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MESSAGE DE LA
PREMIÈRE PRÉSIDENCE Une attitude
reconnaissante par Thomas S. Monson Premier conseiller dans la Première Présidence Nos pensées se tournent souvent vers celui qui a expié pour nos péchés, qui nous a montré comment agir et la façon de prier et qui a démontré par ses actes les bénédictions du service. Né dans une étable, avec pour berceau une crèche, ce Fils de Dieu, Jésus-Christ le Seigneur, invite cependant chacun de nous à le suivre. Dans le livre de Luc
au chapitre 17, nous lisons : « Jésus, se
rendant à Jérusalem, passait entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait
dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Se tenant à distance,
ils élevèrent la voix, et dirent : Jésus, maître, aie pitié de nous !
Dès qu'il les eut vus, il leur dit : Allez vous montrer aux sacrificateurs. Et,
pendant qu'ils y allaient, il arriva qu'ils furent guéris. L'un d'eux, se
voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix. Il tomba sur
sa face aux pieds de Jésus, et lui rendit grâces. C'était un Samaritain. Jésus,
prenant la parole, dit : Les dix n'ont-ils pas été guéris ? Et les neufs
autres, où sont-ils ? Ne s'est-il trouvé que cet étranger pour revenir et
donner gloire à Dieu ? Puis il lui dit : Lève-toi, va ; ta foi t'a sauvé. »[1] Grâce à
l'intervention divine, les lépreux se virent épargner une mort lente et
cruelle et reçurent un regain de vie. La gratitude exprimée par l'un d'eux méritait
la bénédiction du Seigneur ; l'ingratitude montrée par les neuf autres, sa déception. Les fléaux
d'aujourd'hui sont à l'image de la lèpre d'hier. Ils usent, affaiblissent et détruisent.
Ils sont partout. Il n'y a pas un lieu où ils ne soient pas. Ce sont l'égoïsme,
la cupidité, le laisser-aller, la cruauté et le crime, pour n'en citer que
quelques-uns. Imbibés de leur poison, nous avons tendance à critiquer, à nous
plaindre, à blâmer, et lentement mais sûrement, à abandonner le positif et
à adopter le négatif de la vie. Une chanson
populaire des années 40 exprime bien cette idée : Sois plus positif Ne sois pas plus négatif Attache-toi à l'affirmatif Ne nage pas entre deux eaux[2] C'était un bon conseil pour l'époque. Cela reste un bon conseil aujourd'hui. Quelle chance de
vivre à notre époque ! Les possibilités qui nous sont offertes sont
innombrables. Si, d'un côté, il y a des choses mauvaises dans le monde
aujourd'hui, il y en a beaucoup de bonnes, par exemple les enseignants qui
instruisent, les ministres du culte qui servent, les mariages qui réussissent,
les parents qui font des sacrifices et les amis qui aident. Nous pouvons nous élever
nous-mêmes et élever les autres, quand nous refusons de rester dans le royaume
des pensées négatives et que nous cultivons une attitude reconnaissante. Si
l'ingratitude fait partie des péchés graves, la gratitude fait partie des plus
nobles vertus. Il y a un cantique
souvent chanté qui nous encourage toujours, éveille notre foi et nous inspire
: Lorsque les ennuis, les peines, le chagrin Troubleront ta vie au long de ton chemin, Compte les bienfaits accordés chaque jour, Dénombre-les en pensant à son amour ... Si donc le combat qu'il soit grand ou petit, Chaque jour te forge, dis à Dieu merci Compte les bienfaits, fortifié par l'espoir Au bout du voyage t'attend la victoire ![3] Nous ferions bien de
méditer sur notre vie. Nous découvririons rapidement beaucoup de choses qui
nous feraient éprouver de la reconnaissance. Premièrement, nous
pouvons être reconnaissants à notre mère. Notre mère qui a
volontairement fait le voyage dans la vallée de l'ombre de la mort pour nous
donner la vie, mérite notre gratitude éternelle. Un écrivain à donné une idée
de ce que nous devons à notre mère quand il a déclaré : « Dieu, ne pouvant
être partout, nous a donné une mère. » Tandis qu'il était
sur la croix, au Calvaire, subissant des souffrances et un tourment intenses, «
Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère
: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère.[4] » Quel exemple divin de
gratitude et d'amour ! Ma propre mère ne
m'a peut-être pas lu les Ecritures, mais elle m'a enseigné par sa façon de
vivre et d'agir ce que la Bible contient. Je voyais tous les jours se manifester
sa sollicitude pour les pauvres, les malades, les nécessiteux. Je ne
l'oublierai jamais. Deuxièmement, nous
pouvons être reconnaissants à notre père. Le père, comme la mère,
est toujours prêt à sacrifier son confort pour ses enfants. Chaque jour, il
travaille dur pour pourvoir aux besoins des siens, sans jamais se plaindre,
toujours soucieux de leur bien-être. Cet amour pour ses enfants, ce désir de
les voir toujours heureux et bien portants est une constante dans une période
de changement. Il m'est arrivé de
voir des parents faire les achats pour habiller un fils partant en mission. On
essaie les nouveaux costumes, on lace les nouvelles chaussures, on achète en
quantité chemises, chaussettes, et cravates. J'ai rencontré un père qui m'a
dit : « Frère Monson, puis-je vous présenter mon fils. » Sa fierté pour son
fils était sans bornes. Le coût des vêtements avait vidé son portefeuille,
mais l'amour remplissait son coeur. J'ai eu les larmes aux yeux en remarquant
son costume râpé et ses chaussures usées, mais il ne sentait pas son dénuement.
