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LES SAINTS DES DERNIERS JOURS NOUS PARLENT
Une periode de célébration
Gordon B. Hinckley nous rappelle que " Noël a commencé par le chant des anges à Bethléhem ". Il nous arrive cependant d'oublier que la vie que nous célébrons à Noël " a pris fin, dans la souffrance, sur la croix du Golgotha ". Le président Hinckley remarque qu'il n'y aurait pas de Noël s'il n'y avait pas eu Pâques. L'enfant Jésus de Bethléhem ne serait qu'un bébé comme un autre, sans le Christ rédempteur de Gethsémané et du Calvaire, et sans la Résurrection triomphante. (" La merveilleuse et véridique histoire de Noël ", Le Liahona, décembre 2000, pages 4, 6). Cette période de célébration nous rappelle que, grâce au Sauveur, l'amour est finalement plus puissant que la haine, les joies de la vie dépassent ses douleurs et ses chagrins, et que de simples actes de gentillesse et de passion peuvent changer les coeurs. Dans les pages qui suivent, nous avons un aperçu, dans la vie des membres de l'Eglise, de la puissance positive que " la merveilleuse et véridique histoire de Noël " peut avoir pour chacun de nous - si nous le lui permettons.
Mon dernier Noël en mission
par Julio Cesar Sonoda
Cétait mon dernier Noël dans la mission de Rio de Janeiro nord (Brésil). J'étais sur le point de rentrer chez moi, dans un autre endroit du Brésil et j'étais heureux que ce soit la période de Noël. Mon compagnon, frère Barney, était américain et venait d'arriver au Brésil. Il luttait contre le mal du pays.
Nous travaillions de toutes nos forces, mais nous ne savions pas encore très bien comment nous allions fêter Noël. Nous espérions qu'une famille nous inviterait à passer Noël chez elle, et, finalement, cela a été le cas. Je me posais toutefois des questions au sujet d'autres missionnaires de la région. Lors de notre prochain voyage à Vitoria, mon compagnon et moi avons appris que frère Jones et frère Junot n'avaient pas de projet pour Noël. Je me suis dit : Pendant que je suis en mission, ces frères sont ma famille. Nous ne pouvons pas les laisser seuls pour Noël. Nous avons donc décidé que nous passerions Noël tous les quatre ensemble à Vitoria.
Nous avons prévu un repas spécial, la veille de Noël. Nous n'avions pas beaucoup d'argent, mais nous savions que le Seigneur nous bénirait.
La veille de Noël, j'ai noté mes sentiments dans mon journal : " Aujourd'hui, 24 décembre, il a beaucoup plu et je vois que mon compagnon est plus triste. Il dit que les symboles de Noël de son pays lui manquent - la neige, la musique, les sapins et les décorations. J'imagine facilement combien son Noël sera pénible, si loin de sa famille, de son pays et de ses coutumes. La pluie continue à tomber, mais il fait plus clair maintenant. "
J'ai regardé mon compagnon et senti qu'il avait le mal du pays. Je vouIait qu'il soit heureux.
Pendant le trajet jusqu'à Vitoria, nous avons vu les gens qui se dépêchaient de faire leurs achats de Noël. Nous sommes passés devant une maison décorée de lumières de couleur. Des enfants jouaient dans les jardins. J'avais les larmes aux yeux et je ne pouvais pas parler à mon compagnon sans quoi je me serais mis à pleurer. Je crois bien qu'il pleurait en silence. Pour frère Junot, frère Jones et pour moi, ce Noël serait notre dernier en mission. Mais pour frère Barney, c'était le premier, et je ne savais comment le consoler. Pendant le voyage, j'ai pleuré plusieurs fois en cachette. Et mon compagnon me dissimulait ses larmes.
Nous sommes descendus du bus et nous nous sommes rendus à l'appartement des autres missionnaires. Nous avons réuni notre argent et frère Junot et frère Jones sont partis faire des achats. Lorsqu'ils sont revenus avec la nourriture, nous avons mis la table, avec une nappe blanche et des serviettes et nous l'avons décorée avec des cartes de Noël. Mais tout cela ne semblait pas nous remonter le moral.
Se rendant compte de cela, frère Jones a suggéré que nous sortions nos recueils de cantiques et que nous chantions pour le Seigneur. Nous en avons chanté un, puis un autre, puis encore un. Chaque fois, nous chantions un peu plus fort. Je voulais que les voisins nous entendent chanter et sachent que nous adorions le Seigneur. Nous avons commencé à ressentir l'Esprit du Seigneur.
Après avoir chanté, frère Jones a lu une Ecriture sur la naissance du Christ. Ensuite, tout le monde a lu des passages d'Ecriture. Nous avons rendu notre témoignage au sujet de notre Rédempteur.
