UN FONDEMENT FERME EN ALLEMAGNE

 

par Paul VanDenBerghe

 

Gotfried Richter, qui a maintenant 79 ans, repense à sa vie presque entièrement passée au service de l'Église, qui a commencé à une époque où il était extrêmement difficile d'être saint des derniers jours dans son pays. Après quatre ans et demi dans les camps de prisonniers en Russie, il est revenu à Karl-Marx-Stadt (maintenant Chemnitz), en République démocratique allemande sous contrôle communiste. Il a connu l'Église par l'intermédiaire d'une amie qui est devenue par la suite sa femme, et s'est fait baptiser en 1951. En 1952, Gertraude et lui ont eu leur premier enfant. L'année suivante il a été appelé en mission à plein temps. A cette époque, quand on était saint des derniers jours on était automatiquement suspecté par la police secrète. C'est ce qui s'est passé ensuite pendant de nombreuses années alors qu'il servait comme président de district puis dans, la présidence de la mission de Dresde. Cet ancien prisonnier de guerre sert maintenant le Seigneur dans une Allemagne réunifiée comme scelleur au temple de Freiberg.

 

" Après la guerre, il y avait beaucoup de membres de l'Église âgés mais peu de jeunes, mais cela a beaucoup changé. Aujourd'hui, il y a beaucoup de jeunes membres. Et c'est vraiment quelque chose de très formidable ", dit frère Richter avec un grand sourire. " Ils se marient entre eux dans l'Église et élèvent des enfants qui sont forts dans l'Évangile. Après demain je vais sceller un jeune couple dans le temple de Freiberg. Ils sont tous les deux de la cinquième génération dans l'Église. "

 

Cette croissance de l'intérieur est la raison fondamentale de la maturité et du fondement ferme de l'Église en Allemagne aujourd'hui. En plus de ce fondement de dirigeants et de service évangélique dévoué, il y a trois autres raisons à la force de l'Église : la manière dont les saints des derniers jours sont perçus par le public et la collectivité, la manière dont les membres de l'Église affrontent les difficultés d'aujourd'hui et la manière dont l'Évangile se répand grâce à l'oeuvre missionnaire.

 

CONSTRUIRE SUR UN FONDEMENT FERME

 

Holger D. Rakow, soixante-dix-autorité interrégionale à Berlin, dit : " Dans les pieux allemands nous avons un fondement ferme. Nous avons d'anciens missionnaires qui ont fondé des familles. Ces dirigeants sont maintenant de la deuxième, troisième et quatrième génération de membres. Leurs enfants ont grandi dans l'Église ; ils savent ce que signifie faire une soirée familiale ; ils savent ce que signifie prier ensemble. " L'Église a vraiment acquis beaucoup de maturité depuis que les saints des derniers jours ont commencé à prêcher l'Évangile en 1840 en Allemagne.

 

En 1843, quatre ans avant que les saints n'entrent dans la vallée du lac Salé, la première branche allemande avait déjà été établie à Darmstadt, en Allemagne. Rencontrant beaucoup d'opposition, l'Église a progressé lentement. Quand la Première Guerre mondiale a éclaté, près de 200 missionnaires ont été retirés d'environ 60 branches en Allemagne et en Suisse, pourtant la plupart de ces branches sont restées intactes. Les missionnaires ont de nouveau été évacués durant la Deuxième Guerre mondiale, et les membres ont vaillamment continué de vivre l'Évangile. Divisée en zones d'occupation après la guerre, l'Allemagne a finalement été réunifiée en 1990, permettant aux membres de l'ancienne RDA, qui avaient été pratiquement coupés du reste de l'Église, d'être réunis aux autres saints de leur pays. Aujourd'hui, il y a 36 000 membres en Allemagne, organisés en 14 pieux, 92 paroisses et 96 branches.

