LES SAINTS DES DERNIERS JOURS NOUS PARLENT

 

UNE OEUVRE D'AMOUR

 

Le Président Hinckley a souvent parlé du bonheur que connaissent les familles, grâce à l'Evangile de Jésus-Christ. Ce bonheur n'est pas limité aux familles ici-bas. Le président Hinckley a déclaré : " Une merveilleuse révélation nous apprend que nous devons avoir l'occasion d'aller à la maison du Seigneur pour nous faire baptiser pour les personnes qui n'ont pas reçu cette ordonnance salvatrice dans la condition mortelle " (Paroles du prophète actuel, Le Liahona, juin 2000, p. 16 ). Dans les récits suivants, nous percevons la joie que connaissent les gens qui, ayant reçu les ordonnances de l'Evangile, offrent maintenant ces bénédictions à leurs ancêtres. Leurs efforts sont vraiment une œuvre d'amour.

 

L'ESPRIT D'ELIE

 

par Marco Antonio Panés Spano

 

Au cours d'une classe sur le Livre e Mormon, il y a quelques années, il s'est produit quelque chose qui a eu un grand impact sur ma vie. Notre instructeur, Fernando Aguilar, nous a parlé d'une expérience qu'a eue son père, Santiago Aguilar, fils, qui recherchait avec ferveur des renseignements sur ses ancêtres. Il avait réussi à envoyer beaucoup de noms pour les ordonnances du temple. Toutefois, dans une branche de sa famille, les renseignements qu'il avait trouvés s'arrêtaient à sa grand-mère. Malgré de nombreux voyages et des recherches continuelles, il n'avait pas été en mesure de trouver les renseignements la concernant. Mais l'Esprit le pressait de continuer ses recherches.

 

Fernando Aguilar, actuellement coordonnateur à temps partiel du Département d'Education de l'Eglise au Chili, se souvient : " Un jour, mon père a eu l'impression qu'il devait retourner dans un petit village à 90 km à l'est de la ville d'Osorno (à environ 500 km de chez lui à Talcahuano), bien qu'il y ait rendu visite récemment à sa famille et ait trouvé des renseignements généalogiques. Il n'avait aucune raison valable de retourner là-bas, mais cette impression ne le quittait pas. Aussi, s'aidant de la prière, il est retourné au village. Les membres de notre famille ont été surpris de le revoir si tôt et lui ont assuré qu'ils lui avaient donné toutes les informations en leur possession. Il a expliqué simplement qu'il avait ressenti la nécessité impérieuse de revenir, bien qu'il ne sache pas pourquoi.

 

" Mon père a passé les jours suivants a chercher (en vain) des renseignements supplémentaires. Après une journée fatigante, alors qu'il allait à pied à la maison de l'un de ses oncles, il s'est senti poussé à changer de direction. Il a suivi cette impression, bien que ne sachant ni où aller, ni pour quelle raison. Cette nouvelle direction l'a conduit à un grand terrain vague rempli de détritus, et il s'est senti fortement poussé à suivre le sentier qui le traversait.

 

" Arrivé dans le terrain vague, il s'est arrêté soudain et a commencé à regarder autour de lui, cherchant la raison de sa présence dans cet endroit si loin de chez lui. Regardant à ses pieds, il a vu un morceau de papier jaunâtre et sale, et l'a ramassé. Après en avoir secoué la saleté, il s'est aperçu que c'était l'acte de mariage de ses grands-parents, lequel comprenait les noms et les autres renseignements qui lui manquaient. Cet acte de mariage était la clé dont il avait besoin pour effectuer les ordonnances du temple en faveur de ses ancêtres. "

 

Son histoire finie, frère Aguilar a sorti de sa poche l'acte de mariage qu'il avait plastifié. Il l'a fait passer dans la salle, afin que chacun de nous puisse le lire. L'émotion était si forte que personne ne pouvait parler.

 

Ensuite, il a rendu témoignage et nous a dit que l'esprit d'Elie avait continué à encourager sa famille dans ses efforts. Il a dit que l'esprit d'Elie est donné aux personnes qui prient pour le recevoir et que nous devions chercher avec ferveur à l'obtenir.

 

Depuis ce jour-là, j'ai fait des recherches généalogiques et j'ai remonté entièrement quelques lignées. Bien souvent, j'ai senti le Saint-Esprit me guider. Peut-être mes expériences ne sont-elles pas aussi impressionnantes que celles de frère Aguilar, mais j'ai appris que chacun de nous peut être guidé par l'Esprit dans la recherche de ses ancêtres.

