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L’ESPRIT DE DIEU Douglas
L. Callister « Plus nous nous rapprochons du Saint-Esprit,
plus notre vie se purifie. Ce qui est sordide et vil ne nous attire plus. »
En Italie, il y a une majestueuse sculpture de Moïse
avec une fissure sur l'un des genoux. Un guide touristique a dit que
Michel-Ange, voyant ce chef-d’œuvre, avait violemment lancé un ciseau sur la
sculpture en s'exclamant avec dédain : « Pourquoi ne parle-t-elle pas ? » Contrairement à la pierre inanimée, la véritable
Église de Jésus-Christ est pleine de vie. La voix, l'Esprit et le pouvoir de
Dieu sont présents dans nos services de culte et chaque fois que les
ordonnances de la sainte prêtrise sont administrées. Elie a demandé à Elisée : « Demande ce que tu
veux que je fasse pour toi. » Elisée a répondu : « Qu'il y ait sur moi, je
te prie, une double portion de ton esprit[1].
» Il n'aurait rien pu demander de plus important. Joseph Fielding Smith a écrit : « L'Esprit de
Dieu parlant à l'esprit de l'homme a le pouvoir de transmettre la vérité. . .
Par le Saint-Esprit, la vérité est tissée dans chaque fibre et jointure du
corps afin qu'elle ne puisse pas être oubliée[2].
» Lorsque nous sommes confirmés membres de l'Église,
la voie nous est ouverte pour que nous puissions rechercher cette dotation céleste.
Cela doit être une quête fervente menée la vie durant. Plus nous nous rapprochons du Saint-Esprit, plus
notre vie se purifie. Ce qui est sordide et vil ne nous attire plus. C'est la
spiritualité que nous acquérons qui nous sépare du monde profane. L'homme tourné vers le spirituel remarque la
beauté dans le monde qui l'entoure. Lorsque la terre a été organisée, le
Seigneur a vu que « cela était bon ». Puis que « tout cela était bon[3] ». Notre Père céleste
est content lorsque, nous aussi, nous prenons le temps de remarquer la beauté
qui nous entoure, ce que nous faisons naturellement lorsque nous devenons plus
spirituellement sensibles. Notre reconnaissance de la grande musique, de la
bonne littérature et de l'art véritable est souvent le résultat naturel de la
maturité spirituelle. Dans une évocation poétique de la théophanie de Moïse
et du buisson ardent, Elizabeth Barrett Browning a écrit : « La terre est
couverte de manifestations célestes et Dieu se trouve dans chaque buisson, mais
seul celui qui les voit ôte ses chaussures[4].
» Lorsque nous recherchons l'Esprit, nous lisons les
Écritures en réfléchissant davantage. Nous redécouvrons les vertus de la
lecture lente. Nous lisons davantage à haute voix, ce qui est peut-être la
manière dont les Écritures doivent être lues. Brigham Young a dit : « Tout
ce que j'ai à faire est. . . de garder mon esprit, mes sentiments et
ma conscience comme une feuille de papier vierge, et de laisser l'Esprit et le
pouvoir de Dieu y écrire ce qu'il souhaite. Quand il écrira, je lirai ; mais
si je lis avant qu'il n'écrive, j'ai toutes les chances de me tromper[5]. » Plus notre spiritualité s'accroît, plus nous
devenons sélectifs dans nos lectures. J. Reuben Clark a dit : « J'ai
maintenant pour règle de ne jamais lire ce qui ne vaudra pas la peine que je
m'en souvienne[6]. » Thomas
Jefferson lisait toujours quelque chose d'édifiant juste avant de se coucher,
« quelque chose sur quoi méditer durant les intervalles du sommeil[7] ». Un autre fruit de la maturité spirituelle est
l'amélioration de la prière. Il y a un peu plus de trente ans, le président
Kimball m'a appelé comme président de pieu. A la fin d'un long week-end de
conférence, je lui ai demandé s'il avait un conseil à me donner. Il m'a répondu
: « Enseignez aux saints des derniers jours à prier. Notre peuple ne doit pas
oublier comment communiquer avec notre Père céleste. C'est tout. » La plupart
des enseignements les plus profonds et les plus importants de l'Église sont
simples. Ceux qui auront passé leur vie à s'efforcer de mériter
la compagnie constante du Saint-Esprit, auront atteint en arrivant dans l'au-delà
une grande envergure spirituelle, alors que ceux qui auront vécu sans Dieu dans
ce monde, n'en seront qu'aux balbutiements. Joseph F. Smith était d'une grande spiritualité.
