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UNE VISION ETERNELLE
Carlos H. Amado des soixante-dix
Maria Coj était une jeune fille de dix-sept ans, membre de l'Eglise au Guatemala, et l'ainée de huit enfants. Elle était atteinte de cysticercose, maladie parasitaire provoquée par des aliments infectés, qui s'étendait progressivement à son cerveau et lui causait de terribles maux de tête et la rendait aveugle. Pour alléger sa souffrance, il a été nécessaire de transporter la jeune fille de Solola, où elle habitait, à Guatemala City. A cause de convulsions dues à l'aggravation de la maladie, son état empira, et elle ne survécut que grâce à des services de soins intensifs. Il devint évident qu'elle ne pourrait pas vivre beaucoup plus longtemps dans ces conditions.
A la même époque, Erika Alonzo, jeune fille non voyante, âgée de douze ans, membre de l'Eglise, voyagea pendant vingt-deux heures en autocar du Honduras jusqu'à Guatemala City pour subir une opération de l'oeil. Elle attendit pendant deux semaines qu'une cornée soit envoyée des Etats-Unis pour qu'on pratique une transplantation, mais aucune n'était disponible.
Dans l'intervalle, Maria mourut. Comme sa cécité était causée par une pression exercée sur son cerveau, ses cornées étaient saines. Les parents de Maria autorisèrent le don de la cornée. L'opération fut un succès.
Le 12 juillet 1993, Erika se rendit à Solola pour rencontrer pour la première fois la famille Coj. La famille, surprise, lui demanda : " Est-ce que tu vois ? " Elle répondit : " Je vois très bien. " Ce fut un moment plein de spiritualité. Soeur Coj, qui ne comprend pas beaucoup l'espagnol (elle est de langue Catchiquel), ressentit l'amour et la spiritualité dont la conversation était empreinte. Grâce au don des cornées de Maria, aujourd'hui Erika voit et se réjouit de tout ce qui l'entoure. La mort d'une personne et l'amour de ses parents ont été une bénédiction pour quelqu'un d'autre. Le miracle médical d'une personne qui voit grâce aux yeux d'une autre est une surprenante réalité.
Pour parler d'une façon spirituelle, c'est en considérant les bénédictions de cette vie et de l'éternité avec les yeux de vos fidèles parents, des instructeurs, des évêques, des apôtres et des prophètes que vous découvrirez, par les petits dons quotidiens de la méditation, de la prière et de l'étude des Ecritures, qu'ils vous montreront la divinité qui est en vous.
Elargissez votre vision et reconnaissez que vous avez des liens avec Dieu ; élevez vos regards et vivez de manière digne. Apprenez dans votre jeunesse à maîtriser vos passions, vos désirs et vos appétits. Préparez-vous avec sérieux à remplir vos responsabilités de prêcher les vérités du Rétablissement, qui sont que Jésus est le Christ et que le salut ne vient que par lui, que Joseph Smith était un prophète qui reçut des messagers divins, des instructions pour rétablir avec pouvoir et autorité les alliances et les ordonnances qui se trouvent dans l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.
L'expiation du Fils de Dieu donna la possibilité à toute l'humanité de retourner en la présence du Père. Aujourd'hui, le Sauveur nous donne cette exhortation : " Suivez-moi donc, et faites ce que vous m'avez vu faire " (2 Néphi 31:12). Certains d'entre vous auront l'honneur de servir deux années comme missionnaire avec le seul souci de la gloire de Dieu et d'édifier son royaume (voir D&A 4:5). Pendant cette période, le Christ raffinera votre esprit ; il façonnera votre personnalité et mettra dans votre coeur les principes qui vous permettront de vivre en justice et d'avoir de la joie dans cette vie et dans l'éternité.
Je vais maintenant vous raconter une autre expérience de foi. Frère Hermelindo Coy, qui est fils unique, a dit au revoir à sa mère et a quitté son petit village dans les montagnes de Senahu, au Guatemala, pour la première fois de sa vie. Il est entré au centre de formation missionnaire le 14 mars 1991. Il n'était membre de l'Eglise que depuis deux ans et était très timide pour parler aux gens, mais il était vivement décidé à servir. Sa scolarité se résumait à cinq années d'école primaire dans sa langue maternelle, le kekchi. L'espagnol, qui est la langue officielle du Guatemala, était, pour lui, une langue étrangère.
Pendant sa mission, il apprit à supporter une douleur à la jambe. Il se plaignait rarement. En août 1992, il remarqua en plus d'une augmentation de la douleur, que quelque chose n'était pas normal dans son genou. On diagnostiqua un cancer des os. Un autre examen, plus approfondi, révéla que le foie, les poumons et le système lymphatique étaient touchés, en d'autres termes qu'il était en phase terminale. Il ne comprenait pas la nature ni la gravité de la maladie. Avec l'aide d'un interprète et en utilisant des exemples de la vie à la ferme qu'il connaissait bien, on lui fit comprendre qu'il lui restait peu de temps à vivre.
Il ne demanda jamais pourquoi cela lui arrivait à lui. Il ne se lamenta pas ni n'exprima de sentiments négatifs. Il obéissait à tout ce qui lui était demandé. On lui demanda s'il voulait rentrer chez lui, mais il souhaita rester en mission aussi longtemps que possible, même jusqu'à sa mort.
A partir d'octobre de la même année, il commença à marcher avec difficulté, à l'aide d'une canne. Il ne pouvait travailler que quelques heures par jour. En décembre, il ne pouvait plus marcher. Pour la première fois, il éprouva du découragement, parce qu'il ne pouvait plus faire de prosélytisme. Son souci constant était de savoir qui prendrait soin de sa mère après sa mort.
Lors de l'une de ses visites, le président de mission lui demanda d'enseigner davantage de l'essentiel de la doctrine à sa mère qui, avec l'aide de soeurs missionnaires infirmières, s'occupait de lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Quand il enseigna le plan de salut à sa mère dans sa langue maternelle, le visage de frère Coy rayonnait d'assurance. Il avait une grande compréhension et une profonde conviction de ce qu'il enseignait.
Lorsque ses forces déclinèrent, il plaça totalement sa confiance dans le Seigneur. Un jour, où la souffrance était plus intense, il fit cette prière : " Père céleste, je ne connais pas le jour ni l'heure de ma mort, mais je te demande de me dire bientôt quel sera mon nouvel appel. " Il mourut en février 1993. Par sa mort, il bénit tous les missionnaires, les dirigeants, les membres et même les non-membres qui entendirent parler du courage avec lequel il servit et endura jusqu'à la fin. Sa foi était si simple qu'elle était contagieuse. Il ne craignit jamais la mort. Il fortifia tous ceux qui le connaissaient.
Je vous promets que si vous servez avec foi comme l'a fait frère Coy, si vous regardez par les yeux de vos parents et de vos dirigeants qui vous aiment, eux aussi, votre témoignage en sera fortifié, votre vision sera élargie et votre compréhension éclairera tous ceux qui sont spirituellement aveugles et les aidera à retourner au Christ. Levez-vous et brillez ; soyez comme les missionnaires à plein temps qui apportent aujourd'hui la lumière, l'espoir et la connaissance à ceux qui en ont besoin.
Adaptation d'un discours prononcé à la conférence générale d'octobre 1993.
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