COMMENT ETRE HEUREUX

 

Par Marlin K. Jensen

de la présidence des soixante-dix

 

Il y a quelques années, un passage du Livre de Mormon a attiré mon attention. Il se trouve dans la première partie du Livre de Mormon, celle dont notre famille est spécialiste. L'action se passe juste après que Néphi s'est séparé de Laman et Lémuel et est parti dans le désert. Là, Néphi a établi une société fondée sur les vérités de l'Évangile. Il en dit : " Et il arriva que nous vécûmes heureux " (2 Néphi 5:27).

 

Je me suis demandé ce que pouvait vouloir dire " vivre heureux ". Je savais que cela devait avoir rapport avec l'Évangile et le plan de Dieu. Je me suis demandé quelles pouvaient être les caractéristiques d'une société et d'une vie véritablement heureuses, et je me suis mis à en rechercher des indications à ce sujet dans les écrits de Néphi.

 

LA FAMILLE

 

J'ai commencé par 2 Néphi 5:6, où Néphi indique qui il a emmené dans le désert : " Je pris ma famille... et Sam, mon frère aîné, et sa famille, et Jacob et Joseph, mes frères cadets, et aussi mes soeurs. " Voilà un élément important du bonheur : notre famille.

 

Néphi avait une bonne raison d'emmener avec lui dans le désert ses frères et sœurs les plus justes. Ils étaient très proches. Nulle autre organisation que la famille ne peut satisfaire aussi pleinement notre besoin d'appartenance et nous apporter le bonheur qui en résulte.

 

Parfois, après une agréable soirée familiale, durant une prière fervente en famille ou quand toute notre famille est réunie autour de la table le dimanche soir et discute joyeusement en mangeant des gaufres, je me dis tranquillement : " Si le ciel n'est rien de plus que cela, cela me suffira. "

 

LE RESPECT DES COMMANDEMENTS

 

Dans 2 Néphi 5:10, Néphi rapporte : " Et nous nous appliquâmes à garder en tout les ordonnances, et les lois, et les commandements du Seigneur. "

 

C'est là une vérité simple mais puissante : la droiture et le respect des commandements de Dieu nous rendent heureux. Alma, qui mérite d'être cité, en a donné, en une ligne, le meilleur résumé qui soit : " La méchanceté n'a jamais été le bonheur " (Alma 41:10). C'est une déclaration digne de passer à une heure de grande écoute. Alma est aussi catégorique que l'on peut l'être sur le sujet, et je ne vois pas comment on pourrait prouver qu'il a tort.

 

Du plus profond de mon être, je témoigne que Satan veut nous faire croire que nous sommes une exception aux règles de Dieu, que nos transgressions sont les plus nobles et les plus justifiables qui puissent exister. Mais c'est un mensonge. Non seulement nous offensons Dieu en enfreignant ses commandements, mais nous nous offensons aussi nous-mêmes, nous offensons les autres, et nous nous attirons chagrin, souffrance et détresse, soit exactement le contraire du bonheur.

 

LES ECRITURES

 

Dans 2 Néphi 5:12, Néphi mentionne : " J'avais aussi emporté les annales qui étaient gravées sur les plaques d'airain. "

 

En quoi la possibilité d'avoir accès aux Écritures est-elle un élément du bonheur ? Tous ceux qui lisent régulièrement les Écritures acquièrent une meilleure compréhension des choses, ont des pensées plus pures et prient de façon plus sincère et plus réfléchie. Nous serons obligatoirement plus heureux si nous utilisons les Écritures pour répondre à nos besoins et aux questions qui nous concernent personnellement.

 

Les Écritures peuvent nous purifier des mauvaises pensées et renforcer notre détermination de résister à la tentation. Elles peuvent nous apporter le réconfort lorsque nous en avons besoin, par exemple au moment du décès d'un être cher ou lors d'autres grandes difficultés personnelles. La lecture des Écritures peut nous mettre à l'unisson de l'Esprit du Seigneur. Je témoigne qu'en lisant quotidiennement la Bible et les Écritures du rétablissement on obtient une grande fermeté de caractère et un grand bonheur.

 

LE TRAVAIL

 

Au verset 17 du cinquième chapitre de deuxième Néphi, on peut lire : " Et il arriva que moi, Néphi, je fis en sorte que mon peuple fût industrieux et travaillât de ses mains. "

 

Quel que soit le métier que nous exerçons, je sais que nous serons plus heureux si nous travaillons régulièrement de nos mains. Il y a de nombreuses possibilités : le jardinage, la couture, le patchwork, la cuisine, la pâtisserie, la mécanique, le bricolage dans la maison, etc. La liste est infinie, tout comme le sont le bonheur et le sentiment d'accomplissement que ces activités procurent.

