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CE QUI EST PLUS IMPORTANTPar Dallin H. Oaks du Collège des douze apôtres Dans le livre de Matthieu, le Sauveur dénonce les scribes et les pharisiens : « Vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et... vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité : c'est là ce qu'il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses » (Matthieu 23:23 ; italiques ajoutées). Je vais vous parler de choses « plus importantes » que nous risquons de négliger si nous nous concentrons exclusivement sur des choses moins importantes. Les choses plus importantes auxquelles je fais allusion sont des qualités comme la foi et l’amour de Dieu et de son oeuvre qui nous feront beaucoup avancer vers nos buts éternels. En parlant de
choses plus importantes, je cherche à différencier nos buts suprêmes dans
l’éternité des méthodes humaines ou des objectifs à court tenue que
nous utilisons pour essayer de les atteindre. L’apôtre Paul a décrit en
ces termes la différence entre les perspectives terrestres et les
perspectives éternelles : «Nous regardons, non point aux choses visibles,
mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères,
et les invisibles sont éternelles » (2 Corinthiens 4:18). Si nous nous
concentrons trop sur nos méthodes ou objectifs manifestement terrestres,
nous pouvons perdre de vue nos buts éternels, que l’apôtre appelle les
« choses... invisibles ». Ce faisant, nous pouvons oublier notre
destination et n’aboutir à rien, du point de vue de l’éternité. Nous
ne faisons pas progresser notre position dans l’éternité simplement en
allant plus loin et plus vite dans la condition mortelle, mais uniquement en
avançant en toute connaissance dans la bonne direction. Comme le Seigneur
nous l’a dit par la révélation moderne : « Je voudrais que vous fassiez
en toute sainteté de coeur ce dont l’Esprit vous témoigne, marchant en
droiture devant moi, méditant sur le but de votre salut » (D&A
46:7 ; italiques ajoutées). Nous ne devons
pas confondre la fin et les moyens. Le véhicule n’est pas la destination.
En perdant de vue nos buts éternels, nous risquons de penser que le plus
important est d’aller vite, que n’importe quelle route nous mènera à
notre destination. L’apôtre Paul a décrit cette attitude comme étant
celle de gens qui « ont du zèle pour Dieu, mais sans intelligence »
(Romains 10:2). Le zèle est une méthode, non un but. Le zèle, même le zèle
pour Dieu, doit s'accompagner de la compréhension des commandements et du
plan de Dieu pour ses enfants. En d'autres termes, le sujet important qu'est
le but éternel ne doit pas être modifié par une méthode humaine, pour
excellente qu'elle soit. Jusqu’à
maintenant j'ai parlé de généralités. Je vais maintenant donner trois
exemples concrets. LA FAMILLE
Tous les saints
des derniers jours comprennent qu'avoir une famille est un objectif éternel.
