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Votre
voyage éternel Thomas S. Monson Considérons nos appels, méditons sur nos
responsabilités, voyons quel est notre devoir et suivons Jésus-Christ,
notre Seigneur.
L'un de mes souvenirs les plus vifs est d'avoir
assisté à une réunion de la prêtrise lorsque je venais d'être ordonné
diacre et d'avoir chanté le cantique d'ouverture « Que tous les fils de
Dieu dotés de la prêtrise[1]
». Ce soir, à vous tous, frères assemblés dans ce magnifique centre de
conférence bondé et dans les églises du monde entier, je rappelle
l'esprit de ce cantique spécial et vous déclare : Venez, vous tous ,
fils de Dieu, dotés de la prêtrise, considérons nos appels, méditons sur
nos responsabilités, voyons quel est notre devoir et suivons Jésus-Christ,
notre Seigneur. Nous n'avons peut-être pas le même âge, les
mêmes coutumes, ni la même nationalité, mais nous sommes unis dans nos
appels de la prêtrise. En tant que détenteurs de la prêtrise, nous
avons été mis ici-bas en des temps troublés. Nous vivons dans un monde
complexe, où l'on peut voir partout sévir des conflits. Les intrigues
politiques ébranlent la stabilité des nations, des despotes s'emparent du
pouvoir, et certains groupes semblent toujours opprimés, privés de
possibilités et ont un sentiment d'échec. Nous qui avons été ordonnés à la prêtrise
de Dieu pouvons faire changer les choses. Lorsque nous sommes dignes d'avoir
l'aide du Seigneur, nous pouvons édifier des garçons. Nous pouvons guérir
des hommes. Nous pouvons accomplir des miracles en servant Dieu. Nos
possibilités sont illimitées. Même si la tâche semble énorme, nous sommes
fortifiés par cette vérité : « La plus grande force dans le monde actuel
est le pouvoir de Dieu qui opère par l'intermédiaire de l'homme. » Si
nous sommes en mission pour le Seigneur, nous avons droit à son aide. Cette
aide divine dépend cependant de notre dignité. Pour naviguer en sécurité
sur les eaux de la condition mortelle, pour accomplir une mission de
sauvetage, nous devons être guidés par le marin éternel, le grand Jéhovah.
Nous tendons la main encore et encore pour recevoir l'aide de Dieu. Notre main tendue est-elle pure ? Notre coeur
languissant est-il pur ? En relisant les pages de l'histoire, nous trouvons
une leçon de dignité sur les lèvres du roi Darius mourant. « Par les
rites appropriés, Darius... avait été reconnu comme roi légitime de l'Égypte.
Alexandre le Grand, son rival, avait été déclaré... fils légitime
d'Amon : lui aussi était pharaon... [Trouvant] Darius vaincu sur le point
de mourir, Alexandre lui a posé les mains sur la tête pour le guérir et,
en lui commandant de se lever et de reprendre son pouvoir royal, a conclu :
‹Par tous les dieux, je te jure, Darius que je fais cela sincèrement sans
tromperie.› « [Darius] répondit par une douce réprimande
: ‹Alexandre, mon garçon... crois-tu pouvoir toucher les cieux avec des
mains comme les tiennes[2]
?› » Un article de la rubrique « Viewpoint » paru
il y a quelque temps dans Church News donnait une leçon inspirante.
Voici le texte : « Il peut sembler étrange à certains hommes
de voir des navires de nombreux pays chargeant et déchargeant leur
cargaison sur les quais de Portland, en Oregon. Cette ville est située à
160 kilomètres à l'intérieur des terres. Pour y accéder, il faut avec
difficulté passer la barre de sable qui cause souvent des remous et qui
protège le fleuve Columbia, puis faire la longue remontée de la Columbia
et de la Willamette. « Mais les capitaines de navire aiment
mouiller à Portland. Ils savent que quand leur navire parcourt les mers, un
crustacé étrange appelé bernacle se fixe à la coque et y reste jusqu'à
sa mort, en s'entourant d'une coquille calcaire. Plus il y a de bernacles
fixés à la coque, moins l'eau glisse sur la coque, moins le navire est
rapide et efficace. « Le navire doit périodiquement aller en cale
sèche où l'on déploie de gros efforts pour racler les bernacles de la
coque. C'est un processus qui immobilise le navire pendant plusieurs jours. « Mais c'est différent si le capitaine peut
faire entrer son navire dans le port de Portland. Les bernacles ne survivent
pas en eau douce. Dans l'eau non salée de la Willamette ou de la Columbia,
les bernacles meurent et certains se détachent, tandis que ceux qui restent
sont facilement enlevés. Le navire retourne à sa tâche, allégé et remis
à neuf. « Les péchés sont comme ces bernacles.