En rendant son témoignage, frère Barney a expliqué : " Les choses qui me sont familières me manquaient - la neige, le sapin de Noël, la dinde, les chants de Noël de mon pays. J'oubliais de m'occuper du Fils de Dieu, né dans une crèche. " Nous avions les larmes aux yeux, car l'Esprit témoignait dans notre coeur que nous avions adoré le Créateur du jour. Nous avons remercié le Seigneur de tout ce qu'Il nous avait donné.
Cela a été mon dernier Noël en mission, mais c'est le premier vrai Noël que j'aie jamais passé.
" Pour ton bien "
par Evelyn Cardinez,
raconté par Aurelia S. Diezon
J'ai été élevée aux Philippines par des grands-parents stricts, mais aimants. La phrase favorite de mon grand-père était : " C'est pour ton bien. " Il s'en servait chaque fois que j'agissais avec entêtement ou que je n'avais pas terminé l'une de mes tâches. Il disait toujours que les choses qu'il me demandait m'aideraient à être mieux préparée, quand je serais grande. Je ne comprenais pas pleinement ce qu'il disait, parce que j'étais jeune, mais j'obéissais au moins pour éviter d'autres sermons.
Mes grands-parents étaient des gens religieux. Dès l'âge de cinq ans, j'ai su qu'il y avait un Dieu aimant qui nous bénit lorsque nous obéissons à ses commandements. Il n'était pas question de manquer l'Eglise le dimanche, et le chant des cantiques, la lecture des histoires bibliques et la prière faisaient partie de nos habitudes quotidiennes. Je me sentais bénie, matériellement et spirituellement. Nous étions heureux et satisfaits.
Il se produisit alors des événements qui firent voler ma paix en éclats, comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Mes grands-parents moururent subitement, au moment de Noël, alors que j'étais adolescente. Le chagrin que j'éprouvai sembla détruire à jamais la joie de Noël. Quelques mois plus tard, la maison de mes parents fut détruite par un incendie. Un an après, ma mère eut un accident de voiture qui la laissa invalide. Puis mon père perdit son travail.
Les tribulations m'assaillirent comme une tempête. Disposant de peu d'argent, je perdis tout espoir de pouvoir faire des études. Les tâches ménagères m'épuisaient.
Emotionnellement et spirituellement troublée et meurtrie, je commençai à douter de l'existence de Dieu. Je commençai à me demander pourquoi il avait permis qu'une telle adversité m'assaille, alors que j'avais toujours essayé de lui obéir. Mes interrogations me préoccupaient continuellement, et, sans réponse, je m'éloignai peu à peu de l'Eglise que je fréquentais à l'époque. Pendant des années, j'étudiai d'autres religions pour trouver des réponses et du soulagement, mais rien ne me satisfaisait.
Par un bel après-midi d'été, une amie proche m'invita à rencontrer les missionnaires de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Leur accueil poli et leur aspect soigné m'impressionnèrent ; leur plaquette portant leur nom et celui de Jésus-Christ éveilla ma curiosité.
Dans mon âme, une voix douce mais claire semblait chuchoter : Ecoute leur message ; c'est pour ton bien. La phrase familière résonnait dans mon esprit.
En écoutant les leçons, ma foi en l'existence de Dieu se rétablit peu à peu et j'acceptai l'Evangile de Jésus-Christ. Après mon baptême, je découvris qu'il existait des réponses aux questions que je m'étais toujours posées. Je lus, dans Doctrine et Alliances 122:5-7, les paroles adressées par le Seigneur à Joseph Smith : " Si tu es appelé à traverser des tribulations. . . toutes ces choses te donneront de l'expérience et seront pour ton bien. " Je me suis rendu compte que de grandes bénédictions avaient découlé de mes épreuves, puisqu'elles m'ont guidée vers le vrai troupeau de Dieu.
Quand je repense à ce qui m'est arrivé, je me rends compte que c'était véritablement pour mon bien exactement comme grand-père le disait.
De la solitude à la joie
par Vera Jean Paffel
Une année, à l'approche de Noël, j'étais physiquement et mentalement épuisée. Mon mariage avait pris fin l'été précédent et mes trois enfants et moi venions de déménager, pour que je puisse aller à l'université préparer un diplôme d'enseignement. Je n'avais pas d'argent et mes deux garçons, âgés de 16 et de 12 ans, ainsi que ma fille, qui allait au jardin d'enfants, avaient besoin de vêtements chauds car l'hiver était rigoureux.
Pendant que je préparais mes examens finaux, j'étais constamment interrompue par des réflexions au sujet de ma situation. Le garde-manger était vide, j'avais très peu d'argent et j'étais fatiguée d'essayer d'être à la fois un père et une mère pour mes enfants. Je m'étais mariée au temple, j'avais été pratiquante toute ma vie et ma seule envie avait été de rester chez moi pour élever mes enfants. La vie me semblait très injuste.