L’exaltation est une affaire de famille ; elle n'est pas possible en
dehors de l'alliance éternelle du mariage, qui permet la perpétuation de
relations familiales glorieuses. Mais cela ne veut pas dire que tout ce qui
se rapporte à la famille sur cette terre est un objectif éternel. Il y a
de nombreux objectifs à court terme associés à la famille, comme l'unité,
la solidarité ou l'amour familial, qui sont des méthodes, non les
objectifs éternels que nous devons réaliser en priorité sur tous les
autres. Par exemple, la solidarité familiale pour réaliser une entreprise
mauvaise n'est évidemment pas une qualité. Pas plus que la solidarité
familiale pour cacher et perpétuer des pratiques mauvaises comme les sévices. L’objectif de
la famille sur terre est de faire venir au monde des enfants, de leur
enseigner le bien, et de préparer tous les membres de la famille à
l'exaltation dans des liens familiaux éternels. Le plan de l’Evangile prévoit
le genre de gouvernement, de discipline, de solidarité et d'amour familial
qui mèneront à cet objectif final. Toutefois, même l'amour des membres de
la famille passe après le tout premier commandement qui est l'amour de Dieu
(voir Matthieu 22:37-38) et la directive du Sauveur : « Si vous m'aimez,
gardez mes commandements » (Jean 14:15). Jésus a enseigné : « Celui qui
aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui
aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi » (Matthieu
10:37). LA LIBERTÉ DE
CHOISIR, OU LIBRE ARBITRE
Mon second
exemple dans ce discours sur les sujets plus importants est le rôle de la
liberté de choisir, ou libre arbitre. Peu de concepts
sont plus susceptibles de nous tromper que l'idée que la liberté de
choisir, ou libre arbitre, est un but suprême. Pour les saints des derniers
jours, cette confusion possible est en partie due au fait que le libre
arbitre, le droit de choisir, est une condition fondamentale de la vie dans
la condition mortelle. Sans ce don précieux de Dieu, l'objectif de la vie
dans la condition mortelle ne pourrait pas être réalisé. Pour obtenir
notre libre arbitre dans la condition mortelle, nous avons mené un rude
combat que l'Apocalypse appelle la « guerre dans le ciel ». A la fin
de ce combat prémortel, le démon et ses anges ont été précipités des
cieux et ont perdu la possibilité d'avoir un corps dans la condition
mortelle (voir Apocalypse 12:7-9). Nous avons gagné
notre combat pour obtenir le libre arbitre. L'épreuve dans cet état mortel
qui a suivi ne consiste pas à conserver la possibilité de choisir mais à
l’utiliser, elle consiste à choisir le bien et non le mal afin de pouvoir
réaliser nos objectifs éternels. Dans la condition mortelle, le choix est
une méthode, non un but. Les mortels
doivent bien sûr continuer de résoudre de nombreuses questions concernant
les restrictions et les conséquences qui doivent être appliquées au droit
de choisir. Mais ce sont des questions de liberté et non de libre arbitre.
Beaucoup de gens ne comprennent pas cette notion importante. Nous avons la
responsabilité d'utiliser notre libre arbitre dans un monde de choix. Nous
ne pouvons pas prétendre que notre libre arbitre nous a été ôté lorsque
nous ne sommes pas libre de l'exercer sans conséquences désagréables. Etant donné que
le choix est une méthode, les choix sont libres dans tous les domaines, et
nos choix peuvent servir n'importe quel objectif. Par conséquent, ceux qui
considèrent la liberté de choisir comme un objectif peuvent facilement se
fourvoyer et en venir à essayer de justifier n'importe quel choix. « Libre
de choisir » peut même devenir un slogan pour justifier un choix
particulier. Par exemple, quelqu'un qui dit aujourd'hui : « Je suis
libre de disposer de mon corps » est clairement opposé aux lois
restreignant le choix des femmes d'avorter. Il y a plus de
trente ans, alors jeune professeur de droit, j'ai publié l'un des premiers
articles sur les conséquences légales de l'avortement (IVG ou interruption
volontaire de grossesse, N.d.T.). Depuis lors j'ai suivi avec intérêt le débat
national et les décisions malheureuses de la cour suprême des Etats-Unis
sur ce qu'on appelle « le droit à l'avortement ». J'ai été fasciné par
l'habileté avec laquelle ceux qui ont voulu et qui défendent maintenant la
légalisation de l'avortement, ont fait basculer le débat. C'était un débat
sur les avantages et les inconvénients moraux et médicaux des restrictions
légales à l'avortement ; ils en ont fait un débat sur la liberté de
choix. Le slogan ou l'idée de « libre choix » a eu un effet presque
magique pour justifier l'avortement et pour neutraliser ceux qui s'y
opposaient. Les slogans en
faveur de la liberté de choisir se sont montrés particulièrement séducteurs
pour les saints des derniers jours parce que nous savons que le libre
arbitre, qui peut être défini comme la possibilité de choisir, est une nécessité
fondamentale dans le plan de l'Evangile. Tous les saints des derniers jours
sont pour la liberté de choisir en vertu de cette définition théologique.
