JESUS LE CHRIST NOTRE MAITRE ET BIEN DAVANTAGE

 

par Russell M. Nelson
du Collège des douze apôtres

 

L'intérêt que je porte depuis toujours au cœur humain a pris un aspect inattendu en avril 1984 lorsque j'ai été appelé à quitter la salle d'opération de l'hôpital pour entrer dans la pièce haute du temple. Là, j'ai été ordonné apôtre du Seigneur Jésus-Christ. Je ne recherchais pas un tel appel, mais je m'efforce humblement d'être digne de la confiance et de l'honneur d'être son représentant, espérant réparer spirituellement les cœurs comme je l'ai fait chirurgicalement auparavant.

 

Ayant été appelé, soutenu et ordonné pour faire partie des quinze témoins spéciaux de notre Seigneur et Maître, j'applique le thème essentiel du Livre de Mormon : " Nous parlons du Christ, nous nous réjouissons dans le Christ, nous prêchons le Christ [et] nous prophétisons le Christ " (2 Néphi 25:26).

 

Nous l'honorons comme étant le personnage le plus important qui ait jamais vécu sur la terre. Il est Jésus le Christ, notre Maître et bien davantage. Il a de nombreux noms, titres et responsabilités, tous de portée éternelle. Dans le temps imparti ici nous ne pourrions pas pleinement aborder ou comprendre toutes les facettes importantes de sa vie. Mais j'aimerais néanmoins examiner, ne serait-ce que brièvement, dix de ces immenses responsabilités, sans vouloir leur donner d'ordre de priorité car tout ce qu'il a accompli était d'une même portée divine.

 

CRÉATEUR

 

Sous la direction du Père, Jésus a endossé la responsabilité de Créateur. Il avait pour titre " la Parole " (voir Jean 1:1 et la traduction par Joseph Smith de Jean 1:16). Dans la version grecque du Nouveau Testament, le mot utilisé est Logos c'est-à-dire " expression ". C'était une autre manière de nommer le Maître. Cette terminologie peut paraître étrange, mais elle convient bien. Nous employons des paroles pour exprimer notre pensée aux autres. Jésus était donc la Parole, ou l'expression, de son Père pour le monde.

 

L'évangile de Jean proclame que le Christ est le Créateur de toutes choses : " Toutes choses ont été faites par [lui], et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans [lui] " (Jean 1:1-3 ; voir aussi D&A 93:21).

 

La révélation moderne atteste de la responsabilité de Jésus en tant que Créateur de nombreux mondes :

 

" C'est pourquoi, au commencement était la Parole, car il était la Parole, le messager du salut, la lumière et le Rédempteur du monde, l'Esprit de vérité, qui est venu dans le monde, parce que le monde avait été fait par lui, et en lui étaient la vie des hommes et la lumière des hommes. Les mondes ont été faits par lui, les hommes ont été faits par lui, tout a été fait par lui, par son intermédiaire et de lui " (D&A 93:8-10 voir aussi 1 Corinthiens 8:6 Hébreux 1:2 ; 2 Néphi 9-5 ; 3 Néphi 9:15 ; D&A 76:23-24 ; 88:42-48 ; 101:32-34).

 

Le livre d'Hélaman rend un témoignage semblable, déclarant que Jésus-Christ est le Créateur de tout depuis le commencement (voir Hélaman 14:12). Une explication nous est donnée par le Seigneur Dieu, qui dit à Moïse : J'ai fait ces choses dans un dessein qui m'est propre...

 

" Et je les ai créées par la parole de mon pouvoir, qui est mon Fils unique, lequel est plein de grâce et de vérité. Et j'ai créé des mondes sans nombre ; et je les ai également créés dans un dessein qui m'est propre, et je les ai créés par le Fils, qui est mon Fils unique " (Moïse 1:31-33).

