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INSTRUISEZ LES ENFANTSPar Boyd K.
Packer Président suppléant du Collège des douze apôtres Discours prononcé lors d'une réunion spirituelle de la semaine de l'éducation de l'université Brigham Young, le 17 août 1999. La nombreuse
assistance ici et dans d'autres lieux témoigne de l'insatiable soif de vérité
qu'éprouvent les membres de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des
Derniers Jours. En priant pour
savoir ce qui aurait le plus de valeur pour vous, il m'est venu à l'esprit
que j'aurais soixante-quinze ans dans trois semaines, et que j'entrerais
dans ce que j'ai décidé d'appeler le degré supérieur de l'âge moyen. Cela fait plus
de cinquante ans que je suis enseignant. Il doit bien y avoir, dans ce que
j'ai appris, quelque chose qui puisse vous être utile. L'expérience
m'a appris ceci : La vie nous enseigne des choses que nous ne pensions pas
vouloir connaître. Ces leçons difficiles peuvent être les plus précieuses. Il y a une autre
chose que j'ai apprise sur l'apprentissage, en m'acheminant vers le degré
supérieur de l'âge moyen. Réfléchissez à cette conversation entre un médecin
et un patient: Médecin : «
Que puis-je pour vous ? Qu'est-ce qui ne va pas ? » Patient :
« C'est ma mémoire, docteur. Je lis quelque chose et je n'arrive pas à
m'en souvenir. Je vais dans une pièce et je ne me souviens pas de ce que je
suis venu y faire. Je n'arrive pas à me souvenir où je mets les affaires.
» Médecin : « Eh
bien, dites-moi, depuis combien de temps est-ce que vous avez ce problème ?
» Patient : «
Depuis combien de temps j'ai quel problème ? » Si cela vous
amuse, c'est que vous avez moins de soixante ans ou que vous riez de vous-même. INSTRUIRE LES ENFANTS QUAND ILS SONT JEUNESAvec l'âge, on
ne peut plus apprendre, mémoriser ou étudier comme lorsqu'on était jeune.
Peut-être est-ce la raison pour laquelle le prophète Alma a donné le
conseil : « Apprends la sagesse dans ta jeunesse ; oui, apprends dans ta
jeunesse à garder les commandements de Dieu[1]. » J'ai de plus en plus de mal à apprendre par cœur des Ecritures et des vers. Quand j'étais jeune, il me suffisait de répéter quelque chose une fois ou deux pour m'en souvenir. Si je le répétais de nombreuses fois, en particulier si je l'écrivais, c'était quasiment enregistré à jamais dans ma mémoire. C'est dans la
jeunesse qu'on apprend facilement. C'est pour cela que les dirigeants de
l'Eglise se préoccupent tant des enseignants des enfants et des jeunes
depuis le tout début. Il est d'une
importance capitale d'enseigner l'Evangile et les leçons de la vie aux
enfants et aux jeunes. Le Seigneur en
attribue la responsabilité en premier aux parents. Il leur lance cette mise
en garde : « S'il y a des
parents qui ont des enfants en Sion... qui ne leur enseignent pas à
comprendre la doctrine du repentir, de la foi au Christ, le Fils du Dieu
vivant, du baptême et du don du Saint-Esprit par l'imposition des mains, à
l'âge de huit ans, le péché sera sur la tête des parents[2]. » L'objectif
fondamental de l'Eglise est d'instruire les jeunes, d'abord au foyer, puis
à l'église. AMASSER LA CONNAISSANCEJ'ai appris
autre chose. Cela concerne la manière dont nous nous souvenons de ce que
nous avons appris dans notre jeunesse. Il peut se passer des années avant
que la connaissance, emmagasinée dans de jeunes esprits se révèle nécessaire. Je vais
illustrer mon propos. Je suis très préoccupé par la tendance qu'ont les
membres de mépriser les conseils de l'évêque ou, à l'autre extrême, de
trop en dépendre. J'ai décidé de
faire un discours sur l'évêque à la conférence générale. Je me suis préparé
par la prière, et il m'est venu à l'esprit une conversation à laquelle
