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UNE RELEVE HONORABLE
par Arnold Lemmon
Les pieds d'Andy Tuitupou l'avaient propulsé assez haut pour réussir à saisir la balle au rebond, au cours de l'entraînement de basket-ball. Flottant littéralement dans l'air, Andy était serein. C'était un beau garçon de quinze ans, apprécié de tous, actif dans son collège des instructeurs de notre paroisse d'Utah ; il faisait partie de l'équipe de basketball de l'école. Mais lorsque ses pieds ont repris contact avec le sol, sa vie a basculé. Son corps puissant s'est affalé par terre : plus jamais il ne pourrait marcher.
Les chirurgiens ont vissé et plâtré la jambe cassée d'Andy. La douleur ne le quittait plus. Les longues journées, la détermination et la patience semblaient encore augmenter sa souffrance. Malgré tous les efforts d'Andy, les kinésithérapeutes n'ont pas réussi à lui réapprendre à marcher.
En désespoir de cause, Paul et Carolyn Tuitupou, les parents d'Andy, l'ont emmené dans un hôpital où, grâce à une opération, des chirurgiens spécialisés ont découvert la source des terribles douleurs d'Andy : un cancer des os. Andy a pris la décision difficile d'accepter l'amputation de sa jambe. Il voulait vaincre le cancer à tout prix.
Plusieurs jours après l'amputation, Andy m'a demandé, à moi son évêque, s'il pouvait recevoir sa bénédiction patriarcale. Je me suis demandé ce qu'une bénédiction pouvait réserver à un jeune homme confronté à une issue peut-être fatale. Je me suis hâté vers mon bureau, afin d'y prendre une recommandation pour les bénédictions patriarcales. Puis j'ai sauté dans ma voiture pour me rendre à son chevet, où il attendait patiemment son entrevue. Je lui ai demandé où il puisait cette force et cette paix évidentes. Sans hésiter, il m'a répondu : " Dans ce que j'ai appris lors des soirées familiales. " Andy était digne de recevoir sa bénédiction.
Au cours des mois qui ont suivi, lors de mes visites, j'ai découvert un frère qui aimait sa famille, ses amis, l'Évangile et la vie. Sa santé spirituelle était excellente, mais son état physique semblait empirer. La chimiothérapie provoquait chaque semaine des nausées qui duraient 4 à 5 jours.
Lorsqu'une tumeur est apparue à la hanche, tout espoir de guérison s'est évanoui. Les métastases cancéreuses continuaient leur mortelle invasion, provoquant une gène respiratoire. Mais Andy ne se contentait pas de laisser passer le temps. Aidé d'un dirigeant scout dévoué, Andy a bientôt rempli les conditions pour recevoir la distinction d'aigle scout.
Lors d'une de mes visites régulières auprès de ce jeune membre de ma paroisse, je me suis senti poussé à fixer un entretien annuel de prêtrise pour le dimanche suivant.
Le jour venu, je suis allé à l'hôpital et j'ai trouvé Andy les yeux fermés, souffrant le martyre. N'osant pas le déranger, je me suis assis près du lit. J'ai attendu plusieurs minutes, écoutant sa respiration difficile, puis je l'ai entendu murmurer : " Frère, est-ce que je vais avoir mon entretien ? "
Après une prière pleine d'émotion, j'ai commencé l'entretien :
- Andy, es-tu moralement pur ?
Notre entretien a été un véritable festin spirituel. Quand je lui ai eu posé toutes les questions, il m'en a posé une à son tour : " Frère, combien puis-je recevoir de bénédictions de la prêtrise ? "
Je lui ai répondu : " Autant que tu veux. "
Quelques jours plus tard, j'ai été réveillé par le téléphone :
Quand je suis arrivé auprès de mon ami, il a demandé une bénédiction et a ajouté : " Je veux rentrer à la maison. "
Moi, son humble évêque, j'ai posé les mains sur la tête de mon jeune ami et j'ai su que la fin de sa mission sur terre approchait. J'ai demandé au Seigneur d'avoir la bonté de ramener Andy " à la maison ", si telle était sa volonté.
Après la bénédiction, j'ai pris la main d'Andy et je lui ai dit : "C'est bon, tu peux rentrer à la maison, petit frère, c'est bon, tu peux rentrer. "
Mais avant de " rentrer à la maison ", il avait encore quelques affaires à régler. La douleur s'est calmée et sa respiration est devenue plus facile, ce qui lui a permis de parler en privé avec chacun de ses frères et avec sa soeur.
Il leur a témoigné son affection et a exhorté ses frères à faire une mission.
Quand je lui ai parlé de nouveau, je lui ai demandé : " Que veux-tu que je dise aux jeunes de la paroisse ? "
Il a répondu : " Dites-leur que ce n'est pas nécessaire d'être < cool > pour se faire des amis. Les vrais amis se moquent de savoir si on est < cool > ".
Andy a téléphoné à plusieurs personnes qu'il aimait pour leur dire au revoir. Il a appelé une tante dont il était proche. Il voulait l'encourager à revenir à l'Église. Mais craignant de l'offenser, il n'a pas eu le courage de le faire.
J'ai regardé Andy et je me suis rendu compte que j'avais un ultime appel pour lui.
- Andy, veux-tu servir comme missionnaire de paroisse ?
Avec un sourire, il a répondu : " Oui ".
Une fois de plus, j'ai posé les mains sur sa tête. Après sa mise à part, je lui ai confié sa première tâche : " Andy, prends le téléphone et rends ton témoignage à ta tante. "
J'ai quitté la pièce. Andy s'est acquitté de sa tâche comme un missionnaire digne de ce nom.
Toute la journée, des amis et des voisins ont défilé pour rendre visite à Andy. Dans la culture tongane la tradition veut que l'on chante devant la maison de quelqu'un qui est en train de mourir. Un membre de la paroisse a donc réuni un groupe qui est venu, plus tard dans la soirée, honorer Andy en chantant sur la pelouse devant la maison des Tuitupou.
Vers le milieu de l'après-midi, la respiration d'Andy est devenue très difficile. Son père et moi lui avons posé les mains sur la tête. Frère Tuitupou a invoqué notre Père céleste en lui demandant de permettre à son fils de " rentrer à la maison ". Andy est mort dans les bras de sa mère.
Bientôt la pelouse devant la maison s'est remplie de membres de la paroisse chantant le cantique favori d'Andy, " Seigneur, j'ai tant reçu " (Cantiques, n° 139).
La musique a rempli la maison, et les membres de la famille, le coeur touché par tant d'amour, ont laissé couler leurs larmes.
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