 

Comme exemple de la croissance de l'Église depuis l'intérieur, il y a la famille de Wolfgang et Karin Pilz. Frère Pilz, actuellement premier conseiller dans le pieu de Mannheim, au sud du centre de l'Allemagne, est médecin. Il est de la quatrième génération dans l'Église et son arrière-grand-père s'était joint à l'Église en 1894. Frère et soeur Pilz, qui ont tous les deux fait une mission, ont cinq enfants et leur fille aînée s'est récemment mariée au temple de Francfort.

 

Reprenant l'idée de frère Rakow, frère Pilz dit : " L'Église a grandi lentement mais régulièrement ici en Allemagne. Ce n'est pas tant parce que nous avons beaucoup de convertis mais plutôt parce que les familles restent dans l'Église, que leurs enfants restent dans l'Église et fondent une famille à leur tour. "

 

Dans un pays de 82 millions d'habitants, les jeunes de l'Église sont en général une petite minorité dans la collectivité et à l'école. " Les enseignants savent qu'ils sont membres de l'Église ", dit Karin Pilz. Et comme les jeunes ont appris à défendre leurs croyances et à montrer le bon exemple, ils sont remarqués. " Quand notre fille Kathrin est allée à l'école le premier jour, continue Karin, le professeur lui a dit : 'Tu es mormone. je connais un autre mormon. Il a eu son diplôme l'année dernière, c'est vraiment quelqu'un de bien.' "

 

Le président Pilz dit : " Je pense vraiment que nos enfants sont préparés à être forts. Et cela commence dès la Primaire. Nous avons d'excellents instructeurs et de très bonnes classes même dans les plus petites paroisses et branches. "

 

DES AMÉLIORATIONS AU NIVEAU DE LA COMMUNICATION

 

Étant donné la forte opposition du début du siècle, de nombreux membres de l'Église ne parlaient pas volontiers en public de leur appartenance à l'Église. Maintenant, grâce à une participation active dans la collectivité et à des efforts de relations publiques, l'Église devient plus respectée et mieux connue en Allemagne. " Plus nous améliorons la réputation de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours grâce au travail que nous faisons, plus les portes s'ouvriront à nos missionnaires ", dit Jörn, Otzmann, récemment relevé de la présidence du pieu de Neumünster, dans le nord de l'Allemagne.

 

Dieter Berndt de la paroisse de Dahlem, dans le pieu de Berlin, est directeur de la communication pour l'Allemagne. Il dit que l'Église n'a jamais eu une meilleure position qu'aujourd'hui dans les collectivités et aux yeux des médias. Il dit aussi que l'Église a d'excellentes relations avec le gouvernement, avec les administrations locales et au sein des organisations religieuses nationales. Auparavant il n'y avait presque aucun contact à ce niveau.

 

Monika Dannenberg, chargée de la communication, de la paroisse de Pinneberg, dans le pieu de Neumünster, est de la quatrième génération dans l'Église. Elle tapait les bénédictions pour son grand-père qui était patriarche de pieu, et elle a appris de sa grand-mère comment faire les visites d'enseignement. Parlant des efforts qui sont faits dans son pieu comme dans toute l'Allemagne, elle explique : " Nous avons ouvert les activités des paroisses et des branches et invité le public. Il vient souvent des journalistes, et beaucoup ont écrit des articles favorables sur l'Église. " Des voisins, des collègues de travail, des professeurs, des amis et des dirigeants gouvernementaux assistent souvent aux baptêmes, aux mariages ou à d'autres activités dans les bâtiments de l'Église.

 

Dans d'autres parties de l'Allemagne également, les membres de l'Église se tournent vers les membres d'autres religions. Par exemple, Hans-Joachim Egly, président du pieu de Dusseldorf, situé près de la frontière avec les Pays-Bas et la Belgique à l'ouest, nous parle de l'orchestre municipal organisé par son pieu depuis maintenant de nombreuses années. Deux fois par an, quelque 50 musiciens amateurs, dont la plupart ne sont pas membres de l'Eglise, se réunissent dans le centre de pieu pour répéter et donner un concert. Habituellement environ 250 personnes, membres et non-membres, viennent ensemble assister au concert.

