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Les
veuves de Sion Earl C. Tingey Le Seigneur aime les veuves... Nous devons
veiller sur celles de notre famille, de notre foyer, de notre paroisse et de
notre quartier
J'ai intitulé mon discours « Les veuves de
Sion ». Selon le dictionnaire, une veuve est une femme dont le mari est décédé,
et qui ne s'est pas remariée[1]. Certaines veuves sont jeunes. Souvent leur mari
est mort prématurément. Si elle a de jeunes enfants, la jeune veuve assume
seule la responsabilité de les élever. Sa question : « Pourquoi cela
m'arrive-t-il ? », reste sans réponse. Il n'est pas rare qu'elle connaisse
une immense solitude. D'autres veuves sont plus âgées. Leur mari,
dont elles ont partagé longtemps la vie, est mort de vieillesse ou de
maladie. Des décennies de tendres souvenirs, de joies partagées à élever
leurs enfants dans le bien et à servir en commun dans l'Église et la
collectivité font place à la solitude et au sentiment de n'être ni nécessaire
ni acceptée. La question : « Combien de temps vais-je devoir attendre
avant de pouvoir rejoindre mon conjoint pour l'éternité ? », reste, elle
aussi, sans réponse. Elles peuvent participer d'avantage à l'oeuvre du
temple. Leur vie devient souvent plus difficile. Il se peut qu'elles doivent
quitter la maison familiale pleine des souvenirs de toute une vie pour aller
habiter chez leur famille ou dans une maison de retraite. Nos soeurs qui deviennent veuves sont désorientées
de se retrouver seules. Elles veulent être utiles et contribuer au bien-être
des autres. Beaucoup sont limitées par leur mauvaise santé. Elles veulent
rester fidèles afin de pouvoir rejoindre un jour leur conjoint éternel.
Elles peuvent nous donner de grandes leçons de foi. La position de l'Église concernant les veuves
est très claire : Dans l'Église primitive, les dirigeants ont été
réprimandés pour avoir négligé les veuves. Sept hommes de qui l'on
rendait un bon témoignage ont été appelés pour apporter de l'aide[2]. Paul a recommandé aux saints d'honorer les
veuves[3]. Il a enseigné : «
Si quelqu'un n'a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa
famille, il a renié la foi, et il est pire qu'un infidèle[4]. » Lorsqu'en 1847 il a organisé le premier convoi
de pionniers se rendant à la vallée du grand lac Salé, Brigham Young a
fait cette recommandation aux saints : « Que chaque convoi prenne en charge, en
proportion de sa part de biens, les pauvres, les veuves, les orphelins et
les familles de ceux qui sont partis à l'armée, afin que les cris de la
veuve et de l'orphelin ne montent pas aux oreilles du Seigneur contre ce
peuple[5]. » Pour moi, cette aide apportée aux veuves dans
la traversée des plaines est l'un des plus grands exemples modernes de la
manière dont nous devons veiller sur les veuves. La révélation moderne indique la manière
d'opérer de l'Église : « Les femmes ont droit au soutien de leur mari
jusqu'à ce qu'il leur soit enlevé... Les enfants ont droit au soutien de
leurs parents . . . Et après cela... ils ont droit au soutien de
l'Église.[6] » Doctrine et Alliances ajoute : « Le magasin
sera entretenu par les consécrations de l'Église, et il sera pourvu aux
besoins des veuves et des orphelins, aussi bien que des pauvres[7]. » Le livre de Jacques contient l'un des plus
beaux énoncés de la position de l'Église concernant notre responsabilité
de parents et amis des veuves : « La religion pure et sans tache, devant
Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs
afflictions, et à se préserver des souillures du monde[8]. » Le terme « veuves » est employé 34 fois dans
les Écritures. Dans 23 de ces passages, il est fait mention des « veuves
et des orphelins ». Je crois que le Seigneur éprouve beaucoup de
compassion pour les veuves et les orphelins. Il sait qu'il se peut qu'ils
aient à s'appuyer plus sur lui que sur les autres. Leurs prières sont plus
ferventes et plus longues, leur service plus sincère, et leur foi plus
grande. Dans les Écritures, la foi des veuves est légendaire.