Mais être en faveur de la liberté de choisir parce que le libre arbitre
est nécessaire ne clôt pas le débat pour nous. Le choix est une méthode,
non un but en soi. Nous sommes responsables de nos choix, et seuls des choix
justes nous feront avancer vers nos buts éternels. Dans cette voie,
les saints des derniers jours suivent les enseignements des prophètes. Au
sujet de l'avortement, les directives des prophètes sont claires. Le
Seigneur a commandé : « Tu ne tueras [pas], ni ne feras rien de semblable
» (D&A 59-6). L'Eglise est opposée à l'avortement pour convenance
personnelle ou sociale. Il est enseigné aux membres qu'ils ne doivent pas,
à quelques rares exceptions, subir, réaliser, encourager, financer ou
organiser d'avortement. Cette directive nous dit ce que nous devons faire en
ce qui concerne les sujets plus importants de la loi, les choix qui nous mèneront
vers la vie éternelle. Dans le monde
d'aujourd'hui, nous ne sommes pas fidèles à nos enseignements si nous
sommes simplement pour le libre choix. Nous devons prôner le bon choix.
Ceux qui persistent à refuser d'aller au-delà des slogans en faveur du
libre choix s'éloignent des objectifs auxquels ils prétendent adhérer et
finissent par accorder leur soutien à des résultats qu'ils n'accepteraient
pas si ceux-ci étaient présentés sans déguisement. Par exemple,
pensez aux utilisations que certains ont faites des exceptions possibles à
notre ferme position contre l'avortement. Nos dirigeants enseignent que les
seules exceptions sont lorsque la grossesse résulte d'un viol ou d'un
inceste, ou lorsqu'un médecin compétent est arrivé à la conclusion que
la vie ou la santé de la mère est gravement en danger ou que le fœtus a
de graves malformations qui ne lui permettront pas de survivre après la
naissance. Néanmoins, même ces exceptions ne justifient pas
automatiquement l'avortement. Etant donné que l'avortement est un sujet des
plus graves, il nous est recommandé de ne l'envisager que lorsque les
personnes concernées ont consulté leur évêque et ont reçu une
confirmation divine suite à la prière. Certains saints
des derniers jours disent qu'ils déplorent l'avortement, mais ils donnent
ces circonstances exceptionnelles comme base de leur position en faveur du
libre choix pour que la loi autorise l'avortement pour les personnes qui le
désirent en toute circonstance. Ceux qui prennent cette position devraient
regarder la réalité en face : les situations décrites dans ces trois
exceptions sont extrêmement rares. Par exemple, la conception par incestes
ou viols, le cas le plus souvent cité par ceux qui utilisent les exceptions
pour défendre l'avortement volontaire, ne représente qu'une infime minorité
des avortements. Pus de 95 pour cent des millions d'avortements effectués
chaque année mettent fin à la vie de fœtus conçus lors de relations
librement consenties. Ainsi plus de 95 pour cent des avortements ne sont pas
pratiqués pour défendre le libre choix, mais pour en éviter les conséquences[1]. Utiliser les
arguments du « libre choix » pour essayer d'en éviter les conséquences
est un cas classique d'omission de ce que le Sauveur a appelé « ce qui est
plus important dans la loi ». Les arguments
temporels et philosophiques en faveur de l'avortement volontaire se basent
principalement sur l'idée qu'une femme doit avoir le contrôle de son
propre corps. Il y a peu de temps, j'ai reçu une lettre d'un membre de
l'Eglise réfléchi, vivant en dehors des Etats-Unis, qui analysait cet