 

Dans le nord de l'Allemagne, une émission de radio semestrielle diffuse régulièrement des renseignements positifs sur l'Église. Et il y a quelques années, une importante chaîne de télévision a présenté favorablement l'Église et parlé des organisations des Jeunes Filles et des Jeunes Gens, des centres généalogiques et de l'oeuvre du temple, ainsi que de la soirée familiale.

 

Dans le sud de l'Allemagne, Heinz Schwing, président du pieu de Stuttgart, explique que 9 des 13 églises de son pieu ont un centre généalogique qui reçoit un très grand nombre de visiteurs non membres de l'Église. Il parle aussi avec enthousiasme des cassettes vidéo sur le Sauveur qui sont offertes gratuitement dans la collectivité. Les cassettes sont offertes personnellement par des membres à leurs amis et voisins. Les membres invitent souvent leurs amis chez eux pour regarder la cassette puis la leur donnent en cadeau.

 

Frère et soeur Pilz, membres de la paroisse de Darmstadt, parlent du mariage au temple de leur fille. " Nous avions invité de nombreuses personnes à une réception de mariage dans la salle culturelle de l'Église, dit soeur Pilz, et nous avons eu environ 300 personnes ; beaucoup d'entre elles n'étaient pas membres. " Frère Pilz ajoute : " Il y avait même des professeurs et des camarades de classe. A mon époque, ils ne seraient jamais venus ; ils ne seraient pas entrés dans une église mormone. " Soeur Pilz dit que les invités étaient impressionnés par l'Église. " Les professeurs qui sont venus en ont parlé à d'autres professeurs. C'est le genre d'oeuvre missionnaire que nous pouvons faire maintenant pour que nos amis et nos voisins voient la merveilleuse fraternité que nous avons dans l'Église. "

 

Chaque année, les membres et les missionnaires des pieux de Hambourg et de Neumünster et de la mission de Hambourg, dans le nord de l'Allemagne, travaillent ensemble à la plus grande foire commerciale d'Allemagne : " Vous et votre monde ". L'exposition de l'Église est centrée sur la généalogie et la famille en général et des ordinateurs y sont installés pour la recherche généalogique. Les visiteurs peuvent même avoir leur photo prise électroniquement et imprimée sur un arbre généalogique à leur nom. A cette foire et en de nombreuses autres occasions où l'exposition est utilisée, des exemplaires du Livre de Mormon et d'autres publications de l'Église sont à la disposition du public. A la foire commerciale de 1999, les missionnaires ont relevé plus de 50 noms et adresses de personnes qui voulaient en savoir plus sur l'Église. Parlant de quelque chose de plus que la simple recherche d'ancêtres, le président Otzmann a dit : " De nombreuses personnes ont dit avoir trouvé des choses qu'elles cherchaient depuis longtemps. "

 

DE LA FORCE POUR AFFRONTER LES DIFFICULTÉS

 

Dans ce pays européen, qui est l'une des cinq grandes puissances économiques mondiales, il y a encore aujourd'hui une différence énorme sur le plan économique entre les régions de l'Est et de l'Ouest. Tandis que les dirigeants de l'Église des régions de l'ancienne RDA parlent des problèmes liés au chômage et aux difficultés financières, les dirigeants des autres parties de l'Allemagne parlent du bien-être social qui éloigne les gens de la religion. Le président Schwing, du pieu de Stuttgart, dans le sud de l'Allemagne, dit : " Les gens en général sont satisfaits de leur vie personnelle et sociale et ne s'intéressent pas à la religion. "

 

A la chute du mur de Berlin en novembre 1989, de nouvelles libertés sont entrées en RDA. " Nous avons maintenant beaucoup de liberté ", dit frère Richter, de Chemnitz. " Mais elle s'accompagne de dangers ", particulièrement la mauvaise utilisation de cette nouvelle liberté. Siegfried Sacher, président du pieu de Dresde, l'exprime ainsi : " Toutes ces nouvelles possibilités et cette liberté s'accompagnent de la responsabilité de gérer cette liberté, d'organiser notre temps et nos moyens pour servir le Seigneur. " Mais le président Sacher explique que les membres de l'Église utilisent diligemment leur temps et leurs talents pour fortifier le royaume de Dieu.

