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L'abri
du port Joseph B. Wirthlin Dans les tempêtes que nous traversons dans la
vie, le Sauveur est notre consolation et notre refuge. Si nous recherchons
la paix, nous devons aller à lui.
C'est un honneur d'être avec vous en cette
occasion historique. Pour moi, ce magnifique centre de conférence, avec ses
murs de granit résistant, est le symbole de la grande oeuvre des derniers
jours, la pierre que Daniel a vue se détacher de la montagne sans le
secours d'aucune main[1] pour devenir le
royaume de Dieu, qui demeure à jamais. Que vous soyez ici en personne ou
que vous suiviez la conférence ailleurs, je vous félicite d'avoir choisi
de participer à cette conférence générale historique et je prie le
Seigneur de vous bénir pour votre fidélité. Il y a plus de soixante ans, j'ai fait une
mission en Autriche et en Suisse. Cette expérience a été très exigeante
mais également magnifique. J'ai appris à aimer les gens de cette région
du monde, et j'ai eu du mal à les quitter. Mais mon service s'est terminé
fin août 1939 et j'ai pris des dispositions pour rentrer à la maison sur
un voilier. Après la longue traversée de l'océan
Atlantique, rendue dangereuse par la guerre qui sévissait, j'ai été
heureux de voir la statue de la liberté, symbole de cette vertu et de la démocratie.
Je ne puis vous dire à quel point j'ai été soulagé quand nous avons
enfin gagné l'abri du port. J'ai dû ressentir un peu la même chose que
les disciples de Jésus-Christ, le jour où, avec le Sauveur, ils mirent à
la voile sur la mer de Galilée. Les Écritures nous disent que Jésus était
fatigué, qu'il alla à la poupe de l'embarcation, et qu'il s'endormit sur
un coussin[2]. Bientôt, le ciel s'obscurcit et « il s'éleva
sur la mer une si grande tempête que la barque était couverte par les
flots[3] ». La tempête
faisait rage. Les disciples étaient pris de panique. La barque risquait de
chavirer. Pourtant, le Sauveur continuait de dormir. A la fin, n'y tenant
plus, les disciples réveillèrent Jésus. On a l'impression d'entendre leur
voix angoissée et désespérée, adressant à leur Maître cette
supplication : « Ne t'inquiètes-tu pas de ce que nous périssons[4] ? » Aujourd'hui, beaucoup de gens sont dans la
confusion et la détresse ; beaucoup ont l'impression que la barque de leur
vie peut chavirer ou couler à tout moment. C'est à vous, qui cherchez
l'abri du port, que je m'adresse aujourd'hui, vous dont le coeur se brise,
vous qui êtes en proie à l'inquiétude ou à la peur, vous qui portez le
chagrin ou le poids du péché, vous qui avez l'impression que personne n'écoute
vos cris, vous dont le coeur supplie : « Maître, ne t'inquiètes-tu pas de
ce que je péris. » Je vous adresse quelques paroles de réconfort et de
conseil. Soyez assurés que l'abri du port existe. Vous
pouvez trouver la paix au milieu des tempêtes qui vous menacent. Votre Père
céleste, qui sait même quand tombe le passereau, connaît votre chagrin et
votre souffrance. Il vous aime et veut ce qui est le mieux pour vous. N'en
doutez jamais. Certes, il nous permet à tous de faire des choix qui peuvent
ne pas toujours être pour notre bien ni pour celui des autres, certes il
n'intervient pas toujours dans le cours des événements, mais il a promis
la paix aux fidèles, même dans leurs tribulations. Le prophète Alma nous dit : « Et il ira,
subissant des souffrances, et des afflictions, et des tentations de toute
espèce ; et cela, afin que s'accomplisse la parole qui dit qu'il prendra
sur lui les souffrances et les maladies de son peuple[5]. » Jésus nous apporte du réconfort lorsqu'il dit
: « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas
comme le monde la donne. Que votre coeur ne se trouble point, et ne s'alarme
point[6]. » Approchez-vous du Seigneur Jésus-Christ. Il a
