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«
Parce que mon père m'a envoyé »
Loren
C. Dunn Un père réussit
quand il va de l'avant et accepte sa tâche de père, quand il est toujours
aimant, quand il prie pour sa famille, quand il fait ce qu'il peut pour elle
et quand il n'abandonne jamais.
La semaine dernière,
je me trouvais dans une aérogare bondée, et au milieu de tous les gens qui
couraient pour attraper leur avion, il y avait un père qui était agenouillé
près de son fils et lui faisait patiemment manger un cornet de glace que
l'enfant était trop petit pour tenir tout seul. Le petit garçon avait
besoin d'aide parce que sa combinaison de ski, qui lui tenait bien chaud,
l'empêchait de plier les bras. Je me suis dis : « Quel bon père
! » Il ne doit pas y
avoir pour nous de mots plus importants que père ou mère, et
c'est du mot père que j'aimerais vous parler. Je ne veux pas
seulement vous parler de la manière d'être un bon père. Beaucoup de bons
conseils ont été rédigés et nous ont été donnés, à cette conférence
même. Je veux aussi parler de l'engagement d'être un bon père. L'histoire
de l'Évangile de Jésus-Christ depuis Adam et Ève jusqu'à l'époque
actuelle est étroitement liée aux notions de père, de mère et de
famille. Au tout début du Livre de Mormon, le grand prophète Néphi, qui
relate les difficultés et les bénédictions de son époque, commence par
rendre hommage à son père. « Moi, Néphi, étant né de bons parents, je
fus, pour cette raison, instruit quelque peu dans toute la science de mon père
; et ayant vu beaucoup d'afflictions au cours de ma vie, ayant néanmoins reçu
de grandes faveurs du Seigneur toute ma vie, oui, ayant eu une grande
connaissance de la bonté et des mystères de Dieu, pour ces raisons, je
fais les annales des actes de ma vie[1]. » De la même manière,
Enos commence par reconnaître le rôle de son père dans la préparation
qu'il a reçue : « Voici, il arriva que moi, Enos, sachant que mon père était
un juste car il m'instruisit dans sa langue, et aussi en me corrigeant et
en m'avertissant selon le Seigneur et béni soit le nom de mon Dieu pour
cela[2]. » Quand Joseph
Smith, le prophète, a reçu la première visite de l'ange Moroni, il a reçu
l'instruction d'en parler à son père qui, à son tour, a confirmé que c'était
la vérité et que Joseph devait suivre les directives de Moroni. Ainsi, au
rétablissement de l'Évangile, le Seigneur n'a pas séparé un fils de son
père qui était digne. Le Sauveur du
monde, en définissant l'Évangile dans le 3e Néphi au chapitre
27, a simplement dit qu'il venait accomplir le plan de salut et donner sa
vie pour tout le genre humain parce que son Père l'avait envoyé. L'amour réciproque
du Père et du Fils était si parfait que le Sauveur l'a cité comme première
raison de sa venue dans la condition mortelle et des souffrances qu'il a
endurées pour nous dans le jardin de Gethsémané et sur la croix. L'Évangile est
destiné à nous enseigner ce que nous devons faire en tant que pères et mères
et il semble que, lorsque notre famille est unie, nous pouvons très bien
faire de bonnes choses et en donner comme première raison : « parce que
mon Père m'a envoyé[3] » ou parce que mon père
m'a montré la voie. J'ai eu l'honneur
de travailler avec les missionnaires de l'Église pendant plus de trois décennies
et je sais qu'un très grand nombre d'entre eux ont pu surmonter la peur des
premières minutes, des premières heures et des premières journées de
leur mission grâce à leur père ou à leur mère. Je me souviens d'un
jeune homme de valeur qui avait passé sa vie au ranch, tout comme l'avait
fait son père. Quand ce garçon est arrivé dans le champ de la mission,
tout lui paraissait étrange; il y avait trop de gens et pas assez d'espace.
