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LA RÉDEMPTION DES
MORTS ET LE TÉMOIGNAGE DE JÉSUS D.
Todd Christofferson «En identifiant nos ancêtres et en accomplissant
pour eux les ordonnances salvatrices qu'ils ne peuvent accomplir eux-mêmes,
nous témoignons de la portée infinie de l'expiation de Jésus-Christ.»
Des théologiens chrétiens débattent depuis
longtemps de la question suivante : Que va-t-il advenir des milliards de
personnes qui ont vécu et sont mortes sans connaissance de Jésus[1]
? Le rétablissement de l'Évangile de Jésus-Christ a apporté la compréhension
de la manière dont les personnes mortes sans baptême sont rachetées et dont
Dieu peut être « un Dieu juste et parfait, ainsi qu'un Dieu miséricordieux[2]
». Alors qu'il était encore dans la condition
mortelle, Jésus a prophétisé qu'il irait aussi prêcher aux morts[3].
Pierre nous dit que cela s'est produit dans l'intervalle qui a séparé la
crucifixion et la résurrection du Sauveur[4]. Joseph F. Smith a appris, dans une
vision, que le Sauveur est allé dans le monde des esprits et que « parmi les
[esprits] justes. . . il organisa ses forces et désigna des messagers
revêtus de pouvoir et d'autorité, et les chargea d'aller porter la lumière de
l'Évangile à ceux qui étaient dans les ténèbres... « On leur enseigna la foi en Dieu, le repentir du
péché, le baptême par procuration pour la rémission des péchés, [et] le
don du Saint-Esprit par l'imposition des mains[5]. » Le principe par lequel les vivants peuvent
assurer, par procuration, le baptême et les autres ordonnances essentielles aux
morts, a été de nouveau révélé à Joseph Smith, le prophète[6].
Il a appris que l'on peut non seulement offrir le salut individuel aux esprits
attendant la résurrection, mais qu'ils peuvent aussi être unis dans les cieux
comme mari et femme et être scellés à leurs pères et mères de toutes les générations
précédentes, et à leurs enfants de toutes les générations suivantes. Le
Seigneur a dit au prophète qu'il convient de n'accomplir ces rites sacrés que
dans une maison construite à son nom, un temple[7]. Le principe de l'oeuvre par procuration ne doit
pas sembler étrange aux chrétiens. Pour le baptême d'une personne vivante,
l'officiant agit, par procuration, à la place du Sauveur. Et l'élément
central de notre foi n'est-il pas que le sacrifice du Christ expie par
procuration nos péchés, satisfaisant ainsi à ce que la justice exige de nous
? Gordon B. Hinckley a dit : « Je pense que l'oeuvre que nous effectuons par
procuration pour les morts se rapproche davantage du sacrifice que le Sauveur a
accompli pour nous, que toutes les autres oeuvres que je connaisse. Elle est
effectuée avec amour, sans espoir de rémunération, de remboursement
quelconque, ni de quoi que ce soit d'autre. Quel principe merveilleux[8]
! » Certaines personnes ont mal compris et supposent
que les âmes décédées sont « baptisées dans la foi mormone sans le savoir[9]
» ou que « des gens qui avaient une religion peuvent ensuite se voir imposer
la religion mormone[10] ». Ils supposent que
nous avons d'une certaine manière le pouvoir de forcer une âme en matière de
foi. Bien sûr que non. Dieu a donné à l'homme le libre arbitre depuis le
commencement[11].
« Les morts qui se repentent seront rachetés en obéissant aux ordonnances de
la maison de Dieu[12] », mais seulement s'ils
acceptent ces ordonnances. L'Église ne les inclut pas sur ses listes et ne les
compte pas parmi ses membres. Notre souci de racheter les morts, et le temps et
les moyens que nous consacrons à cet engagement sont, avant tout, l'expression
de notre témoignage de Jésus-Christ. C'est la déclaration la plus puissante
que nous puissions faire concernant sa nature et sa mission divines. C'est le témoignage
premièrement de la résurrection du Christ, deuxièmement du pouvoir infini de
son expiation, troisièmement du fait qu'il est la seule source de salut, quatrièmement
qu'il a défini les conditions du salut, et cinquièmement qu'il reviendra. LE POUVOIR DE LA RÉSURRECTION DU CHRIST Au sujet de la résurrection, Paul a demandé : «
Autrement, que feraient ceux qui se font baptiser pour les morts ? Si les morts
ne ressuscitent. . . pas, pourquoi se font-ils baptiser pour eux[13]
? » Nous nous faisons baptiser pour les morts parce que nous savons qu'ils
ressusciteront. « L'âme sera restituée au corps, et le corps à l'âme ; oui,
et chaque membre et jointure sera restitué à son corps; oui, même un cheveu
de la tête ne sera pas perdu ; mais tout sera restitué à sa forme propre et
parfaite[14].
