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SOYEZ UN
MAILLON FORT David B. Haight « Je pense qu'à mesure que ma vue diminue, ma
vision s'améliore, ma vision de la longue route qui s'étend devant nous. »
Quand le président Hinckley a annoncé que je
serais le dernier orateur, je suis sûr qu'il se demandait si j'arriverais bien
jusqu'à la chaire. Il sait que je viens d'avoir 94 ans. Alors, sachant que je
suis dans ma 95e année, il a dû se poser des questions. Il sait aussi que ma vue n'est pas très bonne. Mais
je pense qu'à mesure que ma vue diminue, ma vision s'améliore, ma vision de la
longue route qui s'étend devant nous. Alors je suis certain que vous vous
joindrez tous à moi ce matin pour dire que nous vivons à une époque
merveilleuse, que c'est merveilleux d'être membre de l'Église maintenant, et
que c'est merveilleux d'avoir les libertés dont nous jouissons, la liberté
d'association, la liberté de réunions religieuses. Quand Ruby et moi étions agenouillés à l'autel du
temple de Salt Lake City, le 4 septembre 1930, nous tenant la main et nous
regardant, nous étions loin de nous douter de ce que l'avenir nous réservait.
Nous étions jeunes. Je venais de la campagne du sud de l'Idaho, et Ruby venait
du comté de Sanpete, en Utah. Nos pères étaient morts, mais nous avions deux
excellentes mères, veuves par conséquent, qui étaient avec nous au temple.
Tandis que nous étions agenouillés et que nous faisions des alliances et des
promesses, je me rendais compte que c'était pour de bon. Aujourd'hui, après 70 ans de mariage, je peux vous
dire, à vous tous, que c'est de mieux en mieux, c'est de mieux en mieux d'année
en année, avec l'affection, la tendresse et la prise de conscience de
quelques-unes des bénédictions éternelles qui nous attendent. Je vous dis
donc à tous, et Ruby se joindrait à moi pour vous le dire si elle était ici,
que la vie peut être merveilleuse et pleine de signification, mais que nous
devons la vivre dans la simplicité. Nous devons suivre les principes de l'Évangile.
En effet, c'est l'Évangile qui fait la différence dans le déroulement de
notre vie. J'ai déménagé avec ma famille dans tout le pays.
Nos enfants sont allés dans des écoles où ils étaient les seuls membres de
l'Église de leur classe. Nous avons fait cela de nombreuses fois, mais cela a
été bénéfique pour leur développement et leur compréhension, et cela les a
aidés à acquérir leur témoignage, de voir le monde en action, ainsi que les
bénédictions que l'Évangile nous apportait. Dimanche dernier, Ruby et moi avons assisté à la réunion
de Sainte-Cène d'une paroisse du centre de Salt Lake. La réunion était très
intéressante parce que dans cette paroisse, il y a des gens riches et des gens
qui vivent dans des centres de réinsertion. Juste avant la réunion de témoignage,
une jeune femme est allée voir l'évêque sur l'estrade. Elle tenait un petit bébé
dans ses bras et voulait qu'on le bénisse. L'évêque est descendu, a pris le bébé
et l'a béni. Plus tard, au cours de la réunion de Sainte-Cène,
un petit garçon de sept ans, tenant sa petite soeur de cinq ans par la main,
est allé à la chaire. Il a aidé à installer un marchepied pour qu'elle
puisse y monter et il l'a aidée pendant qu'elle rendait son témoignage. Quand
elle avait une hésitation, son frère de sept ans, aimant, se penchait vers
elle et lui soufflait la suite à l'oreille. Quand elle a eu fini, il est monté sur le
marchepied, et elle est restée debout à le regarder. Tandis qu'il rendait son
témoignage, elle le regardait avec une expression pleine de tendresse. C'était
son grand frère. On voyait l'amour fraternel qui unissait ces deux jeunes
enfants. Le garçonnet est descendu du marchepied, a pris sa soeur par la main,
et ils sont retournés à leur place. A la fin de la réunion de témoignage, on m'a laissé
un peu de temps pour prendre la parole. J'ai demandé à la jeune femme qui
avait fait bénir son enfant si elle voulait bien venir à côté de moi. Elle
l'a fait. Auparavant, pendant la réunion de témoignage, j'avais demandé à l'évêque,
en lui murmurant à l'oreille : « Où est son mari ? » Il m'avait répondu : « Il est en prison. » Je lui avais demandé comment elle s'appelait et il
me l'avait dit. La soeur est venue à mes côtés, portant son bébé.
