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L'enseignement
de l'Evangile
Dallin
H. Oaks Dans notre appel sacré d'instructeur de
l'Evangile, nous ne faisons jamais trop d'efforts pour l'oeuvre du Seigneur
et la progression de ses enfants.
Un auteur américain a écrit un livre sur son
meilleur professeur. La puissante influence que ce professeur d'université
exerça sur son élève résidait dans la conviction de l'élève que ce
professeur se souciait réellement de lui, voulant qu'il étudie et fasse ce
qui lui permettrait de trouver le bonheur. L'auteur conclut son hommage par
cette question : « Avez-vous jamais eu un très bon professeur ? Quelqu'un
qui ait vu en vous quelque chose de brut mais de valeur, comme une pierre précieuse
qui, avec sagesse, pourrait être polie pour obtenir un merveilleux éclat ?
Si vous avez suffisamment de chance pour rencontrer un tel professeur, vous
retournerez toujours à lui[1].
» I. Tous les membres de l'Eglise de Jésus-Christ
des Saints des Derniers Jours sont, ou seront, des enseignants. Chacun de
nous est concerné au premier chef par le contenu et l'efficacité de
l'enseignement de l'Evangile. Nous voulons que tous aient d'excellents
instructeurs de l'Evangile et nous voulons que ces instructeurs nous aident
non seulement à retourner vers eux, mais surtout à retourner à notre Père
céleste. Notre souci de l'enseignement de l'Evangile ne
se limite pas à ceux qui sont appelés à enseigner dans les collèges de
la prêtrise, à la Primaire, à la Société de Secours, à l'Ecole du
Dimanche, aux Jeunes Filles et dans d'autres domaines. Dans le grand plan de
salut du Seigneur, il n'y a pas d'enseignants plus importants que les
parents qui instruisent leurs enfants constamment par l'exemple et le précepte.
Chacun de nous instruit ceux qui l'entourent par l'exemple. Même les
enfants s'instruisent les uns les autres. Tous les missionnaires sont des
instructeurs. Et tous les dirigeants sont des instructeurs. Comme le président
Hinckley l'a enseigné il y a de nombreuses années : « Un enseignement
efficace est l'essence même de la manière de diriger dans l'Eglise[2]. » L'enseignement de l'Evangile est universel et
important. Véritablement, « nous ne pouvons avoir de plus grande
responsabilité que celle d'instruire les enfants de Dieu[3] ». Notre Sauveur a passé son temps à instruire. Il
était le Pédagogue par excellence, et il invite chacun de nous à le
suivre dans ce grand acte de service[4]. Il y a plusieurs années, la Première Présidence
a demandé au Collège des Douze de dynamiser l'enseignement dans l'Eglise.
Les Douze, assistés par les soixante- dix, ont accepté cette tâche.
Maintenant, après des années de préparation, incluant les efforts de
merveilleux instructeurs de l'Evangile, d'érudits, d'auteurs et d'autres
personnes, la Première Présidence vient d'envoyer une lettre lançant dans
toute l'Eglise un effort « pour dynamiser et améliorer l'enseignement dans
l'Eglise ». Cette lettre déclare : « Le but de ce nouvel effort est
d'assurer un meilleur enseignement de l'Evangile dans les foyers et dans les
réunions de l'Eglise et de nourrir les membres de la bonne parole de Dieu[5]. » Nous venons de publier un livret de dix pages :
Améliorer l'enseignement de l'Evangile Guide du dirigeant. Des
exemplaires en sont distribués à tous les dirigeants des unités et à
tous les dirigeants de collège et d'auxiliaire de l'Eglise. Comme cela y
est expliqué, notre souci concernant « l'enseignement de l'Evangile dans
l'Eglise » comprend l'enseignement dispensé quotidiennement par les
parents au foyer autant que le travail des instructeurs dans les collèges
et les auxiliaires. Cet effort important « pour dynamiser et améliorer
l'enseignement dans l'Eglise » comprend trois éléments. Tout d'abord, il
souligne la grande responsabilité qu'ont les dirigeants d'améliorer
l'enseignement de l'Evangile dans leur organisation. Nous désirons que tous
les dirigeants encouragent et aident les instructeurs et les élèves dont
ils ont la charge. Ensuite, cet effort prévoit une réunion
trimestrielle de perfectionnement pédagogique pour les instructeurs de
trois groupes différents : les enfants, les jeunes et les adultes, pour s'édifier
mutuellement et s'instruire (voir D&A 43:8) des principes, des méthodes
et des techniques qui amélioreront l'enseignement et l'apprentissage de
l'Evangile. Enfin, un cours de douze leçons sur
l'enseignement de l'Evangile sera donné au moins une fois par an, généralement
durant l'Ecole du Dimanche. La documentation en sera tirée d'une nouvelle
édition condensée et améliorée de L'enseignement, pas de plus grand
appel Guide pour l'enseignement de l'Evangile. Ce livre sera distribué
à toutes les paroisses et branches de l'Eglise. Nous avons aussi réédité le Guide de
l'enseignement pour un usage familial et pour les petites unités ou
celles en voie de développement qui ne peuvent pas appeler suffisamment
d'instructeurs pour tous les programmes de l'Eglise. II. Certains se demanderont peut-être pourquoi
nous faisons autant d'efforts pour améliorer l'enseignement de l'Evangile.
