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Votre foyer éternel Thomas S. Monson Dans un sens très réel, nous sommes les bâtisseurs
d'une demeure éternelle. Nous sommes des apprentis, non des artisans
qualifiés. Si nous voulons réussir, il nous faut l'aide divine.
Un jour, durant son ministère, notre Sauveur
emmena Pierre, Jacques et Jean sur une haute montagne. « Il fut transfiguré devant eux ; son
visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme
la lumière. « Et voici, Moïse et Élie leur apparurent,
s'entretenant avec lui. « Pierre, prenant la parole, dit à Jésus :
Seigneur, il est bon que nous soyons ici[1].
» Aujourd'hui, en cette circonstance
historique, nous sommes assemblés dans ce magnifique centre de conférence
et dans d'autres salles, à Temple Square, de même que dans le monde
entier. Nos yeux sont humides et nous éprouvons
beaucoup de gratitude, faisant écho au titre de ce magnifique cantique, «
Remercions Dieu[2].
» Depuis longtemps déjà, nous projetions la construction de cet édifice.
Nous avions besoin d'un bâtiment beaucoup plus grand pour accueillir les
gens qui assistent aux conférences et pour d'autres activités tout au long
de l'année. Des ouvriers au grand savoir-faire ont travaillé de tout leur
coeur et de toutes leurs forces pour construire un bâtiment digne des
paroles d'approbation : « C'est bien, bon et fidèle serviteur[3].
» Il y a longtemps de cela, dans un lieu reculé,
tandis que Jésus exerçait son ministère parmi les hommes, il parlait
souvent en paraboles, dans un langage que les gens pouvaient le mieux
comprendre. Il faisait souvent référence à la construction d'une maison
en relation avec la vie de ses auditeurs. Ne disait-on pas souvent de lui
qu'il était « le fils du charpentier » ? Il déclara : Toute « maison
divisée contre elle-même ne peut subsister[4].
» Plus tard, il donna l'avertissement suivant : « Voici, ma maison est une
maison d'ordre, dit le Seigneur Dieu, et pas une maison de confusion[5].
» Dans une révélation donnée à Joseph
Smith, le prophète, à Kirtland, en Ohio, le 27 décembre 1832, le Maître
a fait cette recommandation : « Organisez-vous, préparez tout ce qui est nécessaire
et établissez une maison qui sera une maison de prière, une maison de jeûne,
une maison de foi, une maison de connaissance, une maison de gloire, une
maison d'ordre, une maison de Dieu[6].
» Où pourrions-nous trouver meilleur plan que
celui-ci pour édifier une maison correctement et en toute sagesse, où
habiter pour toute éternité ? Dans un sens très réel, nous sommes les bâtisseurs
d'une demeure éternelle. Nous sommes des apprentis, non des artisans
qualifiés. Si nous voulons réussir, il nous faut l'aide divine. Les
instructions de l'apôtre Paul nous fournissent l'assurance dont nous avons
besoin : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que
l'esprit de Dieu habite en vous[7] ? » Si nous nous rappelons que nous sommes littéralement
un fils ou une fille spirituelle de Dieu, il ne nous sera pas difficile
d'aborder notre Père céleste par la prière. Il connaît la valeur de
cette matière première que nous appelons la vie. « Souvenez-vous que les
âmes ont une grande valeur aux yeux de Dieu[8].
» Cette déclaration trouve place en notre âme et donne un sens à notre
vie. Il y a un Maître prêt à nous guider dans
nos efforts si nous plaçons notre foi en lui : c'est le Seigneur Jésus-Christ.
Il nous invite en disant : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et
chargés, et je vous donnerai du repos. « Prenez mon joug sur vous et recevez mes
instructions, car je suis doux et humble de coeur ; et vous trouverez du
repos pour vos âmes. « Car mon joug est doux, et mon fardeau léger[9].
» On a dit de Jésus qu'il « croissait en
sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes[10].