 

TROUVER DE LA JOIE DANS LA VIE

 

Par Igor Burceff

 

En juin 1991, ma femme, Alla, notre fils, Alex, et moi avons quitté la Biélorussie (dans l'ancienne Union soviétique) pour nous installer au Danemark. Mon travail d'anesthésiste m'incitait vivement à améliorer mon anglais et je me suis inscrit à des cours d'anglais qu'enseignaient deux soeurs missionnaires de la mission de Copenhague de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

 

Bientôt j'ai voulu apprendre davantage que l'anglais. Je n'avais commencé à entendre parler de Jésus-Christ qu'après que le gouvernement soviétique avait levé l'interdit qui pesait sur la religion lors de cette fameuse période de l'histoire soviétique appelée glasnost. Cependant, ne me sentant pas à l'aise avec les rituels de l'Eglise prédominante, je n'avais pas donné suite.

 

Les missionnaires avaient quelque chose de particulier. Leur amabilité semblait réchauffer mon coeur. Lorsqu'elles nous ont enseigné que " les hommes sont pour avoir de la joie " (2 Néphi 2:25), j'ai été touché jusqu'au tréfonds de mon coeur. Je ne pouvais me souvenir que de deux fois dans ma vie où j'avais ressenti une telle joie : le jour où j'avais épousé Alla et le jour de la naissance d'Alex. Et maintenant, je pouvais réellement voir la joie rayonner sur le visage des missionnaires, pendant qu'elles enseignaient l'Evangile.

 

Les autres missionnaires et les autres membres qu'Alla et moi avons rencontrés ont renforcé nos premières impressions. J'ai dit à Alla : " Si des personnes aussi merveilleuses sont membres de cette Eglise, alors, c'est la véritable Eglise. "

 

Alla et moi nous sommes faits baptiser en août 1991. Nous avons éprouvé le sentiment de chaleur qui accompagne la réception du don du Saint-Esprit. Il a eu un effet purificateur sur notre corps et sur notre âme et nous avons eu l'impression qu'il était impossible d'être plus heureux. Mais nous avions tort. Ce n'était que le commencement. A chaque réunion de l'Eglise, les sentiments que nous avions éprouvés lors de notre baptême revenaient. Nous sommes devenus plus calmes, plus patients et plus gentils. Nous essayons de suivre l'exemple parfait de Jésus-Christ, même si c'est quelquefois très difficile.

 

En juillet 1993, Alla, Alex et moi avons été scellés dans le temple de Stockholm. Comme nous étions à genoux à l'autel du temple, entourés d'amis parmi lesquels Reid et Donna Johnson, le président et l'intendante du temple, la chaleur de notre conversion s'est ravivée. Autrefois, nous étions semblables à des petits chats mouillés, malheureux, perdus et qui avaient froid, mais nous avions trouvé asile, chaleur et nourriture dans l'Eglise. L'Evangile nous a aidés à ouvrir notre coeur gelé et nos yeux fermés, et à commencer à voir et à aimer la vérité.

 

Nous avons passé une semaine au temple à effectuer des ordonnances par procuration, entre autres pour les grands-parents décédés d'Alla, et nous avons découvert qu'il nous restait encore beaucoup à faire à cet endroit. Nous pouvons encore connaître un plus grand bonheur en tant que membres de l'Eglise du Christ. Plus nous servons dans l'Eglise, plus nous sommes heureux. Cela a été une merveilleuse surprise de découvrir la joie véritable.

 

Nous sommes convertis depuis un certain temps et nous avons traversé bien des difficultés. Une grande partie de la force qui nous a permis de vaincre ces difficultés nous a été donnée par l'exemple de membres de l'Eglise qui s'efforcent de suivre l'exemple de Jésus-Christ.

 

QUAND LE SEIGNEUR M'A OUVERT LES YEUX

 

Par Tayo M.Tuason

 

" Quelle histoire merveilleuse ! " me suis-je dit en levant les yeux de mes Ecritures. Je venais de lire, dans le deuxième livre des Rois, le chapitre 6 concernant le prophète Elisée.

 

Israël était en guerre contre la Syrie, et le roi de Syrie avait envoyé une armée à la ville de Dothan pour capturer Elisée. Quand le serviteur d'Elisée vit que Dothan était encerclée par les armées syriennes, il s'écria : " Ah ! mon seigneur, comment ferons-nous ? " (verset 15).

 

Elisée le rassura en disant : " Ne crains point, car ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux " (verset 16). Elisée demanda au Seigneur d'ouvrir les yeux de son serviteur apeuré. Au cours d'une scène spectaculaire, les yeux spirituels du serviteur s'ouvrirent et il " vit la montagne pleine de chevaux et de chars de feu " (verset 17).

