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VIES EN CONSTRUCTION
par Barbara Jean Jones
Vendredi soir. De Recife à Rio, de Salvador à Sao Paulo, les grandes mégapoles du Brésil bouillonnent de vie : les jeunes se pressent dans les rues, arpentent les promenades de planches du bord de plage et les avenues du centre ville pour se rendre aux fêtes et aux marchés en plein air, dans les cinémas et les spectacles, les restaurants et les clubs.
Mais dans un coin de Sao Paulo, la plus grande métropole du Brésil, qui compte 21 millions d'habitants, des dizaines d'adolescents, occupés à quelque chose de bien peu habituel, oublient toute l'agitation des vendredis soirs des grandes villes.
Assis en petits groupes autour d'un grand bâtiment bien éclairé, ils regardent de temps en temps leur montre en parlant calmement jusqu'à la nuit noire. Ils ne restent pas debout tard pour se rendre dans une discothèque ou pour aller à la séance de nuit d'un cinéma. Ils attendent impatiemment quelque chose d'une importance bien plus grande, quelque chose que leurs ancêtres ont également attendu : le moment qui leur a été désigné pour faire des baptêmes pour les morts au temple de Sao Paulo.
Ce temple ayant été pendant longtemps le seul d'un pays qui compte plus de 700 000 saints des derniers jours, ses portes sont ouvertes toute la nuit tous les vendredis et tard le samedi pour accueillir les membres de I'Église qui y viennent de loin par cars entiers et qui ne peuvent s'y rendre que le week?end. Quand ils arrivent, on désigne à chaque pieu une heure, de jour ou de nuit, pour faire les ordonnances du temple.
DE PLUS EN PLUS DIFFICILE
Aledir Barbour, ancien président du temple de Sâo Paulo, nous dit : " En ce moment la plus grande difficulté est de faire face à une si nombreuse affluence, car beaucoup de pieux veulent venir mais nous ne pouvons pas tous les accueilli comme nous le voudrions ". Il ajoute, dans un sourire : " Mais bien sûr nous aimons ce genre de difficulté. "
Le président du temple aux cheveux blancs cite, de sa voix douce, l'exemple d'un groupe de jeunes et de dirigeants venus en car de Belo Horizonte, grande ville située à 200 kilomètres au nord?est de Sao Paulo. Les jeunes de ce pieu ont apporté les noms de dix mille de leurs ancêtres qu'ils avaient tous trouvés par leurs recherches. Le groupe est resté du mardi au vendredi, mais cela a été loin d'être suffisant pour effectuer les baptêmes pour tous leurs ancêtres.
Tant de jeunes se pressent au baptistère qu'à chaque séjour au temple chacun ne peut généralement se faire baptiser que pour quatre ou cinq personnes décédées. Et cela, après que beaucoup d'adolescents et leurs parents de régions éloignées ont économisé de l'argent pendant des mois pour le voyage et ont roulé en bus pendant des jours pour se rendre à Sao Paulo.
Lors de sa consécration en 1978, le temple de Sao Paulo pouvait répondre aux besoins des membres de l'Église du Brésil, qui étaient moins de 60 000. Mais ce nombre a plus que décuplé depuis, et le temple est constamment bondé depuis un certain temps.
Heureusement, la croissance rapide qui a occasionné ces difficultés a également été le catalyseur qui a provoqué un changement merveilleux, changement qui commence à apporter des bénédictions aux jeunes Brésiliens.
UNE ÈRE DE CONSTRUCTION
Fabio Fogliatto, 17 ans, et ses amis du pieu de Canoas, à l'extrême sud du Brésil, observent intensément à travers une palissade des ouvriers casqués qui construisent un bâtiment. Fabio fait observer, satisfait, que l'un des ouvriers quitte le chantier avant d'allumer une cigarette. " Il doit savoir que ce lieu est sacré pour nous ", dit?il.
Ce qu'ils voient de l'autre côté de la palissade est spectaculaire. Se détachant sur l'arrière?plan de la ville, les murs du temple de Porto Alegre sortent de la terre rouge.
Ivan Carvalho, 14 ans, de la paroisse de Esteio, nous dit : " Rien qu'à les voir construire le temple, je ressens que c'est vraiment un temple du Seigneur. Je veux encore plus fort venir faire les ordonnances pour les morts et pour moi. "
Guilherme Recordon, 14 ans, de la paroisse de Estancia Velha, ajoute : " Et maintenant qu'on n'aura plus que vingt kilomètres à faire au lieu de trois cents, on pourra peut?être venir toutes les semaines ! "
Les sentiments exprimés par ces garçons traduisent l'enthousiasme que suscite dans tout le Brésil la construction de temples. Un autre temple est presque terminé à Campinas (ville située juste à l'ouest de Sao Paulo). Un autre encore vient d'être consacré, à Recife. Et tandis que l'Église construit des temples au Brésil, les jeunes du pays édifient une vie qui les rend dignes d'aller au temple.