Ceux qui se posent cette question doivent avoir la bénédiction d'avoir des
instructeurs formidables, et nous en avons beaucoup dans l'Eglise. D'autres
comprendront pourquoi de tels efforts sont nécessaires et prieront pour
leur réussite. Depuis de nombreuses années, j'essaye d'évaluer
la nature et la qualité de l'enseignement dans les divers collèges et
auxiliaires de l'Eglise. Je le fais en venant sans m'être annoncé dans
différentes paroisses de diverses parties de l'Eglise. J'ai maintenant
rendu visite à des centaines de classes. Je suis désolé si certaines de
mes visites ont pu terroriser les instructeurs. Mon impression est que
presque tous les instructeurs que j'ai observés au cours de ces
visites-surprises ont apprécié d'avoir un visiteur qui était là pour
apprendre et pour montrer son appréciation pour leurs efforts et leur souci
pour leurs élèves. Pour ma part, ce que j'ai vu au cours de ces
visites a été satisfaisant et rassurant. J'ai vu des instructeurs inspirés
dont l'amour pour l'Evangile et pour leurs élèves était si évident que
l'effet de leur enseignement était extrêmement positif. J'ai aussi vu des
élèves réfléchis et respectueux, réceptifs au message et ayant soif
d'apprendre. Mis à part les grands exemples que j'ai vu, je
suis convaincu que dans l'Eglise dans son ensemble, comme pour chacun de
nous individuellement, il est toujours possible de faire mieux. La nécessité
de progresser est inhérente au plan de notre Père céleste pour ses
enfants. Et dans notre appel sacré d'instructeur de l'Evangile, nous ne
faisons jamais trop d'efforts pour l'oeuvre du Seigneur et la progression de
ses enfants. III. Il y a de nombreuses manières d'instruire,
mais tout bon enseignement repose sur certains principes fondamentaux. Sans
prétendre être exhaustif, je voudrais vous citer et commenter six
principes fondamentaux de l'enseignement de l'Evangile. Le premier est l'amour. Il se manifeste
de deux manières. Lorsque nous sommes appelés à enseigner, nous devons
accepter notre appel et enseigner par amour de Dieu, le Père éternel, et
de son Fils, Jésus-Christ. De plus, un instructeur de l'Evangile doit
toujours enseigner animé par l'amour pour ses élèves. Il nous est dit que
nous devons prier « de toute l'énergie de [notre] coeur, afin d'être
remplis de cet amour » (Moroni 7:48). L'amour de Dieu et l'amour de ses
enfants est la meilleure raison de servir. Ceux qui enseignent par amour
deviendront des instruments entre les mains de celui qu'ils servent. Deuxièmement, un
instructeur de l'Evangile, comme le Maître que nous servons, se concentrera
entièrement sur ceux qu'il instruit. Il se concentrera totalement sur les
besoins des brebis, sur le bien des élèves. Un instructeur de l'Evangile
ne se concentre pas sur lui-même. Celui qui comprend ce principe ne considérera
pas que son appel est de « donner ou présenter une leçon », parce que
cette définition montre l'enseignement par rapport à l'enseignant, et non
à l'élève. S'il se concentre sur les besoins des élèves,
l'instructeur de l'Evangile n'obscurcira jamais leur vision du Maître en se
mettant sur son chemin ou en assombrissant la leçon par des considérations
personnelles ou pour se mettre en valeur. Cela signifie qu'un instructeur de
l'Evangile ne doit jamais s'adonner aux intrigues de prêtres, c'est-à-dire
prêcher et se poser «en lumière pour le monde, afin d'obtenir du gain et
les louanges du monde » (2 Néphi 26:29). Un instructeur de l'Evangile ne
prêche pas pour « être populaire » (Alma 1:3) ou « par amour de la
richesse et des honneurs » (Alma 1:16). Il suit le merveilleux exemple du
Livre de Mormon dans lequel « le prédicateur n'était pas meilleur que
l'auditeur, et l'instructeur n'était pas meilleur que celui qui apprenait
» (Alma 1:26). L'un comme l'autre regarderont toujours vers le Maître. Troisièmement,
un très bon instructeur de l'Evangile enseignera à partir de la