j’avais pris part cinquante ans auparavant. Elle répondait parfaitement
à mes besoins d'enseignant. Je cite cette conversation exactement comme je
l'ai fait à la conférence générale : « Il y a des
années, j'ai servi au sein d'un grand conseil de pieu avec Emery Wight. Il
avait été pendant dix ans l'évêque de la paroisse de Harper, à la
campagne. Sa femme, Lucille, est devenue notre présidente de la Société
de Secours de pieu. « Elle m'a
raconté qu'un matin de printemps, un voisin s'était présenté chez elle
et avait demandé à parler à Emery. Elle lui a dit qu'il était parti
labourer. Le voisin lui a alors fait part de sa grande inquiétude. De bonne
heure, ce matin-là, il était passé près du champ et avait remarqué
l'attelage de chevaux d'Emery arrêté au milieu d'un sillon à moitié tracé,
les rênes enroulées sur la charrue. Emery n'était pas là. Le voisin ne
s'en était inquiété que beaucoup plus tard quand, repassant près du
champ, il avait constaté que l'attelage n'avait pas bougé. Il était passé
par-dessus la clôture et avait traversé le champ jusqu'aux chevaux. Il
n'avait pas trouvé Emery et s'était précipité à la maison pour voir
avec Lucille ce qui se passait. «Elle a répondu
calmement : ‘Oh, ne vous inquiétez pas. C'est sûrement quelqu'un
qui a des ennuis et qui est venu chercher l'évêque.’ « L'image de
cet attelage debout pendant des heures dans le champ symbolise le dévouement
des évêques de l'Eglise et de leurs conseillers qui se tiennent à leurs côtés.
Chaque évêque et chaque conseiller, laisse, au figuré, son attelage
debout au milieu d'un sillon non achevé, quand quelqu'un a besoin d'aide[3]. » Je n'avais
jamais auparavant raconté cette expérience dans un discours - je n'y avais
jamais pensé. Je voulais la
fixer dans mon esprit avant de l'évoquer lors de la conférence. J'ai
retrouvé l'une des filles d'Emery Wright. Elle a accepté de me rencontrer
dans la vieille maison de famille et de me montrer le champ que son père
avait dû labourer ce jour-là. L'un de mes fils
m'y a conduit un dimanche matin de bonne heure. Il a pris plusieurs photos. C'était un beau
matin de printemps. Le champ venait d'être labouré, tout comme tant d'années
auparavant. Des mouettes cherchaient leur nourriture dans la terre fraîchement
retournée. Ces rappels par
l'Esprit, comme dans ce cas, la conversation dont je me suis souvenu, ne
sont pas quelque chose de rare pour moi. Cela confirme la vérité du
passage d'Ecriture, que j'ai, d'ailleurs, appris par cœur étant jeune : « Ne vous
souciez pas d'avance de ce que vous direz, mais amassez continuellement dans
votre esprit les paroles de vie, et la part qui sera attribuée à tout
homme vous sera donnée à l'heure même[4]. » Suit une
promesse à ceux qui amassent de la connaissance : « Là où
quiconque vous reçoit je serai aussi, car j'irai devant votre face, je
serai à votre droite et à votre gauche, et mon Esprit sera dans votre cœur,
et mes anges seront tout autour de vous pour vous soutenir[5]. » Cela a été une
bonne leçon pour moi, mais la leçon ne s'est pas arrêtée là. J'avais fait de
la peinture et de la sculpture sur bois dans ma jeunesse. J'avais appris
quasiment tout seul. Pendant l'enfance et l'adolescence de nos enfants, je
consacrais mon temps à leur enseigner ce que j'avais appris sur la vie et
sur la sculpture et la peinture quand j'étais jeune. Une fois les
enfants devenus adultes, j'ai fait de la sculpture pour me détendre. Je
sculptais des oiseaux. Je passais des heures sur une sculpture. Quand on me
demandait : « Combien d'heures vous a-t-il fallu pour faire cette sculpture
? » Je répondais toujours : « Je ne sais pas. Si je le savais, j'arrêterais.