Un membre du Collège des Douze a dit de lui: «Spirituellement, c'était
l'homme le plus grand que j'aie jamais rencontré. J'étais dans le Tabernacle
lorsque le président Smith a béni les saints des derniers jours. Il les a bénis
pendant vingt minutes. Durant ces vingt minutes, des larmes ont coulé sur tous
les visages dans le Tabernacle[8].
» Au décès de Joseph F. Smith, Charles W. Nibley,
ancien évêque président, a dit : « Jamais il n'y eut d'homme plus moral,
plus chaste, plus vertueux jusqu'à la moindre fibre de son être que lui. Il était
opposé à toutes les formes ou à toutes les pensées d'impudicité, et aussi
immuable qu'une montagne. Qui pourrait se comparer à lui comme prédicateur de
la justice ? Il fut le plus grand que j'aie jamais entendu : puissant, clair,
attirant. C'était merveilleux d'entendre comme les paroles de lumière et de
feu vivant sortaient de sa bouche. . . [Quand] le cœur du président
Smith était accordé sur les mélodies célestes, il pouvait entendre et
entendait[9].» David O. McKay avait, lui aussi, acquis le grand
talent qu'est la spiritualité, Bryant S. Hinckley a écrit : « David O. McKay
a fait beaucoup de bonnes choses et a dit beaucoup de belles choses, mais il est
meilleur que tout ce qu'il a pu dire ou faire[10]. » Le grand combat de notre état prémortel avait
pour enjeu les âmes individuelles. Nous menons le même combat ici, pour nous
efforcer de devenir des êtres suprêmement spirituels. « La spiritualité est
la conscience de la victoire sur soi-même[11]. » C'est la connaissance
sûre que nous gagnons le combat dont notre âme est l'enjeu. La sensualité est
le domaine de la satisfaction des appétits. La spiritualité est le domaine de
la victoire sur soi-même. J'ai assisté à un cours de l'Église où
l'instructeur demandait quels conseils nous donnerions à nos enfants juste
avant de mourir. J'ai répondu : « Premièrement, respectez vos alliances. Dieu
respecte les siennes. Ce sera important de se tenir devant votre Père céleste
et de pouvoir dire : Je suis revenu. Je suis pur. J'ai fait tout ce que j'avais
fait alliance de faire. » Deuxièmement, recherchez l'Esprit de Dieu. Les Écritures
nous adressent cette supplication : « N'éteignez pas l'Esprit[12]. » « N'attristez pas
l'Esprit[13]. » Il ne vient pas dans
les cœurs ou les esprits impurs. Il vient discrètement et sans mise en scène.
Une oreille attentive peut entendre un bruissement d'aile. Si nous n'écoutons
pas, il partira. Je témoigne que l'action de l'Esprit est réelle et qu'elle se manifeste dans cette Église. Je témoigne aussi du Christ, le Rédempteur, et de l’œuvre qu'il a instituée dans cette dispensation. Au nom de Jésus-Christ. Amen. [1]
2 Rois 2:9. [2]
« The Sin against the Holy Ghost », Instructor, oct. 1935, p. 431. [3]
Genèse 1:4, 31. [4]
John Bartlett, Familiar Quotations, 11e édition, 1937, p. 431. [5]
Deseret News Weekly, 19 avril 1871, p. 125. [6]
Cité par Joseph L. Wirthlin, General Conference Reports, avril 1947, p. 85. [7]
The Best Letters of Thomas Jefferson, éd. J.
G. de Roulhac Hamilton, 1926, p. 227. [8]
Conversation personnelle avec Le Grand Richards du 1er juillet
1978. [9]
Joseph F. Smith, Gospel Doctrine, 1939, pp. 522-525. [10]
« Greatness in Men David O. McKay », Improvement Era, mai 1932, p. 446. [11]
Gospel Ideals, 1953, p. 390. [12] 1 Thessaloniciens 5:19. [13] Ephésiens 4:30.
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