un amour tout particulier pour ceux qui souffrent. Il est le Fils de Dieu,
il est un roi éternel. Lors de son ministère dans la condition mortelle,
il a aimé et béni les affligés. Chacune des paroles qu'il a adressées aux
humbles et aux découragés était empreinte de compassion et
d'encouragement. Aux malades, il a apporté un baume guérisseur. Ceux qui
aspiraient à avoir l'espérance, qui aspiraient à un geste affectueux
l'ont reçu de la main du Roi des rois, du Créateur de l'océan, de la
terre et du ciel. Aujourd'hui, Jésus-Christ se trouve à la
droite de notre Père céleste. Pensez-vous qu'aujourd'hui il soit moins
enclin à aider les gens qui souffrent, qui sont malades ou qui supplient le
Père de les secourir ? Prenez courage. L'homme de Galilée, le Créateur,
le Fils du Dieu vivant n'oubliera pas ni n'abandonnera les personnes dont le
coeur se tourne vers lui. Je témoigne que l'Homme qui a souffert pour le
genre humain, qui a consacré sa vie à guérir les malades et à réconforter
les inconsolables, est attentif à vos souffrances, à vos doutes et à vos
chagrins. « Alors, demandera-t-on, pourquoi dort-il
lorsque la tempête fait rage tout autour de moi ? Pourquoi ne calme-t-il
pas la tempête ? Pourquoi me laisse-t-il souffrir ? » Peut-être la réponse vous viendra-t-elle de
l'observation d'un papillon. Serrée, enveloppée dans son cocon, la
chrysalide en développement doit user de toute sa force pour briser sa
prison. Le papillon pourrait se demander : « Pourquoi dois-je tant souffrir
? Pourquoi ne puis-je tout simplement, en un clin d'oeil, devenir un
papillon ? » Cela serait contraire au dessein du Créateur.
L'effort requis pour sortir du cocon donne au papillon la force nécessaire
pour voler. Sans cette adversité, le papillon n'aurait jamais la force
d'accomplir son destin. Il n'acquerrait jamais la force de devenir quelque
chose d'extraordinaire. Le président Faust a expliqué : « Dans toute
vie, il y a des jours de douleur et de désespoir avec des revers de fortune
et des aléas. Tous, y compris les gens qui s'efforcent sincèrement de
faire le bien et d'être fidèles, semblent avoir leur pleine mesure
d'angoisse, de chagrin, voire de détresse[7]. » Puis il suggère
que l'adversité que nous rencontrons permet à notre âme de devenir comme
de l'argile dans les mains du Maître. Le président Faust a enseigné : «
Les épreuves et l'adversité peuvent nous préparer à renaître[8]. » L'adversité peut nous fortifier et nous
affiner. Comme pour le papillon, l'adversité est nécessaire pour donner de
la force de caractère aux gens. Même lorsque nous sommes appelés à
naviguer dans des eaux agitées, nous devons connaître la place qu'occupe
l'adversité dans la constitution de notre potentiel divin. Si seulement nous voulions bien regarder au-delà
de nos souffrances présentes et voir nos difficultés comme une chrysalide
temporaire ! Si seulement nous avions suffisamment de foi et de confiance en
notre Père céleste pour voir qu'après un peu de temps, nous pourrons
sortir de notre épreuve plus affinés et plus glorieux ! Quel parent dirait à son enfant : « C'est très
douloureux, très difficile, d'apprendre à marcher. Tu vas trébucher, tu
vas très probablement te faire mal. Souvent, tu vas pleurer, quand tu
tomberas. Je vais t'épargner tout cela. » J'ai observé le dernier de nos
petits-fils, Seth, pendant qu'il apprenait à marcher. Grâce à ce
processus d'acquisition de l'expérience, il marche aujourd'hui avec
confiance. Aurais-je pu lui dire : « Par amour, je vais t'épargner cela »
? Si je n'avais pas supporté de le voir tomber quelquefois, il n'aurait
peut-être jamais appris à marcher. C'est inconcevable pour des parents ou
des grands-parents aimants. Pour pouvoir marcher un jour, l'enfant doit
subir le processus d'apprentissage fait de chutes et souvent de douleurs.