 

Les difficultés de cet accroissement de liberté sont liées à un problème que l'on rencontre presque partout dans le monde aujourd'hui : un climat profane qui engendre l'immoralité et la recherche du plaisir. " Les tenues impudiques sont considérées comme normales ", dit le président 0tzmann. " Certaines autres Eglises commencent à déclarer que l'homosexualité est acceptable et que dans notre société on peut tout à fait vivre ensemble sans se marier. La drogue et l'alcool détruisent de plus en plus de familles. Nous devons nous protéger et protéger nos jeunes de ces dangers. " L'Évangile offre un refuge contre ces tendances dangereuses, un refuge reconnu même par les gens qui ne font pas partie de l'Église.

 

Quand Francesca Morelli a rencontré les missionnaires, il y a trois ans, dans le nord de l'Allemagne, elle avait 16 ans et elle subissait des pressions néfastes de la part de ses camarades. Elle raconte : " Deux semaines avant de rencontrer les missionnaires, des amis voulaient me faire goûter à la drogue. Puis j'ai rencontré les missionnaires, et tout a changé. "

 

Après plusieurs semaines au cours desquelles elle a suivi les leçons missionnaires, Francesca a voulu se faire baptiser, mais sa mère était farouchement opposée à l'Église. Ce n'est qu'après beaucoup de supplications et de tristesse que Francesca a finalement reçu la permission de sa mère. Elle s'est fait baptiser le 23 novembre 1997. Les membres de la paroisse d'Altona, dans le pieu de Hambourg, l'ont accueillie et intégrée avec amour. Les autres jeunes filles l'ont particulièrement aidée. " Mes plus proches amies, celles qui ne m'ont jamais laissée tomber, sont membres de l'Église ", dit Francesca.

 

Après le baptême de Francesca, sa mère a suivi son exemple et s'est jointe à l'Église, et son jeune frère suit les leçons et se prépare au baptême avec impatience. " Je suis vraiment reconnaissante d'avoir rencontré les missionnaires à un si jeune âge, dit Francesca. Je ne sais pas ce qui me serait arrivé si je n'avais pas trouvé l'Évangile. "

 

LES PROGRÈS DE L'OEUVRE MISSIONNAIRE

 

L'oeuvre missionnaire a complètement changé depuis que frère Richter a fait une mission en RDA en 1953, à son retour des camps d'internement russes. En fait, quand des missionnaires étrangers à plein temps ont à nouveau eu la permission d'entrer en RDA en 1989, cela faisait 50 ans qu'il n'y en avait pas eu dans cette partie de l'Allemagne.

 

La même année les premiers missionnaires de RDA ont eu la permission de quitter leur pays pour aller servir dans d'autres parties du monde.

 

Il y a maintenant six missions en Allemagne, et plus de jeunes gens que jamais auparavant venant de toute l'Allemagne partent en mission. Le président Otzmann repense à son appel en mission en 1972 : " Avant mon départ en mission, il n'y avait eu que deux personnes de ma paroisse de Lübeck à faire une mission à plein temps, et cette paroisse existait depuis 100 ans. A partir de cette époque, presque tous les jeunes gens pratiquants et plusieurs jeunes filles sont partis en mission. Dans le pieu de Neumünster nous avons actuellement 14 jeunes en mission. Et depuis 1991, à peu près 65 jeunes du pieu sont partis en mission. " En 1999, il y avait 172 allemands en mission à plein temps dans le monde entier.