Il voulait à tout prix retourner chez lui. Finalement, le président de
mission lui a demandé d'appeler son père. Le père a écouté patiemment
son fils qui lui disait à quel point il avait le mal du pays, puis il lui a
parlé en des termes que son fils pouvait comprendre, et quand on me l'a
raconté, cela m'a fait sourire, il a dit fermement, mais avec amour : «
Mon fils, il va falloir que tu t'accroches à ta monture. » Le garçon a
bien compris ce que cela voulait dire, et il s'accroche tandis que l'esprit
de sa mission commence à venir. Il sait qu'il peut compter sur son père. Il y a
d'innombrables jeunes gens qui n'ont pas tout abandonné pour rentrer,
durant les premiers jours passés à l'université ou loin de chez eux, grâce
à la bonne influence de leur père et de leur mère. Lorsque j'ai reçu
cet appel, il y a 32 ans, j'étais assis en face de David O. McKay. Je me
souviens qu'après m'avoir expliqué ce qui serait attendu de moi, il m'a
ensuite appelé à servir en me demandant de m'acquitter de cette
responsabilité de manière à ce que mon père en soit satisfait. J'avais
de quoi faire pour ma vie entière. Le président McKay connaissait mon père
qui avait été président de pieu pendant 20 ans et que je considérais
comme l'un des plus grands hommes que je connaisse. J'ai commencé à
comprendre toute l'importance que j'avais pour mon père et toute la réalité
du Sauveur, en entendant mon père prier pour nous pendant la prière
familiale. A quelques
exceptions près, comme le décès ou d'autres situations graves, le monde
d'aujourd'hui a besoin de pères qui s'engagent à être des pères, quels
que soient les efforts que cela demande, qui acceptent leurs responsabilités
et s'en acquittent, afin de devenir un point d'ancrage pour tous ceux qui
viendront après eux. Si vous n'en avez pas eu l'exemple, alors mettez-vous
à l'oeuvre et efforcez-vous d'être l'exemple ; et décidez que vous serez
le premier exemple, s'il n'y en a pas d'autre dans votre famille. Si tout
n'est pas parfait dans votre foyer, alors soyez le premier. C'est Harold B.
Lee qui a dit que la mission de tourner le coeur des enfants vers leurs pères
et le coeur des pères vers les enfants ne consistait pas seulement à faire
l'oeuvre pour les morts, mais s'appliquait aussi aux vivants et à
l'importance d'entretenir les liens familiaux durant cette vie[4]. Je terminerai par
les paroles d'Edgar A. Guest qui a écrit un poème sur l'homme de tous les
jours et sa famille ; en voici les derniers mots : « ...La louange qu'il
recevra, si louange il faut, est qu'il a réussi en tant que père[5]. » Un père réussit
quand il va de l'avant et accepte sa tâche de père, quand il est toujours
aimant, quand il prie pour sa famille, quand il fait ce qu'il peut pour elle
et quand il n'abandonne jamais. Que le nom sacré
de notre Père céleste soit prononcé avec respect dans notre foyer ! Que le nom de père
soit symbole du genre d'amour et de confiance qui apporte la paix, l'espérance
et la détermination à faire le bien. Je voudrais
maintenant ajouter mon propre témoignage de la véracité de cette oeuvre
à ce qui a déjà été dit à cette chaire durant cette grande conférence.
C'est comme si j'avais été avec le prophète Joseph dans le Bosquet sacré
quand le Père et le Fils y sont apparus, avec les saints de Kirtland
lorsque le temple du Seigneur a été accepté et consacré ; comme si
j'avais reçus mes ordonnances à Nauvoo, je m'étais agenouillé au cimetière
de Winter Quarters pour l'enterrement d'un être cher, j'avais levé la main
pour soutenir Brigham Young comme président de l'Église, je m'étais tenu
à Ensign Peak avec frère Brigham le lendemain de son arrivée dans la vallée
quand il a contemplé un paysage qu'il avait déjà vu en vision et qu'il
savait donc où il fallait construire le temple. Je sais que cette oeuvre
est vraie. Je sais que Dieu vit. Je sais que Jésus-Christ est notre Rédempteur
et notre Sauveur, que le prophète Joseph a vu ce qu'il a dit avoir vu, que
Gordon B. Hinckley détient les clés de cette grande oeuvre aujourd'hui, et
que c'est l'Évangile de Jésus-Christ. Au nom de Jésus-Christ. Amen.
[1] 1 Néphi
1:1. [2]
Enos 1:1. [3] 3 Néphi
27:13. [4] « Preparing to Meet the Lord », Improvement
Era, février 1965, pp. 123-124. [5] « Old Man Green », Collected
Verse of Edgar A. Guest, 1934, p. 560.
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