LES SAINTS DES DERNIERS JOURS NOUS PARLENT

 

" VIVRE HEUREUX "

 

A près avoir atteint la terre promise, Néphi emmena sa famille et d'autres personnes dans le désert, loin de ses frères querelleurs et incroyants. Là, ils firent beaucoup d'effort pour fonder une nouvelle civilisation. En dépit des difficultés, les Néphites étaient contents. Néphi écrit simplement : " Et il arriva que nous vécûmes heureux " (2 Néphi 5:27). Nous aspirons tous au bonheur. Mais certains ne savent pas comment l'obtenir. Ils croient que le bonheur dépend des biens matériels ou d'une vie aisée. Les prophètes de Dieu continuent à enseigner que le bonheur découle des choix justes. James E. Faust, deuxième conseiller dans la Première Présidence, explique : " Nous sommes en grande partie responsables de notre bonheur et de notre malheur... Notre quête du bonheur dépend principalement de notre degré de droiture, de notre degré d'altruisme, de la quantité et de la qualité de notre service et de la paix intérieure que nous avons " (" Notre quête du bonheur ", Le Liahona, octobre 2000, pp. 2, 8.) Les histoires qui suivent racontent comment des membres ont suivi les conseils des prophètes et trouvé le vrai bonheur.

 

UN PLAT DE SEVICHE

 

par Hildo Rosillo Flores

 

En tant que membre du grand conseil du pieu de Piura Centre (Pérou), on m'avait demandé de parler de la charité, ou amour pur du Christ, lors des réunions de Sainte-Cène que je visitais. Pour mon discours, j'ai cité l'histoire du jeune homme riche du Nouveau Testament qui demande à Jésus : " Bon maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? " Je soulignais alors cette partie de la réponse du Seigneur : " Il te manque encore une chose : vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis, viens, et suis-moi " (Luc 18:18, 22).

 

J'avais aussi été impressionné par la promesse que Jésus récompenserait ceux qui donnent aux pauvres, considérant ces actes de charité comme s'ils lui avaient été directement adressés : " Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli " (Matthieu 25:35).

 

Plusieurs mois après avoir donné ces discours, un jour où j'avais faim, je suis allé à un étal de nourriture que tenait l'un de nos membres. J'ai commandé de la seviche, un plat typique péruvien de poisson apprêté avec du citron. Après m'être assis pour manger, je me suis rendu compte que quelqu'un était debout derrière moi. je me suis retourné et j'ai vu un vieil homme, vêtu d'un habit vieux mais propre et portant un bonnet de laine. Il avait une barbe blanche et s'appuyait sur une canne.

 

Comme il ne disait rien, j'ai continué à manger. Mais subitement, une pensée m'est venue à l'esprit : Quelle bénédiction peux-tu attendre si tu ne mets pas en pratique ce que tu enseignes ? Me souvenant de mes discours aux réunions de Sainte-Cène, j'ai à nouveau regardé le vieil homme : " Aimeriez-vous une assiette de seviche ? "

 

Il ne disait rien, continuant seulement à me dévisager. Persuadé que je ne l'avais jamais vu, j'ai continué à manger.

 

Quelques secondes plus tard, il m'a demandé : " Pourriez-vous peut-être me donner un peu d'argent pour mon repas ? "

 

J'ai répondu : " Il y a beaucoup de gens qui pourraient utiliser cet argent pour acheter de l'alcool. Je préfère vous acheter quelque chose à manger. "

 

Au bout d'un moment, il m'a dit : " D'accord. " J'ai donc commandé un plat pour lui.

 

Le vieil homme s'est assis à une table voisine et a été servi. Lorsque j'ai eu fini de manger, j'ai payé mon addition et la sienne. Je me demandais si je devrais lui dire au revoir, mais il avait tant de plaisir à manger sa seviche qu'il ne me regardait même pas. Je suis donc parti pour rentrer chez moi.