» Pendant les
heures où je travaillais de mes mains, je méditais sur les merveilles de
la création, et l'inspiration affluait. Tout en sculptant le bois, j'élaborais
des discours. La sculpture me
reposait. Parfois, quand j'étais un peu tendu et grincheux, ma femme me
disait : « Tu ferais bien de commencer une nouvelle sculpture. » Je suppose que
si ma mémoire du degré supérieur de l'âge moyen s'aiguisait un peu, je
pourrais vous montrer l'une de ces sculptures et vous dire quel discours
elle représente. J'ai appris que dans ces moments de calme je pouvais faire
deux choses à la fois. LES FRUITS DE L’ENSEIGNEMENTJe ne suis plus
capable de faire ces sculptures. C'est un travail trop délicat, avec des
verres à triple foyer et les articulations des doigts qui se raidissent
maintenant un peu par suite d'une polio que j'ai eue étant enfant. De plus,
la pression croissante de mon appel limite le temps que je peux consacrer à
la sculpture et à la préparation de discours. J'ai perdu
presque complètement la capacité de faire de la sculpture, mais nos
enfants, eux, l'ont conservée. Nous la leur avons enseignée quand ils étaient
jeunes. L'image de cet
attelage arrêté dans le champ continuait de m’habiter. Je me suis dit
que je pourrais peut-être faire un tableau représentant l'attelage de l'évêque
arrêté au milieu du champ, les rênes enroulées sur la charrue. J'hésitais
parce que cela faisait neuf ans que je n'avais pas peint. Deux amis dotés
d'un talent et d'une inspiration remarquables m'ont proposé de m'aider à
peindre l'attelage de l'évêque. Comme je ne voyageais pas en juillet, j'ai
commencé. Ces deux amis
m'ont beaucoup appris, et ils sont tout à fait présents dans mon tableau.
Mais mes deux fils m’ont plus aidé encore. L'un d'eux a pris les photos
du champ labouré, car je m'efforce d'être toujours le plus fidèle
possible quand je représente quelque chose dans le bois, sur la toile, ou
par des mots. C'est là une
autre leçon. Je pouvais retirer de mes enfants quelque chose qu'ils avaient
appris quand ils étaient jeunes. Mon autre fils a
décidé de faire une sculpture de l'attelage de l'évêque qui serait coulée
dans le bronze et accompagnerait mon tableau. Nous avons passé de
nombreuses heures enrichissantes à nous entraider. Il a sorti de
notre remise deux vieux harnais qui y étaient accrochés depuis plus de
cinquante ans. Il les a époussetés et les a emportés chez lui. Il a
disposé l'un d'eux sur un cheval de selle très patient. L'animal est resté
immobile pendant qu'il plaçait correctement le harnais et en faisait des
esquisses précises. Son voisin avait
récupéré de vieilles charrues, dont une de l'époque qui nous intéressait.
Mon fils en a fait également une esquisse. Ainsi nous a été
rendu ce que nous avions donné à ces fils dans leur jeunesse. Comme nos
autres enfants, ils ont amélioré ce que nous, leurs parents, leur avons
enseigné lorsqu'ils étaient très jeunes. Et si nos jours se prolongent
ici-bas, il y aura une deuxième moisson, celle de nos petits-enfants, et
peut-être une troisième. RÉVEILLER LES TALENTS ENDORMISJ'ai réappris
autre chose encore. Autrefois, j'ai peint un tableau inspiré par des propos
entendus dans mon enfance. Il représentait les monts Willard. J'avais
entendu les anciens les appeler La Présidence. Ces trois pics gigantesques,
massifs, dressés vers le ciel, symbolisaient les dirigeants de l'Eglise. C'était il y a
neuf ans. Mon fils m'avait emmené à Willard et avait photographié les
monts. Nous y sommes retournés une autre fois à un moment où il y aurait
plus d'ombre et de contraste. Après tant
d'années, je n'ai pu m'empêcher de réveiller ce que j'avais laissé
tomber dans le sommeil. Au début, j'ai dû mener une lutte terrible. J'ai
menacé plusieurs fois d'arrêter. L'un de mes amis m'a exhorté à
continuer en me disant : « Vas-y ! Il y a beaucoup de gens qui commencent,
mais peu qui terminent ! » Si je n'ai pas
arrêté, c'est parce que ma femme ne me l'aurait pas permis. J'en suis
heureux maintenant. A présent que je m'y suis remis, peut-être que je
ferai un autre tableau un jour, qui sait. Je suppose que
quelqu'un qui essaie de se remettre à la peinture n'est pas très différent
du membre de l'Eglise qui n'est plus pratiquant depuis de nombreuses années
et qui décide de réintégrer le troupeau. Pendant une période, on doit
faire de grands efforts pour retrouver le sens de ce qui est endormi mais
n'est pas vraiment perdu. Et cela aide d'avoir un ou deux amis. C'est là un
autre principe de l'apprentissage : savoir tirer des leçons des expériences
ordinaires de la vie. Le tableau représentant
l'attelage de l'évêque sera bientôt fini. La sculpture de mon fils est à
la fonderie, où on la coule dans le bronze. Soit dit en
passant, sa sculpture est bien meilleure que mon tableau. Et c'est ainsi
qu'il doit en être. Ses doigts et son esprit jeunes réagissent plus
facilement que les miens. Quand on passe
au degré supérieur de l'âge moyen, on apprend que les vieux os ne plient
pas facilement, que les vieilles articulations ne se meuvent pas aussi vite.