documentation prescrite, en mettant principalement l'accent sur
l'enseignement de la doctrine, des principes et des alliances de l'Evangile
de Jésus-Christ. C'est ce qui est requis par la révélation moderne, car
le Seigneur a dit : « Les . . . instructeurs de l'Eglise
enseigneront les principes de mon Evangile qui sont dans la Bible et le
Livre de Mormon, lequel contient la plénitude de l'Evangile. « Et ils observeront les alliances et les
articles de l'Eglise, et ce seront là leurs enseignements, selon qu'ils
seront guidés par l'Esprit » (D&A 42:12-13). Les instructeurs qui doivent enseigner « les
principes de l'Evangile » et « la doctrine du royaume » (D&A 88:77),
doivent généralement éviter d'enseigner des règles ou des applications
spécifiques. Par exemple, ils ne doivent pas enseigner de règles pour déterminer
ce qu'est une dîme complète, ni fournir de liste d'actions recommandées
ou interdites pour sanctifier le jour du Sabbat. Lorsqu'un instructeur a
enseigné, à partir des Ecritures et de la parole des prophètes actuels,
la doctrine et les principes qui y sont associés, les applications ou les règles
précises relèvent généralement de la responsabilité des individus et
des familles. La doctrine et les principes, bien enseignés,
ont une influence plus puissante sur la conduite que les règles. Lorsque
nous enseignons la doctrine et les principes de l'Evangile, nous pouvons
avoir le témoignage et les directives de l'Esprit pour renforcer notre
enseignement, et nous faisons appel à la foi de nos élèves pour chercher
l'inspiration de ce même Esprit pour appliquer ces enseignements dans leur
vie personnelle. L'enseignement dans les collèges de la Prêtrise
de Melchisédek et dans les classes de la Société de Secours de l'Eglise
les deuxième et troisième dimanches de chaque mois est basé sur les Enseignements
des Présidents de l'Eglise. Durant les deux dernières années, nous
avons étudié les enseignements de Brigham Young. Pendant les deux
prochaines années, nous étudierons les enseignements de Joseph F. Smith.
Les livres contenant ces enseignements, qui sont donnés à tous les membres
adultes de l'Eglise pour enrichir leur bibliothèque personnelle,
contiennent la doctrine et les principes. Ils sont complets et adaptés aux
besoins de notre époque, et ils constituent d'excellentes bases
d'enseignement ou de discussion. Lorsque je rendais visite à des collèges et
à des Sociétés de Secours, j'ai été généralement satisfait et
impressionné par la manière dont ces Enseignements des Présidents de
l'Eglise étaient présentés et reçus. Toutefois, il m'est arrivé de
voir des instructeurs qui ne faisaient que mentionner brièvement le
chapitre concerné puis faisaient une leçon et menaient une discussion basées
sur d'autres documentations qu'ils avaient choisies. Cela n'est pas
acceptable. Un instructeur de l'Evangile n'est pas appelé pour choisir le
sujet de la leçon, mais pour enseigner et commenter ce qui a été spécifié.
Les instructeurs de l'Evangile doivent aussi éviter scrupuleusement leurs
sujets favoris, les spéculations personnelles et les sujets à controverse.
Les révélations du Seigneur et les directives de ses serviteurs sont
claires sur ce point. Nous devons tous garder à l'esprit le grand
enseignement du président Kimball qui disait qu'un instructeur de
l'Evangile est un « invité » : « On lui a confié un poste où il fait
autorité et il a reçu le sceau de l'approbation, et ceux qu'il instruit
sont justifiés de croire qu'ayant été choisi et soutenu comme il
convient, il représente l'Eglise et que ce qu'il enseigne est approuvé par
l'Eglise. Aussi brillant soit-il et aussi nombreuses que soient les
nouvelles vérités qu'il pense avoir trouvées, il n'a aucun droit de déborder
du programme de l'Eglise[6].
» Quatrièmement,
un instructeur de l'Evangile se préparera avec diligence et s'efforcera
d'utiliser les moyens les plus efficaces pour présenter les leçons prévues.