 

Je n'avais pas fait le premier pas que j'ai ressenti, d'une manière claire et pénétrante que le ciel était reconnaissant de ce que j'avais fait. Cette impression était si forte que mes yeux se sont embués de larmes de joie. J'ai pensé aux paroles : " Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli. "

 

Rentré chez moi, je suis allé m'agenouiller dans ma chambre à coucher pour prier. J'ai remercié Dieu de son amour qui embrasse tout.

 

AVAIS-JE MAL JUGE ?

 

par Blaine K. Gehring

 

Le samedi matin de la conférence générale, je suis arrivé de bonne heure au Tabernacle de Salt Lake City. En tant qu'huissier, je devais être là à 6 heures du matin, avant l'ouverture des portes pour la première session. A 7 heures, la plupart des sièges étaient occupés, mais il restait quelques places isolées, ici et là. Souvent, ces places étaient prises par des visiteurs de Temple Square qui entraient un peu par hasard. Généralement, ils étaient en tenue de sport et souvent, ne se sentant pas à leur place, ils se levaient rapidement et repartaient.

 

Je me souviens cependant d'un jeune homme qu'on avait envoyé dans mon secteur, au balcon sud. J'avais un siège libre au dernier rang. En le voyant approcher, j'ai tout de suite pensé qu'il n'était pas venu spécialement pour la conférence. Il portait une chemise de flanelle assez usée et un pantalon froissé. Il avait les cheveux en bataille et l'air de ne pas s'être lavé depuis plusieurs jours. Il sentait aussi fortement le tabac.

 

Après l'avoir accueilli et conduit au siège libre, j'ai immédiatement perçu plusieurs coups d'oeil éloquents et d'autres manifestations de désapprobation des gens qui l'entouraient. Il était évident qu'ils étaient venus entendre le message des Autorités générales et n'étaient pas ravis de devoir supporter une odeur de tabac pendant les deux heures à venir. Je me suis dit : Il ne va pas tarder à se rendre compte de ce qui se passe et s'en aller. Ces gens pourront alors se détendre et profiter de la conférence.

 

Quinze minutes se sont écoulées, puis vingt. La session allait bientôt commencer. Lorsque la lumière a baissé, je me suis rendu compte que ce jeune homme n'avait pas l'intention de partir, et j'ai commencé à plaindre ceux qui l'entouraient.

 

J'ai observé le jeune homme pendant la session. Il écoutait avec davantage d'attention que beaucoup de ceux qui l'entouraient. Il y avait quelques têtes qui dodelinaient en signe de somnolence. Lui écoutait intensément chaque parole. C'était une âme affamée qui dévorait chaque message comme de la nourriture.

 

Ce qui m'a le plus touché, c'est qu'au moment où l'assemblée s'est levée pour chanter le cantique de clôture : " L'Esprit du Dieu Saint " (Cantiques, n° 2), le jeune homme s'est levé comme tout le monde. Il s'est mis à chanter avec les autres, toutes les strophes, sans livre de cantique, ni feuille comportant les paroles, et sans manquer un seul mot.

 

Pendant qu'il chantait, des larmes coulaient sur ses joues. Oh ! comme j'ai mal jugé ce jeune homme, ai-je pensé. Il savait exactement pourquoi il était là. Et il était touché par le même Esprit qui l'avait poussé à venir. D'autres s'étaient fait la même remarque que moi et l'expression de leur visage me disait qu'ils étaient aussi honteux que moi.

 

Les plus grandes leçons que j'ai apprises au cours de cette session de la conférence n'émanaient pas des oints du Seigneur, mais d'un humble jeune homme qui cherchait quelque chose qu'il avait perdu. J'ai appris que je ne devais pas juger les autres et que les leçons apprises pendant la jeunesse peuvent être ravivées par le Saint-Esprit.

 

APPELLE CES MISSIONNAIRES

 

par Ortensia Greco Conte

 

En 1972, mon mari, Giuseppe, et moi - tous deux originaires d'Italie - avons décidé d'émigrer en Australie avec nos jeunes enfants. A ce moment-là, nous étions loin d'imaginer le difficile, mais merveilleux voyage spirituel qui nous attendait.