Il n'est pas facile de lacer ses chaussures quand on a dépassé
soixante-cinq ans. Le sol est de plus en plus bas. Alors on se
rappelle la leçon : « Apprends la sagesse dans ta jeunesse ; oui, apprends
dans ta jeunesse à garder les commandements de Dieu[6]. » « La gloire de
Dieu c'est l'intelligence ou, en d'autres termes, la lumière et la vérité[7]. » « Je vous ai
commandé d'élever vos enfants dans la lumière et la vérité[8]. » Le don divin du
Saint-Esprit est conféré à nos enfants quand ils n'ont que huit ans. « Le
consolateur, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous
enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit[9]. » Notez les mots enseignera
et rappellera. Le fait
d'instruire les enfants porte, en soi, sa récompense. Ne vous êtes-vous
pas aperçus que lorsque vous les instruisez vous apprenez plus que vos
enfants ? FAIRE APPEL AUX SOUVENIRS SPIRITUELSIl y a une différence
entre l'acquisition de la connaissance temporelle et l'acquisition de la
connaissance spirituelle. Les étudiants l'apprennent le jour des examens.
Il est extrêmement difficile de se rappeler quelque chose qu'on n'a pas
appris. C'est vrai de la
connaissance temporelle, mais spirituellement, nous pouvons faire appel à
une mémoire qui remonte au-delà de la naissance. Nous pouvons acquérir
une sensibilité à des choses que nous ne comprenions pas lorsque nous étions
plus jeunes. Le poète
William Wordsworth avait la sensation d'une vie prémortelle quand il a écrit
: Notre naissance n'est qu'un
sommeil et un oubli : L'âme qui se lève avec
nous, l'étoile de notre vie, S'est levée ailleurs et
vient de loin. Ce n'est pas dans un oubli
total Ni dans un dénuement
complet Mais en traînant des nuées
de gloire Que nous venons de Dieu, Qui est notre foyer[10]. J'ai dit ces vers de mémoire, où je les avais enregistrés en cours d'anglais pendant mes études universitaires. Les leçons les
plus importantes nous sont fournies par les événements ordinaires. Certaines
personnes attendent que des expériences spirituelles d'une force irrésistible
confirment leur témoignage. Ce n'est pas comme cela que les choses se
passent. Ce sont les impressions et les murmures discrets des choses
ordinaires qui nous donnent l'assurance de notre identité d'enfants de
Dieu. Nous vivons bien en deçà de ce à quoi nous avons droit lorsque nous
recherchons des signes et des événements merveilleux, en regardant «
au-delà du point marqué[11]
». Nous sommes des
enfants de Dieu car nous avons vécu avec lui dans l'existence prémortelle.
De temps en temps, le voile s'écarte. Il nous vient l'intuition de notre
identité et de notre place dans le dessein éternel des choses. Qu'on
appelle cela souvenir ou perception spirituelle, c'est l'un des témoignages
de la véracité de l'Evangile de Jésus-Christ. Ces révélations nous sont
données lorsque nous enseignons. J'ai entendu un
jour Marion G. Romney (1897-1988) dire: « Je sais toujours quand je parle sous l'influence du
Saint-Esprit car alors j'apprends toujours quelque chose de ce que je dis.
» Le Seigneur a dit aux anciens :
« Vous n'êtes pas envoyés pour être enseignés, mais pour enseigner aux
enfants des hommes ce que j'ai mis entre vos mains par le pouvoir de mon
Esprit. « Et vous allez
être enseignés d'en haut. Sanctifiez-vous et vous serez dotés de pouvoir,
afin de donner tout comme je l'ai dit[12]. » Même lorsque
les missionnaires ont une maigre moisson de convertis, de la puissance
spirituelle leur est donnée ainsi qu'à l'Eglise parce qu'ils apprennent du
fait qu'ils enseignent. Le président
d'un collège de diacres doit siéger en conseil et instruire ses frères
diacres[13]. Le président d'un collège d'anciens doit instruire
les membres de son collège conformément aux alliances[14]. Paul a dit à
Timothée : « Ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins,
confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l'enseigner aussi
à d'autres »[15]. Il a expliqué en quelques mots en
quoi l'enseignement porte en soi sa récompense : « Toi donc,
qui enseignes les autres, tu ne t'enseignes pas toi-même ! Toi qui prêches
de ne pas dérober, tu dérobes ! Toi qui dis de ne pas commettre adultère,
tu commets l’adultère[16] !