argument d'un point de vue temporel. Comme son analyse arrive à la même
conclusion que celle à laquelle je suis arrivé d'un point de vue
religieux, je la cite ici pour le bénéfice de ceux qui sont plus
facilement convaincus par ce point de vue : « Toute femme
a, dans les limites imposées par la nature, le droit de choisir ce qui
arrivera ou n'arrivera pas à son corps. Toute femme est, en même temps,
responsable de la manière dont elle utilise son corps. Si par son choix,
elle se conduit de telle manière qu'elle conçoit un fœtus humain, elle a
non seulement droit à ce fœtus mais elle en est aussi responsable. Si
c'est une grossesse non désirée, il n'est pas justifié d'y mettre fin en
disant que cela interfère avec son droit de choisir. Elle a elle-même
choisi ce qui pourrait arriver à son corps en prenant le risque d'une
grossesse. Elle a fait son choix. Si elle ne trouve pas de meilleure raison,
sa conscience devrait lui dire que l'avortement serait un choix tout à fait
irresponsable. « Qu'est-ce qui
pourrait être une bonne raison de procéder à un avortement ? Etant donné
qu'un fœtus humain a une valeur humaine intrinsèque et infinie, la seule
bonne raison d'un avortement serait la violation, la privation ou la menace
du droit d'une femme de choisir ce qui arrivera ou n'arrivera pas à son
corps. Les considérations sociales, éducatives, financières et
personnelles n'ont pas à elles seules autant de valeur que la vie qui se
trouve dans un fœtus. Ces considérations en elles-mêmes pourraient
sagement conduire à la décision de faire adopter le bébé après sa
naissance, mais pas à détruire son existence in utero. « Le viol ou
l'inceste constituent de toute évidence une violation du droit d'une femme
de choisir ce qui arrivera ou n'arrivera pas à son corps. Lorsqu'une
conception résulte d'un tel cas, la femme a le droit moralement aussi bien
que légalement d'avoir recours à l'avortement parce que la grossesse est
le résultat de l'irresponsabilité de quelqu'un d'autre, non de la sienne.
Elle n'a pas à l'assumer. La forcer au nom de la loi à mener la grossesse
à son terme serait une violation supplémentaire de ses droits. Elle a
aussi le droit de refuser l'avortement. Cela lui donne droit au fœtus dont
elle assume alors la responsabilité. Elle peut par la suite renoncer à ce
droit et à cette responsabilité en permettant l'adoption du bébé après
sa naissance. Dans les deux cas il s'agit d'un choix responsable. » L'homme qui a écrit
ces lignes a également appliqué le même raisonnement aux autres
exceptions permises par notre doctrine, c'est-à-dire la vie de la mère en
danger et un bébé qui ne survivrait pas après la naissance. Je vais conclure
cette discussion sur la liberté de choisir par deux autres points
succincts. Si nous disons
que nous sommes contre l'avortement pour nous-mêmes, mais pour le libre
choix dans le domaine de la loi, nous disons que nous n'utiliserons pas
notre influence pour instaurer des lois qui encouragent les bons choix dans
les domaines que les serviteurs de Dieu ont définis comme étant de graves
péchés. J'exhorte les saints des derniers jours qui ont pris cette
position à se demander quels autres graves péchés devraient être légalisés
ou bénéficier de l'indulgence de la loi, en vertu de la théorie selon
laquelle les individus ne devraient pas être gênés dans leurs choix.
Devrions-nous légaliser les sévices à l'égard des enfants ou en alléger
les conséquences légales? La cruauté envers les animaux ? La pollution ?
