![]() |
|
|
L’ENNEMI
INTÉRIEUR James
E. Faust « Chacun de nous doit se former afin d'avoir le
courage, la discipline et la loyauté qui conviennent à des détenteurs de la
prêtrise qui sont prêts et qui ont les armes appropriées pour lutter contre
le mal et pour triompher. »
Mes chers frères de la prêtrise, je vous aime et
j'estime chacun d'entre vous. Nous sommes reconnaissants de tout ce que vous
faites pour que cette oeuvre sacrée aille de l'avant dans le monde entier. Je
suis profondément honoré d'être l'un de vous. Avant même le début du monde, une grande guerre
s'est déclarée dans les cieux entre les forces du bien et du mal[1]. Cette guerre fait encore
plus terriblement rage à notre époque. Satan est encore à la tête des armées
du mal. Comme il l'a fait pour Moïse, il nous tente toujours par ces paroles :
« Fils de l'homme, adore-moi[2]. » Nous détenteurs de la
prêtrise, sommes tous mobilisés dans la grande armée du bien pour combattre
les forces de Lucifer. Chacun de nous doit se former afin d'avoir le courage, la
discipline et la loyauté qui conviennent à des détenteurs de la prêtrise qui
sont prêts et qui ont les armes appropriées pour lutter contre le mal et pour
triompher. Paul a dit que ces armes sont la cuirasse de la justice, le bouclier
de la foi, le casque du salut et l'épée de l'Esprit, qui est la parole de Dieu[3]. Ce soir, je vais vous parler de la bataille que
chacun de nous doit livrer dans son coeur. Joseph F. Smith nous a enseigné : «
Notre premier ennemi, nous le trouverons au-dedans de nous. C'est une bonne
chose que de vaincre d'abord cet ennemi-là, de nous assujettir à la volonté
du Père, et d'obéir strictement aux principes de vie et de salut qu'il a donnés
au monde pour le salut des hommes[4].
» Cela signifie tout simplement que nous devons affermir ce qui est bon
au-dedans de nous et surmonter les tentations de Satan. Pour trouver la
direction à suivre, nous avons un guide sûr. Alma nous dit : « Tout ce qui
est bien vient de Dieu, et tout ce qui est mal vient du diable[5]. » Robert Louis Stevenson a dépeint cette lutte
incessante entre le bien et le mal dans le célèbre roman parlant du docteur
Jekyll et de Mister Hyde. L'histoire nous dit qu'au début, le docteur Jekyll
est un chirurgien très respecté de Londres, un homme bon et affable, qui, dans
sa jeunesse, a montré quelque penchant pour le mal mais qu'il a réussi à réprimer.
S'intéressant aux drogues, le médecin en trouve alors par hasard une qui lui
permet de prendre l'aspect d'un nain hideux, incarnation du mal, qu'il appelle
Mister Hyde. La même dose lui permet de reprendre la forme et la personnalité
du bon docteur. Celui-ci devient souvent Mister Hyde, donnant ainsi de plus en
plus de force à ce côté de sa nature. Jekyll a de plus en plus de difficulté
à reprendre sa bonne nature et se trouve parfois devenir Hyde sans recourir à
la drogue[6]. Sous la personnalité de
Mister Hyde, il commet un meurtre. Quand la drogue ne le retransforme plus en
bon docteur Jekyll, la vérité est découverte et Hyde se donne la mort. Le
mauvais usage de drogues a détruit sa vie. Il peut en être de même dans la
vie réelle. La clé pour ne jamais devenir le méchant Mister
Hyde est de décider de ne pas céder aux tentations destructrices. Ne faites
jamais, au grand jamais, l'essai de produits qui entraînent l'accoutumance. Ne
touchez même jamais au tabac sous quelque forme que ce soit ni à d'autres
substances qui asservissent. Abstenez-vous des boissons alcoolisées.
