LES SAINTS DES DERNIERS JOURS NOUS PARLENT

 

" ME VOICI, SEIGNEUR "

 

L'une des grandes aventures de la vie consiste à découvrir la joie qu'apporte le service désintéressé. En effet, c'est en grande partie notre désir de servir Dieu et nos semblables qui fait de nous des disciples de Jésus-Christ. Thomas S. Monson, premier conseiller dans la Première Présidence, explique : " Le message d'un être au coeur humble est tissé au fil d'or dans la tapisserie de sa vie. Ce fut le cas pour le jeune Samuel ; ce fut le cas pour Jésus... Puisse chacun de nous être connu pour dire : " Me voici, Seigneur " [voir 1 Samuel 3:3-10 ; Abraham 3:27] " (" Étiquettes ", Liahona, septembre 2000, p. 7). Les histoires suivantes illustrent l'attitude de membres qui ont dit au Seigneur : " Me voici. "

 

UN 'PETIT' SERVICE

 

Par Nancy R. Re de Cifuentes

 

Parmi les habitants de Cordoba, Argentine, se trouve un homme remarquable nommé Natalio Virazapia. Descendant de Boliviens et de Chinois, il est né en 1922 et vit seul aujourd'hui dans une situation modeste, gagnant sa vie en cultivant la terre.

 

Frère Virazapia se considère comme un instrument entre les mains du Seigneur pour aider ses frères et soeurs dans le besoin. Vous pouvez voir sa bicyclette cabossée partout où il y a un peu de place pour planter des semences. Il est dans un petit champ pour semer du maïs ou d'autres légumes, de la nourriture qu'il donnera à des familles dans le besoin. Bien qu'il ne possède pas de terre, il semble toujours trouver du terrain pour planter ses semences, et le Seigneur le bénit en lui accordant des récoltes abondantes. Il apporte souvent à l'église des bottes de ses carottes, de ses choux ou de ses bettes pour les autres membres.

 

" J'ai peu de choses, dit-il. Je ne peux servir qu'avec ce petit corps qui me conduit d'un endroit à l'autre. Grâce à l'Église et aux enseignements de l'Évangile, j'ai appris à travailler de mes mains pour servir les autres. " Ses mains rugueuses et usées par le travail témoignent en effet des humbles victoires qu'il a remportées. Elles révèlent un amour profond pour son Père céleste, pour la terre et pour ses semblables.

 

Certaines personnes se contentent de savoir quelque chose de notre Père céleste. Frère Virazapia utilise ses dons pour le glorifier.

 

QUI A BESOIN DE MON AIDE ?

 

Par Melanie Price Wellman

 

Lorsque j'étais étudiante, j'ai assisté à une excellente leçon de la Société de Secours sur le service. L'instructrice avait dit : " Si vous priez pour que notre Père céleste vous aide à voir les besoins des autres pour que vous puissiez les aider, il le fera. "

 

Cette phrase ne m'a pas quittée. Je voulais servir les autres, mais je n'avais pas pensé à demander à notre Père céleste de m'aider. J'ai donc décidé d'essayer. Le lendemain matin, je me suis agenouillée et j'ai fait cette prière : " Père céleste, si quelqu'un a besoin de mon aide aujourd'hui, fais-le moi savoir. " J'ai terminé ma prière et je suis partie en cours.

 

Avec les activités de la journée, j'ai oublié ma prière. L'après-midi, je suis allée chez l'épicier. Pendant que je faisais la queue pour payer, j'ai remarqué une femme âgée qui s'appuyait sur sa canne. Je lui ai souri et j'ai jeté un coup d'oeil à ses courses. Je me suis dit : 'Comment va-t-elle porter ces courses jusque chez elle ?' J'ai repoussé cette pensée, puis j'ai payé mes courses et je suis sortie du magasin. J'ai vu la femme debout près de sa voiture pendant qu'un employé du magasin chargeait ses achats dans le coffre. La pensée est revenue :

 

'Comment va-t-elle porter ces courses jusque chez elle ?'

 

Déconcertée, j'ai riposté : 'Mais que puis-je faire ? La suivre ?' J'ai immédiatement ressenti que cette idée était bonne. J'ai donc cédé et j'ai suivi la dame en voiture. Je n'arrêtais pas de me dire : 'C'est ridicule ! Pourquoi est-ce que je suis cette femme ?' Peu de temps après, nous sommes arrivées près de son immeuble. J'ai couru vers elle et je lui ai demandé : " Puis-je vous aider à porter ces courses ' "

 

Surprise, elle m'a regardée et m'a demandé si j'habitais dans le coin. Je lui ai dit que non. " Vous travaillez par ici ? " a-t-elle demandé.

 

Je lui ai expliqué que je l'avais vue au magasin et que je m'étais demandé comment elle allait porter toutes ces courses chez elle. A ce moment là, elle m'a regardée, les larmes aux yeux et elle m'a dit : " Pendant tout le trajet, je me demandais comment j'allais porter toutes ces courses chez moi. "

 

Plus tard, en rentrant chez moi, j'avais moi aussi les larmes aux yeux. J'avais ressenti la merveilleuse influence du Saint-Esprit qui avait touché la vie de deux personnes grâce au pouvoir de la prière. Les paroles d'Alma 17:9 me sont venues à l'esprit : " Ils... prièrent beaucoup, afin que le Seigneur accordât qu'une part de son Esprit les accompagnât et demeurât avec eux, afin qu'ils fussent un instrument entre les mains de Dieu. "

 

Je suis reconnaissante à mon Père céleste du don spécial du Saint-Esprit qui, non seulement nous apporte des bénédictions, mais nous permet aussi de faire du bien aux autres.