 

Ce saint Créateur a fait en sorte que chacun de nous puisse avoir un corps physique, différent des autres et pourtant, à de nombreux égards, comparable au corps de tout autre humain. Tout comme un bon musicologue peut reconnaître le compositeur d'une symphonie au style et à la structure de l'œuvre, de même un bon chirurgien peut reconnaître le Créateur des êtres humains à la similarité de style et de structure de notre anatomie. Sans nier les particularités individuelles, cette similarité est une preuve supplémentaire et une profonde confirmation spirituelle de la création de notre être par un même Créateur divin. Elle accroît notre compréhension du lien qui nous unit à lui :

 

" Ainsi donc les Dieux descendirent organiser l'homme à leur image, le former à l'image des Dieux, former l'homme et la femme. Et les Dieux dirent : Nous les bénirons " (Abraham 4:27-28).

 

Ils ont réellement béni chacun de nous. Notre corps peut se réparer et se défendre lui-même. Il produit de nouvelles cellules pour remplacer les anciennes. Notre corps porte en lui des semences qui permettent la reproduction de notre espèce avec nos caractéristiques individuelles uniques. Il n'est pas étonnant que notre Créateur soit aussi appelé le grand Médecin (voir Matthieu 9:12), capable de guérir les malades (voir 3 Néphi 9:13 ; D&A 35:9 ; 42:48-51), de rendre la vue aux aveugles (voir Jean 9:1-11), d'ouvrir les oreilles des sourds (voir Esaïe 35:5 ; 3 Néphi 26 - 15), et de ressusciter les morts (voir Matthieu 9:23-26 ; Jean 11:5-45). Et en ces derniers jours, il a révélé un code de santé connu sous le nom de Parole de Sagesse, qui a été une bénédiction pour tous ceux qui l'ont observé avec foi. Nous honorons donc Jésus comme étant notre Créateur, divinement dirigé par son Père.

 

JÉHOVAH

 

Jésus était Jéhovah (voir Exode 6:3 ; Psaumes 83:18 ; Esaïe 12:2 ; 26:4). L'utilisation de ce saint nom est aussi confirmée dans les Ecritures modernes (voir Moroni 10:34 ; D&A 109:68 ; 110:3 ; 128:9). Jéhovah vient du mot hébreu hayah qui signifie " être " ou " exister ". Une forme du mot hayah dans le texte en hébreu de l'Ancien Testament a été traduite par " JE SUIS " (voir Exode 3:14).

 

Il est intéressant de voir que Jéhovah a utilisé JE SUIS pour se nommer (voir D&A 29:1 ; 38:1 ; 39:1). Lisez le surprenant dialogue suivant que l'on trouve dans l'Ancien Testament. Moïse venait de recevoir un appel divin qu'il n'avait pas recherché, la mission de faire sortir les enfants d'Israël de la servitude. La scène se déroule au sommet du mont Sinaï :

 

" Moïse dit à Dieu : Qui suis-je, pour aller vers Pharaon, et pour faire sortir d'Egypte les enfants d'Israël ? "
Il est évident que Moïse ne se sentait pas à la hauteur de cet appel, tout comme cela peut nous arriver à vous et moi lorsque nous recevons une tâche difficile.

 

" Moïse dit à Dieu : J'irai donc vers les enfants d'Israël, et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m'envoie vers vous. Mais s'ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ?

 

" Dieu dit à Moïse : je suis celui qui suis. Et il ajouta : C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël : Celui qui s'appelle 'je suis' m'a envoyé vers vous.

 

" Dieu dit encore à Moïse : Tu parleras ainsi aux enfants d'Israël : L'Eternel le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, m'envoie vers vous. Voilà mon nom pour l'éternité " (Exode 3:11, 13-15).

 

Jéhovah a ainsi révélé à Moïse le nom qu'il avait humblement choisi pour s'identifier pendant son existence prémortelle : " JE SUIS ".

 

Par la suite, durant son ministère dans la condition mortelle, Jésus a plusieurs fois répété ce nom. Vous souvenez-vous de la réponse brève et précise qu'il a donnée à ses accusateurs ? Notez la double signification de ce qu'il a répondu à Caliphe, le souverain sacrificateur :

 

" Le souverain sacrificateur l'interrogea... Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni ?

 

" Jésus répondit : je le suis " (Marc 14:61-62).

 

Il donnait à la fois sa filiation et son nom. Jésus l'a affirmé en une autre occasion alors qu'on se moquait de lui parce qu'il disait connaître Abraham :

 

" Les Juifs lui dirent... tu as vu Abraham !