L'accoutumance a des conséquences tragiques qui sont difficiles à surmonter. Des bénédictions découlent de la fidélité à
nos principes. Lorsque j'étais président du pieu de Cottonwood, l'un de nos
patriarches de pieu était le docteur Creed Haymond. Il lui arrivait de témoigner
avec force de la Parole de Sagesse. Pendant sa jeunesse, il avait été
capitaine de l'équipe de course à pied de l'université de Pennsylvanie. En
1919, frère Haymond et son équipe ont été invités au championnat de course
à pied inter universitaire. Le soir précédant la compétition, son entraîneur,
Lawson Robertson, qui avait été l'entraîneur de plusieurs équipes
olympiques, dit aux membres de son équipe de boire un peu de sherry. A cette époque,
les entraîneurs croyaient faussement que le vin était un tonique pour les
muscles tétanisés par un entraînement rigoureux. Tous les membres de l'équipe
prirent du sherry, sauf frère Haymond qui refusa parce que ses parents lui
avaient enseigné la Parole de Sagesse. Frère Haymond était très inquiet
parce qu'il n'aimait pas désobéir à son entraîneur. Il devait courir contre
les hommes les plus rapides du monde. Et s'il n'était pas en forme le lendemain
? Comment affronterait-il son entraîneur ? Le lendemain, à la compétition, les autres
membres de l'équipe étaient très malades et eurent de mauvais résultats ou
furent même trop malades pour courir. Par contre, frère Haymond se sentait
bien et remporta le 100 et le 200 mètres. Son entraîneur lui dit : « Tu viens
de courir le 200 mètres plus vite que quiconque auparavant. » Ce soir-là et
pendant le reste de sa vie, Creed Haymond fut reconnaissant de sa foi simple qui
lui avait permis de respecter la Parole de Sagesse[7]. A l'armée pendant la Deuxième Guerre mondiale,
je me suis trouvé avec d'excellents jeunes gens très prometteurs. Mais petit
à petit, j'en ai vu certains oublier de craindre Dieu et se détourner des
qualités du docteur Jekyll pour en venir à la bassesse de Mister Hyde.
Certains ont commencé par boire du café parce que l'eau était croupie et que
les pilules de purification avaient très mauvais goût. Le café en a amené
certains à boire de temps en temps de la bière. Tous les soldats en poste hors
des États-Unis recevaient une ration de cigarettes et, de temps en temps, une
bouteille de whisky, ce qui coûtait une somme folle. George Albert Smith a donné un jour le conseil
suivant : « Si vous franchissez un jour d'un seul centimètre la ligne de démarcation
du territoire du diable, vous tomberez entre les mains du tentateur et, s'il a
du succès, vous ne pourrez pas réfléchir ni même raisonner sainement parce
que vous aurez perdu l'esprit du Seigneur[8].»
Certains soldats sont restés du bon côté de la ligne et n'ont jamais essayé
ces produits nocifs ni n'en ont fait le trafic, même si on nous les fournissait
gratuitement. Mais d'autres se sont mis à la cigarette et à l'alcool pour ne
pas penser aux difficultés de la guerre. Quelques-uns succombèrent même à
l'immoralité en croyant que le stress de la guerre justifiait de déroger à
ses principes et de laisser le côté Mister Hyde de leur personnalité
l'emporter. Après la guerre, ceux qui étaient sous l'emprise
du tabac, de l'alcool et de l'immoralité se sont aperçus qu'ils n'arrivaient
pas à se débarrasser de ces mauvaises habitudes. Les jeunes gens qui avaient
au début tant de possibilités et qui ont franchi la ligne centimètre par
centimètre, se sont privés et ont privé leur famille du bonheur promis, et
ont connu à la place le divorce, les foyers brisés et le chagrin. Ceux qui n'ont jamais dérogé à leurs principes
n'ont pas succombé à ces mauvaises habitudes. Ils sont sortis de cette période
de stress de leur vie plus forts et mieux préparés à mener une vie
productive, exemplaire et heureuse en pères et en grands-pères fidèles de
familles justes. Ils sont aussi devenus des dirigeants honorés et respectés de
l'Église et de la collectivité. Une autre philosophie fausse qui est séduisante