 

Thomas Gehlauf, de la paroisse de Dresde, faisait partie du deuxième groupe de missionnaires autorisés par le gouvernement communiste à servir dans d'autres pays. Il a quitté la RDA en mai 1990 pour servir au Colorado et, à son retour de mission, il a trouvé une Allemagne réunifiée. Il se souvient de la joie des membres de l'Église de RDA quand des missionnaires à plein temps sont entrés dans leur pays après la chute du mur de Berlin en 1989. Il dit que de servir comme missionnaire de pieu était à l'époque " une formidable préparation pour partir en mission à plein temps. Nous avions des rendez-vous pour enseigner les leçons presque tous les jours jusqu'à 9 ou 10 heures du soir. Et il y a eu des baptêmes presque chaque dimanche pendant environ six mois après l'arrivée des missionnaires à Dresde. "

 

UN FONDEMENT SUR LEQUEL CONSTRUIRE

 

Tandis que de nouveaux membres acceptent l'Évangile en Allemagne, ajoutant de la force, du sang neuf et de la vitalité aux paroisses et aux branches, l'Église continue de grandir de l'intérieur. Des milliers de parents justes, auxquels l'Évangile a été enseigné dans leur enfance par leurs parents, qui l'avaient eux-mêmes reçu de leurs parents, et eux des leurs, élèvent aujourd'hui une nouvelle génération de saints des derniers jours fidèles.

 

La force de surmonter les nombreuses difficultés rencontrées par les membres d'Allemagne leur vient du fait qu'ils savent qu'ils ne sont pas seuls face à ces difficultés ; ils font partie d'une communauté mondiale de saints. Même avant la réunification de l'Allemagne, quand les membres de RDA étaient encore coupés du reste de l'Église, frère Richter, de Chemnitz (alors Karl-Marx-Stadt), ne se sentait pas séparé des autres saints.

 

A cette époque, alors qu'il servait dans la présidence de la mission de Dresde, frère Richter avait demandé l'autorisation de tenir une réunion de l'Église. Il fallait une autorisation officielle pour les rassemblements religieux. Le responsable du gouvernement avait refusé de donner l'autorisation, disant qu'il n'aimait pas l'Église parce qu'elle était américaine et parce que ses membres n'avaient plus besoin du gouvernement étant donné l'attention et l'aide que l'Église leur apportait. Il croyait que l'Église n'avait pas sa place en RDA.

 

" Notre Église est internationale, avait répondu frère Richter. Vous pouvez me parachuter n'importe où dans le monde et je me sentirai parfaitement chez moi dans le bâtiment de l'Église le plus proche. En serait-il de même pour vous ? " Le responsable n'a pas su que répondre et il a fini par donner l'autorisation pour la réunion.

 

Le président Sacher dit : " Il est merveilleux de savoir que dans le monde il y a 11 millions de personnes qui ont le même témoignage du Sauveur et le même témoignage de son Église. " En Allemagne et dans le monde entier on assiste à l'accomplissement des paroles de l'apôtres Paul : " Ainsi donc, vous n'êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu " (Éphésiens 2:19).

 

LA BÉNÉDICTION D'AVOIR UN TEMPLE

 

Thomas S. Monson, aujourd'hui premier conseiller dans la Première Présidence, s'est rendu pour la première fois en République démocratique allemande (RDA) en 1968. Rencontrant un groupe de saints des derniers jours dans Ia ville de Görlitz, le président Monson a été attristé de constater que ces membres ne pouvaient pas profiter pleinement de nombreuses bénédictions de l'Évangile : ils n'avaient ni patriarche, ni paroisses, ni pieux, seulement des branches, et ils ne pouvaient pas aller au temple. Il a raconté : " Je me suis avancé au pupitre et, les larmes aux yeux et Ia voix brisée par l'émotion, j'ai fait cette promesse aux gens : Si vous restez fidèles aux commandements de Dieu, vous recevrez toutes les bénédictions qu'ont les membres de l'Église des autres pays " (" Que Dieu en soit loué ", L'Etoile, juillet 1989, p. 47).