 

" Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis " (Jean 8:57-58).

 

Jéhovah, le grand JE SUIS, le Dieu de l'Ancien Testament, a clairement dit qui il était quand il est apparu dans sa gloire en tant qu'être ressuscité à Joseph Smith, le prophète, et à Oliver Cowdery dans le temple de Kirtland le 3 avril 1836, je cite le témoignage qu'ils ont écrit :

 

" Nous vîmes le Seigneur debout, sur la balustrade de la chaire devant nous. Sous ses pieds, il y avait un pavement d'or pur, d'une couleur semblable à l'ambre. Ses yeux étaient comme une flamme de feu, ses cheveux étaient blancs comme la neige immaculée, son visage était plus brillant que l'éclat du soleil et sa voix était comme le bruit du déferlement de grandes eaux oui, la voix de Jéhovah, disant : Je suis le premier et le dernier ; je suis celui qui vit, je suis celui qui fut immolé " (D&A 110:2-4 ; italiques ajoutées ; voir aussi D&A 76:23).

 

Jésus s'est acquitté de ses responsabilités en tant que Jéhovah, " le grand JE SUIS ", avec les conséquences éternelles que cela impliquait.

 

AVOCAT AUPRÈS DU PÈRE

 

Jésus est notre Avocat auprès du Père (voir 1 Jean 2-1 ; D&A 29:5 ; 32:3 ; 45:3 ; 110:4). Le mot avocat vient de racines latines qui signifient une " voix pour " ou " celui qui plaide pour un autre ". D'autres termes apparentés sont utilisés dans les Ecritures, par exemple médiateur (voir 1 Timothée 2:5 ; 2 Néphi 2:28 ; D&A 76:69). Le Livre de Mormon nous apprend que cette responsabilité de médiateur, ou d'intercesseur, avait été prédite avant sa naissance : " [Jésus] intercédera pour tous les enfants des hommes ; et ceux qui croient en lui seront sauvés " (2 Néphi 2:9).

 

Cette mission était claire dans la prière d'intercession pleine de compassion que Jésus a faite. Imaginez-le à genoux en fervente supplication. Ecoutez les magnifiques paroles de sa prière. Voyez ce qu'il ressent vis-à-vis de sa lourde responsabilité de médiateur :

 

" J'ai fait connaître mon nom aux hommes que tu m'as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés ; et ils ont gardé ta parole. Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m'as donné vient de toi. Car je leur ai donné les paroles que tu m'as données ; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m'as envoyé. C'est pour eux que je prie " (Jean 17:6-9).

 

Il est aussi connu comme le Médiateur du Nouveau Testament, ou de la nouvelle alliance (voir Hébreux 9:15 ; 12:24). En comprenant son rôle d'Avocat, d'Intercesseur et de Médiateur auprès du Père, nous avons l'assurance de sa compréhension, de sa justice et de sa miséricorde sans égale (voir Alma 7:12).

 

EMMANUEL

 

Jésus a été préordonné pour être l'Emmanuel promis. Rappelez-vous la remarquable prophétie d'Esaïe : " C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel " (Esaïe 7:14). L'accomplissement de cette prophétie n'était pas seulement invraisemblable, il était aussi humainement impossible. Incroyable ! Tout le monde savait qu'une vierge ne pouvait pas être enceinte. Et donner de plus à cet enfant un nom aussi prétentieux était doublement provoquant. En hébreu, le nom Emmanuel, le titre qu'Esaïe avait prophétisé, signifie littéralement

 

" Dieu avec nous " ! Ce saint nom a ensuite été donné à Jésus dans le Nouveau Testament, dans le Livre de Mormon et dans les Doctrine et Alliances (voir Matthieu 1:23 ; 2 Néphi 17:14; D&A 128:22).

 

Emmanuel ne pouvait être que par la volonté de son Père.

