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MESSAGE DE LA PREMIÈRE PRÉSIDENCE
NOTRE QUETE DU BONHEUR
par James E. Faust
Je vais parler de notre recherche du bonheur. J'ai déjà vécu de longues années. Cela m'amène à la conclusion que nous ne serions pas heureux si tous nos souhaits nous étaient accordés (voir Alma 41:3-7), parce que nous ne désirons pas toujours ce qui est bon. En fait, la satisfaction immédiate et sans restriction de tous nos souhaits serait le plus court et le plus droit chemin vers le malheur. Ayant passé de nombreuses heures à écouter le récit des tribulations d'hommes et de femmes, je suis persuadé que nous sommes en grande partie responsables de notre bonheur et de notre malheur.
Joseph Smith (1805 -1844), le prophète, nous a dit : " Le bonheur est l'objet et le but de notre existence et en sera la fin si nous suivons le chemin qui y mène ; et ce chemin, c'est la vertu, l'intégrité, la fidélité, la sainteté et le respect de tous les commandements de Dieu " (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 206).
En général, plus nous suivons fidèlement les commandements de Dieu, plus nous sommes heureux.
" Les hommes sont pour avoir la joie " (2 Néphi 2:25), mais cela ne signifie pas que notre vie ne comptera que de la joie, " car il doit nécessairement y avoir une opposition en toutes choses " (2 Néphi 2: 11). Le bonheur n'est pas un paquet qu'on nous offre et que nous n'avons qu'à ouvrir et à consommer. Nul n'est heureux vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Nous devons prendre le bonheur par bribes et non par journées entières en apprenant à reconnaître les éléments qui y contribuent et en les chérissant pendant qu'ils durent.
On confond souvent plaisir et bonheur bien que ces deux termes ne soient absolument pas synonymes. Robert Burns (1759-1796), le poète, a donné l'excellente définition suivante du plaisir :
Les plaisirs sont comme les pétales de coquelicots :
" Tam O' Shanter ", dans The Complete Poetical Works of Rober Burns, 1897, p. 91, versets 59-66 )
A la différence du bonheur, le plaisir nous apporte une satisfaction physique. Il ne dure généralement pas longtemps. David O. McKay (1873-1970), alors membre du Collège des douze apôtres, a dit : " On peut éprouver un plaisir fugace, bien sûr, mais ce n'est ni de la joie ni du bonheur. Le bonheur ne se trouve que sur le chemin bien tracé, peut-être étroit mais droit, qui conduit à la vie éternelle " (Conférence Report, octobre 1919, p. 180).
Nous sommes tentés de rechercher des plaisirs profanes qui risquent de nous écarter de la voie du bonheur. Pour reprendre ce qu'a dit Joseph Smith, le prophète, le chemin qui mène au bonheur vrai et durable est " la vertu, l'intégrité, la fidélité, la sainteté et le respect de tous les commandements de Dieu " (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 206). Ralph Waldo Emerson (1803-1882) a dit : " La rectitude est une victoire perpétuelle, que l'on célèbre non par des cris de joie, mais par la sérénité qui est une forme constante ou habituelle de joie " (" Character ", Essays : Second Series, 1844).
Il y a évidemment une grande différence entre se sentir heureux l'espace d'un instant et être heureux pendant toute sa vie, ou entre prendre du bon temps et mener une vie juste. La majorité des Nord-Américains considèrent que la quête du bonheur est l'un de leurs droits inaliénables, comme l'ont énoncé leurs Pères fondateurs. Toutefois, cette idée n'est pas d'eux puisque des philosophes d'autrefois, entre autres Aristote, Platon, Socrate, John Locke, saint Thomas d'Aquin et John Stuart Mill, ont déclaré que le bonheur est la plus essentielle de toutes les quêtes de l'homme.
Dans Guerre et paix, le héros de Tolstoï, Pierre Bezoukhov, apprend que l'homme est créé pour connaître le bonheur, qui est en lui, par la satisfaction de besoins humains simples, et que tout le malheur vient non pas de la privation mais du superflu. Nous sommes si souvent à la recherche de choses vaines. Nous ne nous contentons pas de ce que nous avons, et croyons que le bonheur vient du fait de posséder davantage ou d'être plus important. Nous recherchons le bonheur, mais pas dans la bonne direction.