 

Nos trois enfants grandissaient, et j'ai commencé à me faire du souci pour leur éducation religieuse. J'avais été élevée dans la religion majoritaire en Italie, et j'en connaissais quelques autres. Mais il me semblait qu'aucune ne convenait vraiment à mes enfants.

 

Par une journée ensoleillée de 1980, j'ai emmené les enfants au parc. Assise sous un arbre à les regarder jouer, j'ai recommencé à réfléchir à la religion que je pourrais bien leur enseigner. Levant les yeux vers le ciel, j'ai prononcé une prière brève mais sincère : " Père céleste, avec toutes ces religions je suis complètement perplexe. Je veux enseigner la vérité à mes enfants. Si la véritable Église existe sur la terre, je te demande de m'aider à la trouver. "

 

Deux jours plus tard, j'étais en train de parler avec une voisine lorsque j'ai vu deux jeunes missionnaires qui descendaient la rue. Mon coeur s'est mis à battre plus fort, et j'ai entendu en moi une voix qui disait : Appelle ces missionnaires. Ma voisine a bien essayé de m'en dissuader, mais la voix insistait : Parle-leur. Et c'est ce que j'ai fait.

 

J'ai appris qu'ils appartenaient à l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers jours. Quelque chose en eux m'a impressionnée ; je ne parlais pas bien l'anglais, et ils ne parlaient pas du tout l'italien, mais je les ai tout de même invités à venir chez nous.

 

Les missionnaires nous ont dit que la véritable Église avait été rétablie et qu'elle avait à sa tête un prophète et des apôtres, exactement comme l'Église du Christ autrefois. Il nous ont parlé de Joseph Smith, le prophète, et nous ont dit qu'il avait vu notre Père céleste et Jésus-Christ et avait organisé l'Église sous l'autorité divine. Tout me paraissait parfaitement logique et nous baignions dans un esprit merveilleux. Je sentais que mon Père céleste était en train de répondre à ma prière.

 

Les missionnaires ont commencé à nous rendre visite. Lorsque les leçons ont été terminées, ils nous ont demandé si nous voulions nous faire baptiser. Cette idée m'enthousiasmait beaucoup, mais Giuseppe n'était pas tout à fait convaincu. Néanmoins, lui et moi, ainsi que nos deux aînés, sommes devenus membres de l'Église.

 

Une semaine plus tard, quelques-uns des amis de mon mari ont Ionguement parlé avec lui. Ils l'ont incité à boire de l'alcool et lui ont dit une foule de choses négatives au sujet de l'Église. Il est rentré fâché et m'a dit qu'il ne voulait plus rien avoir à faire avec l'Église. Il a ajouté qu'il ne voulait pas que les enfants y aillent, et que si j'y retournais moi, à mon retour je trouverais porte close. Je ne savais plus quoi penser. Je suis partie dans la chambre à coucher et me suis blottie sur le lit. Je pensais à tout ce que mon mari avait dit. Ensuite j'ai prié et demandé à mon Père céleste de m'aider.

 

Bientôt, je me suis endormie et j'ai fait un beau rêve. Dans ce rêve, je me trouvais avec un grand groupe de gens. La moitié se trouvaient à ma gauche, l'autre à ma droite. Au milieu, il y avait un personnage en blanc, avec deux missionnaires. Les missionnaires portaient des plaquettes sur lesquelles on pouvait lire - Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Ils ont commencé à s'approcher de moi et je me suis rendu compte que je n'avais rien à craindre, que j'avais pris la bonne décision.

 

Je me suis réveillée en larmes, mais je ressentais de la joie et une grande paix. J'ai essayé de parler du rêve à mon mari, mais il n'a rien voulu entendre. J'étais plus convaincue que jamais que j'avais découvert la vraie Église.