 

FILS DE DIEU

 

Jésus est le seul a avoir porté la responsabilité d'être le Fils de Dieu, le Fils unique du Père (voir Jean 1:14, 18 ; 3:16). Il était littéralement le " Fils du Très-Haut " (Luc 1:3 2 ; voir aussi le verset 35). Dans plus d'une dizaine de versets d'Ecritures, la voix de Dieu le Père témoigne solennellement que Jésus est véritablement son Fils bien-aimé. Ce témoignage solennel est souvent accompagné d'une intervention de Dieu qui supplie les hommes d'écouter la voix de son Fils vénéré et d'y obéir (voir Matthieu 3:17 ; 17:5 ; Marc 1:11 ; 9:7 ; Luc 3:22 ; 9:35 ; 2 Pierre 1:17 ; 2 Néphi 31:11 ; 3 Néphi 11:7 ; 21:20 ; D&A 93:15 ; Moïse 4:2 ; Joseph Smith, Histoire 1:17). Grâce à la condescendance de Dieu, cette prophétie des plus invraisemblable d'Esaïe (voir Esaïe 7:14) est devenue une réalité.

 

La filiation unique de Jésus a aussi été annoncée à Néphi qui a reçu l'instruction suivante d'un ange :

 

" Voici, la vierge que tu vois est, selon la chair, la mère du Fils de Dieu... Vois l'Agneau de Dieu, oui, le Fils du Père éternel " (1 Néphi 11:18, 21).

 

De son Père céleste, Jésus a hérité son potentiel d'immortalité et de vie éternelle. De sa mère, il a hérité la mortalité et la possibilité de mourir (voir Genèse 3:15 ; Marc 6:3). Avant sa crucifixion, il a donné l'explication suivante :

 

" Je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même ; j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre ; tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père " (Jean 10: 17-18).

 

Bien que Jésus ait un corps et un esprit distincts de ceux de son Père, ils sont un en pouvoir et en but. Leur objectif ultime est de " réaliser l'immortalité et la vie éternelle de l'homme " (Moïse 1:39).

 

Certains peuvent se demander pourquoi on appelle parfois le Fils le Père. La dénomination de tous les hommes peut aussi varier. Chaque homme est un fils, mais il peut aussi être appelé père, frère, oncle ou grand-père selon les circonstances. Nous ne devons donc pas nous laisser troubler par l'identité, l'objectif ou la doctrine divine. Etant donné que Jésus est notre Créateur et le père de notre renaissance spirituelle, il est appelé dans les Ecritures " le Père de toutes choses " (Mosiah 7:27 ; voir aussi 15:3 ; 16:15 ; Hélaman 14:12 ; Ether 3:14). Mais rappelez-vous ce que la Première Présidence a enseigné du temps où Joseph F. Smith dirigeait l'Eglise : " Jésus-Christ n'est pas le Père des esprits qui ont pris ou prendront un corps sur cette terre, car il est l'un d'eux. Il est le Fils, comme ils sont les fils et les filles d'Elohim " (Messages of the First Presidency of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, comp. James R. Clark, 6 volumes) 1965-1975, 5:34).

 

Nous comprenons bien cette distinction lorsque nous prions notre Père céleste au nom de son Fils, Jésus-Christ. Et en le faisant régulièrement, nous honorons notre filiation céleste et terrestre, tout comme Jésus a honoré la sienne, en tant que Fils de Dieu.

 

OINT DU SEIGNEUR

 

" Dieu a oint du Saint-Esprit et de force Jésus de Nazareth " (Actes 10:38). Jésus était l'Oint du Seigneur. De ce fait, il a reçu deux titres spécifiques. L'un d'eux est le Messie, ce qui signifie en hébreu " l'oint ". L'autre est le Christ, qui vient du mot grec signifiant aussi " l'oint ". Ainsi, " Jésus est appelé le Christ ou le Messie... C'est celui qui est oint par le Père pour être son représentant personnel dans tout ce qui a trait au salut de l'humanité " (Guide des Ecritures, " Oint ", p. 15 1). Les Ecritures déclarent que Christ est le seul nom sous les cieux par lequel l'homme puisse être sauvé (voir 2 Néphi 25:20). On peut donc utiliser l'un ou l'autre de ces titres pour montrer de l'adoration pour Jésus : le Christ ou le Messie, les deux signifiant qu'il a été oint par Dieu pour cette responsabilité divine.