Le nouveau cours d'enseignement de l'Evangile et les nouvelles réunions de
perfectionnement pégogique sont bien entendu destinés à aider les
instructeurs dans cet effort. Le cinquième principe fondamental de
l'enseignement de l'Evangile que je souhaite souligner est le commandement
du Seigneur, que j'ai déjà cité : « Les... instructeurs de l'Eglise
enseigneront les principes de mon Evangile... selon qu'ils seront guidés
par l'Esprit... Et si vous ne recevez pas l'Esprit, vous n'enseignerez pas
» (D&A 42:12-14). Le droit et le devoir de l'instructeur de l'Evangile
est de rechercher un niveau de fidélité tel que ses enseignements seront
dirigés et confirmés par l'Esprit, et non pas seulement choisis et arrangés
pour correspondre à ses convenances et qualifications personnelles. Les
merveilleux principes de « Comment enseigner et diriger dans l'Eglise »,
dans le nouveau Manuel d'instructions de l'Eglise, donnent les
directives suivantes : « Les instructeurs et les élèves doivent
rechercher l'Esprit au cours de la leçon. On peut enseigner des vérités
profondes, les élèves peuvent se lancer dans des discussions
passionnantes, mais si l'Esprit n'est pas présent, l'âme n'en sera pas
profondément impressionnée . . . « Quand l'Esprit est présent dans
l'enseignement de l'Evangile, ‹le pouvoir du Saint-Esprit porte [le
message] dans le coeur des enfants des hommes› (2 Néphi 33:1)[7]. » Le président Hinckley a énoncé un important
corollaire au commandement d'enseigner selon l'Esprit quand il a lancé ce défi
: « Nous devons . . . amener nos
instructeurs à faire parler leur coeur plutôt que leurs livres, à
communiquer leur amour du Seigneur et de cette oeuvre précieuse, et d'une
manière ou d'une autre cela touchera ceux qu'ils instruisent au plus
profond du coeur[8].
» C'est là notre objectif : communiquer l'amour
de Dieu et l'engagement envers l'Evangile de Jésus-Christ « au plus
profond du coeur » de ceux que nous instruisons. Cela nous mène au sixième et dernier
principe dont je parlerai. Un instructeur de l'Evangile se soucie des résultats
de son enseignement et un tel instructeur mesurera la réussite de son
enseignement et de sa façon de témoigner à l'impact qu'il aura sur la vie
de ses élèves[9]. Un instructeur de
l'Evangile ne se contentera jamais de délivrer un message ou de faire un
sermon. Un bon instructeur de l'Evangile veut participer à l'oeuvre du
Seigneur qui est de réaliser la vie éternelle de ses enfants. Harold B. Lee a dit : « L'appel d'instructeur
de l'Evangile est l'un des plus nobles qui soit au monde. Un bon instructeur
peut avoir un rôle décisif en inspirant des garçons et des filles, des
hommes et des femmes, à changer leur vie et à accomplir leur destinée
divine. L'importance de l'instructeur a été magnifiquement décrite par
Daniel Webster qui a dit : ‹Si nous travaillons le marbre, cela périra ;
si nous travaillons l'airain, le temps l'effacera ; mais si nous travaillons
sur des esprits immortels, si nous leur inculquons les principes et la juste
crainte de Dieu et l'amour de leur prochain, alors nous gravons sur ces
tablettes quelque chose qui brillera à toute éternité[10].› » Je témoigne que c'est l'oeuvre de Dieu, et que
nous sommes ses serviteurs chargés de la responsabilité sacrée
d'enseigner l'Evangile de Jésus-Christ, le plus grand message de tous les
temps. Nous avons besoin de davantage d'instructeurs qui soient dignes de ce
message. Je prie pour que nous devenions tous d'excellents instructeurs de
l'Evangile. Au nom de Jésus-Christ. Amen.
[1]
Mitch Albom, Tuesdays with Morrie, New York : Doubleday, 1997, p.
192. [2]
Discours de 1969, cité par Jeffrey R. Holland, « Un docteur venu de
Dieu », L'Etoile, juillet 1998, p. 28. [3] David O.
McKay, Gospel Ideals, Salt Lake City : Improvement Era, 1953, p.
175. [4] Voir,
pour l'ensemble, Boyd K. Packer, Teach Ye Diligently, Salt Lake
City : Deseret Book Co., 1975. [5] Lettre de la Première Présidence
du 15 septembre 1999. [6]
The Teachings of
Spencer W. Kimball, éd.
Edward L. Kimball, Salt Lake City : Bookcraft, 1982, pp. 532-533. [7] Manuel d'instructions de
l'Eglise, 1999, p. 300. [8]
Teachings of Gordon B.
Hinckley, pp. 619-620.
[9] Voir Henry B. Eyring, « Le
pouvoir d'enseigner la doctrine », L'Etoile, juillet 1999, p.
85. [10] The Teachings of Harold B. Lee, Salt Lake City : Bookcraft, 1996, p.
461.
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