LA PERSONNE QUE VOUS SEREZ

 

par Lance B. Wickman
des soixante-dix

 

Quelle vision avez-vous de l'avenir, jeunes gens et jeunes filles qui êtes au début de votre vie ? N'avez-vous la vision que de votre métier ? Lorsque vous vous regardez dans la glace, n'y voyez-vous qu'un futur comptable, une future secrétaire juridique ou un futur décorateur d'intérieur ? Ou bien votre vision va-t-elle plus loin que cela ? Lorsque vous regardez dans la glace ou lorsque vous fermez les yeux, imaginez-vous la personne que vous façonnez comme quelqu'un de noble et de digne ? Voyez-vous quelqu'un d'ascendance royale pouvant faire beaucoup pour le bien-être de l'humanité et l'édification du royaume de Dieu ? Vous arrive-t-il de vous imaginer dans dix, trente ou cinquante ans ? Si oui, qui et que voyez-vous ?

 

Ce sont là des questions auxquelles il est urgent que vous trouviez des réponses car, comme le sculpteur devant le bloc de granit intact, vous avez un grand don qui ne se présentera plus jamais aussi neuf et sans défaut qu'à présent. Je parle de la grande bénédiction que sont les possibilités qui vous sont données.

 

POSSIBILITÉS

 

C'est à vous qu'il appartient de façonner votre vie. Doté de la vigueur de la jeunesse et de peu d'obligations, vous abordez la période où vous avez les plus grandes possibilités. Mais ces possibilités sont un bien fugace. Elles sont, au sens le plus littéral du terme, présentes aujourd'hui et disparues demain.

 

La phrase latine Carpe diem signifie " saisis le jour (sous entendu : qui passe) ". " Aujourd'hui " est à votre portée.

 

Mais si vous ne le " saisissez " pas, il glissera entre vos doigts comme du mercure et disparaîtra. Oh, bien sûr, le soleil se lèvera tous les matins tout au long de votre vie, et chaque journée vous offrira des possibilités de faire de bonnes oeuvres et de trouver le bonheur. Mais aucun autre " aujourd'hui " ne sera plus jamais tout à fait le même que celui qui est à présent à votre portée. Carpe diem.

 

Aujourd'hui est le moment de faire de votre vie une oeuvre d'art magnifique. Mais comment devez-vous vous y prendre ? Sur ce point comme en toutes choses, la vie du Sauveur est pleine d'enseignements. Vous vous rappelez qu'alors qu'il n'avait que douze ans, Marie et Joseph l'ont emmené avec eux à Jérusalem. Il s'est trouvé séparé d'eux et, pendant trois jours remplis d'angoisse, les parents inquiets ont cherché leur fils divin. Ils l'ont trouvé dans le temple, enseignant parmi les docteurs de théologie juive. Le réprimandant gentiment, Marie, sa mère, lui dit : " Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? Voici, ton père [désignant Joseph] et moi, nous te cherchions avec angoisse. "

 

En réponse, et lui rappelant également avec gentillesse sa position divine, Jésus dit : " Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? " (Luc 2:48-49)

 

Même enfant, il y avait chez Jésus du sérieux, inspiré par sa conscience de sa grande mission. Il était pressé de s'occuper des affaires de son Père et cet empressement marquait chaque aspect de sa vie. N'y a-t-il pas là une leçon pour vous et pour moi ? Nous avons, nous aussi, une mission sacrée, notre mandat confié par le Seigneur, pour reprendre la belle expression de Jacob (voir Jacob 1: 17).

 

QUEL GENRE DE PERSONNE

 

Le moment n'est-il pas venu de nous occuper des affaires de notre Père ? Vous et moi n'avons pas créé le monde où nous sommes nés, mais nous pouvons certainement créer le genre de personne que nous serons en y vivant. Ce processus n'est pas très aisé. Joseph Smith s'est lamenté de sa difficulté.

 

Il a dit, en parlant de l'expérience de sa jeunesse après avoir reçu son mandat du Seigneur : " Pendant la période qui s'écoula entre le moment où j'eus la vision et l'année mil huit cent vingt-trois... je fus abandonné à toutes sortes de tentations ; et, fréquentant toutes sortes de milieux, je tombai fréquemment dans beaucoup d'erreurs insensées et manifestai les faiblesses de la jeunesse et les imperfections de la nature humaine ; ce qui, j'ai le regret de le dire, m'entraîna dans diverses tentations offensantes aux yeux de Dieu. Bien que je fasse cette confession, il ne faut pas penser que je me rendis coupable d'avoir péché gravement ou par méchanceté. Il n'a jamais été de ma nature d'être enclin à commettre de tels péchés. Mais je fus coupable de légèreté et tins parfois joyeuse compagnie, etc., ce qui ne convenait pas à la réputation que devait entretenir quelqu'un qui avait été appelé de Dieu comme je l'avais été " (Joseph Smith, Histoire 1:28).

 

Cela vous est-il familier d'être coupable de légèreté ou de tenir joyeuse compagnie ? Il ne fait pas de doute que nous avons tous commis ces erreurs. Ce ne sont pas, pour reprendre les propos de Joseph, des péchés graves ou méchants. Mais ils sont indignes de gens appelés de Dieu comme nous l'avons été. La belle expression de Paul nous parvient à travers les siècles : " Lorsque j'étais enfant, je pensais comme un enfant... lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant " (1 Corinthiens 13:11).

 

Le moment est venu de faire disparaître ce qui est de l'enfant. Cela signifie de véritablement voir le sens de la vie. Cela signifie voir " aujourd'hui " comme la magnifique possibilité qu'il est. C'est aujourd'hui qu'il faut tirer le meilleur parti de vos études, de vous préparer au service missionnaire et au mariage au temple. C'est aujourd'hui qu'il faut magnifier vos appels et vos responsabilités dans l'Église, renoncer à vous-mêmes pour rendre service à la manière du Christ. C'est aujourd'hui qu'il faut prendre de bonnes décisions et faire preuve de résolution, qui sont votre maillet et votre ciseau, pour vous préparer à demain. C'est exactement cela vous occuper des affaires de votre Père.

 

Mes chers jeunes amis, carpe diem ! Saisissez ce jour-ci ! Saisissez la merveilleuse possibilité qui se présente ! Votre présent est paré de la vérité de l'Évangile rétabli de Jésus-Christ. Votre avenir est très prometteur, si vous tirez le plus grand parti d'aujourd'hui.

 

Le trait véritablement distinctif de l'Evangile est la promesse du lendemain. Le temple sacré est le grand symbole de cette promesse. Ses ordonnances éternelles, la vérité qu'il représente, tout cela confère de l'éclat à demain, dans le temps et dans l'éternité. Jésus-Christ, le Sauveur du monde, a acheté notre lendemain. Le temple scelle cette magnifique bénédiction sur nous tous dans toute sa plénitude.

 

Tout ce que nous avons à faire, c'est la saisir aujourd'hui. Carpe diem !

 

Adapté d'un discours prononcé au LDS Business College, le 4 novembre 1998.

 

 

l Accueil l Écritures l Livres l Magazines l Études l Médias l Art l