 

SAUVEUR ET RÉDEMPTEUR

 

Jésus est né pour être le Sauveur et le Rédempteur de l'humanité (voir Esaïe 49:26 ; 1 Néphi 10:5). Il était l'Agneau de Dieu (voir 1 Néphi 10:10), qui s'est offert sans tache et sans défaut (voir 1 Pierre 1:19) en sacrifice pour les péchés du monde (voir Jean 1:29). Par la suite, alors qu'il était ressuscité, il a établi le lien entre cette responsabilité sacrée et la signification de l'Evangile et en a donné la description dans un passage d'une grande force :

 

" Voici, je vous ai donné mon Evangile, et ceci est l'Evangile que je vous ai donné : que je suis venu au monde pour faire la volonté de mon Père, parce que mon Père m'a envoyé. Et mon Père m'a envoyé pour que je sois élevé sur la croix " (3 Néphi 27:13-14 ; voir aussi les versets 15 à 22).

 

Jésus a ainsi personnellement défini le mot Evangile. Ce terme vient du grec et signifie " bonne nouvelle ". On peut lire dans le Guide des Ecritures : " La bonne nouvelle est que Jésus-Christ a accompli une expiation qui rachètera toute l'humanité de la mort et récompensera chaque personne selon ses oeuvres " (Guide des Ecritures, " Evangiles ", p. 70). " Cette expiation a commencé par la nomination du Christ dans le monde prémortel, mais elle a été accomplie par Jésus durant son séjour dans la condition mortelle " (Bible Dictionary, " Gospels ", p. 682).

 

L'expiation de Jésus a été prophétisée longtemps avant sa naissance à Bethléhem. Des prophètes l'avaient annoncée durant de nombreuses générations. Prenons par exemple le récit rédigé par Hélaman quelque trente années avant la naissance du Sauveur : 

 

" Souvenez-vous qu'il n'y a aucune autre manière ni aucun autre moyen par lesquels l'homme puisse être sauvé, si ce n'est par le sang expiatoire de Jésus-Christ, qui viendra ; oui, souvenez-vous qu'il vient racheter le monde " (Hélaman 5:9).

 

Nous sommes tous bénis par son expiation d'une manière très personnelle. Lisez attentivement cette explication de Jésus :

 

" Car voici, moi, Dieu, j'ai souffert ces choses pour tous afin qu'ils ne souffrent pas s'ils se repentent. Mais s'ils ne se repentent pas, ils doivent souffrir tout comme moi. Et ces souffrances m'ont fait trembler de douleur, moi, Dieu, le plus grand de tous, et elles m'ont fait saigner à chaque pore et m'ont fait souffrir de corps et d'esprit - et j'ai voulu ne pas devoir boire la coupe amère, mais je n'ai pas non plus voulu me dérober. Néanmoins, gloire soit au Père, j'ai bu et j'ai terminé tout ce que j'avais préparé pour les enfants des hommes " (D&A 19.16-19).

 

Jésus a tenu la glorieuse promesse qu'il avait faite dans les conseils préterrestres en expiant inconditionnellement pour la chute d'Adam et Eve, et pour nos péchés à condition que nous nous repentions. Sa responsabilité de Sauveur et Rédempteur était inséparablement liée à sa responsabilité de Créateur.

 

Pour mieux expliquer cette relation, je vais vous faire part d'une remarquable citation que j'ai trouvée dans un livre rare à Londres un jour où je faisais des recherches à la bibliothèque du British Museum. C'est la publication d'une traduction en anglais faite au 20e siècle d'un texte égyptien ancien. Il a été écrit par Timothée, archevêque d'Alexandrie décédé en 385. Ce document parle de la création d'Adam ; Jésus, dans la condition prémortelle, parle à son Père

 