 

ENSEIGNEMENT AU FOYER JUSQU'A LA FIN

 

Par Malcolm W. Watson

 

Souvent, nos appels à l'Église nous mettent dans une situation idéale pour acquérir la charité envers les autres. Mon père a eu les mêmes familles à visiter et le même compagnon pendant de nombreuses années. Son compagnon et lui ont peu à peu conçu un amour profond pour les familles qu'ils servaient, et ces dernières ont appris à s'appuyer sur leur amitié. Ce qui avait commencé comme un appel de la prêtrise est devenu un grand lien d'amour.

 

En vieillissant, mon père a eu beaucoup d'arthrite et de grandes difficultés à marcher. Pourtant, avec son compagnon, qui avait à présent des problèmes de vue et qui ne pouvait plus conduire, il allait encore rendre visite à leurs vieux amis. Ils disaient souvent en plaisantant qu'à eux deux, ils faisaient une personne en bonne santé. Mon père conduisait et passait les coups de téléphone ; son compagnon aidait tout le monde quand il fallait être un peu plus assuré sur ses jambes.

 

Un soir, ils ont arrêté la voiture devant la maison d'une soeur, mais mon père n'a pas réussi à sortir. Il a dit à son compagnon : " Pourquoi ne vas-tu pas lui demander de venir à la porte pour que je lui dise bonjour. "

 

Son compagnon a lentement monté les marches et il a demandé à la soeur si ça l'ennuierait de venir à la porte pour saluer mon père. Bien qu'elle soit infirme et qu'elle marche avec difficulté, elle a répondu : " Certainement pas. Depuis des années que vous me rendez visite tous les deux, cette fois, c'est moi qui descendrai jusqu'à la voiture pour parler avec vous. "

 

Ils se sont aidés mutuellement à sortir et à descendre les marches jusqu'à la voiture pour aller voir mon père. Celui-ci a ouvert la porte et ils ont parlé dans l'obscurité jusqu'à ce qu'il fasse trop sombre pour voir.

 

C'est la dernière fois que mon père et son compagnon ont fait leurs visites d'enseignement au foyer. Mon père est mort le mois suivant, précédant de peu son compagnon et cette soeur.

 

En s'engageant à servir les autres, à être leur ami, à les respecter et à rester avec eux littéralement jusqu'à la fin, mon père m'a montré, par son magnifique exemple, la manière dont la charité grandit lorsque l'on fait diligemment ses visites d'enseignement.

 

QUI EST L'INSTRUCTEUR ?

 

Par Aiko Tokuzawa

 

Deux ans après mon baptême, j'ai commencé à instruire bénévolement des personnes gravement handicapées dans un hôpital près de chez moi, au Japon. Cela fait de nombreuses années et depuis, j'en suis venue à me demander qui est réellement l'enseignant, moi ou mes élèves. Ils m'ont appris le pardon, la reconnaissance, la patience, la foi et la sollicitude.

 

Je me souviens d'une classe en particulier. Elle comprenait cinq femmes et quatre hommes. Ils avaient à peu près la trentaine. Ils étaient presque tous muets et ne pouvaient pas manger seuls ni accomplir d'autres tâches simples.

 

Lorsque je leur parlais, ils communiquaient à leur façon, généralement par des gestes.

 

Bien qu'ils soient physiquement handicapés, ils s'efforçaient de développer les dons que Dieu leur avait donnés. Pour les aider à prendre conscience de leur valeur personnelle, je leur lisais chaque jour un chapitre de la Bible. De temps en temps, je passais la plus grande partie du temps pendant lequel nous étions ensemble à leur parler de Dieu et de notre rôle, à nous, ses enfants.

 

Un jour, j'ai écrit au tableau ce verset des Psaumes : " Il m'est bon d'être humilié, afin que j'apprenne tes statuts " (119:71). Dès que j'ai eu fini d'écrire ces paroles, un homme de 28 ans, dans un fauteuil roulant, a commencé à donner des coups avec sa jambe gauche, exprimant son approbation et son témoignage de ce verset d'Écriture.

 

Un autre élève, un homme de 30 ans, dont le coeur était pur comme celui d'un enfant, m'a beaucoup enseigné sur la reconnaissance. Un matin, vers la fin de l'automne, on lui a donné un verre d'eau chaude au lieu du verre d'eau froide habituel. Il en était si heureux qu'il n'a parlé presque que de cela tout le reste de la journée.

 

Je me souviens d'une femme, d'environ 30 ans, qui s'efforçait d'apprendre à utiliser un traitement de texte. Elle s'était fixé cet objectif et cela lui a pris un an. Cela lui était difficile parce qu'elle avait un usage très limité des doigts de sa main gauche. Mais elle a persévéré. Après avoir appris à se servir du traitement de texte, elle s'était fixé l'objectif d'améliorer ses nouvelles connaissances.

 

De ces façons et de nombreuses autres, mes élèves m'ont appris que " L'Eternel ne considère pas ce que l'homme considère ; l'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Éternel regarde au coeur " (1 Samuel 16:7). En apprenant les uns des autres et en nous servant mutuellement, nous apprenons à nous aimer les uns les autres. L'esprit divin que je vois briller en chacun de mes élèves me pousse à mieux vivre l'Évangile, à essayer de mieux suivre l'exemple du Sauveur, simplement à être meilleure. Je trouve en eux une beauté qui transcende l'apparence physique et qui confine au divin.

 

 

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