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Les langues de feu Boyd K. Packer Dans toutes les langues, l'Esprit de Dieu, le
Saint-Esprit, guide ou peut guider chaque membre de l'Église.
Pensez-vous qu'il soit possible que ceux
d'entre nous qui sont appelés à faire un discours captent l'attention et
la détournent suffisamment longtemps des détails de cet édifice
remarquable pour souligner le but de sa construction ? Peut-être peut-on y parvenir au moyen d'une
parabole et d'un poème. Voici la parabole : Un marchand parti à la
recherche de bijoux précieux finit par trouver une perle parfaite. Il
demanda au meilleur artisan de sculpter un superbe écrin et de le tapisser
de velours bleu. Il exposa sa perle de grand prix de manière à ce que les
gens puissent admirer son trésor. Il observa les gens qui venaient la voir.
Peu après il partit, désolé. C'était l'écrin que les gens admiraient,
non la perle. Et voici le poème : En pensant à l'architecte, commençons en
Palestine, il y a deux millénaires, au Jourdain avec Jean-Baptiste. Dans sa
prédication, il disait : « Moi, je vous baptise d'eau pour vous amener à
la repentance ; mais celui qui vient après moi... vous baptisera du
Saint-Esprit et de feu[2].
» « Alors Jésus vint de la Galilée au
Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui[3]. » « Dès que Jésus... sortit de l'eau...
les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu [le Saint-Esprit]
descendre sous la forme d'une colombe et venir sur lui. « Et voici, une voix fit entendre des cieux
ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon
affection[4].
» Jésus est ensuite allé dans le désert.
Lucifer est venu pour le tenter[5]. Jésus a surmonté chaque
tentation à l'aide des Écritures. « Il est écrit : L'homme ne vivra pas de
pain seulement[6]. » « Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point
le Seigneur ton Dieu[7]. » « Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur,
ton Dieu, et tu le serviras lui seul[8].
» Réfléchissez-y attentivement. Face à
Perdition en personne, le Seigneur s'est servi des Écritures comme
protection. Jésus a choisi parmi ses disciples douze
hommes qu'il a ordonnés apôtres : Pierre, Jacques et Jean ; André,
Philippe, Barthélemy, Thomas, Matthieu, Simon, Jacques, Jude et Judas. Il
s'agissait d'hommes ordinaires que les pharisiens disaient « du peuple et
sans instruction[9]
». Les Douze l'ont suivi. Il les a instruits. Il leur a commandé de faire de toutes les
nations des disciples, en baptisant tous ceux qui croiraient[10].
Avant son départ, il leur a promis : « Le
Consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous
enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit[11].
» Jésus a été crucifié. Le troisième jour,
il est ressuscité des morts. Il a donné d'autres instructions à ses apôtres
; puis, avant son ascension, il a déclaré : « Et voici, j'enverrai sur
vous ce que mon Père a promis ; mais vous, restez dans la ville jusqu'à ce
que vous soyez revêtus de la puissance d'en haut[12].
» Ce pouvoir n'a pas tardé à leur être donné.
Le jour de la Pentecôte, les Douze étaient assemblés dans une maison : « Tout à coup, il vint... un bruit comme
celui d'un vent impétueux... « Des langues, semblables à des langues de
feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur
chacun d'eux. « Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit[13].
» C'est ainsi que les Douze ont reçu tout
pouvoir. Lorsqu'ils ont parlé, ce jour-là, les gens
s'étonnaient car chacun les entendait parler dans sa langue ; et il y avait
18 langues différentes[14]. Les apôtres se sont mis à baptiser toutes
les personnes qui voulaient croire en leurs paroles. Mais le baptême pour
le repentir n'était pas suffisant[15].
Paul a trouvé douze hommes qui avaient déjà
été baptisés par Jean-Baptiste et leur a demandé : « Avez-vous reçu le
Saint-Esprit... ? Ils lui répondirent : Nous n'avons pas même entendu dire
qu'il y ait un Saint-Esprit[16]. » « Ils furent [donc] baptisés au nom du
Seigneur Jésus[17] » et « Paul... [leur imposa]
les mains [et] le Saint-Esprit vint sur eux[18].