Tandis que nous étions debout au micro, j'ai regardé ce précieux petit bébé,
âgé de quelques jours, et cette mère, la mère de cette petite fille qu'elle
avait amenée pour qu'elle reçoive une bénédiction de la prêtrise. En
regardant la mère et le petit enfant, je me suis demandé ce qu'il allait
devenir, ce qu'il allait être. J'ai parlé à l'assistance et à la jeune mère
de la déclaration faite il y a cinq ans par la Première Présidence et le Collège
des Douze, la déclaration sur la famille, et de notre responsabilité vis-à-vis
de nos enfants, ainsi que de la responsabilité des enfants à l'égard de leurs
parents, et de celle des parents à l'égard l'un de l'autre. Ce magnifique
document synthétise les directives scripturaires que nous avons reçues et qui
ont guidé la vie des enfants de Dieu depuis le temps d'Adam et Eve et qui
continueront de nous guider jusqu'aux scènes finales. Tandis que je parlais et que je regardais ce beau
petit bébé, j'ai pensé à l'été dernier. Ruby et moi étions en Idaho pour
une brève visite. Nous avons rencontré des gens de Mountain Home, en Idaho, la
famille Goodrich. Soeur Goodrich était venue nous voir. Elle était accompagnée
de sa fille, Chelsea. Au cours de la conversation, soeur Goodrich a dit que
Chelsea avait appris par coeur la déclaration sur la famille. J'ai demandé à Chelsea, qui a quinze ans : «
C'est vrai, Chelsea ? » Elle m'a répondu : « Oui. » Je lui ai demandé : « Combien de temps est-ce que
cela t'a pris ? » Elle m'a dit : « Quand nous étions petits, maman
nous a entraînés à apprendre par coeur. On apprenait par coeur des passages
d'Écriture, les cantiques de Sainte-Cène et d'autres choses qui pourraient
nous être utiles. Nous nous sommes entraînés à apprendre par coeur, et c'est
devenu plus facile pour nous. » Je lui ai alors demandé : « Tu peux la réciter en
entier ? » Elle m'a répondu : « Oui. » Je lui ai dit : « Tu l'as apprise quand tu avais
douze ans. Tu en as quinze maintenant. Bientôt, tu vas commencer à sortir avec
les garçons. Dis-moi, qu'est-ce que la déclaration t'a apporté ? » Chelsea m'a répondu : « Si je pense à ce que dit
la déclaration, elle m'aide à mieux comprendre notre responsabilité
familiale, et notre responsabilité à propos de notre manière de vivre. La déclaration
m'apporte de nouvelles directives. Quand je rencontrerai des gens et que je
commencerai à sortir avec des garçons, je pourrai penser aux expressions et
aux phrases de la déclaration sur la famille. Cela me donnera des principes
pour me guider. Cela me donnera la force dont j'aurai besoin. » Il y a peu de temps, le président Hinckley a adressé
un discours aux étudiants de l'université Brigham Young. Il a déclaré que la
vie est une grande chaîne de générations, formée d'une succession
ininterrompue de maillons jusqu'à la fin des temps. Il a recommandé aux étudiants
de ne pas être un maillon faible, mais d'être un maillon fort de leur famille.