NE PAS PERDRE LE TEMPLE DE VUE
Etre digne d'aller au temple est loin d'être facile pour les jeunes Brésiliens. Ils subissent les moqueries de leurs camarades s'ils ne se droguent pas, ne boivent pas et ne fument pas. L'impudeur extrême s'étale partout sur les affiches publicitaires et à la télévision aux heures de grande écoute. Beaucoup d'élèves apportent des magazines pornographiques à l'école. Pendant le célèbre carnaval, qui dure une semaine, l'impudicité et l'immoralité s'affichent dans la rue au cours des défilés.
Mais les jeunes saints des derniers jours disent que la vision du temple les aide à respecter les commandements malgré les nombreuses tentations et les nombreuses épreuves qu'ils rencontrent. Fabio Marques, 16 ans, de la quatrième paroisse de Campinas, dans le pieu du même nom, nous dit : " A l'école, quand nous refusons de regarder des magazines pornographiques, on se moque de nous. Mais j'ai le but d'aller en mission et de me marier au temple, alors je sais déjà que je ne vais pas regarder ce genre de choses si on me les montre. J'ai déjà pris ma décision.
Fabio dit que la proximité du temple va les aider, ses amis de l'Église et lui. " C'est dur d'aller au temple de Sao Paulo, mais bientôt on pourra faire des baptêmes pour les morts plus facilement et plus souvent au temple de Campinas. Et chaque fois qu'on le fait, on se fixe avec plus de force le but de retourner au temple et d'être digne de s'y marier. "
Chaque fois que les difficultés lui paraissent trop grandes, Janise Figueiro, 18 ans, regarde le petit flacon de terre rouge que lui a donné sa présidente des Jeunes Filles de la paroisse de Higienopolis, dans le pieu de Moinhos de Vento Porto Alegre. Elle dit : " Chaque fois que je regarde cette terre du terrain du temple, je me souviens que je dois être digne. "
PRET À Y ENTRER
Juliano Garcia, 14 ans, de la paroisse de Guaiba Jardim, dans le pieu de Moinhos de Vento Porto Alegre, est ravi du prix qu'il a remporté. Bien que membre de l'Église depuis un peu moins d'un an à l'époque, il a gagné une chasse aux Écritures au championnat multipieu du séminaire. Quand il a commencé à feuilleter le livre qu'il a reçu en récompense, un fascicule intitulé Le Temple sacré, de Boyd K. Packer, du Collège des douze apôtres, il a été fasciné par les photos des fonts baptismaux et des salles célestes de temples. Il ne savait pas grand chose du temple, mais, tandis qu'il lisait un passage du fascicule sur le baptême pour les morts, il a pensé à ses grands-parents décédés. Il raconte : " J'ai pensé à mes grands?parents, qui étaient formidables, et je me suis dit que je voulais plus que tout au monde aller au temple pour eux. " Juliano n'a pas pu se rendre au temple de Sao Paulo, mais à présent il se prépare à aller à Porto Alegre.
Tandis qu'ils continuent d'édifier peu à peu une vie qui leur permettra d'être dignes d'aller au temple, Juliano et d'autres adolescents brésiliens ne doutent pas qu'ils seront prêts quand les portes des nouveaux temples s'ouvriront.
LE COEUR DES ENFANTS
Lorsque l'ange Moroni est apparu à Joseph Smith, âgé de 17 ans, en 1823, il a dit au jeune prophète qu'Élie, le prophète, implanterait dans le coeur des enfants les promesses faites aux pères, et que le coeur des enfants se tournerait vers leurs pères (voir Joseph Smith, Histoire 1:39).
Cette prophétie s'accomplit littéralement dans le coeur des jeunes Brésiliens. " L'Esprit d'Élie est à l'oeuvre, surtout chez les jeunes. Il les fait accomplir les ordonnances pour leurs ancêtres. C'est quelque chose qu'on ne peut expliquer ", dit Aledir Barbour, ancien président du temple de Sao Paulo.
Par exemple, Jeferson Montenegro de Canoas (photo ci-dessous) et Suelen Alexandre (15 ans), José Meirelles (18 ans), Priscila Cavalieri (18 ans), Carlita Fochetto (14 ans) et Carolina (16 ans), Christiane (15 ans) et Carlos Rodriguez (12 ans), de Sào Paulo, travaillent bénévolement dans leurs centres généalogique respectifs de dix à vingt heures par semaine. Ils aident les membres de l'Église dans leurs recherches, saisissent sur ordinateur les noms collectés par extraction et recherchent les noms de leurs propres ancêtres.
Ces adolescents ne sont pas des cas inhabituels. Beaucoup de jeunes Brésiliens ont trouvé le nom de centaines de leurs ancêtres et ont commencé avidement à effectuer les ordonnances du temple pour eux. Pourquoi ? Laissons Jeferson répondre : " Je ressens l'influence de l'esprit d'Élie. Je me sens proche de mes ancêtres. "
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