La veuve de Sarepta a montré sa foi
lorsqu'elle a donné au prophète Élie un morceau de pain au lieu
d'utiliser le peu de farine et d'huile qu'il lui restait pour nourrir son
fils et elle-même, avant de s'abandonner à la mort. Les Écritures
rapportent : « Elle alla, et elle fit selon la parole d'Élie. Et pendant
longtemps elle eut de quoi manger, elle et sa famille, aussi bien qu'Élie. « La farine qui était dans le pot ne manqua
point, et l'huile qui était dans la cruche ne diminua point, selon la
parole que l'Éternel avait prononcée par Élie[9]. » La phrase « Elle alla, et elle fit selon la
parole d'Élie » est caractéristique de la foi des veuves au Seigneur. Anne, veuve de 84 ans, qui servait
continuellement dans le temple, reconnut Jésus, nouveau-né, lors de sa présentation
au temple[10]. Percevant la grande foi de la veuve de Naïn, Jésus-Christ
ressuscita son fils unique, alors qu'on le transportait à l'extérieur de
la ville pour l'inhumer[11]. L'histoire de l'obole de la veuve, exemple du véritable
esprit de don, est immortalisée comme l'un des plus grands enseignements du
Sauveur. « ... La foule [ ... ] mettait de l'argent
[dans le tronc]. Plusieurs riches mettaient beaucoup. « Il vint aussi une pauvre veuve, et elle y
mit deux petites pièces ... « Jésus, ayant appelé ses disciples, leur
dit : Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu'aucun
de ceux qui ont mis dans le tronc ; « Car tous ont mis de leur superflu, mais elle
a mis de son nécessaire, tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait
pour vivre[12]. » Soeurs remarquables, qui êtes veuves, sachez
que Dieu vous aime. Vous êtes parmi les meilleurs. Je sais de quoi je
parle. Ma mère est veuve depuis près de trois ans. Elle préside avec
noblesse sa famille élargie de 247 personnes. La mère de ma femme, qui a
97 ans, reste fidèle et continue de persévérer jusqu'à la fin, malgré
sa santé chancelante. Mes chères soeurs, votre vie même, exemple de
droiture, continue d'inspirer les plus jeunes membres de la famille de faire
mieux. Vous continuez d'instruire. Au moment voulu par Dieu, vous rejoindrez votre
conjoint éternel, et vous servirez ensemble, à jamais, dans la grande
oeuvre qui se fait dans le monde des esprits. Vous, jeunes veuves, aux responsabilités
familiales sans cesse croissantes, sachez que Dieu connaît vos besoins, et
qu'il y pourvoira. Continuez de faire preuve de foi et de produire de bonnes
oeuvres. Des membres de votre famille et des membres de l'Église fidèles
vous aideront. Soyez disposées à accepter de l'aide si nécessaire. Vos
enfants sauront que vous les aimez pour deux. J'ai le témoignage que, du
fait de la bonté de votre coeur, notre Père céleste accordera à votre
famille en compensation d'abondantes bénédictions éternelles. Aux familles et aux amis des veuves, je dis que
Dieu connaît votre service et qu'il se peut qu'il juge vos oeuvres à la façon
dont vous aidez la veuve. Le président Faust a raconté un jour aux Autorités
générales une histoire magnifique mettant en lumière la manière dont,
dans un village du centre de l'Utah, voisins et amis traitaient les veuves.
Ils avaient tous droit à tour de rôle à dériver l'eau pendant un certain
temps pour irriguer leur jardin. Ils ont accepté de prendre tous moins
d'eau pour que les veuves des alentours en aient plus pour leur jardin. Récemment, j'ai vu cinq veuves âgées se
rendre ensemble à une réunion de l'Église dans une voiture modeste. Elles
sont entrées ensemble dans la salle de réunion et se sont assises
ensemble. On aurait dit qu'elles puisaient de la force et de la protection
les unes des autres. J'ai senti combien elles menaient une vie bonne et
noble, en voyant la tendresse qui les unissait, au crépuscule de leur vie. Mes frères et soeurs, le Seigneur aime les
veuves. Je sais que les dirigeants de l'Église se soucient de leur bien-être.
Nous devons veiller sur celles de notre famille, de notre foyer, de notre
paroisse et de notre quartier. Enfants de la Primaire, jeunes et jeunes
adultes, je vous exhorte à saisir l'occasion d'aider les veuves de votre
quartier et de puiser de la force auprès d'elles. Je prie
humblement pour que nous ayons plus de considération pour les veuves de
Sion, au nom de Jésus-Christ. Amen.
[1]
Merriam Webster's New Collegiate Dictionary, p. 1330. [2]
Voir Actes 6:1-3. [3]
Voir 1 Timothée 5:3. [4]
1 Timothée 5:8. [5]
D&A 136:8. [6]
D&A 83:2, 4-5. [7]
D&A 83:6 [8]
Jacques 1:27. [9]
1 Rois 17:8-16. [10]
Voir Luc 2:36-38. [11]
Voir Luc 7:11-15. [12]
Marc 12:41-44 ; voir aussi Luc 21:1-4.
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