On raconte qu'un riche Perse nommé Ali Hafed possédait jadis beaucoup de terres, de prés, de vergers, et de jardins productifs, et beaucoup d'argent qui lui rapportait. Il avait une belle famille et, au début, était satisfait de sa richesse et riche parce qu'il était satisfait. Un vieux prêtre vint trouver Ali Hafed et lui dit que s'il avait un diamant de la taille de son pouce, il pourrait acheter une douzaine d'autres fermes comme la sienne. Ali Hafed demanda au prêtre : " Veux-tu me dire où je puis trouver des diamants ? " Le prêtre lui répondit : " Si tu trouves une rivière au lit de sable blanc et coulant entre de hautes montagnes, tu es sûr de découvrir des diamants dans ce sable. " Ali Hafed dit alors : " Je partirai. " Il vendit donc sa ferme, retira son argent et les intérêts, laissa sa famille aux soins d'un voisin et partit à la recherche de diamants dans de nombreux pays d'Asie et d'Europe. Après des années de prospection, ayant dépensé toute sa fortune, il mourut dans le dénuement et la misère. Pendant ce temps-là, l'homme qui racheta la ferme d'Ali Hafed fit boire son chameau dans le jardin et, lorsque l'animal trempa le mufle dans le filet d'eau, ce fermier remarqua un curieux reflet dans le sable blanc du ru. Y ayant plongé la main, il en retira une pierre noire qui brillait d'un éclat étrange. Peu après, le même prêtre revint rendre visite au successeur d'Ali Hafed et découvrit un diamant dans la gangue de pierre noire. Se précipitant dans le jardin et remuant le sable blanc de leurs doigts, les deux hommes trouvèrent beaucoup d'autres belles pierres précieuses. L'histoire raconte que c'est ainsi que l'on découvrit les mines de diamants de Golconde, la plus précieuse de toutes celles de l'Ancien Monde. Si Ali Hafed était resté chez lui et avait creusé dans sa propre cave ou n'importe où dans ses champs au lieu de parcourir des pays lointains où il finit par connaître la famine et la misère, il aurait eu une abondance de diamants " (paraphrase de l'histoire par Russell H. Conwell, Acres of Diamonds, 1960, pp. 10-14).
Nous ne pouvons qu'éprouver de la pitié pour Ali Hafed lorsque nous l'imaginons, sans ami ni foyer, errant de plus en plus loin du bonheur qu'il croyait pouvoir trouver en extrayant des diamants au bout du monde. Et pourtant, combien de fois ne recherchons-nous pas notre bonheur au loin dans l'espace ou le temps et non pas immédiatement, chez nous, avec notre famille et nos amis ?
Le Sauveur du monde nous a dit de chercher en notre âme la paix intérieure qui produit le bonheur naturel. Il a dit : " Je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre coeur ne se trouble point, et ne s'alarme point " (Jean 14:27).
Lorsque nous habitions à Sao Paulo, au Brésil, une maison était en construction à côté de la nôtre. Les ouvriers qui y travaillaient ne gagnaient que quelques cents de l'heure et ils travaillaient de six heures du matin à six heures du soir. Malgré tout, ils sifflaient et chantaient toute la journée. Et parfois, nous aurions aimé moins les entendre ! Mais je n'ai jamais pu me résoudre à leur dire de baisser le ton.
Il y a quelques années, j'ai eu un entretien avec un homme relativement jeune qui était appelé comme président de mission. Il avait bien réussi dans son métier de conseiller financier. Je me souciais de la manière dont il subviendrait aux besoins matériels de sa jeune famille à son retour de mission. Il m'a dit très clairement que cela ne l'intéressait pas de gagner beaucoup d'argent. Il m'a expliqué qu'il avait travaillé pour des personnes très riches. A ses yeux, elles ne semblaient ni heureuses ni satisfaites mais plutôt préoccupées d'acquérir plus de biens.