Mon premier examen avait lieu à 7h30 le matin. J'ai quitté l'appartement, espérant que les garçons penseraient à envoyer leur petite soeur à l'école à temps. L'air était froid et le ciel très sombre. J'ai pris un raccourci par le cimetière, avec l'impression que j'allais vers un échec. J'avais passé la moitié de la nuit à étudier et à essayer de me rappeler ce que j'avais étudié. Je me sentais trop âgée pour me mesurer
aux jeunes cerveaux des autres étudiants.
En pataugeant dans la neige, je pensais à mes parents, qui allaient venir nous chercher pour passer Noël chez ma soeur, où il y aurait un grand sapin de Noël et des montagnes de cadeaux. Et moi qui n'arrivais même pas à acheter des chaussures pour mes propres enfants. Mon amertume allait croissant. Au moment où je suis arrivée au bâtiment où se déroulaient mes examens finaux, j'étais dans un état d'esprit terrible. J'ai essayé de me concentrer, mais j'ai eu l'impression que mes examens se passaient mal. Tout ce que je voulais, c'était rentrer chez moi, me coucher et dormir pendant deux semaines !
J'ai repris le chemin de la maison, en pataugeant dans la neige. Je me suis arrêtée pour prendre ma fille à son école, mais sa maîtresse m'a dit qu'elle était déjà partie. C'était le comble ! Je lui avais demandé de m'attendre, et j'étais fâchée qu'elle ne m'ait pas attendu. Pénétrant dans le cimetière, j'ai aperçu son parka bleu vif qui dépassait, derrière une pierre tombale. Elle se cachait, m'attendant pour pouvoir surgir brusquement et m'effrayer, mais je n'étais pas d'humeur à jouer. J'ai continué à marcher, faisant semblant de ne pas la voir. Alors je l'ai entendue crier : " Maman, maman, attends-moi ! "
Je me suis retournée, prête à la gronder parce qu'elle ne m'avait pas attendue. Mais avant que je puisse ouvrir la bouche, elle m'a glissé une enveloppe dans la main en disant : " Maman, regarde ce que j'ai fait pour toi aujourd'hui. Tu peux l'ouvrir. C'est pour Noël. Je l'ai fait rien que pour toi ! "
J'ai ouvert l'enveloppe et en ai sorti une carte de Noël avec " Joyeux Noël " écrit d'une main enfantine. Elle avait dessiné le père Noël volant à travers les airs au-dessus de petites maisons. Dans le coin de la carte, elle avait dessiné une autre scène, représentant un bébé. Mais il ne s'agissait pas d'un bébé ordinaire. Avec un crayon jaune, elle avait tiré des traits tout autour de lui, pour représenter des rayons brillants, venant des cieux. Il y avait un halo au-dessus de sa tête et, avec le crayon rouge le plus brillant qu'elle avait pu trouver, elle avait dessiné un grand sourire sur son visage. Non, ce n'était pas n'importe quel bébé. C'était l'enfant Jésus, le bébé qui allait devenir le Sauveur du monde.
J'ai regardé l'enfant Jésus. J'avais été baptisée en son nom ; j'appartenais à son Eglise, qui avait été rétablie ici-bas ; c'était en son nom que j'avais prié pour recevoir de la force et des directives. Il ne m'avait jamais abandonnée. J'aime l'enfant Jésus, ai-je pensé.
Au moment où j'ai pris conscience de mon amour pour lui, il s'est produit quelque chose de merveilleux en moi. jusque-là, j'étais gelée, mais une grande chaleur m'a envahie. J'ai senti son amour m'envelopper. Il m'aimait. Vraiment.
J'ai commencé à compter mes bénédictions, en y incluant mes enfants. La veille au soir, mon fils de douze ans m'avait donné un dollar qu'il avait gagné en faisant du baby-sitting, pour que je puisse acheter du pain et du lait. Et ma petite fille qui se tenait devant moi, j'avais espéré cet enfant pendant sept ans. Quelle bénédiction elle représentait dans ma vie.
Elle me regardait, ses yeux bruns brillant de l'excitation de Noël. Ses cheveux, frisés naturellement, sortaient du capuchon de son parka ; son petit nez était rougi par le froid. Elle m'a demandé : " Maman, mon dessin ne te plait pas ? "
" Oh, je l'aime énormément, il est très beau ", lui ai-je répondu.
" Alors, pourquoi pleures-tu ? " m'a-telle demandé.
" Je pleure parce que je vous aime beaucoup, toi et tes frères. Je suis heureuse que nous soyons une famille et que nous puissions être ensemble pour Noël. C'est la chose la plus importante au monde, pour l'instant. Nous allons passer un Noël merveilleux. "
J'ai pris la main de ma fille et nous avons commencé à chanter des chants de Noël tout en glissant sur le chemin enneigé.
Plus de 30 ans se sont écoulés depuis ce Noël particulier. J'ai réussi mes examens et suis devenue enseignante. Mais la leçon de ce Noël-là m'a réchauffée bien souvent depuis, lorsque je me souviens du don d'amour qui a touché mon coeur ce jour-là.
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