La fraude ? L'abandon de famille par des pères qui choisissent d'avoir une
plus grande liberté et plus de facilités ? De même,
certains en arrivent à être partisans du libre choix en disant que nous ne
devrions pas introduire de question de moralité dans la loi. Ceux qui
prennent cette position devraient se rendre compte que le droit pénal ne règle
que des questions de moralité. Devrions-nous abroger toutes les lois
reposant sur des questions de moralité pour que les tribunaux ne punissent
pas les choix que certains considèrent comme immoraux ? Cela supprimerait
pratiquement toutes les lois contre les crimes. LA DIVERSITÉ
Ma dernière
illustration des effets néfastes de la confusion des moyens et des fins,
des méthodes et des buts, concerne le mot diversité. Il n'est pas d'étiquette
qui ait embrouillé plus que celle-là les idées à notre époque. Un éminent
juge fédéral a récemment dit au sujet des modifications qui interviennent
actuellement dans le domaine de la culture et des valeurs : « Un nouveau
credo célébrant la diversité semble émerger. Il proclame : « L'union
dans la division ! »[2]
Même dans le domaine de la religion, nous entendons parfois les mots « célébrons
la diversité » comme si la diversité était un but suprême. Le mot diversité
peut être légitimement utilisé pour décrire certaines situations, comme
lorsque l'on parle de « diversité raciale et culturelle ». De la même
manière, ce que nous appelons maintenant « diversité » apparaît dans
les Ecritures comme étant une situation. Nous le voyons chaque fois que
sont décrites des différences entre les enfants de Dieu, comme dans les
nombreuses références scripturaires sur les nations, familles, langues et
peuples. Pourtant dans
les Ecritures, les objectifs qu'il nous est enseigné de poursuivre pour
atteindre nos buts éternels sont des idéaux comme l'amour et l'obéissance.
Ces idéaux ne nous acceptent pas tels que nous sommes, mais requièrent que
chacun de nous se modifie. Jésus n'a pas prié pour qu'il y ait de la «diversité»
parmi ses disciples. Il a prié pour qu'ils soient « un » (Jean 17:21-22).
La révélation moderne ne dit pas : «Qu'il y ait de la diversité
parmi vous, sinon vous n'êtes pas de moi.» Elle dit : « Soyez un ; et si
vous n'êtes pas un, vous n'êtes pas de moi » (D&A 38:27). Etant donné que
la diversité est une situation, une méthode ou un objectif à court terme,
pas un but final, chaque fois que l'on demande la diversité il convient de
demander : « Quel genre de diversité ? » ou « La diversité dans quelle
circonstance ou quelle situation ? » ou « La diversité pour servir quel
but ? » Cela est particulièrement important dans nos débats sur les lois,
qui doivent être menés non en fonction d'idées générales mais en
fonction des buts que nous poursuivons et des méthodes ou objectifs à
court terme qui nous y mèneront. La diversité pour elle-même n'a pas de
sens et on peut clairement montrer qu'elle mène à des résultats
inacceptables. Par exemple, si la diversité est le but fondamental pour
constituer un quartier, cela signifie-t-il que nous devons chercher à nous
assurer que le quartier comprend des voleurs et des pédophiles, des
abattoirs et des étendues d'eau dangereuses ? La diversité peut être une
bonne méthode pour atteindre certains buts à long terme, mais les
discussions sur les lois doivent aller au-delà des idées générales pour
préciser le but, pour spécifier la diversité proposée, et pour expliquer
comment ce genre de diversité aidera à atteindre le but accepté de tous. Notre Eglise a
une approche particulière de la diversité culturelle et ethnique évidente
qui existe parmi les membres. Nous enseignons que ce qui nous unit est
beaucoup plus important que ce qui nous différencie. Par conséquent, il
est demandé aux membres de concentrer leurs efforts pour renforcer notre
unité, non pour glorifier notre diversité. Par exemple, notre objectif
n'est pas d'organiser des paroisses et des branches locales en fonction des