Nous avons encouragé Seth à apprendre de son expérience. Oui, nous
savions que le processus serait difficile, mais nous savions aussi que la
liberté et la joie de marcher dépasseraient de loin les souffrances et
l'adversité temporaires. Mes frères et soeurs, qu'est-ce que la
condition mortelle, sinon un long processus, comme l'est l'apprentissage de
la marche ? Nous devons apprendre à marcher dans les voies du Seigneur. Vous êtes plus forts que vous ne le pensez.
Votre Père céleste, le Seigneur et Maître de l'univers, est votre Créateur.
Quand j'y pense, cela me comble de joie. Notre esprit est éternel, et les
esprits éternels ont des capacités incommensurables ! Notre Père céleste ne veut pas que nous ayons
peur. Il ne veut pas que nous nous complaisions dans notre malheur. Il
attend de nous que nous carrions les épaules, que nous relevions nos
manches et que nous surmontions les difficultés. C'est cette attitude, mélange de foi et de dur
labeur, que nous devons acquérir, dans nos efforts pour atteindre l'abri du
port dans notre vie personnelle. Mes frères et soeurs, vous n'êtes pas seuls.
Dans l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, aujourd'hui,
des millions de personnes sont à vos côtés. Ceux qui suivent les
enseignements et l'exemple du Sauveur sont « disposés à porter les
fardeaux les uns des autres, afin qu'ils soient légers [ ... ] à pleurer
avec ceux qui pleurent [et à] consoler ceux qui ont besoin de consolation[9] ». Le président Monson a dit : « La question
qu'a posée Caïn au Seigneur : ‹Suis-je le gardien de mon frère ?›, a
reçu une réponse des prophètes des derniers jours. ‹Oui, nous sommes le
gardien de notre frère[10].› » Quand nous
travaillons ensemble pour le bien des gens dans le besoin, « nous éliminons
la faiblesse d'une personne oeuvrant seule et lui substituons la force de
beaucoup de gens qui servent ensemble. Nous ne pouvons pas tout faire, mais
nous pouvons et nous devons faire quelque chose[11]. » Évêques, instructeurs au foyer, instructrices
visiteuses et membres des collèges de la prêtrise, des Sociétés de
Secours et des autres organisations auxiliaires sont tous prêts à aider.
Les enseignements du Sauveur et l'Église constituent notre port, notre
refuge le plus sûr contre la tempête[12]. Bien sûr, ce n'est pas à vos frères et
soeurs de l'Église de résoudre vos problèmes pour vous. Je sais par expérience
que, souvent, lorsque nous faisons pour les autres ce qu'ils pourraient
faire eux-mêmes, nous les affaiblissons au lieu de les renforcer. Mais vos
frères et soeurs seront à vos côtés pour vous fortifier, vous encourager
et vous aider. En surmontant l'adversité dans la vie, vous
deviendrez plus fort. Vous serez alors plus en mesure d'aider les autres,
ceux qui s'efforcent, à leur tour, de trouver l'abri du port, au milieu des
tempêtes qui font rage autour d'eux. Quand vous avez l'impression d'être ballottés
par les tempêtes de la vie, quand les vagues s'élèvent et que les vents
hurlent, alors, il serait naturel que vous lanciez cet appel, dans votre
coeur : « Maître, ne t'inquiètes-tu pas de ce que je péris ? » En ces
occasions, pensez au jour où le Seigneur, réveillé à la poupe de la
barque, s'est levé et a réprimandé la tempête, disant : « Silence ! Tais-toi ![13] » Il peut arriver que nous soyons tentés de
penser que le Sauveur n'est pas conscient de nos épreuves. En fait, c'est
tout le contraire ; c'est nous qui devons éveiller notre coeur à ses
enseignements. Employez votre ingéniosité et votre force à
résoudre vos difficultés. Faites tout votre possible, et laissez le reste
au Seigneur. Howard W. Hunter a dit : « Si votre vie et votre foi sont
centrées sur Jésus-Christ et sur son Évangile rétabli, rien ne peut
aller mal de manière permanente. D'un autre côté, si notre vie n'est pas
centrée sur le Sauveur et ses enseignements, nulle autre réussite ne
pourra jamais être permanente[14]. » Le fait que nous vivions l'Évangile ne
garantit pas que les tempêtes de la vie nous épargneront, mais nous serons
mieux préparés à les affronter dans la paix et la sérénité. Le
Seigneur a lancé l'exhortation : « Cherchez diligemment, priez toujours et
croyez, et tout concourra à votre bien, si vous marchez en droiture[15]. » Rapprochez-vous du Seigneur Jésus-Christ.