" Il... fit Adam à notre image et à notre ressemblance, et il le laissa allongé pendant quarante jours et quarante nuits sans mettre en lui de souffle de vie. Et chaque jour il poussait des soupirs en le regardant et disait : 'Si je mets le souffle de vie en cet [homme], il devra beaucoup souffrir.' Et je dis à mon Père : 'Mets en lui le souffle de vie ; je serai son avocat.' Et mon Père me dit : 'Si je mets en lui le souffle de vie, mon Fils bien-aimé, tu seras obligé de descendre dans le monde et de souffrir beaucoup pour lui afin de pouvoir le racheter et lui permettre de retrouver son premier état.' Et je dis à mon Père : 'Mets en lui le souffle de vie ; je serai son avocat, je descendrai dans le monde et j'accomplirai ce que tu commandes' " (" Discourse on Abbaton ", Coptic Martyrdoms etc. in the Dialect of Upper Egypt, 1977, édité et traduit par E. A. Wallis Budge, les crochets sont dans le texte ; voir Moïse 3:7 ; 6:8-9, 51-52,59).

 

La responsabilité d'Avocat, de Sauveur et de Rédempteur endossée par Jésus a été prédéterminée dans le monde prémortel et accomplie par son expiation (voir job 19:25-26 ; Matthieu 1:21 ; Abraham 3:24-27). Notre responsabilité à nous est de nous souvenir, de nous repentir et d'être justes.

 

JUGE

 

La responsabilité de juge que le Seigneur a reçue est étroitement liée à son rôle de Sauveur et Rédempteur. Il a révélé cette corrélation après avoir donné sa définition de l'Evangile que j'ai déjà citée :

 

" Afin que, comme j'ai été élevé [sur la croix] par les hommes, de même les hommes soient élevés par le Père, pour se tenir devant moi, pour être jugés selon leurs oeuvres, qu'elles soient bonnes ou qu'elles soient mauvaises... c'est pourquoi, selon le pouvoir du Père, j'attirerai tous les hommes à moi, afin qu'ils soient jugés selon leurs oeuvres " (3 Néphi 27:14-15).

 

Le Livre de Mormon permet de mieux comprendre comment ce jugement se déroulera. La dotation du temple le fait aussi. En approchant du seuil de cette cour de justice éternelle, nous saurons qui la présidera personnellement :

 

" Le gardien de la porte est le Saint d'Israël, et il n'y emploie aucun serviteur, et il n'y a aucun autre chemin que par la porte, car on ne peut le tromper, car Seigneur Dieu est son nom. Et à quiconque frappe il ouvre " (2 Néphi 9:41-42).

 

Les Ecritures indiquent que le Seigneur sera aidé des apôtres pour juger la maison d'Israël (voir 1 Néphi 12:9 ; D&A 29:12). Notre comparution au jugement se fera grâce à notre " souvenir vif " (Alma 11:43) et à notre " souvenir parfait " (Alma 5:18) de nos actions, ainsi qu'aux désirs de notre cœur (voir D&A 137:9).

 

EXEMPLE

 

Une autre responsabilité dominante du Seigneur est celle d'être l'Exemple. Au peuple de la terre sainte, il a dit : " Je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait " (Jean 13:15 ; voir aussi 14:6 et 1 Pierre 2:21). Au peuple de l'Amérique ancienne, il a indiqué de nouveau sa mission d,'Exemple : " Voici, je suis la lumière ; je vous ai donné l'exemple " (3 Néphi 18:16 ; voir aussi 27:27 et 2 Néphi 31:9, 16). Dans son sermon sur la montagne, Jésus a lancé l'exhortation suivante à ses disciples : " Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait " (Matthieu 5:48).

 

Nous devons nous rappeler que bien que Jésus ait été sans péché et sans défaut dans la condition mortelle, il voyait son état de perfection physique comme quelque chose à venir (voir Luc 13:32). Même lui devait endurer jusqu'à la fin.
Pouvons-nous nous attendre à faire moins ?

 

Lorsque le Seigneur crucifié et ressuscité est apparu au peuple de l'Amérique ancienne, il a de nouveau souligné l'importance de son exemple. Mais à ce moment il s'est inclus, étant un personnage rendu parfait : " C'est pourquoi, je voudrais que vous soyez parfaits tout comme moi, ou comme votre Père qui est dans les cieux est parfait " (3 Néphi 12:48).