» « Car Christ est mort et il a vécu, afin de dominer sur les morts et sur
les vivants[15].
» Ce que nous faisons pour ceux qui sont décédés
est extrêmement important parce qu'ils vivent actuellement en tant qu'esprits
et qu'ils revivront en tant qu'âmes immortelles, et cela grâce à Jésus-Christ.
Nous croyons ses paroles lorsqu'il a dit : « Je suis la résurrection et la
vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort[16].
» Par les baptêmes que nous accomplissons en faveur des morts, nous témoignons
que « comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. . .
« Car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait
mis tous les ennemis sous ses pieds. « Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la
mort[17].
» LA PORTÉE INFINIE DE L'EXPIATION DU CHRIST En identifiant nos ancêtres et en accomplissant
pour eux les ordonnances salvatrices qu'ils ne peuvent accomplir eux-mêmes,
nous témoignons de la portée infinie de l'expiation de Jésus-Christ. Le
Christ « est mort pour tous[18] ». « Il est lui-même une victime
expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour
ceux du monde entier[19]. » « Dieu ne fait point acception de personnes, « Mais. . . en toute nation celui qui
le craint et qui pratique la justice lui est agréable[20].
» « Voici crie-t-il à qui que ce soit : Eloigne-toi
de moi ? Voici, je vous dis que non ; mais il dit : Venez toutes à moi, extrémités
de la terre, achetez du lait et du miel, sans argent, sans rien payer[21].
» Notre Seigneur nous « invite. . . tous à venir à lui et à
prendre part à sa bonté, et il ne repousse aucun de ceux qui viennent à lui,
noirs et blancs, esclaves et libres, hommes et femmes ; et il se souvient des païens
; et tous sont pareils pour Dieu, tant le Juif que le Gentil[22]
». Il est inconcevable que cette invitation, proposée
à tous les hommes dans cette vie, ne le soit pas à ceux qui n'en avaient pas
entendu parler avant de mourir. Avec Paul, nous sommes persuadés que la mort
n'est pas un obstacle : « Ni la mort ni la vie, ni les anges ni les
dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir... ne [pourront]
nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur[23].
» JÉSUS-CHRIST, LA SEULE SOURCE DE SALUT Notre souci de nous assurer que le baptême au nom
de Jésus est proposé à nos ancêtres décédés témoigne du fait que Jésus-Christ
est « le chemin, la vérité, et la vie » et que « nul ne vient au Père que
par [lui][24]
». Pierre a proclamé : « Il n'y a de salut en aucun autre ; car il n'y a sous
le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous
devions être sauvés[25]. » « Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur
entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme[26].
» De nos jours, certains chrétiens, soucieux pour
les milliards de personnes décédées sans la connaissance de Jésus-Christ,
ont commencé à se demander s'il y avait véritablement « un seul Seigneur,
une seule foi, un seul baptême[27] . Ils disent qu'il est arrogant, étroit
et intolérant de croire que Jésus est le seul Sauveur. Nous disons toutefois
que c'est un faux dilemme. Il n'est pas injuste de n'avoir qu'un seul Être par
lequel on puisse obtenir le salut, quand cet Être et son salut sont offerts à
toutes les âmes, sans exception. Nous n'avons pas besoin de modifier la
doctrine ni d'adapter la bonne nouvelle du Christ. LES CONDITIONS DU SALUT ÉTABLIES PAR LE CHRIST Comme nous croyons que Jésus-Christ est le Rédempteur,
nous acceptons aussi son autorité de définir les conditions suivant lesquelles
nous pouvons recevoir sa grâce. Sinon, nous ne nous soucierions pas de nous
faire baptiser pour les morts. Jésus a confirmé qu'« étroite est la porte,
resserré le chemin qui mènent à la vie[28]
». Plus précisément, il a dit: « Si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il
ne peut entrer dans le royaume de Dieu[29].