Prenez courage. Gardez la foi. Ne doutez pas. Un jour, les tempêtes seront
apaisées. Notre prophète bien-aimé, le président Hinckley, a dit : «
Nous n'avons rien à craindre. Dieu est à la barre . . . [et] il
déversera des bénédictions sur ceux qui marchent dans l'obéissance à
ses commandements[16].
» Dans les tempêtes que nous traversons dans la
vie, le Sauveur est notre consolation et notre refuge. Si nous recherchons
la paix, nous devons aller à lui. Il a énoncé lui-même cette vérité éternelle
lorsqu'il a dit : « Mon joug est doux, et mon fardeau est léger[17]. » Si notre âme est
ancrée à l'abri du port qu'est le Sauveur, nous pouvons proclamer comme
Paul, autrefois : « Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits
à l'extrémité ; dans la détresse, mais non dans le désespoir ; persécutés,
mais non abandonnés ; abattus, mais non perdus[18]. » Joseph Smith, le prophète, qui connaissait
bien les tempêtes de la vie, s'est écrié, angoissé, au cours des moments
les plus sombres qu'il ait connus : « Ô Dieu, où es-tu ? Et où est la
tente qui couvre ta cachette[19]
? » Comme il élevait la voix, le réconfort du Seigneur, porteur de sérénité,
lui est parvenu en ces termes : « Que la paix soit en ton âme ! Ton
adversité et tes afflictions ne seront que pour un peu de temps ; et alors,
si tu les supportes bien, Dieu t'exaltera en haut ; tu triompheras de tous
tes ennemis[20]. » L'Évangile nous donne ce havre de sécurité
durable. Le prophète actuel et les apôtres sont aujourd'hui comme des
phares dans la tempête. Dirigez-vous vers la lumière de l'Évangile rétabli
et les enseignements inspirés de ceux qui représentent le Seigneur sur la
terre. Je rends solennellement témoignage que Jésus
est le Christ vivant, notre Sauveur et Rédempteur. Il dirige son Église
par l'intermédiaire de notre prophète, le président Hinckley. Si nous
vivons conformément aux enseignements du Sauveur, nous trouverons sans
aucun doute l'abri du port dans cette vie et dans les éternités à venir.
Au nom de Jésus-Christ. Amen.
[1]
Daniel 2:45. [2]
Marc 4:38. [3]
Matthieu 8:24. [4]
Marc 4:38. [5]
Alma 7:11. [6]
Jean 14:27. [7]
« The Refiner's Fire », Ensign, mai 1979, p. 53. [8]
Ensign, mai 1979, p. 54. [9]
Mosiah 18:8-9. [10]
Moïse 5:34. [11]
« Our Brother's Keepers », Ensign, juin 1998, p. 33, 38. [12]
D&A 115:6. [13]
Marc 4:39. [14]
The
Teachings of Howard W. Hunter,
éd. Clyde J. Williams, 1997, p. 40. [15]
D&A 90:24. [16]
« C'est l'oeuvre du Maître », L'Etoile, juillet 1995, p. 85. [17]
Matthieu 11:30. [18]
2 Corinthiens 4:8-9. [19]
D&A 121:1. [20]
D&A
121:7-8.
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