» Sommes-nous déterminés à faire de même ? Une phrase de l'Écriture
sainte rend hommage à notre Seigneur et Sauveur en disant qu'il « allait
de lieu en lieu faisant du bien[11]. » Paul, dans son épître à son bien-aimé
Timothée, nous indique une manière de nous améliorer et, en même temps,
de fournir de l'aide à ceux qui méditent en silence et ensuite posent tout
haut la question : « Comment pourrais-je trouver mon chemin, si quelqu'un
ne me guide[12] ? » La réponse de Paul à Timothée nous donne
à tous une responsabilité inspirée. Tenons compte de son sage conseil :
« Sois un modèle pour les fidèles, en parole, en conversation, en charité,
en esprit, en foi, en pureté[13]. » Examinons ce conseil important qui, dans un
sens très réel, s'adresse à nous. Premièrement, être un modèle en parole.
« Que vos paroles tendent à vous édifier les uns les autres[14]
», dit le Seigneur. Souvenons-nous du conseil de ce cantique de
l'École du Dimanche tant apprécié: Un
petit mot gentil dans le coeur reste inscrit, Écoutez la remarque de Mary Boyson Wall, qui
a fêté son 105e anniversaire il y a quelques années. Elle a épousé Don
Harvey Wall dans le temple de Salt Lake en 1913. Ils ont fêté leur 81e
anniversaire de mariage peu de temps avant le décès de Don, à l'âge de
103 ans. Dans un article du Church News, elle attribuait leur longévité
et celle de leur mariage au fait qu'ils se parlaient gentiment. Elle déclara
: « Je crois que c'est ce qui nous a permis d'y parvenir, parce que nous
cherchions à nous aider l'un l'autre et à ne pas nous dire de paroles méchantes[16].
» Deuxièmement, être un modèle en conversation.
A la Conférence générale d'octobre 1987, le président Hinckley à déclaré
: « Les paroles grossières souillent l'homme qui les dit. Si vous avez
cette habitude, comment vous en débarrasser ? Commencez par prendre la décision
de changer. La prochaine fois que vous aurez tendance à utiliser des mots
que vous savez être mauvais, arrêtez-vous, tout simplement. Taisez-vous ou
dites différemment ce que vous avez à dire[17]. » François de la Rochefoucauld a déclaré :
« L'une des raisons pour lesquelles si peu de gens ont une conversation
sensée et agréable est que presque tout le monde est plus occupé à
penser à ce qu'il veut dire qu'à répondre clairement à ce qu'on lui dit.
» Troisièmement, être un modèle en charité.
Nous trouvons dans Corinthiens cette
magnifique vérité : « La charité ne périt jamais[18]. » Nous nous réjouissons de l'intervention immédiate
de l'Église dans les cas de catastrophe naturelle, comme au Mozambique, à
Madagascar, au Vénézuéla et dans bien d'autres pays. Souvent, nous
arrivons les premiers sur les lieux de ces désastres, et apportons l'aide
la plus importante. D'autres organisations interviennent avec la même générosité.
Qu'est-ce que la charité ? Moroni, transcrivant les paroles de son père
Mormon, a écrit : « Mais la charité est l'amour pur du Christ, et elle
subsiste à jamais[19]. » La vie de George Albert Smith a été un
exemple de charité. Immédiatement après la Deuxième Guerre mondiale, l'Église
a organisé une campagne de collecte de vêtements chauds pour les saints
d'Europe qui étaient dans la détresse. Frères Harold B. Lee et Marion G.
Romney amenèrent le président Smith à Welfare Square pour constater les résultats.
Ils furent impressionnés par la réaction généreuse des membres de l'Église.
Ils regardèrent le président Smith tandis qu'il observait les gens qui
empaquetaient cette grande quantité de vêtements et de chaussures. Ils
virent des larmes couler sur son visage. Quelques instants plus tard, George
Albert Smith retira son manteau neuf et dit, « envoyez cela aussi. » Les Frères lui dirent, « Non, président,
non, n'envoyez pas cela, il fait froid et vous aurez besoin de votre
manteau. » Mais le président Smith refusa de le
reprendre, et c'est ainsi que son manteau, avec tous les autres, fut envoyé
en Europe, où les nuits étaient longues et sombres et où la nourriture et
les vêtements manquaient. Quand les chargements arrivèrent, la joie et la
reconnaissance s'exprimèrent à haute voix aussi bien que dans des prières
silencieuses. Quatrièmement, être un modèle en esprit.