» ETRE DISPOSE A ECOUTERL’autre jour,
j’ai reçu une lettre d’excuses, comme j’en reçois souvent. Elle émanait
de quelqu’un que je ne connais pas. Ce membre me disait qu'il avait
longtemps éprouvé de la rancœur et de la colère à mon égard à cause
d'un discours que j'avais fait. Il me demandait de lui pardonner. Je suis prompt
à pardonner. Je ne suis qu'un agent que ce soit quand je donne un discours
ou quand j'accorde le pardon. De nombreux
passages des Ecritures révèlent combien les enseignements des prophètes
et des apôtres étaient « durs[17] » pour les Israélites
et les Néphites. Il est facile de résister à l'enseignement et d'en
vouloir à l'enseignant. C'est le lot des prophètes et des apôtres depuis
le commencement. L'une des Béatitudes
enseigne : « Heureux
serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira
faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et
soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les
cieux ; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été
avant vous[18]. » En général,
ces lettres d'excuses disent : « Je ne comprenais pas quel besoin vous
aviez de me mettre mal à l'aise et de me faire sentir coupable. » Puis, à
force d'efforts, ils obtiennent une inspiration, une compréhension des
causes et des effets. Ils finissent par comprendre pourquoi l'Evangile est
ce qu'il est. Je ne mentionne
qu'un sujet parmi d'autres. Une sœur peut enfin voir pourquoi nous
soulignons tant qu'il est important que la mère reste au foyer avec ses
enfants. Elle comprend qu'aucun service n'égale le raffinement exaltant qui
se manifeste par la maternité dénuée de tout égoïsme. Il n'est pas nécessaire
qu'elle renonce pour autant au raffinement intellectuel, culturel ou social.
Ces choses sont intégrées, le moment venu, parce qu'elles accompagnent la
vertu éternelle qu'on acquiert en élevant des enfants. Nul enseignement
n'égale celui que prodigue la mère à ses enfants ni n'est plus
spirituellement enrichissant ou plus exaltant. Elle peut avoir l'impression
de ne pas être experte en Ecritures parce qu'elle est occupée à instruire
ses enfants. Mais sa récompense n'en sera pas moins grande. Grant Bangerter
était engagé dans une conversation sur les Ecritures avec Joseph Fielding
Smith, qui faisait une tournée de sa mission, au Brésil. Sœur Bangerter,
qui écoutait, a fini par dire : « Président, j'élève mes enfants et je
n'ai pas le temps de devenir une érudite des Ecritures comme lui. Est-ce
que je vais aller au royaume céleste avec Grant ? » Le président
Smith a réfléchi posément pendant un instant puis a dit : « Eh bien,
peut-être, si vous lui faites un gâteau. » Il sera bien
difficile à un homme d'égaler le raffinement spirituel que connaît
naturellement sa femme en instruisant leurs enfants. Et s'il comprend tant
soit peu l'Evangile, il sait qu'il ne peut être exalté sans elle.[19] Son plus grand espoir
est de prendre la direction de l'éducation de leurs enfants en partenaire
attentif et responsable. BÉNÉDICTIONS PROMISES AUX ENSEIGNANTSRéfléchissez
à cette promesse : « Enseignez
diligemment, et ma grâce vous accompagnera [vous l'enseignant], afin que
vous [l'enseignant, la mère, le père] soyez instruits plus parfaitement de
la théorie, des principes, de la doctrine, de la loi de l'Evangile, de tout
ce qui a trait au royaume de Dieu, qu'il est opportun que vous [la mère, le
père] compreniez[20]. » Remarquez que la
promesse s'adresse à l'enseignant, non à l'élève. « Enseignez
diligemment et ma grâce vous accompagnera [vous qui instruisez vos enfants,
ou qui enseignez à la Primaire, à l'Ecole du Dimanche, aux Jeunes Filles,
aux Jeunes Gens, à la prêtrise, au séminaire,- à la Société de
Secours], afin que vous soyez instruits plus parfaitement ; des choses qui
se trouvent dans le ciel, sur la terre et sous la terre ; des choses qui ont
été, des choses qui sont, des choses qui doivent arriver sous peu ; des
choses qui se passent au pays, des choses qui se passent à l'étranger ;
des guerres et des perplexités des nations, et des jugements qui sont sur
le pays; et aussi d'une connaissance des pays et des royaumes, afin que vous
[qui enseignez] soyez préparés en tout, lorsque je vous enverrai de
nouveau magnifier l'appel auquel je vous ai appelés et la mission dont je
vous ai chargés[21]. » Paul a adressé
cette prophétie au jeune Timothée : « Dans les derniers jours, il y aura
des temps difficiles[22].