Ce matin, au cours de cette conférence, nous avons
entendu beaucoup d'enseignements sur la généalogie et la famille, sur la
raison d'unir les chaînons, et la responsabilité qui est la nôtre d'accomplir
les ordonnances du temple pour les dizaines de milliers de personnes qui
pourraient faire partie de notre famille et qui attendent de l'autre côté du
voile de recevoir les ordonnances qui doivent être effectuées de ce côté-ci
du voile, pour qu'elles puissent continuer à faire ce qui doit l'être dans
l'au-delà. C'est quelque chose que nous comprenons tous très bien. Aussi, je vous dis à tous ce matin : J'espère que
vous aurez à coeur dans votre famille et personnellement de ne pas devenir un
maillon faible de la chaîne de votre famille et de la lignée de vos ancêtres.
Je vous recommande aussi d'être un maillon fort pour votre postérité. Ne
soyez pas le maillon défaillant. Ne serait-ce pas terrible ? Pensez à cette
longue chaîne et à tout le travail qui doit être fait pour le salut des âmes,
aux ordonnances qui doivent être effectuées. Ne serait-ce pas triste d'être
le maillon défaillant qui a empêché vos descendants d'appartenir à cette
forte chaîne ? Quand les saints se préparaient à quitter Nauvoo,
et alors que le temple de Nauvoo n'était pas terminé, seules quelques
personnes ont pu recevoir leur dotation. Brigham Young, président du Collège
des Douze, était à ce moment-là le plus ancien des apôtres. Il a décrit
dans son journal l'angoisse des gens qui s'efforçaient de préparer leurs
chariots pour partir sur les pistes de l'Ouest dans une région dont ils ne
savaient rien. Ils suivaient leurs dirigeants, préparant les quelques affaires
qu'ils pouvaient emporter dans les chariots. Au milieu de ces préparatifs, quelques-uns d'entre
eux ont pu recevoir leur dotation ; ils désiraient ardemment la recevoir.
Brigham Young a cessé toutes ses activités habituelles afin de pouvoir rester
au temple et diriger l'oeuvre des dotations qui était si nécessaire. A propos
de cette expérience, il a dit qu'il était désireux de faire ce que les saints
désiraient ardemment voir accomplir. Le mot ardemment, employé dans ce
récit, est intéressant. Brigham Young mentionne le désir ardent qui les
animait, et leur espoir de pouvoir accomplir les ordonnances avant de se mettre
en route pour l'Ouest. Je vous exprime mon amour et vous rends témoignage
que je sais que cette oeuvre est vraie. Je sais que Dieu vit. Je sais qu'il nous
aime. Il nous aime tout comme nous aimons nos enfants et notre postérité. Nous
avons maintenant 65 arrière-petits-enfants, et bien sûr nous en aurons encore
d'autres. Nous les aimons tous et nous espérons que les chaînes et les
maillons de notre famille seront forts et que nos enfants seront bénis. Nous
sommes fiers d'eux tous et nous prions pour qu'ils grandissent avec la
connaissance profonde que j'ai de Dieu, à savoir qu'il vit, qu'il est notre Père,
et que toute cette oeuvre est dirigée par lui et par son Fils, qui est notre
Sauveur, Jésus-Christ. Cette Église est l'Église de Jésus-Christ rétablie
sur la terre en ces derniers jours. Je sais que c'est la vérité. Je sais que nous avons un prophète sur la terre
actuellement, et vous pouvez voir les choses merveilleuses qui se produisent
dans l'Église aujourd'hui, avec les cent temples en service. Certains d'entre
vous verront le jour où il y aura deux cents, puis trois cents temples en
service, et plus même. Oui, nous vivons à une époque où des choses
merveilleuses se produisent. Lorsque nous disons qu'il y a actuellement un prophète
qui reçoit des révélations du ciel pour diriger cette oeuvre, je vous témoigne
que les personnes qui, comme moi, travaillent avec lui et le côtoient peuvent
vous témoigner qu'il est le prophète de Dieu sur la terre, chargé de nous
faire faire ce qui est juste. Puissent vos maillons être forts. Puissiez-vous
personnellement trouver la grande joie et le bonheur que vous pouvez connaître
en suivant les principes de l'Évangile. Je vous exprime mon amour et mon témoignage
que l'Église est vraie. Au nom de Jésus-Christ. Amen.
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