 

LE TEMPLE

 

Néphi a fait une autre remarque des plus intéressantes sur la société qu'il a fondée. Dans 2 Néphi 5:16, il dit : " Et moi, Néphi, je construisis un temple. " Le temple de Néphi était peut-être un peu différent des temples que nous avons aujourd'hui, mais l'objectif principal en était essentiellement le même, à savoir guider et instruire continuellement les enfants de Dieu à propos de son plan pour leur bonheur, et proposer les ordonnances et les alliances nécessaires pour obtenir ce bonheur.

 

Je peux dire honnêtement que les personnes les plus mûres spirituellement et les plus heureuses que je connaisse sont des personnes qui vont assidûment au temple. Il y a une bonne raison à cela. C'est au temple que le plan de Dieu nous concernant est exposé et répété, nous apportant chaque fois une plus grande compréhension et suscitant en nous un plus grand engagement à vivre à la manière du Seigneur.

 

LE SERVICE DANS L'ÉGLISE

 

Le dernier élément de la société établie par Néphi est indiqué dans 2 Néphi 5 et concerne le rôle que jouent dans une vie heureuse nos appels et notre service dans l'Église. Néphi note au verset 26 : " Je consacrai Jacob et Joseph pour qu'ils fussent prêtres et instructeurs sur le pays de mon peuple. "

 

Bien sûr, le véritable service chrétien n'est pas constitué uniquement de ce que nous faisons pour nos appels. Pour notre salut, il est aussi nécessaire que nous rendions service à titre personnel selon les besoins des autres, en étant motivés par la charité.

 

L'Église organisée telle que Dieu l'a établie, dans laquelle nous veillons sur les autres et les servons tandis que d'autres veillent sur nous et nous servent, est une merveilleuse source de bonheur pour nous tous. Néphi lui-même a incarné ce concept de charité et de service. Ce n'est pas par hasard si dans le dessein que Dieu a conçu pour nous, il nous a été donné une Église qui " a besoin de tous les membres " (D&A 84:110). Le fait que l'on a besoin de nous, que nous avons la possibilité de servir et que l'on nous y encourage, nous apporte beaucoup de bonheur.

 

AUTRES ÉLÉMENTS

 

Si nous allons au-delà du cinquième chapitre du deuxième Néphi, nous découvrons d'autres éléments du mode de vie qui a permis à Néphi et à son peuple, de connaître un tel bonheur. Nous savons qu'il attendait " avec constance le Christ " (2 Néphi 25:24). Néphi concentrait son énergie sur le Sauveur et ses enseignements. Il savait et enseignait, comme l'ont fait tous les prophètes, qu'en fin de compte, la paix et le bonheur véritables ne peuvent s'obtenir que par la rémission de nos péchés. Les enseignements du Sauveur, à fortes doses, sont les seuls véritables antidotes contre le malheur.

 

Il est intéressant de voir que les principes de bonheur dont parle Néphi se trouvent dans toutes les Écritures, anciennes et modernes. Je me demande souvent pourquoi nous nous torturons l'esprit pour comprendre d'obscurs passages des Écritures alors que ce qui est réellement important pour notre bonheur et notre salut est maintes fois déclaré par le Seigneur en termes très clairs.

 

Je ne pense pas que Néphi ait eu l'intention de faire une liste exhaustive des facteurs du bonheur en société. En fait, il n'avait probablement pas l'intention de nous donner de liste du tout. Comprenez bien que je ne crois pas non plus à une " recette " du bonheur. Il n'y a pas de recette miracle qui garantisse une vie constamment heureuse, et il est évident que Dieu ne voulait pas que chacune de nos journées soit entièrement heureuse. On peut trouver une raison d'être et un objectif éternels à certaines souffrances, certaines tristesses et certaines épreuves.

 

Néanmoins, je vous invite à regarder autour de vous et à observer les gens que vous pensez être véritablement heureux.

 

Je crois que vous verrez invariablement qu'ils mettent en pratique les principes dont nous venons de parler. Ma prière est que nous puissions tous trouver ce même bonheur.

 

Tiré d'un discours donné lors d'une réunion spirituelle à l'université Brigham Young le 19 septembre 1995.

 

 

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