pour le côté Mister Hyde de notre nature est que le fait de jeter un coup
d'oeil à la pornographie ne fait aucun mal. C'est une illusion terrible. La
pornographie devient une habitude aussi asservissante que la cocaïne ou que
toute autre drogue. J'ai récemment reçu une lettre poignante d'un homme
excommunié dont l'âme est pleine de chagrin et de regret. Avec sa permission,
je cite le passage suivant de sa lettre : « J'espère que cette lettre
confirmera à quiconque a des doutes que la voie de la destruction n'est semée
que de chagrin, et qu'aucun péché ne vaut le prix qu'on le paie. » Il ajoute : « Je me suis attiré le chagrin. Ce
n'est que maintenant que je comprends pleinement la grande destruction que je me
suis attirée. Aucun désir égoïste ou vicieux ne vaut la peine de perdre son
statut de membre. J'ai causé un chagrin terrible à ma femme et à mes deux
enfants chéris. Je suis reconnaissant des grands efforts de ma femme pour
m'aider à surmonter mes péchés. Elle en a été la victime et a dû endurer
un grand chagrin et de grandes souffrances. J'aspire au jour où je pourrai à
nouveau être membre de l'Église du Seigneur et où notre famille sera une
famille éternelle. » Dans la suite de la lettre, cet homme admet : «
Mes péchés sont la conséquence directe de mon asservissement à la
pornographie dès mon plus jeune âge. Je n'ai pas le moindre doute qu'elle est
une habitude asservissante et un poison. Si j'avais appris tôt dans la vie à
appliquer le pouvoir de me maîtriser, je serais membre de l'Église à l'heure
actuelle. » L'un des mensonges de Mister Hyde est ce que
certains appellent à tort « le repentir prémédité ». Cette doctrine
n'existe pas dans notre Église. Cette idée peut paraître séduisante, mais en
fait, elle est pernicieuse et fausse. Elle a pour but de nous persuader que nous
pouvons consciemment et délibérément transgresser en pensant qu'un repentir
rapide nous permettra de jouir des pleines bénédictions de l'Évangile comme
celles du temple ou d'une mission. Le vrai repentir peut être un processus long
et douloureux. Néphi a vu à l'avance cette doctrine erronée. « Et il y en aura aussi beaucoup qui diront :
Mangez, buvez et réjouissez-vous ; néanmoins, craignez Dieu : il justifiera si
on commet un petit péché ; oui, mentez un peu, prenez l'avantage sur quelqu'un
à cause de ses paroles, creusez une fosse pour votre prochain, il n'y a pas de
mal à cela ; et faites tout cela, car demain nous mourrons ; et si nous sommes
coupables, Dieu nous battra de quelques coups, et à la fin nous serons sauvés
dans le royaume de Dieu[9].
» A propos de tous ceux qui prêchent cette
doctrine, le Seigneur dit : « Le sang des saints criera du sol contre eux[10]. » Il en est ainsi parce
que non seulement toutes nos alliances doivent être contractées en recevant
des ordonnances mais, pour être éternelles, elles doivent aussi être scellées
par le Saint-Esprit de promesse[11]. Ce sceau divin
d'approbation n'est apposé sur nos ordonnances et nos alliances que si nous
sommes fidèles. L'idée erronée du prétendu repentir prémédité contient un
élément de tromperie mais le Saint-Esprit de promesse ne peut pas être trompé.
Certaines personnes portent des masques de pudeur
et de droiture mais mènent une vie de mensonge en croyant que, comme le docteur
Jekyll, elles peuvent mener une double vie et ne jamais être découvertes.
Jacques a déclaré : « Ce sont des hommes irrésolus, inconstants dans toutes
leurs voies[12]. » Dans le Livre de Mormon, nous lisons le récit de
Corianton qui est allé en mission chez les Zoramites avec son père et son frère.
La double vie qu'il menait lui a fait abandonner son ministère et son père
s'est lamenté : « O mon fils, quelle grande iniquité tu as amenée sur les
Zoramites ! Car lorsqu'ils ont vu ta conduite, ils n'ont pas voulu croire en mes
paroles[13]. » Les hypocrites sont les personnes qui se donnent
des airs de bonté mais qui intérieurement pratiquent le mal et la tromperie.