» Il a dit : « Les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus
dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes[23]. » Mais nous
pouvons encore être en sécurité. Notre sécurité réside dans
l'enseignement que nous donnons aux enfants : Instruis
l'enfant selon la voie qu'il doit suivre; et quand il sera vieux, il ne s'en
détournera pas[24]. » Paul a donné ce
conseil à Timothée : « Toi, demeure
dans les choses que tu as apprises, et reconnues certaines, sachant de qui
tu les as apprises : dès ton enfance, tu connais les saintes lettres, qui
peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus-Christ[25]. » C'est l'Eglise
de Jésus-Christ. C'est son Eglise. Il est notre modèle et notre Rédempteur. Nous avons reçu
le commandement d'être comme lui[26]. Il a instruit
les enfants. Il a commandé à ses disciples à Jérusalem de laisser les
petits enfants venir à lui, car le royaume des cieux est pour ceux qui leur
ressemblent[27]. » Dans le récit
du ministère du Sauveur parmi les Néphites, on peut peut-être lire plus
profondément en lui que dans n'importe quel autre passage : « Et il arriva
qu'il commanda qu'on lui amenât les petits enfants. Ils amenèrent donc
leurs petits enfants et les posèrent à terre tout autour de lui, et Jésus
se tint au milieu d'eux; et la multitude s'écarta jusqu'à ce qu'ils lui
eussent tous été amenés... Il pleura et la multitude en témoigna, et il
prit leurs petits enfants, un par un, et les bénit et pria le Père pour
eux. Et lorsqu'il eut fait cela, il pleura de nouveau ; et il parla à la
multitude et lui dit: Voyez vos petits enfants. Et comme ils regardaient,
ils jetèrent les regards vers le ciel, et ils virent les cieux ouverts, et
ils virent des anges descendre du ciel comme au milieu d'un feu; et ils
descendirent et entourèrent ces petits enfants, et ils étaient environnés
de feu; et les anges les servirent. Et la multitude vit, et entendit, et témoigna
; et ils savent que leur témoignage est vrai, car ils virent et entendirent
tous, chacun pour lui-même[28]. » Je sais que ce témoignage est vrai. Je témoigne du Christ et je vous bénis tous, vous qui instruisez des enfants en son nom. Au nom de Jésus-Christ. Amen.
[1] Alma
37:35. [2] D&A 68:25. [3] « L'évêque et ses
conseillers », L'Etoile, juillet 1999, p. 71. [4] D&A
84:85. [5] D&A
84:88. [6] Alma
37:35. [7] D&A
93:36. [8] D&A 93:40. [9] Jean
14:26 [10] Ode:
Intimations of Immortality , stance 5. [11] Jacob
4:14. [12] D&A 43:15-16 [13] Voir D&A 107:85 [14] Voir D&A 107:89 [15] 2 Timothée 2:2 [16] Romains 2:21-22 [17] Voir Jean 6:60; 1 Néphi 16:2;
2 Néphi 9:40; Hélaman 14:10. [18] Matthieu 5:11-12; voir aussi
Luc 21:12; Jean 15:20; 3 Néphi 12:11-12. [19] Voir D&A 131:1-4;
132.-19-21. [20] D&A
88:78. [21] D&A
88:79-80. [22] 2 Timothée 3:1. [23] 2 Timothée 3:13. [24] Proverbes 22:6. [25] 2 Timothée 3:14-15. [26] Voir 1 Jean 3:7 [27] Matthieu 19:14. [28] 3 Néphi 17:11-12, 21-25.
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