Je me souviens encore de son visage rayonnant. Quand je repense à
mon père, je me souviens qu'il consacrait son peu de temps libre à s'occuper
d'un oncle infirme, de ses tantes âgées et de sa famille. Il était dans la présidence
de l'Ecole du Dimanche de la paroisse, où il préférait travailler avec les
enfants. Comme le Maître, il aimait les enfants. Je ne l'ai jamais entendu
critiquer qui que ce soit. Il était un exemple dans son travail. Avec vous,
j'exprime ma gratitude pour nos pères. Troisièmement, nous
nous souvenons tous avec gratitude de nos enseignants. L'enseignant non
seulement façonne les projets d'avenir et les ambitions des élèves mais il
influence aussi leur attitude vis-à-vis de leur avenir et d'eux-mêmes. Si
l'enseignant aime les élèves et a de grands espoirs pour eux, leur confiance
en eux-mêmes grandit, leurs capacités se développent et leur avenir est assuré.
On pourrait écrire en hommage à une enseignante, par exemple : « Elle créait dans
sa classe une atmosphère chaleureuse et accueillante qui avait un effet magique
; la progression et l'instruction, l'épanouissement de l'imagination et
l'esprit des jeunes y étaient assurés. » Je voudrai exprimer
publiquement ma reconnaissance à trois de mes enseignants. Je remercie G. Homer
Durham, mon professeur d'histoire. Il enseignait la vérité : « Le passé est
derrière nous, tirons-en des leçons. » Il aimait son sujet ; il aimait ses étudiants.
L'amour qui régnait dans sa classe m'a ouvert l'esprit, pour que la
connaissance puisse y entrer. O. Preston Robinson,
mon professeur de mercatique, nous sensibilisait au fait que nous avions
l'avenir devant nous et que nous devions nous y préparer. Quand il entrait dans
sa classe, sa présence était comme une bouffée d'air frais. Il nous donnait
confiance en nous. Sa vie était le reflet de ses enseignements, celle d'une
persuasion amicale. Il enseignait la vérité. Il inspirait l'effort. Il
incitait à l'amour. Il y a eu aussi une
instructrice de l'Ecole du Dimanche, que je n'oublierai jamais. Nous nous sommes
rencontrés pour la première fois un dimanche matin. Elle accompagnait le président
de l'Ecole du Dimanche dans la classe et nous a été présentée comme une
instructrice qui en fait avait demandé à pouvoir nous instruire. Nous avons
appris qu'elle avait été missionnaire et qu'elle aimait les jeunes. Elle
s'appelait Lucy Gertsch. Elle était belle, parlait d'une voix douce et s'intéressait
à nous. Elle a demandé à chaque membre de la classe de se présenter, puis
elle a posé des questions pour connaître et comprendre le cadre de vie de
chaque fille et garçon. Elle nous a parlé de son enfance à Midway, en Utah,
et tandis qu'elle décrivait cette belle vallée, elle donnait vie à sa beauté,
et nous désirions nous promener dans les champs verts qu'elle aimait tant. Elle
n'élevait jamais la voix. Ses leçons étaient si belles qu'il ne serait venu
l'idée à personne d'être grossier ou de perturber la classe. Elle nous a
appris à vivre au présent. Elle rendait vivantes les Ecritures. Nous avons
appris à connaître personnellement Samuel, David, Jacob, Néphi et le Seigneur
Jésus-Christ. Notre connaissance de l'Evangile a augmenté. Notre comportement
s'est amélioré. Notre affection pour Lucy Gertsch était sans limite. Nous avons commencé
à épargner notre menue monnaie pour faire une grande fête. Soeur Gertsch
suivait avec soin la progression de notre compte. Comme tous les enfants de
notre âge, nous convertissions dans notre esprit la somme en gâteaux,
biscuits, tartes et glaces. Cela promettait d'être un événement merveilleux,
la plus grande fête de tous les temps. Aucune de nos instructrices précédentes
n'avait jamais proposé une activité récréative aussi prometteuse. L'été laissa la
place à l’automne, auquel succéda l'hiver. L'objectif pour notre activité
était atteint. La classe avait progressé. Un bon esprit régnait. Aucun d'entre nous
n'oubliera jamais ce matin gris de janvier où notre instructrice bien aimée
annonça à la classe que la mère d'un de nos camarades venait de mourir. Nous
avons pensé chacun à notre mère et à tout ce qu’elle représentait pour
nous. Nous étions tristes pour Billy Devenport qui venait de perdre un être
cher. La leçon portait ce
dimanche-là sur le livre des Actes, chapitre 20, verset 35 : « ... Il faut ...