» Cela signifie que nous devons nous repentir, être chacun baptisé. . .
au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de nos péchés, et... recevoir le don
du Saint-Esprit[30].
Bien qu'étant lui-même sans péché, Jésus-Christ
s'est fait baptiser et a reçu le Saint-Esprit pour témoigner au Père qu'il
lui obéirait en gardant ses commandements[31],
et pour nous montrer « combien est resserré le sentier et étroite la porte
par où [nous devons] entrer, lui-même [nous] ayant donné l'exemple ». Et il
a dit : « A celui qui est baptisé en mon nom, le Père donnera le Saint-Esprit
comme à moi; c'est pourquoi, suivez-moi, et faites ce que vous m'avez vu faire[32].
» Il n'y a pas d'exception ; cela n'est pas nécessaire.
Ainsi, tous ceux qui croiront, seront baptisés, y compris par procuration, et
persévéreront avec foi, seront sauvés, « non seulement ceux qui crurent
lorsque [Christ] fut venu dans la chair au midi du temps, mais aussi tous les
hommes depuis le commencement, c'est-à-dire tous ceux qui furent avant sa venue[33] ». C'est pour cette
raison que l'Évangile est prêché « aux morts, afin que, après avoir été
jugés comme les hommes quant à la chair, ils vivent selon Dieu quant à
l'Esprit[34] ». LA SECONDE VENUE DE JÉSUS-CHRIST Notre oeuvre pour les morts témoigne que Jésus-Christ
reviendra sur la terre. Dans les derniers versets de l'Ancien Testament, Jéhovah
déclare : « Voici, je vous enverrai Élie, le prophète, avant que le jour de
l'Éternel arrive, ce jour grand et redoutable. « Il ramènera le coeur des pères à leurs
enfants, et le coeur des enfants à leurs pères, de peur que je ne vienne
frapper le pays d'interdit[35]. » Dans un commentaire inspiré de cette Écriture,
Joseph Smith, le prophète, a dit : « La terre sera frappée de malédiction à
moins qu'il n'y ait un chaînon d'une sorte ou d'une autre qui rattache les pères
et les enfants dans un domaine ou l'autre ; et voici, quel est ce domaine ?
C'est le baptême pour les morts[36]. » Les ordonnances par procuration que nous
accomplissons dans les temples, en commençant par le baptême, permettent de
lier éternellement les générations, ce qui remplit l'objectif de la création
de la terre. « S'il n'en était pas ainsi, la terre entière serait complètement
dévastée[37] » à la venue du Christ.
Le prophète Élie est venu comme promis pour conférer le pouvoir de la prêtrise
de tourner les coeurs et de lier les pères et les enfants pour qu'à nouveau ce
qui est lié sur la terre soit « lié dans les cieux[38]
». Lorsqu'il est venu, Élie a déclaré : « Les clefs de cette dispensation
sont remises entre vos mains, et vous saurez, par là, que le jour du Seigneur,
jour grand et redoutable, est proche, et même à la porte[39].
» Nous nous sommes engagés avec zèle dans la tâche
de rechercher nos pères et nos mères des générations passées, de les lier
à nous et nous à eux. Cela n'est-il pas la plus grande preuve de notre
conviction que Jésus-Christ reviendra régner sur la terre ? Nous savons qu'il
reviendra, et nous savons ce qu'il attend de nous pour préparer son retour. Dans les Écritures, il est parfois dit que les
esprits des morts sont dans les ténèbres ou en prison[40].
Méditant sur le plan glorieux de Dieu pour la rédemption de ses enfants,
Joseph Smith, le prophète, a écrit ce psaume: « Que votre coeur se réjouisse
et soit dans l'allégresse ! Que la terre éclate en chants. Que les morts
chantent des hymnes de louanges éternelles au roi Emmanuel, qui a ordonné,
avant que le monde fût, ce qui nous permettrait de les racheter de leur prison,
car les prisonniers seront libérés[41].
» Notre tâche est aussi grande et aussi vaste que l'amour de Dieu qui englobe ses enfants de tout temps et de tout lieu. Nos efforts en faveur des morts sont un témoignage éloquent du fait que Jésus-Christ est le Rédempteur divin de toute l'humanité. Sa grâce et ses promesses s'adressent même à ceux qui ne l'ont pas trouvé durant leur vie. Grâce à lui, les prisonniers seront libérés. Au nom de Jésus-Christ. Amen.