Le Psalmiste a écrit, « O Dieu ! Crée en moi un coeur pur, renouvelle en
moi un esprit bien disposé[20]. » A dix-sept ans, je m'étais engagé dans la
Marine des États-Unis et faisais mes classes dans une caserne de San Diego,
en Californie. Les trois premières semaines, nous avions l'impression qu'on
essayait de nous tuer plutôt que de nous apprendre à rester en vie. Je me souviendrai toujours de mon premier
dimanche à San Diego. Le quartier-maître nous a dit : « Aujourd'hui, tout
le monde va à l'église. » Nous nous sommes mis en rang sur le terrain
d'entraînement. Le quartier-maître a crié, « Tous les catholiques, vous
allez au camp Decatur. En avant, marche ! Et ne revenez pas avant trois
heures ! » Un grand groupe s'est mis en marche. Puis il a dit, « Ceux qui
sont juifs, rendez vous au camp Henry. En avant, marche ! Et ne revenez pas
avant trois heures ! » Un plus petit groupe est parti. Ensuite, il a dit,
« Ceux qui restent, les protestants, vous vous réunissez au théâtre du
camp Farragut. En avant, marche ! Et ne revenez pas avant trois heures ! » Une pensée m'a traversé l'esprit : Monson,
tu n'es pas catholique, tu n'es pas juif, tu n'es pas protestant. J'ai
donc choisi de rester immobile. J'ai eu l'impression que des centaines
d'hommes passaient à côté de moi. Puis j'ai entendu les mots les plus
doux que le quartier-maître devait prononcer en ma présence. Il a dit, «
Et vous les gars, vous êtes quoi ? » Il a utilisé le pluriel « les gars
». C'est alors que j'ai compris que je n'étais pas seul sur le terrain
d'entraînement. D'une même voix, nous avons dit, « Nous sommes mormons.
» Il s'est gratté la tête, l'air surpris et a dit, « Bon, trouvez un
coin pour vous réunir et ne revenez pas avant trois heures. » Nous sommes
partis. On pouvait presque marcher au pas sur le chant appris à la Primaire
: Sois fier d'être
mormon; Cinquièmement, être un modèle en foi.
Stephen L. Richards, parlant de la foi, a déclaré
: « Le fait que l'homme reconnaisse qu'il existe une puissance qui le dépasse,
ne le diminue en rien. Si, dans sa foi, il attribue des bienfaits et un
dessein élevé à ce pouvoir qui lui est supérieur, il peut envisager une
destinée plus élevée et des attributs plus nobles pour le genre humain et
est stimulé et encouragé dans le combat de l'existence. Il doit croire et
prier pour chercher, espérant qu'il trouvera. Cet effort sincère, soutenu
par la prière, sera payé de retour ; c'est là le principe même de la foi[21].
» Ceux qui la recherchent sincèrement, recevront la faveur divine. Minnie Louise Haskins a illustré ce principe
dans un beau poème : J'ai demandé au gardien de la porte de l'année
: « Donne moi une lumière que je puisse
cheminer en toute sécurité dans l'inconnu. » Il répondit : « Avance dans les ténèbres et mets ta main
dans celle de Dieu. Ce sera mieux qu'une lumière et plus sûr
qu'un sentier déjà connu[22]. » Enfin, être un modèle en pureté. « Qui pourra monter à la montagne de l'Éternel
? Qui s'élèvera jusqu'à son lieu saint ? Celui qui a les mains innocentes
et le coeur pur ; celui qui ne livre pas son âme au mensonge, et qui ne
jure pas pour tromper. « Il obtiendra la bénédiction de l'Éternel,
la miséricorde du Dieu de son salut[23]. » Le président McKay a fait remarquer : « La
sécurité de notre nation dépend de la pureté et de la force de nos
foyers ; et je remercie Dieu des enseignements de l'Église concernant l'édification
de la famille, l'impression durable que de bons parents peuvent laisser et
le fait que le foyer doit être l'endroit le plus sacré du monde. Nos
membres savent édifier leur foyer car on leur enseigne partout, depuis la
tendre enfance jusqu'à un âge avancé, que le foyer doit être gardé pur
et préservé des souillures du monde[24].