Personne ne traverse la vie sans en récolter quelques-uns. Les péchés
augmentent le tirant d'eau, ralentissent la progression et nous rendent
moins efficaces. Si nous ne nous en repentons pas, ils s'accumulent et
peuvent un jour nous faire couler. « Dans son amour et sa miséricorde infinis,
le Seigneur a prévu un port où, par le repentir, nos bernacles se détachent
et sont oubliés. L'âme allégée et remise à neuf, nous pouvons nous
mettre efficacement à notre travail et au sien[3]. » La prêtrise représente une puissante armée
de droiture, une armée royale. Nous sommes conduits par un prophète de
Dieu, Gordon B. Hinckley. Le chef suprême est notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ.
Nos ordres de marche sont clairs. Ils sont concis. Matthieu définit notre
mission par les paroles du Maître : « Allez, faites de toutes les nations
des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, « et enseignez-leur à observer tout ce que je
vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin
du monde[4]. » « Et ils s'en allèrent prêcher partout. Le
Seigneur travaillait avec eux[5].
» L'appel à servir a toujours caractérisé
l'oeuvre du Seigneur. Il vient rarement à un moment pratique. Il inspire
l'humilité, suscite la prière et pousse à l'engagement. L'appel a été
reçu à Kirtland. La révélation a suivi. L'appel a été reçu dans le
Missouri. La persécution a sévi. L'appel a été reçu à Nauvoo. Des
prophètes sont morts. L'appel a été reçu dans la vallée du grand lac
Salé. Des difficultés se sont annoncées. Le long voyage jusqu'à cette vallée, accompli
dans des conditions très difficiles, a été une épreuve de la foi. Mais
la foi forgée au creuset de l'adversité et des larmes porte la marque de
la confiance et du témoignage. Dieu seul peut mesurer le sacrifice, lui
seul peut sonder le chagrin, lui seul peut connaître le coeur de ses
serviteurs, à l'époque et maintenant. Les leçons du passé peuvent vivifier notre mémoire,
influencer notre vie et diriger nos actions. L'Esprit nous murmure de
marquer une pause et de nous rappeler la promesse que Dieu nous a faite : «
C'est pourquoi... vous êtes en mission pour le Seigneur, et tout ce que
vous faites selon la volonté du Seigneur constitue les affaires du Seigneur[6]. » Dans cette vaste assemblée de détenteurs de
la prêtrise, beaucoup détiennent la Prêtrise d'Aaron : les diacres, les
instructeurs et les prêtres. Jeunes gens, vous avez appris certaines leçons
de la vie de vos parents alors que d'autres s'apprennent à l'école ou à
l'Église. Cependant, il y a des fois où vous savez que c'est notre Père céleste
qui enseigne et que vous êtes son élève. Les pensées et les sentiments
que nous avons, et même les actions de notre enfance, peuvent influencer
notre vie à jamais. Lorsque j'étais diacre, j'aimais le base-ball.
J'avais un gant portant le nom de Mel Ott. C'était le plus grand
joueur de mon époque et je l'aime toujours. Mes amis et moi nous jouions
dans une petite allée derrière les maisons où nous habitions. Notre
terrain de jeu était petit, mais très bien tant que nous tirions tout
droit. Mais lorsque nous tirions vers la droite, nous avions des problèmes.
C'est là qu'habitait madame Shinas qui, de la fenêtre de sa cuisine, nous
regardait jouer. Dès que la balle arrivait devant chez elle, son gros chien
allait la chercher et la lui ramenait lorsqu'elle ouvrait la porte. Madame
Shinas rentrait chez elle et ajoutait la balle aux nombreuses qu'elle avait
déjà confisquées. Elle était notre ennemie, elle nous gâchait notre
plaisir et nous empoisonnait l'existence. Personne ne disait du bien de
madame Shinas, seulement du mal. Aucun de nous ne lui adressait jamais la
parole et elle ne nous parlait pas non plus. Elle avait une jambe raide qui
l'empêchait de marcher et qui devait lui faire très mal. Son mari et elle
n'avaient pas d'enfants, vivaient retirés des autres et sortaient rarement
de chez eux. Cette guerre privée se poursuivit pendant
quelque temps, deux ans environ, puis cette dame rébarbative, touchée par
un geste inspiré qui fit fondre la glace, connut un renouveau de bons
sentiments. Un soir que je vaquais à la tâche quotidienne
de l'arrosage de la pelouse de devant en tenant l'embout du tuyau à la main
comme c'était la manière à cette époque, j'ai remarqué que la pelouse
de madame Shinas était sèche et commençait à brunir. Honnêtement, je ne
sais pas pourquoi, mes frères, mais j'ai pris quelques minutes supplémentaires,
et avec notre tuyau, j'ai arrosé son jardin. J'ai continué à le faire
pendant tout l'été, puis quand l'automne est venu, j'ai débarrassé sa
pelouse des feuilles, comme la nôtre, et je les ai mises en tas au bord de
la rue pour qu'elles soient emportées. Pendant tout l'été, je n'avais pas
vu madame Shinas. Nous, les garçons, avions depuis longtemps arrêté de
jouer à la balle dans l'allée. Nous n'avions plus de balles de base-ball
ni d'argent pour en acheter d'autres. Un jour, tôt le matin, la porte de chez madame
Shinas s'est ouverte. Elle m'a fait signe de sauter par-dessus la petite clôture
et de venir à sa porte. C'est ce que j'ai fait. Quand je me suis approché
d'elle, elle m'a fait entrer dans sa salle de séjour où elle m'a demandé
de m'asseoir dans un fauteuil confortable. Elle m'a offert des gâteaux et
du lait. Ensuite, elle est allée dans sa cuisine et est revenue avec une
grande boîte pleine de balles de base-ball et de softball, ce qui représentait
plusieurs saisons d'efforts de confiscation de sa part. Elle m'a remis la boîte
pleine. Le plus précieux n'était pas dans ce cadeau mais dans ses paroles.
