Weekly, 2
novembre 1889, p. 598. [3] D&A 107:99. [4] Conference Report,
octobre 1955, p. 86. [5] Ether 12:27. [6] Conference Report, avril 1942, p. 14. [7] Actes 9:3-6. [8] Jacques 1:22. [9] Whitney Montgomery,
«Revelation», Best Poems of the LDS People, éd. Jack M. Lyon et autres, 1996, p.
283. [10] Jean 14:18.
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