C'était le cas des scribes et des pharisiens qui s'adressaient au Sauveur en
faisant semblant d'avoir la conscience troublée et de rechercher ses conseils
précieux. « Maître », disaient-ils d'une voix doucereuse, « nous savons que
tu es vrai, et que tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité, sans t'inquiéter
de personne, car tu ne regardes pas à l'apparence des hommes. » Par cette méthode fourbe, ils espéraient le
prendre au dépourvu en lui demandant : « Dis-nous donc ce qu'il t'en semble :
est-il permis, ou non, de payer le tribut à César. » Leur question était insidieuse parce que l'une
des lois romaines les plus offensantes était la levée des impôts. S'il avait
répondu « Oui », les pharisiens auraient pu le taxer de déloyauté envers le
peuple juif. Si sa réponse avait été « Non », il aurait pu être dénoncé
pour insoumission. « Jésus, connaissant leur méchanceté, répondit :
Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ? » Il leur demanda de lui montrer un denier puis leur
posa la question : « De qui sont cette effigie et cette inscription ? » Ils répondirent
: « De César. » Et il réduisit les pharisiens hypocrites au silence par
cette réponse célèbre : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à
Dieu ce qui est à Dieu[14].
» Nous sommes dans le monde, mais nous ne devons pas être vaincus par
l'hypocrisie et la tromperie qui y règnent. La vérité sur notre identité et sur nos actes
finira par être connue. Le Seigneur nous a donné cette réponse qui prête à
réfléchir : « Car leurs iniquités seront publiées sur les toits, et leurs
actions secrètes seront révélées[15]. » Parce que nous vivons
dans un monde qui a perdu le sens des valeurs morales, nous trouvons qu'il est
difficile de se dire et de dire aux autres que nos actions ne sont pas justes. Mes frères, chacun de nous peut se protéger de
l'ennemi intérieur en utilisant le manteau protecteur de la prêtrise de Dieu.
Chacun de nous doit mettre en action dans sa vie les grands pouvoirs de la
sainte prêtrise. Cela signifie se servir chaque jour du libre arbitre divin
pour apporter des bénédictions aux autres en faisant ses visites au foyer, en
accomplissant des ordonnances ou en tenant sa soirée familiale. Nous avons
ensemble la mission de porter le message du salut au monde, mission que nous
remplissons sous la direction du président Hinckley qui détient toutes les clés
de la prêtrise ici-bas en ce moment. Mais nous ne pouvons accomplir cette
mission que si chacun d'entre nous gagne la bataille intérieure. Nous pourrons
ainsi revêtir toutes les armes de Dieu et recevoir les bénédictions qui sont
contenues dans le serment et l'alliance de la prêtrise. Le Seigneur a fait la
promesse suivante : « Tous ceux qui reçoivent cette prêtrise me reçoivent,
dit le Seigneur. . . « Et celui qui me reçoit reçoit mon Père ; « Et celui qui reçoit mon Père, reçoit le
royaume de mon Père ; c'est pourquoi tout ce que mon Père a lui sera donné[16]. » L'exaltation dans le royaume du Père comprend des
royaumes, des trônes, des dominations, des principautés et des pouvoirs qui
s'accroissent à jamais[17].
Je prie pour que nous nous efforcions tous de triompher de l'ennemi intérieur
afin de pouvoir recevoir ces bénédictions. Au nom de Jésus-Christ. Amen. [1]
Voir Apocalypse 12:4-9 ; Moïse 4:1-4 ; Abraham 3:24-28 ; D&A 29:36-38 ;
Esaïe 14:12-20 ; Luc 10:18. [2]
Moïse 1:12. [3] Voir Éphésiens 6:14-17. [4] Enseignements des présidents de l'Église, Joseph F. Smith, p. 374. [5] Alma 5:40. [6] Thesaurus of Book Digests, 1949, p. 206. [7] Voir « Speed and the Spirit », Joseph H. Cannon,
Improvement Era, octobre 1928, pp. 1001-1007. [8] Sharing the Gospel with Others, édition Preston
Nibley, 1948, p. 43. [9] 2 Néphi 28:8. [10] 2 Néphi 28:10. [11] Voir D&A 132:7. [12] Jacques 1:8. [13] Alma 39:11. [14] Matthieu 22:16-21. [15] D&A 1:3. [16] D&A 84:35, 37-38. [17] Voir Enseignements des présidents de l'Église, Brigham Young, 1997, p. 72.
|
|
|
l Accueil l
Écritures l Livres
l Magazines l Études
l Médias l Art
l |