se rappeler les paroles du Seigneur, qui a dit lui-même : Il y a plus de
bonheur à donner qu'à recevoir. » A la fin d'une leçon bien préparée, Lucy
Gertsch parla de la situation financière de la famille de Billy. Nous étions
à l'époque de la dépression ; l'argent était rare. Avec un pétillement dans
le regard, elle demanda : « De quelle manière pouvez-vous suivre cet
enseignement du Seigneur ? Que penseriez-vous de prendre l'argent de votre
activité récréative et de l'apporter ensemble aux Davenport pour leur montrer
notre affection ? » La décision fut unanime. Nous comptâmes soigneusement
chaque sou et mîmes le tout dans une grande enveloppe. Je me rappellerai
toujours notre petit groupe traversant trois rues pour atteindre la maison de
Billy. Nous lui avons dit bonjour ainsi qu'à son frère, ses soeurs et son père.
L'absence de sa mère se faisait sentir. Je me souviendrai toujours avec émotion
des larmes qui brillaient dans les yeux de chaque personne présente quand
l'enveloppe blanche contenant notre précieux pécule est passé de la main délicate
de notre instructrice à la main du père nécessiteux et endeuillé. Nous
marchions allègrement en revenant à l'église. Nous avions le coeur plus léger
qu'il ne l'avait jamais été, notre joie était plus pleine, notre compréhension
plus profonde. Ce petit acte de gentillesse nous avait étroitement liés. Nous
avions appris par expérience personnelle que véritablement il y a plus de
bonheur à donner qu'à recevoir. Les années ont vite
passé. La vieille église a disparu, victime de l'industrialisation. Les garçons
et les filles qui ont appris, ri et grandi sous la direction de cette
instructrice inspirée par la vérité n'ont jamais oublié son amour et ses leçons. Aujourd'hui encore
quand nous chantons cet air connu : Pour glorifier notre Dieu, nous voici En classe, le dimanche tous réunis. Pour nos leçons nous lui disons : Merci Pour nos instructeurs, nos officiers aussi.[5] nous pensons à Lucy
Gertsch, notre instructrice de l'Ecole du Dimanche, parce que nous aimions Lucy
et qu'elle nous aimait. Soyons toujours
reconnaissants envers nos enseignants. Quatrièmement,
ayons de la gratitude pour nos amis. Notre ami le plus cher est notre conjoint.
Notre bonne vieille terre se porterait tellement mieux aujourd'hui si la
gentillesse et la considération reflétaient quotidiennement notre gratitude
envers notre femme ou envers notre mari. Le Seigneur utilise
le mot « ami » presque avec respect. Il dit : « Vous êtes mes amis, si vous
faites ce que je vous commande. »[6] Les vrais amis
acceptent notre façon d'être. Ils ont une influence profonde sur notre vie. Oscar Benson, chef
scout de renom, avait pour passe-temps de s'entretenir avec les hommes qui
attendaient la mort dans diverses prisons du pays. Il dit un jour que 125 de ces
hommes avaient dit n'avoir jamais rencontré d'homme respectable. Au plus profond de
la Deuxième Guerre mondiale, j'ai reçu le témoignage de la véritable amitié.