 

Sept ans plus tard, le président Monson est retourné en RDA, et le 27 avril 1975, il a fait une prière pour reconsacrer le pays à la propagation de l'Évangile. Dans sa demande d'aide divine, il a supplié notre Père céleste d'établir Ia paix et d'ouvrir le pays à l'oeuvre missionnaire : " Père céleste, veuille ouvrir la voie pour que les fidèles reçoivent la bénédiction d'aller à ton saint temple " (Thomas S. Monson, Faith Rewarded, 1996, p. 36).

 

L'accomplissement de ces promesses de bénédictions n'était pas concevable au moment où elles ont été prononcées. Manfred Heller, premier conseiller dans l'épiscopat de Dresde, explique qu'avant 1985 très peu de personnes avaient la possibilité de recevoir les bénédictions du temple. Il fallait obtenir l'autorisation de l'administration de faire un voyage en dehors du pays. Dans des cas exceptionnels, des personnes à la retraite obtenaient parfois l'autorisation et allaient en Suisse recevoir leur dotation.

 

Après des années d'études de toutes les possibilités, la réponse est venue. Le président Monson a raconté : " Grâce aux jeûnes et aux prières de nombreux membres, et de la façon la plus naturelle, les officiels proposèrent : Au lieu de faire aller vos gens en Suisse pour se rendre dans un temple, pourquoi ne construisez-vous pas un temple ici, en République démocratique allemande ? La proposition fut acceptée. Nous obtînmes un magnifique terrain à Freiberg et nous donnâmes le premier coup de pioche de la construction d'un temple de Dieu " (L'Etoile, juillet 1989, p. 48).

 

Quatre ans avant la chute du mur de Berlin, le 29 juin 1985, le temple de Freiberg a été consacré. Durant les deux semaines de visites guidées qui ont précédé la consécration, environ 90 000 personnes ont visité le temple, des milliers de gens ont attendu jusqu'à cinq heures sous la pluie pour voir le nouveau temple. Et maintenant des milliers de saints des derniers jours fidèles ont reçu les bénédictions du temple dans cette maison sacrée.

 

" Je me souviens de la visite du président Monson quand il est venu consacrer le pays ", dit Winfried Batzke, président du pieu de Berlin, " et j'ai vu comment, peu à peu, ses promesses ont été tenues. "

 

HISTOIRE DE L'EGLISE EN ALLEMAGNE

 

1840 - Arrivée des premiers saints des derniers jours connus
1843 - Création de la première branche à Darmstadt
1852 - Arrivée du premier président de mission en Allemagne ; publication du Livre de Mormon en allemand
1939 - Evocuation des missionnaires d'Allemagne ou début de la Deuxième Guerre mondiale
1945 - Retour des missionnaires dans les régions occidentales de l'Allemagne mais ils ne sont pas admis dans Ia zone d'occupation soviétique
1947 - Commémoration du centenaire de l'arrivée des pionniers à Dresde par environ 5000 membres
1961 - Construction du mur de Berlin dans la nuit du 12 au 13 août
1977 - Soutien de F. Enzio Busche, de Dortmund comme membre du premier collège des soixante-dix
1985 - Consécration du temple de Freiberg, en République démocratique allemande le 29 juin ; 29 900 membres (comparé à 13 829 en 1975)
1987 - Consécration du temple de Francfort le 28 août
1989 - Entrée des premiers missionnaires depuis 50 ans en RDA le 30 mars ; départ des premiers missionnaires originaires de RDA pour servir dans d'outres pays le 28 mai ; chute du mur de Berlin le 9 novembre.
1990 - Réunification de l'Allemagne le 3 octobre
1994 - Soutien de Dieter F. Uchtdorf, de Francfort, membre du deuxième collège des soixante-dix ; soutien comme membre du premier collège en 1996

 

L'ALLEMAGNE AUJOURD'HUI

 

Habitants - 82 millions
Superficie - 356 910 kilomètres carrés
Membres de l'Église - 36000
Temples - 2 (Francfort et Freiberg)
Pieux - 14
Paroisses - 92
Branches - 96
Missions - 6
Élèves et étudiants des séminaires et instituts - 2232

 

 

l Accueil l Écritures l Livres l Magazines l Études l Médias l Art l