La paix intérieure dont parle le Sauveur semble fugace lorsque nous nous préoccupons de nos biens ou de ce que nous souhaiterions acquérir. A une époque où nous sommes obsédés et absorbés par la possession et l'acquisition d'objets, le conseil de Moïse semble encore plus nécessaire que jamais : " Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain " (Exode 20:17).
Il y a des années, une jeune mère a eu un enfant handicapé. Cet enfant est né sans yeux. Il était normal à tout autre égard, mais il n'avait pas trace d'yeux ni d'orbites au-dessus de son nez. Cette mère aurait pu dire avec amertume : " Pourquoi a-t-il fallu que cela arrive à mon enfant ? " ou " Pourquoi cela m'est-il arrivé ? " Mais elle a dit : " Le Seigneur doit vraiment nous aimer et avoir confiance en nous. Cela doit vraiment être pour nous une faveur d'avoir cet enfant. C'est une grande leçon et une grande consolation de penser que le Seigneur a choisi notre famille en sachant combien cet enfant aurait particulièrement besoin d'amour et de soin. Nous sommes reconnaissants de cet enfant spécial et des bénédictions qu'il apportera à notre foyer. "
Dans Le Petit Prince, le renard était plus sage qu'il le pensait lorsqu'il a dit : " Voici mon secret. Il est très simple : On ne voit bien qu'avec le coeur ; l'essentiel est invisible pour les yeux " (Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, édition Folio, p. 76). C'est à la grandeur du coeur qu'on mesure la route du bonheur. Elle est pavée de générosité, de sagesse, de satisfaction et de foi. Les ennemis de la progression et de l'accomplissement sont le doute, le manque d'estime de soi, l'apitoiement sur son sort, l'amertume et le désespoir. En les remplaçant par une foi et une humilité simples, nous pouvons progresser rapidement dans notre recherche du bonheur.
Le bonheur a son prix, comme l'a dit Spencer W. Kimball (1895-1985) : " Quel est le prix du bonheur ? On pourrait être surpris de la simplicité de la réponse. La maison du trésor du bonheur est ouverte à ceux qui vivent selon l'Evangile de Jésus-Christ dans sa pureté et sa simplicité. Celui qui traverse la vie sans plan est comme un marin sans étoiles, comme un voyageur sans boussole. L'assurance du bonheur suprême, la certitude d'une vie réussie ici-bas et de l'exaltation et de la vie éternelle dans l'au-delà sont accordées à ceux qui s'organisent pour mener leur vie en accord total avec l'Evangile de Jésus-Christ et suivent ensuite d'une manière ininterrompue la voie qu'ils se sont tracée " (Le miracle du pardon, p. 240).
L'orgueil et l'égoïsme ne s'accordent pas avec le bonheur. Jacob, frère de Néphi, nous dit que nous devons descendre " dans les profondeurs de l'humilité ", que les choses des sages et des hommes intelligents... oui, ce bonheur qui est préparé pour les saints " est caché aux orgueilleux (voir 2 Néphi 9:42-43).
Par l'intermédiaire du roi Benjamin, le Seigneur nous dit : " Je désirerais que vous méditiez sur l'état béni et bienheureux de ceux qui gardent les commandements de Dieu. Car voici, ils sont bénis en tout, tant dans le temporel que dans le spirituel ; et s'ils tiennent bon avec fidélité jusqu'à la fin, ils sont reçus dans le ciel, afin de pouvoir ainsi demeurer avec Dieu dans un état de bonheur sans fin " (Mosiah 2:41).
De nos jours, beaucoup parlent du droit des consommateurs aux meilleurs services, c'est-à-dire de pouvoir disposer de produits sans défaut, à prix réduit et immédiatement. Le problème est que trop d'entre nous essaient de consommer le bonheur et non pas de le produire. Dans Comme il vous plaira, Shakespeare exprime une philosophie qui paraît louable : " Je ne suis qu'un homme de peine : je gagne ce que je mange et ce que je porte ; je n'ai de haine pour personne, je n'envie le bonheur de personne, je me réjouis du bonheur d'autrui " (Actes 3, scène 2). Le fait de gagner notre nourriture nous rend autonomes, mais le fait de faire don en retour pour aider notre prochain nous apportera davantage. Par exemple, si vous livrez à une centrale atomique l'énergie correspondant à trois camions-citernes de carburant, elle vous rendra l'énergie de quatre ou cinq citernes de carburant. Comme l'énergie pour la centrale nucléaire, le bonheur augmente et se multiplie si nous le partageons avec d'autres personnes.