 

Je savais aussi que le Seigneur ne m'abandonnerait pas. Le dimanche suivant, j'ai donc pris mon courage à deux mains et suis allée à l'église avec les enfants. En rentrant chez nous, nous avons trouvé la maison fermée à clé et toutes nos affaires à l'extérieur. Je me faisais du souci pour les enfants, mais je sentais également que nous étions protégés. J'ai vérifié toutes les fenêtres et j'en ai trouvé une qui n'était pas fermée. Mon fils Luciano s'est faufilé à l'intérieur et a ouvert la porte d'entrée, et nous avons réinstallé toutes nos affaires. A partir de ce jour-là, mon mari et moi avons eu de nombreuses disputes au sujet de l'Église. En dépit de ces difficultés, mes enfant, et moi avons continué à être pratiquants.

 

Vingt ans se sont maintenant écoulés depuis que je me suis jointe à l'Eglise, et nous avons été bénis de multiples façons. Nous avons eu encore deux enfants. L'année 1996 a été particulièrement merveilleuse : Luciano est parti en mission en Italie, et notre petit-fils ainé a été baptisé. Comble de bonheur, notre Père céleste a touché le coeur de mon mari à propos de l'Église. En décembre 1999, notre famille a été scellée au temple de Sydney (Australie).

 

J'ai appris que notre Père céleste entend nos prières. Je sais aussi que si nous avons foi au Christ et sommes déterminés à croître spirituellement, tous les désirs justes de notre coeur seront exaucés en temps voulu, que ce soit dans cette vie ou dans la suivante.

 

" JESUS-CHRIST EST MON MODELE "

 

Anonymat préservé

 

Quand j'ai été rattachée à une nouvelle paroisse, au Guatemala, j'ai été surprise de recevoir un appel à la Primaire. Il y avait longtemps que je ne travaillais plus avec des enfants, et j'ai accepté cet appel avec joie.

 

L'une de mes premières responsabilités a été de préparer les enfants pour leur réunion annuelle de Sainte-Cène. Parmi tous les chants que je devais enseigner aux enfants, mon favori était " Jésus-Christ est mon modèle " (Chants pour les enfants, pp. 40-41), mais j'avais un problème : je n'arrivais pas à apprendre les paroles par coeur assez bien pour les enseigner.

 

Un après-midi, j'ai pris le temps d'écouter la musique, tout en me concentrant sur les paroles. En les répétant à plusieurs reprises, j'ai commencé à comprendre le sens profond du principe qu'elles expriment. Un merveilleux sentiment de chaleur m'a envahie. J'avais les larmes aux yeux et une boule dans la gorge. Malgré cela, et après avoir passé plusieurs jours à tenter d'apprendre le chant, je n'y arrivais toujours pas. Je commençais à désespérer. Pourquoi ne puis-je pas chanter ce chant correctement ? me demandais-je. Pourquoi ai-je tant de peine à l'apprendre ? Alors, de manière inattendue, j'ai répondu à ma propre question. Peut-être parce que Jésus-Christ n'est pas vraiment mon modèle.

 

A ce moment-là, je me suis engagée à agir davantage comme le Sauveur voudrait que j'agisse : à faire de lui mon modèle et à lui ressembler autant que possible. J'ai continué à répéter le chant chaque jour, mais, en plus, j'ai mis en pratique le message qu'il contient. Depuis ce jour-là j'essaie d'être plus gentille, plus aimable, plus aimante et plus serviable. J'ai sur le visage un sourire chaleureux, et sur les lèvres un mot d'encouragement. Je rends visite aux malades et donne aux nécessiteux. Chaque mois, je vais en ville avec un sac à dos plein de vêtements, de jouets et de biscuits, à la recherche de ceux qui sont dans le besoin. Chaque jour, j'essaie de trouver le moyen de montrer mon amour à un ami ou à un voisin. Chaque matin, je me réveille heureuse, sachant que la journée qui commence me donnera davantage d'occasions de suivre mon Sauveur.

 

Aujourd'hui, je sais bien ce chant. Je le sais parce que je peux dire, de tout mon coeur : " Jésus-Christ est mon modèle, je marche sur ses pas. "

 

 

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