[1]
John Sanders, introduction de What about Those Who Have Never Heard?
Three Views on the Destiny of the Unevangelized, Gabriel Fackre, Ronald
H. Nash et John Sanders, 1995, p. 9. Il
y a plusieurs théories concernant ceux qui sont morts sans l'Evangile,
allant de l'inexplicable dénégation du salut, en passant par des rêves ou
une intervention divine au moment de la mort, jusqu'au salut pour tous, même
sans la foi au Christ. Quelques-unes prétendent que les âmes entendent
parler de Jésus après la mort. Aucune n'explique comment satisfaire
l'exigence de Jésus qu'un homme naisse d'eau et d'esprit pour entrer dans
le royaume de Dieu (voir Jean 3:3-5). Ayant perdu la connaissance que possédait
l'Eglise primitive, ces chercheurs sincères ont été « obligés de
choisir entre une loi faible qui [permette] aux personnes non baptisées
d'aller aux cieux, et un Dieu cruel qui [damne] les innocents » (Hugh
Nibley, Mormonism and Early Christianity, 1987, p. 101). [2]
Alma 42:15. [3]
Voir Jean 5:25. [4]
Voir 1 Pierre 3:18-19. [5]
D&A 138:30, 33. [6]
Voir D&A 124, 128, 132 ; The Personal Writings of Joseph Smith,
éd. Dean C. Jessee, 1984, p. 486 ; The Words of Joseph Smith, éd. Andrew
F. Ehat et Lyndon W. Cook, 1991, p. 49. [7]
Voir D&A 124:29-36. L'un
des principaux objectifs de la construction actuelle de nombreux temples
dans le monde entier, est de fournir des lieux où les ordonnances
indispensables au salut peuvent être accomplies pour ceux qui, durant leur
vie, n'ont pas eu la possibilité de les contracter. [8]
« Extraits de récents discours du président Hinckley », L'Etoile, août
1998, pp. 16-17. [9]
Ben Fenton, «Mormons Use Secret British War Files Ðto Save Soulsð », The
Telegraph (Londres), 15 février 1999. [10]
Greg Stott, «Ancestral Passion», Equinox, avril/mai 1998, p. 45. [11]
Voir Moïse 7:32 ; voir aussi Alma 5:33-36 ; 42:27. [12]
D&A 138:58. [13]
1 Corinthiens 15:29. [14]
Alma 40:23. [15]
Romains 14:9. [16]
Jean 11:25. [17]
1 Corinthiens 15:22, 25-26. [18]
2 Corinthiens 5:15. [19]
1 Jean 2:2. [20]
Actes 10:34-35. [21]
2 Néphi 26:25. [22]
2 Néphi 26:33. [23]
Romains 8:38-39. [24]
Jean 14:6. [25]
Actes 4:12 ; voir aussi 2 Néphi 25:20 ; Mosiah 5:8. [26]
1 Timothée 2:5. [27]
Ephésiens 4:5. Voir, par exemple, John Hick, The Myth of God Incarnate,
1977. [28]
Matthieu 7:14. [29]
Jean 3:5. [30]
Voir Actes 2:38. [31]
Voir 2 Néphi 31:7 ; voir aussi Matthieu 3:13-17 ; Marc 1:9-11 ; Luc 3:21-22
; Jean 1:29-34. [32]
2 Néphi 31:9,12. [33]
D&A 20:26. [34]
1 Pierre 4:6. [35]
Malachie 4:5-6 ; voir aussi 3 Néphi 25:5-6 ; D&A 2:1-3. [36]
D&A 128:18. [37]
D&A 2:3 ; JSH v. 39. [38]
Matthieu 16:19 ; voir aussi Matthieu 18:18 ; D&A 132:46. [39]
D&A 110:16. [40]
Voir Esaïe 24:22 ; 1 Pierre 3:19 ; Alma 40:12-13 ; D&A 38:5 ; D&A
138:22, 30. Même
les esprits justes sont qualifiés de « captifs qui avaient été fidèles
» attendant la délivrance des liens de la mort (voir D&A 138:18-19). [41] D&A 128:22
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