différences culturelles ou des origines ethniques ou nationales, néanmoins
cela se produit parfois sur une base temporaire lorsque la barrière
linguistique le nécessite. Au contraire, nous enseignons que les membres de
groupes majoritaires (quelle que soit leur nature) ont la responsabilité
d'accepter les membres de l'Eglise d'autres groupes, en les intégrant
pleinement dans la communauté des saints et en leur donnant toutes les
possibilités de participer à la vie de l'Eglise. Nous cherchons à établir
une communauté de saints, « un seul corps » comme l'apôtre Paul l'a
appelé (1 Corinthiens 12:13), où chacun se sent nécessaire et désiré et
où tous peuvent poursuivre les buts éternels que nous partageons. Pour répondre
au commandement du Sauveur d'être « un », nous recherchons l'unité. A ce
sujet le président Hinckley a enseigné : « Je me souviens de J. Reuben
Clark, fils, alors conseiller dans la Première Présidence, qui prêchait
à ce pupitre l'unité parmi les frères de la prêtrise. Je pense qu'il ne
nous demandait pas d'abandonner notre personnalité pour devenir comme des
robots sortis du même moule. Je sais qu'il ne nous demandait pas de cesser
de penser, de méditer, de réfléchir en tant qu'individus. Je pense qu'il
nous disait que si nous voulons participer à l'avancement de l’œuvre de
Dieu, nous devons avoir dans le cœur la même conviction concernant les
grandes pierres de fondation de notre foi... Si nous voulons participer à
l'avancement de l’œuvre de Dieu, nous devons avoir dans le cœur la même
conviction que les ordonnances et les alliances de cette oeuvre sont éternelles
et que leurs conséquences sont sans fin[3]. » Quiconque prêche
l'unité risque d'être mal compris. Il en est de même de quiconque
s'interroge sur le but de la diversité. Il risque d'être considéré comme
quelqu'un d'intolérant. Pourtant la tolérance n'est pas mise en danger par
la recherche de l'unité ni par la remise en cause de la diversité. Je cite
à nouveau le président Hinckley : « Chacun de nous est un individu.
Chacun de nous est différent. Il est nécessaire de respecter ces différences[4]. » A une autre
occasion il a dit : « Nous devons faire davantage d'efforts pour instaurer
le respect mutuel, une attitude d'indulgence, la tolérance les uns envers
les autres, quelles que soient la doctrine et les philosophies auxquelles
nous pouvons adhérer. Dans ces domaines vous et moi pouvons être en désaccord.
Mais nous pouvons l'être avec respect et politesse[5]. » Le président
Hinckley continue « Un article de foi auquel j'adhère pleinement déclare : « Nous
affirmons avoir le droit d'adorer le Dieu Tout Puissant selon les
inspirations de notre conscience et reconnaissons le même droit à tous les
hommes : qu'ils adorent comme ils veulent, où ils veulent ou ce qu'ils
veulent » (11éme article de foi). J'espère me trouver toujours du côté
de ceux qui défendent cette position. Notre force repose sur notre liberté
de choisir. Il y a de la force jusque dans notre diversité. Mais il y a une
plus grande force dans la tâche que Dieu a donnée à chacun de nous d’œuvrer
pour que tous ses fils et toutes ses filles soient édifiés et bénis,
quelles que soient leur origine ethnique ou nationale ou autres différences[6]. » En résumé,
nous prêchons l'unité dans la communauté des saints et la tolérance pour
les différences individuelles qui sont inévitables dans les croyances et
les modes de vie d'une population diversifiée. La tolérance nécessite évidemment
que nous considérions de manière pacifique les différences entre les uns
et les autres. Mais elle ne nécessite pas que nous abandonnions nos
principes ou nos opinions sur les choix politiques ou législatifs. La tolérance
est une attitude envers la diversité, non le commandement de protéger la
diversité de tout examen. Une forte défense
de la diversité dans le secteur public a parfois pour effet de faire
pression sur ceux qui sont de l'avis de la majorité pour qu'ils abandonnent