 

Etes-vous contrariés par vos imperfections ? Par exemple, vous est-il arrivé de perdre vos clés ? Ou bien êtes-vous allés d'une pièce à l'autre pour faire quelque chose et vous êtes-vous aperçus en arrivant que vous aviez oublié ce que vous vouliez faire ? Je vous signale au passage que les troubles de ce genre ne disparaissent pas avec l'âge. Ne soyez pas découragés par l'espoir que le Seigneur exprime de vous voir parfaits. Vous devez avoir foi qu'il ne requiert pas que nous progressions au-delà de notre capacité. Vous devez bien sûr vous efforcer de vous débarrasser de vos mauvaises habitudes et de chasser vos mauvaises pensées. Le fait de surmonter la faiblesse apporte de la joie. Vous pouvez atteindre un certain degré de perfection dans certains domaines de cette vie et vous pouvez devenir parfaits dans le respect de divers commandements. Toutefois le Seigneur ne demandait pas que vous ne fassiez aucune erreur et que vous ayez une conduite parfaite en toutes choses. Il demandait plus que cela. Ce qu'il espère c'est la réalisation de tout votre potentiel : que vous deveniez parfait comme lui ! Cela comprend le perfectionnement de votre corps physique, ce qui se produira quand il sera changé pour devenir immortel, ne pouvant plus se détériorer et mourir.

 

Dans vos efforts sincères pour vous améliorer tout au long de cette vie, rappelez-vous que votre résurrection, votre exaltation, votre pleine réalisation et votre perfection vous attendent dans la vie à venir. Cette magnifique promesse de perfection n'aurait pas été possible sans l'expiation et l'exemple du Seigneur.

 

MESSIE DU MILLÉNIUM

 

L'une des plus grandes responsabilités du Seigneur est encore à venir. Ce sera son rôle puissant de Messie du Millénium. Quand ce jour viendra, la terre aura été physiquement changée : " Que toute vallée soit exhaussée, que toute montagne et toute colline soient abaissées ! Que les coteaux se changent en plaines, et les défilés étroits en vallons ! " (Esaïe 40:4). Alors Jésus reviendra sur la terre. Sa seconde venue ne se fera pas en secret. Elle sera largement connue : " Alors la gloire de l'Eternel sera révélée, et au même instant toute chair la verra " (Esaïe 40:5).

 

Alors, " la domination reposera sur son épaule ; on l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix " (Esaïe 9:6). Il gouvernera depuis deux capitales mondiales ; l'une sera l'ancienne Jérusalem (voir Jérémie 3:17 ; Zacharie 14:4-7 ; D&A 45:4866 ; 133:19-21) et l'autre la nouvelle Jérusalem, " bâtie sur le continent américain " (10ème article de foi ; voir aussi Ether 13:3-10 ; D&A 84:2-4). De ces endroits il dirigera les affaires de son Eglise, son royaume. Alors, " il régnera aux siècles des siècles " (Apocalypse 11: 15 ; voir aussi Exode 15:18 ; Psaumes 146: 10 ; Mosiah 3:5 ; D&A 76:108).

 

En ce jour-là, il portera de nouveaux titres et sera entouré de saints particuliers. Il sera connu comme " le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois ", et ceux qui seront avec lui seront ceux qui auront été appelés et élus pour leur fidélité dans la condition mortelle (voir Apocalypse 17:14 ; 19:16).

 

Il est Jésus le Christ, notre Maître et bien davantage. Nous n'avons parlé que de dix de ses nombreuses responsabilités : Créateur, Jéhovah, Avocat auprès du Père, Emmanuel, Fils de Dieu, Oint, Sauveur et Rédempteur, Juge, Exemple et Messie du Millénium.

 

En tant que disciples, vous et moi avons aussi de lourdes responsabilités. Où que j'aille, j'ai l'appel divin et l'honneur sacré de rendre un témoignage fervent de Jésus le Christ. Il vit ! Je l'aime. Je le suis avec empressement et j'offre volontairement ma vie pour son service. Etant son témoin spécial, j'enseigne solennellement qui il est. Je témoigne de lui. Chacun de nous a la responsabilité de connaître le Seigneur, de l'aimer, de le suivre, de le servir, d'enseigner ses principes et de témoigner de lui.

 

 

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