Je suis bien conscient que beaucoup d'entre nous ne sont pas riches. Un homme pauvre a dit : " Je sais que l'argent n'est pas tout. Par exemple, je n'en ai pas. " Et un autre a déclaré : " Même les livres traitant de l'art d'être heureux sans argent sont trop chers pour moi. " (Ces deux citations sont extraites de la page 185 de You Don't Have to Be in Who's Who to Know What's What, 1979, p. 185 écrit par Sam Levenson.) Toutefois, le moins qu'on puisse dire, c'est que l'argent ne fait pas forcément le bonheur. Un auteur inconnu a déclaré : " L'argent est un passeport universel pour tout sauf pour les cieux et il apporte tout sauf le bonheur. " Henrik Ibsen (1828-1906) nous a rappelé : " L'argent peut acheter beaucoup de choses extérieures, mais pas l'essentiel. Il nous permet d'acquérir la nourriture mais pas l'appétit, les médicaments mais pas la santé, les connaissances mais pas les amis, les serviteurs mais pas la fidélité, des jours de joie mais ni la paix ni le bonheur. "
Un poète inconnu a écrit :
Nous avons la réussite lorsque nous louons
Lorsque nous nous taisons quand nos paroles seraient blessantes,
Lorsque nous assumons loyalement nos obligations,
Elle est dans l'instant silencieux où l'on prie
Pour résumer, notre quête du bonheur dépend principalement de notre degré de droiture, de notre degré d'altruisme, de la quantité et de la qualité de notre service et de la paix intérieure que nous avons. Le bonheur nous vient aussi un peu de l'extérieur, entre autres de nos êtres chers et de nos amis dont la considération et le sourire sont très importants, et aussi de beaucoup d'autres personnes que nous ne connaissons pas personnellement, dans l'Eglise comme à l'extérieur, avec lesquelles nous avons beaucoup de centres d'intérêts et de sympathie en commun.
En transgressant, certains d'entre nous se sont peut-être détournés de la route qui mène à la paix et au bonheur. Je les exhorte de tout mon coeur à commencer à résoudre tout problème afin de pouvoir avoir de nouveau la conscience en paix. Le Seigneur nous a fait la promesse que lorsque nous nous repentons sincèrement de nos péchés, il ne s'en souvient plus (voir D&A 58:42).
Je vais vous indiquer une autre condition nécessaire pour que, dans votre quête continuelle du bonheur, chaque heure, chaque jour, chaque mois et chaque année de votre vie soient heureux. La voie royale qui conduit au bonheur est l'amour donné généreusement, cet amour qui fait que l'on se préoccupe de chaque âme vivante, que l'on s'intéresse à elle et que l'on est charitable avec elle. L'amour est la condition directe du bonheur qui enrichit et bénit notre vie et celle des autres. Vous devez témoigner de l'amour, même à vos ennemis : " Bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent " (Matthieu 5:44). Vous accomplirez ainsi le plus grand commandement qui est d'aimer Dieu lui-même et de connaître son amour. Vous triompherez des vents mauvais, des choses sordides, du sentiment d'échec et de l'amertume. La promesse vous est faite que " votre corps tout entier sera rempli de lumière, et [qu'] il n'y aura pas de ténèbres en vous ; et ce corps qui est rempli de lumière comprend tout " (D&A 88-67).
IDÉES POUR LES INSTRUCTEURS AU FOYER
1. " Les hommes sont pour avoir la joie " (2 Néphi 2:25), mais cela ne signifie pas que notre vie ne comportera que de la joie, " car il doit nécessairement y avoir une opposition en toutes choses " (2 Néphi 2: 11).
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