» Le processus était mis en place, le même
depuis le commencement[19]. C'est par « le baptême par
immersion pour la rémission des péchés[20]
» que l'on entre dans l'Église de Jésus-Christ. Puis, par une ordonnance
distincte, le don précieux du Saint-Esprit est conféré par «
l'imposition des mains de ceux qui détiennent l'autorité, pour prêcher l'Évangile
et en administrer les ordonnances[21] ». Malgré l'opposition, les Douze ont établi
l'Église de Jésus-Christ ; et malgré la persécution, elle a prospéré. Mais au fil des siècles, les langues de feu
ont vacillé et se sont éteintes. Les ordonnances ont été changées ou
abandonnées. La ligne de la prêtrise a été brisée. L'autorité de conférer
le don du Saint-Esprit a disparu. L'âge des ténèbres de l'apostasie est
tombé sur le monde. Mais continuellement, comme depuis le début,
l'Esprit de Dieu a inspiré des âmes dignes[22]. Nous sommes immensément redevables aux
protestants et aux réformateurs qui ont préservé les Écritures et les
ont traduites. Ils savaient que quelque chose avait été perdu. Ils
entretenaient la flamme du mieux qu'ils pouvaient. Beaucoup d'entre eux ont
été des martyrs. Mais il ne suffisait pas de protester et ces réformateurs
ne pouvaient pas rétablir ce qui avait disparu. Avec le temps, une grande diversité d'Églises
ont vu le jour. Quand tout a été prêt, le Père et le Fils
sont apparus au jeune Joseph dans le Bosquet sacré et les paroles prononcées
au Jourdain se sont fait entendre de nouveau : « Celui-ci est mon Fils
bien-aimé. Ecoute-le[23] ! » Joseph Smith est devenu l'instrument par
lequel se fit le Rétablissement. Jean-Baptiste a rétabli « la Prêtrise
d'Aaron, qui détient les clés du ministère d'anges, de l'Évangile de
repentir et du baptême par immersion pour la rémission des péchés[24].
» Pierre, Jacques et Jean ont rétabli l'office
d'apôtre avec la prêtrise supérieure. Avec elle est venue l'autorité de
conférer le don précieux et divin du Saint-Esprit[25]. Le 6 avril 1830, l'Église de Jésus-Christ
des Saints des Derniers Jours a été fondée. Les Frères ont commencé à
instruire et à baptiser. Neuf mois plus tard ils ont reçu une révélation
rectificative : « Tu as baptisé d'eau pour le repentir,
mais ils n'ont pas reçu le Saint-Esprit. « Mais maintenant, je te donne le
commandement de baptiser d'eau, et ils recevront le Saint-Esprit par
l'imposition des mains, comme le faisaient les apôtres autrefois[26].
» Un mois plus tard, le commandement a été répété
: « Tu imposeras les mains à tous ceux que tu baptiseras d'eau, et ils
recevront le don du Saint-Esprit[27]. » Ce don est destiné à toutes les personnes
qui se repentent et se font baptiser : garçons et filles, femmes et hommes.
Nous vivons des temps troublés, très troublés.
Nous espérons, nous demandons en prière des jours meilleurs. Mais il ne
doit pas en être ainsi. Les prophéties nous le disent. Dans notre peuple,
en famille et individuellement, nous n'échapperons pas aux épreuves à
venir. Personne n'échappera aux tribulations propres à la vie de famille,
à la vie professionnelle, à la déception, au chagrin, aux problèmes de
santé et de l'âge, et enfin à la mort. Que ferons-nous donc ? C'est la question
qu'on a posée aux Douze le jour de la Pentecôte. Pierre a répondu : «
Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ,
pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit[28].
» Il leur a dit : « La promesse est pour vous,
pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin[29].
» La même question, « Que ferons-nous ? » a
été posée au prophète Néphi. Il a donné la même réponse que Pierre :
« Prenez sur vous le nom du Christ par le baptême... alors vient le baptême
du Saint-Esprit[30].
» « Ne vous souvenez-vous pas que je vous ai
dit que lorsque vous auriez reçu le Saint-Esprit, vous pourriez parler la
langue des anges ?... « Les anges parlent par le pouvoir du
Saint-Esprit ; c'est pourquoi, ils disent les paroles du Christ. C'est pour
cela que je vous ai dit : Faites-vous un festin des paroles du Christ, car
voici, les paroles du Christ vous diront tout ce que vous devez faire. « C'est pourquoi, maintenant que je vous ai
dit ces paroles, si vous ne pouvez les comprendre, c'est parce que vous ne
demandez pas et que vous ne frappez pas ; c'est pourquoi, vous n'êtes pas
amenés dans la lumière, mais devez périr dans les ténèbres. « Car voici, je vous le dis encore : si vous
voulez entrer par le chemin et recevoir le Saint-Esprit, il vous montrera
tout ce que vous devez faire[31]. » Il est inutile de vivre dans la crainte de
l'avenir. Nous avons beaucoup de raisons de nous réjouir et peu de raisons
de craindre. Si nous suivons les murmures de l'Esprit, nous serons saufs,
quel que soit l'avenir. Ce que nous devons faire nous sera montré. Le Christ a promis que « le Père...
[enverrait] un autre consolateur . . . « l'Esprit de vérité, que le monde ne peut
recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point, mais vous,
vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous[32].