leurs valeurs fondamentales afin de s'adapter aux diverses positions de ceux
de la minorité. Cela ne remplace habituellement pas une valeur majoritaire
par une valeur minoritaire. Mais cela aboutit plutôt à établir une «
diversité » par l'abandon de toutes les positions officielles, afin
qu'aucune valeur ne soit contredite par une position officielle ou
semi-officielle. Le résultat de cet abandon n'est pas une diversité de
valeurs mais une anarchie officielle de valeurs. Je crois que c'est un
exemple de l'observation de Louis Pojman, ex-professeur invité à
l'université Brigham Young. Il avait dit que la diversité risque d'être
utilisée comme « euphémisme pour désigner le relativisme en matière de
moralité[7] ». Il y a des
centaines d'exemples de cela, lorsque la recherche de la diversité en tant
que but aboutit à l'anarchie des valeurs que nous appelons relativisme
moral. Parmi ces exemples on trouve différentes propositions comme
l'interdiction aux écoles publiques d'enseigner que certaines conduites
sont néfastes ou que le patriotisme est bon. Un autre exemple est la
tentative de bannir la représentation des dix commandements de tout bâtiment
public. A une époque où
de grands penseurs ont dénoncé le fait que les universités ont cessé
d'enseigner le bien et le mal, nous sommes reconnaissants de la position à
contre-courant de l'université Brigham Young. Le relativisme moral, que
l'on dit être la force dominante des universités américaines, n'a pas sa
place à l'université Brigham Young. Les professeurs enseignent les
valeurs, le bien et le mal enseignés dans l'Evangile de Jésus-Christ. En conclusion,
la diversité et le libre choix ne sont pas ce qui est le plus important
dans la loi. Ce qui est le plus important, ce qui nous fait avancer vers
notre but de la vie éternelle, c'est l'amour de Dieu, l'obéissance à ses
commandements et l'unité pour accomplir l’œuvre de son Eglise. Par cette
croyance et son application nous allons à contre-courant des marées
modernes se précipitant vers l'individualisme et la tolérance, non vers
l'obéissance et l'action commune. Bien que notre croyance et notre manière
d'agir soient impopulaires, elles sont bonnes, et elles ne demandent ni l'obéissance
aveugle ni l'uniformité étouffante dont l'accusent ses détracteurs. Si
nous sommes tous d'accord quant à notre but éternel, et unis quant aux
principes inspirés qui nous y mèneront, nous pouvons faire des efforts
individuels diversifiés pour atteindre nos buts tout en étant cohérents
quant à ces principes. Nous savons que
l’œuvre de Dieu ne peut se faire sans l'unité et l'action commune. Nous
savons aussi que les enfants de Dieu ne peuvent pas être exaltés
individuellement. Ni un homme ni une femme ne peut être exalté seul dans
le royaume céleste ; il faut qu'ils soient unis et dévoués l'un à
l'autre dans l'alliance éternelle du mariage et qu'ils choisissent tous les
deux de garder les commandements et d'honorer les alliances de leur union. Je témoigne de
Jésus-Christ, notre Sauveur. Etant celui dont l'expiation a payé le prix
inimaginable de nos péchés, c'est lui qui peut dicter les conditions de
notre salut. Il nous a commandé de garder ses commandements (voir Jean
14:15) et d'être « un » (D&A 38:27). Je prie pour que nous fassions
le choix sage de garder les commandements et de rechercher l'unité, ce qui
nous conduira à notre but suprême, « la vie éternelle, qui est le plus
grand de tous les dons de Dieu » (D&A 14:7). Tiré d'un
discours donné lors d'une réunion spirituelle à l'université Brigham
Young le 9 février 1999.
[1] Voir « Le respect de la vie », Russell M. Nelson, L'Etoile,
mai 1985, pp. 11-13. [2] J.
Thomas Greene, «Activist judicial Philosophies on Trial», Federal
Rules Decisions, 178 (1997): 200. [3] Teachings of Gordon B. Hinckley, 1997,
p. 672. [4]
Teachings, p. 661. [5] Teachings, p. 665. [6] Teachings, p. 664. [7] «Viewpoint,» Daily Universe, 13
octobre 1998, p. 4.
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