Pour la première fois, j'ai vu un sourire sur le visage de madame Shinas et
elle m'a dit : « Thommy, je veux que tu prennes ces balles de base-ball et
je veux te remercier d'être gentil avec moi. » Je l'ai remerciée à mon
tour, et en rentrant, je me sentais meilleur. Nous n'étions plus ennemis.
Nous étions maintenant des amis. La Règle d'Or avait de nouveau réussi. Pères, évêques consultants de collège, vous
avez la responsabilité de préparer cette génération de missionnaires,
non seulement de rendre ces diacres, instructeurs et prêtres plus
conscients de leur obligation de servir, mais de leur donner la vision des
possibilités et des bénédictions qui les attendent lorsqu'ils seront
appelés en mission. L'oeuvre est exigeante, mais elle a des effets éternels.
Actuellement, il n'y a pas de place pour les soldats à temps partiel dans
l'armée du Seigneur. Chaque missionnaire qui part en réponse à un
appel sacré devient serviteur du Seigneur dont c'est vraiment l'oeuvre. Ne
craignez rien, jeunes gens, car il sera avec vous. Il ne nous abandonne
jamais. Il a promis : « J'irai devant votre face, je serai à votre droite
et à votre gauche, et mon Esprit sera dans votre coeur, et mes anges seront
tout autour de vous pour vous soutenir[7]. » Mes frères, nous ne pouvons pas savoir quand
nous aurons l'occasion de tendre une main secourable. Le chemin de Jéricho
de chacun de nous ne porte pas de nom et le voyageur fatigué qui a besoin
de notre aide est peut-être un inconnu pour nous. Bien trop fréquemment,
la personne qui bénéficie de la gentillesse d'une autre n'exprime pas ses
sentiments et nous manquons de cette touche de grandeur et de tendresse qui
nous pousseraient à faire comme le Samaritain. Il y a deux mille ans, Jésus de Nazareth était
assis près d'un puits de Samarie et parlait à une femme. Jésus lui a dit : « Quiconque boit de cette
eau aura encore soif ; « Mais celui qui boira de l'eau que je lui
donnerai n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui
comme une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle[8]. » Si quelqu'un se croit trop faible pour changer
le cours tumultueux de sa vie ou s'il est des gens qui ne se décident pas
à faire mieux à cause de la plus grande des craintes, celle d'échouer, il
n'y a pas d'assurance plus réconfortante que les paroles du Seigneur : «
Ma grâce suffit à tous les hommes qui s'humilient devant moi ; car s'ils
s'humilient devant moi, et ont foi en moi, alors je rendrai fortes pour eux
les choses qui sont faibles[9].
» En priant humblement, en nous préparant
diligemment et en servant fidèlement nous pouvons réussir dans nos appels
sacrés. Rappelez-vous comment les capitaines dont les
navires sont alourdis par les bernacles, se dirigent vers l'eau douce de la
Columbia et de la Willamette pour se débarrasser de ces crustacés qui
freinent leur allure. Dans notre vie personnelle et dans notre service du
Seigneur, débarrassons-nous des bernacles du doute, de la paresse, de la
peur et du péché en parcourant les eaux vives de l'Évangile de Jésus-Christ.
Nous connaissons leur nom : la foi, la prière, la charité, l'obéissance
et l'amour, pour n'en citer que quelques-unes. Le phare du Seigneur Jésus-Christ
marque la voie. Sa lumière nous guidera sur notre route vers la gloire céleste.
Soyons de
sages marins en nous embarquant pour ce voyage. Soyons des vases purs devant
l'Éternel. Soyons conscients des besoins des veuves et répondons-y ; du
cri des enfants, de la condition des chômeurs, du fardeau des malades, des
personnes qui ne peuvent sortir, des personnes âgées, des pauvres, des
malades, des estropiés et des oubliés. Notre Père céleste et son Fils
bien-aimé, Jésus-Christ, se souviennent d'eux. Puissions-nous, vous et
moi, suivre leur exemple divin. Notre bénédiction sera alors d'avoir la
paix céleste, au nom de Jésus-Christ. Amen.
[1] Traduction littérale du cantique
anglais n° 322, texte de Thomas Davenport. [2] Cité dans
Hugh Nibley, Abraham in Egypt, 1981, p. 192. [3] « Harbor
of Forgiveness », Church News, 30 janvier 1988. [4] Matthieu 28:1920. [5] Marc 16:20. [6] Doctrine et Alliances 64:29. [7] Doctrine et Alliances 84:88. [8] Jean 4:1314. [9] Ether 12:27.
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