» Il y a de nombreuses années, j'assistais à
une conférence de pieu pour la réorganisation de la présidence de pieu,
à Star Valley, au Wyoming. Le président de pieu qu'on relevait était E.
Francis Winters, qui avait servi fidèlement pendant vingt-trois ans. Bien
que de nature et de situation modeste, il avait été un véritable pilier
pour tous dans cette vallée. Le jour de la conférence de pieu, la salle était
comble. Chacun semblait remercier silencieusement, en son coeur, ce noble
dirigeant qui avait si généreusement donné de lui-même pour les autres. Quand ça a été mon tour de parler, j'ai été
poussé à faire quelque chose que je n'avais jamais fait auparavant et que
je n'ai jamais fait depuis. J'ai rappelé combien de temps Francis Winters
avait servi comme président du pieu ; puis j'ai demandé à tous ceux qui
avaient été bénis ou confirmés par lui, dans leur enfance, de se lever
et de rester debout. Puis, j'ai demandé à tous ceux que le président
Winters avait ordonnés, mis à part, conseillés personnellement ou bénis,
de bien vouloir se lever. Le résultat fut électrisant. Toutes les
personnes de l'assemblée se sont levées. Des larmes ont coulé, des larmes
qui exprimaient mieux que les mots la reconnaissance de coeurs attendris. Je
me suis tourné vers frère et soeur Winters et je leur ai dit : «
Aujourd'hui, nous sommes les témoins de l'influence de l'Esprit. Cette
multitude ne représente pas seulement les sentiments de chacun mais aussi
la reconnaissance de Dieu pour une vie vécue pleinement. » Aucun de ceux
qui étaient présents ce jour là n'oubliera ce qu'il a ressenti en étant
témoin du langage de l'Esprit du Seigneur. Nous avions là, en Francis Winters, « un
modèle pour les fidèles, en parole, en conversation, en charité, en
esprit, en foi, en pureté[25]. » Tous
bien ancrés dans la foi de nos pères, Je prie humblement pour que nous y parvenions tous, au
nom de Jésus-Christ. Amen.
[1] Matthieu 17:2-4. [2] « Thank Be To God », Élie, par Félix Mendelssohn. [3]
Matthieu 25:21. [4]
Matthieu 12:25. [5]
Doctrine et Alliances 132:8. [6]
Doctrine et Alliances 88:119. [7] 1
Corinthiens 3:16. [8]
Doctrine et Alliances 18:10. [9]
Matthieu 11:28-30. [10]
Luc 2:52. [11]
Voir Actes 10:38. [12]
Voir Actes 8:31. [13] 1
Timothée 4:12. [14]
Doctrine et Alliances 136:24. [15] «
Sachons dire un mot gentil », Cantiques, n° 150, d'après le texte de
Joseph L. Townsend. [16] Church News, 21 septembre 1996, p. 10. [17] «
Ne prenez pas le nom de l'Éternel en vain », L'Etoile, janvier
1988, p. 43. [18] 1
Corinthiens 13:8. [19]
Moroni 7:47. [20]
Psaumes 51:12. [21] Conference Report, octobre 1937, pp. 35, 38. [22] « The Gate of the Year », par Minnie Louise Haskins, The Oxford
Dictionary of Quotations, 2e édition, 1953, p. 239. [23]
Psaumes 24:3-5. [24]
David O. McKay, Conference Report, avril 1909, p. 66. [25] 1
Timothée 4:12. [26] «
Vas-tu faiblir, ô jeunesse », Cantiques, n° 164, d'après le texte de
Evans Stephens.
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