» Trop d'entre nous ressemblent à ceux dont le
Seigneur a dit : Ils sont venus « le coeur brisé et l'esprit contrit...
[et] au moment de leur conversion, ont été baptisés de feu et du
Saint-Esprit, et ils ne le savaient pas[33] ». Imaginez cela : « Ils ne le savaient pas. »
Il n'est pas rare de voir quelqu'un recevoir ce don et ne pas vraiment le
savoir. Je crains que ce don divin ne soit caché par
les programmes, les activités, les horaires et tant de réunions. Il y a
tant d'endroits où aller, tant de choses à faire dans ce monde bruyant. Il
peut arriver que nous soyons trop occupés pour faire attention aux murmures
du Saint-Esprit. La voix de l'Esprit est un murmure doux et léger,
une voix que l'on perçoit et non que l'on entend. C'est une voix
spirituelle qui pénètre en nous comme une pensée déposée dans notre
coeur. Dans le monde entier, des hommes, des femmes
et des enfants ordinaires ne sont pas tout à fait conscients du fait qu'ils
ont le don, qu'ils sont une bénédiction pour leur famille, qu'ils
enseignent, prêchent et rendent service selon l'Esprit qui est en eux. Dans toutes les langues, l'Esprit de Dieu, le
Saint-Esprit, guide ou peut guider chaque membre de l'Église. Tout le monde
est invité à venir, à se repentir, à se faire baptiser et à recevoir ce
don sacré. Malgré l'adversité, l'Église prospérera ;
et malgré la persécution, elle se développera. On a demandé à Joseph Smith en quoi notre
religion se distinguait des autres. Il a répondu : « Toutes les autres
considérations sont contenues dans le don du Saint-Esprit[34].
» Il est ravivé par la prière et entretenu
par l'obéissance aux lois et aux ordonnances de l'Évangile[35].
Il peut être étouffé par la transgression
et la négligence. Nous apprenons vite que le tentateur,
l'adversaire, se sert aussi des voies de l'esprit et du coeur pour nous
inspirer le mal, la paresse, la querelle et même les actes des ténèbres.
Il peut dominer nos pensées et nous conduire à mal agir. Mais chacun de nous a son libre arbitre. La
lumière domine toujours les ténèbres. La prêtrise est structurée afin d'assurer
une ligne d'autorité continue pour baptiser et conférer le Saint-Esprit.
Il y a toujours, à proximité, des dirigeants et des instructeurs appelés
et mis à part pour nous instruire et nous corriger. Nous pouvons apprendre
à distinguer les murmures des tentations, et à suivre l'inspiration du
Saint-Esprit. Nous vivons à une époque remarquable !
Quelles que soient les épreuves qui nous attendent, nous pouvons trouver la
réponse à la question, « Que ferons-nous ? ». Avec nos êtres chers,
nous serons guidés, ramenés sur la route, protégés et réconfortés. Le Seigneur a dit : « Je vous laisse la
paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la
donne. Que votre coeur ne se trouble point, et ne s'alarme point[36].
» Aussi sûrement que je sais que nous sommes
ici, vous et moi, je sais que Jésus est le Christ. Il vit ! Je sais que le
don du Saint-Esprit, pouvoir spirituel sacré, peut être un compagnon
constant pour chaque âme qui veut le recevoir. Je prie pour que le témoignage
du Saint-Esprit vous confirme ce témoignage, au nom de Jésus-Christ. Amen.
[1] Edwin Markham, «
Man-Making », Masterpieces of Religious Verse, édition James
Dalton Morrison, 1948, p. 419. [2] Matthieu 3:11. [3] Matthieu 3:13. [4] Matthieu 3:16-17. [5] Voir Matthieu 4:1-11. [6] Matthieu 4:4. [7] Matthieu 4:7. [8] Matthieu 4:10. [9] Actes 4:13. [10] Voir Matthieu 28:19. [11] Jean 14:26. [12] Luc 24:49. [13] Actes 2:2-4. [14] Voir Actes 2:7-11. [15] Voir Actes 2:38. [16] Actes 19:2. [17] Actes 19:5. [18] Actes 19:6. [19] Voir Moïse 6:65-66. [20] 4e article de foi. [21] 5e article de foi. [22] Voir 1 Néphi 10:17-19. [23] JS, H v. 17 [24] Doctrine et Alliances 13. [25] Voir Doctrine et Alliances
27:12-13. [26] Doctrine et Alliances 35:5-6. [27] Doctrine et Alliances 39:23. [28] Actes 2:38. [29] Actes 2:39. [30] 2 Néphi 31:13. [31] 2 Néphi 32:2-5. [32] Jean 14:16-17. [33] 3 Néphi 9:20 ; italiques
ajoutées. [34] History of the Church,
4:42. [35] 3e article de foi. [36] Jean 14:27.
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