Jack Hepworth et moi étions adolescents. Nous avions grandi dans le même
quartier. Un après-midi je vis jack courir vers moi sur le trottoir. Quand il
m'aborda, je vis qu'il avait les yeux brouillés de larmes. La voix coupée par
l'émotion, il balbutia : « Tom, mon frère joe, qui est dans l'aéronavale, a
été tué dans un accident d'avion ! » Nous nous sommes jetés dans les
bras l'un de l'autre en pleurant. Nous étions plongés dans la tristesse. Je me
suis senti très honoré que jack, mon ami, ait instinctivement ressenti le
besoin urgent de me confier son chagrin. Nous pouvons tous être reconnaissants
d'avoir de tels amis. Cinquièmement nous
pouvons avoir de la gratitude pour notre pays natal. En pensant aux
multitudes qui sont morts au champ d'honneur pour défendre nos foyers, nous
reviennent en mémoire les paroles immortelles : « Il n'y a pas de plus grand
amour que de donner sa vie pour ses amis.[7] » La gratitude
profonde pour le sacrifice suprême fait par tant de gens ne peut être réduite
à une journée du souvenir, une parade militaire ou une tombe décorée. Sixièmement,
montrons enfin de la gratitude pour notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ.
Son merveilleux Evangile fournit les réponses aux grandes questions de la vie :
D'où venons-nous ? Pourquoi sommes-nous ici ? Où ira mon esprit quand je
mourrai ? Les missionnaires qu'il a appelés amènent ceux qui vivent dans les ténèbres
à la lumière de la vérité divine : Allez, glorieux messagers Courez, envoyés des cieux Allez, conter le récit joyeux Qu'un ange glorieux est arrivé Grand et puissant, grand et puissant, Portant un message des cieux.[8] Il nous a montré
comment prier. Il nous a appris comment servir. Il nous a appris comment vivre.
Sa vie est un héritage d'amour. Il a guéri les malades, relevé les opprimés
et sauvé les pécheurs. Il a fait face,
seul. Certains apôtres ont douté, un l'a trahi. Les soldats romains ont percé
son côté. La foule hostile l'a tué. Mais les paroles prononcées sur le mont
Golgotha résonnent encore : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce
qu'ils font. »[9] Un peu plus tôt,
sentant peut-être venir le dénouement de sa mission terrestre, il a émis
cette plainte : « Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des
nids ; mais le fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. »[10]. La Bible dit « Il n'y
avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie. » Cela n'a pas été la seule
marque de rejet, mais seulement la première. Aujourd'hui encore, il nous invite
à le recevoir : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un
entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et
lui avec moi »[11] Qui était cet homme
de douleur, habitué à la souffrance ? Qui était donc ce Roi de gloire,
l'Eternel des armées ? C'est notre Maître. C'est notre Sauveur. C'est le Fils
de Dieu. C'est l'auteur de notre salut. Il nous fait signe : « Suivez-moi.[12] » Il nous commande: « Va, et toi, fais de même.[13] » Il demande avec
insistance : « Gardez mes commandements. »[14] Suivons-le. Imitons
son exemple. Obéissons à sa parole. C'est ainsi que nous lui ferons le don
divin de la gratitude. Je prie sincèrement
pour que nous puissions manifester par notre vie cette belle vertu qu'est la
gratitude. IDÉES POUR LES INSTRUCTEURS AU FOYER1. Nous pouvons nous
élever nous-mêmes et élever les autres, quand nous cultivons une attitude
reconnaissante. 2. Soyons
reconnaissants envers : -
Notre mère -
Notre père -
Nos enseignants -
Nos amis -
Notre pays -
Notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ. 3. En suivant
l'exemple du Seigneur et en obéissant à sa parole, nous lui faisons le don
divin de la gratitude.
[1] Luc 17:11-19. [2] « Accentuate the Positive », paroles de Johnny Mercer (ASCAP,
1945). [3] Johnson Oatman, fils, (1856-1922), « Compte les bienfaits »,
Cantiques, n° 156. [4] Jean 19:26-27. [5] Williams Willes (1814-90) « Thanks
for the Sabbath School », Hymns, n° 278. [6] Jean 15:14 [7] Jean 15:13 [8] John Taylor (1808-87), « Go, Ye
Messengers of Glory », Hymns, n° 262. [9] Luc 23:34 [10] Luc 9:58 [11] Apocalypse 3:20 [12] Matthieu 40 :19 [13] Luc 10:37 [14] Jean 14:15
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