 

Je me suis empressé de souligner les versets. J'aimais cette histoire et j'ai continué d'y réfléchir. En fait, j'espérais une manifestation similaire. Je faisais des recherches généalogiques et j'avais rencontré beaucoup de difficultés pour collecter les renseignements. La plupart de mes parents n'avaient pas beaucoup de souvenirs de leurs ancêtres et de nombreux registres de baptêmes, mariages et décès avaient été détruits au cours des bombardements de la Deuxième Guerre mondiale aux Philippines.

 

J'ai persévéré, espérant quelque événement spectaculaire. J'avais entendu de nombreux récits de personnes faisant les recherches généalogiques et les ordonnances du temple et qui avaient reçu l'aide divine au moyen de rêves ou d'autres expériences sacrées, et avaient découvert ainsi les renseignements qu'ils cherchaient.

 

J'ai continué à chercher dans les vieux registres et à visiter les cimetières, mais sans avoir d'expérience spectaculaire. Je n'ai pas eu de rêves. Je n'ai pas reçu de visite de personnages du monde des esprits. Et, cependant, le chemin s'est ouvert devant moi. Une fois, au centre généalogique local, un autre lecteur a laissé un microfilm ouvert. Quand je l'ai examiné, j'ai découvert qu'il contenait les registres de recensement du dix-neuvième siècle de ma ville natale. Transporté de joie, je me suis aperçu que ces registres comprenaient des listes de familles entières avec les dates de naissance et de décès, ainsi que leurs métiers.

 

A l'aide de ce microfilm, j'ai passé des semaines à reconstruire les liens familiaux. Finalement, j'ai remonté de six générations du côté de mon père. Débordant de joie, j'ai montré mon travail à une de mes parentes. Elle s'est exclamée, stupéfaite : " Tu as la moitié de mon âge et tu en sais plus concernant mon grand-père que moi ! "

 

Mais il restait une autre difficulté, car j'avais peu de renseignements sur la lignée de ma mère. Ses parents vivaient dans une île, très loin au sud, et je n'avais pas l'argent pour m'y rendre.

 

Un jour, ma mère m'a surpris en annonçant : " Ton grand-père veut que nous allions tous chez lui pour une réunion. "

 

" Quand ? " lui ai-je demandé avec joie.

 

" Dès que possible. "

 

Heureusement, nous avons pu réunir l'argent pour payer nos billets d'avion. Au cours de cette réunion, j'ai pu obtenir un grand nombre de renseignements de la part de la parenté de ma mère et j'ai envoyé aussitôt les noms de 86 ancêtres au temple de Manille. Ma collection de noms était modeste, comparée à certaines, mais j'en étais très heureux.

 

Un beau matin de février, je me suis rendu au temple de Manille et je me suis fait baptiser pour tous mes ancêtres, l'un après l'autre. Alors que je me trouvais dans les fonts baptismaux, je ne cessais d'espérer voir mes ancêtres ou entendre leur voix. Je suis retourné au temple les jours suivants pour achever le travail, espérant toujours quelque expérience spectaculaire. Je pensais également que je pourrais rêver de mes ancêtres. Ou peut-être que le coeur de mes parents non membres serait adouci et qu'ils voudraient en savoir davantage concernant mes recherches. Petit-être même se convertiraient-ils.

 

Mais rien de tout cela n'est arrivé. Les jours ont continué à passer d'une manière ordinaire. J'étais troublé et je me demandais : " Où sont les bénédictions du Seigneur ? Où sont les bénédictions qu'il a promises à ceux qui aident à racheter les morts ? "

 

Je suis retourné au temple quelques jours plus tard pour assister à une session de dotation. Pendant que je me trouvais là, j'ai observé les eaux calmes des fonts baptismaux. Soudain, j'ai pris conscience de quelque chose que j'avais laissé échapper : " Le fait d'avoir l'honneur de me faire baptiser pour mes ancêtres n'était-il pas une magnifique bénédiction en soi ? " J'ai repensé à tous les précieux registres que j'avais découverts au cours de mes recherches. " Le Seigneur ne m'avait-il pas préparé la voie ? N'avais-je pas accompli plus que je ne l'avais espéré ? "

 

Alors l'Ecriture de l'Ancien Testament m'est venue à l'esprit. Les yeux du serviteur d'Elisée avaient été ouverts et il avait vu les armées dit Seigneur. Le Seigneur m'a ouvert les yeux et m'a fait comprendre les bénédictions que j'avais reçues. En quittant le temple, ce soir-là, je n'éprouvais que de la gratitude.

 

J'ai appris que, lorsque nous ouvrons nos yeux spirituels, nous voyons que les bénédictions n'ont pas besoin d'être spectaculaires ; nous voyons avec gratitude les manifestations simples de l'amour du Seigneur dans notre vie. Parfois, j'ai encore tendance à oublier cela, mais alors, moi aussi, je fais la prière d'Elisée : " Eternel, ouvre ses yeux pour qu'il voie. "

 

 

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