L’APPEL AU SERVICE

Thomas S. Monson
Premier conseiller dans la Première Présidence

« Je révère la prêtrise du Dieu tout-puissant. J'ai été témoin de sa puissance. J'ai vu sa force. Je me suis émerveillé des miracles qu'elle a opérés. »

Thomas S. Monson

C'est un grand honneur de me trouver ce soir devant vous qui êtes dans ce magnifique centre de conférence et dans des assemblées de par le monde. Quel groupe imposant de détenteurs de la prêtrise !

Je vais fonder mon discours sur les paroles données par l'intermédiaire de Joseph Smith, le prophète, rapportées à la section 107 des Doctrine et Alliances. Elles s'appliquent à nous tous, que nous soyons détenteurs de la Prêtrise d'Aaron ou de la Prêtrise de Melchisédek. « C'est pourquoi, que chaque homme s'instruise de son devoir et apprenne à remplir l'office auquel il est désigné, et ce, en toute diligence[1]. »

Wilford Woodruff a déclaré : « Toutes les organisations de la prêtrise ont du pouvoir. Le diacre a du pouvoir, du fait de la prêtrise qu'il détient. L'instructeur aussi. Ils ont le pouvoir de s'adresser au Seigneur et que leurs prières soient entendues et exaucées, tout comme le prophète, le voyant ou le révélateur. . . C'est par cette prêtrise que les ordonnances sont conférées aux hommes, que leurs péchés leur sont pardonnés et qu'ils sont rachetés. C'est dans ce dessein qu'elle a été révélée et scellée sur notre tête[2]. »

Il faut donner aux détenteurs de la Prêtrise d'Aaron des occasions de magnifier leur appel dans cette prêtrise.

Par exemple, quand j'ai été ordonné diacre, notre épiscopat a souligné la responsabilité sacrée qui était la nôtre de distribuer la Sainte-Cène. Il a souligné que nous devions être convenablement habillés, nous comporter avec dignité et qu'il était important d'être propre et pur.

Quand on nous a appris comment distribuer la Sainte-Cène, on nous a dit que nous aidions chacun des membres à renouveler l'alliance du baptême, et les responsabilités et bénédictions qui l'accompagnent. On nous a dit aussi que nous devions aider un frère, Louis, qui était atteint de paralysie cérébrale, afin qu'il puisse prendre les emblèmes sacrés.

Je me souviens bien quand on m'a chargé de distribuer la Sainte-Cène à la rangée où Louis était assis. Je me suis approché de cet excellent frère en hésitant. J'ai vu alors son sourire et son expression de reconnaissance, indiquant son désir de prendre la Sainte-Cène. Tenant le plateau de la main gauche, j'ai pris un morceau de pain et je l'ai appuyé contre ses lèvres ouvertes. Je lui ai ensuite donné l'eau de la même manière. J'avais l'impression d'être en un lieu saint. Et c'était effectivement le cas. L'honneur de donner la Sainte-Cène à Louis a fait de nous tous de meilleurs diacres.

Nobles dirigeants de jeunes gens, vous vous trouvez à un tournant de la vie de ceux que vous instruisez. Sur le mur de la chapelle de l'université Stanford est inscrite cette vérité : « Nous devons enseigner à notre jeunesse que tout ce qui n'est pas éternel est trop court, et que tout ce qui n'est pas infini est trop petit[3]. »

Le président Hinckley a souligné nos responsabilités quand il a déclaré : « Cette oeuvre réclame de l'engagement. Elle réclame du dévouement. Nous sommes engagés dans un grand combat éternel dont l'enjeu est l'âme des fils et des filles de Dieu. Nous ne sommes pas en train de le perdre. Nous sommes en train de le gagner. Nous continuerons de gagner si nous sommes fidèles et loyaux. . . Il n'est rien que le Seigneur nous a demandé que nous ne puissions accomplir avec de la foi[4]. »

Mes frères, chacun des instructeurs ordonnés a-t-il reçu la tâche de faire l'enseignement au foyer ? Quelle occasion de se préparer à la mission ! Quelle belle possibilité d'apprendre la discipline du devoir ! Les garçons cesseront automatiquement de se soucier d'eux-mêmes s'ils sont chargés de veiller sur les autres.

Et qu'en est-il des prêtres ? Ces jeunes gens ont l'occasion de bénir la Sainte-Cène, de continuer de s'acquitter de leurs devoirs d'instructeurs au foyer, et d'administrer l'ordonnance sacrée du baptême.

Nous pouvons nous fortifier mutuellement ; nous avons la capacité de remarquer ce qui ne se remarque pas. Lorsque nous avons des yeux qui voient, des oreilles qui entendent et un coeur qui perçoit et ressent les choses, nous pouvons aider et secourir les gens dont nous sommes responsables.

Dans Proverbes, on lit ce conseil que j'aime : « Considère le chemin par où tu passes[5]. »

Je révère la prêtrise du Dieu tout-puissant. J'ai été témoin de sa puissance. J'ai vu sa force. Je me suis émerveillé des miracles qu'elle a opérés.

Il y a cinquante ans, j'ai connu un jeune homme, un prêtre, Robert qui détenait l'autorité de la Prêtrise d'Aaron. Étant l'évêque, j'étais le président de son collège. Il bégayait et n'arrivait pas à se maîtriser. Il était gêné et timide. Il avait peur de lui-même et des autres. C'était pour lui un handicap écrasant. Il n'accomplissait jamais une tâche, il ne regardait jamais les gens dans les yeux. Il regardait toujours par terre. Mais un jour, à la suite de circonstances particulières, il a accepté la tâche de prêtrise de baptiser quelqu'un.

J'étais assis à côté de lui dans le baptistère du Tabernacle de Salt Lake. Portant des vêtements blancs, immaculés, il était prêt à effectuer l'ordonnance. Je me suis penché vers lui et je lui ai demandé comment il se sentait. En regardant par terre et en bégayant presque sans pouvoir se maîtriser, il m'a dit que ça n'allait pas du tout.

Nous avons fait ensemble une prière fervente pour qu'il puisse s'acquitter de sa tâche. Le greffier a annoncé ensuite : « A présent, Nancy Ann McArthur va être baptisée par Robert Williams, qui est prêtre. »

Robert s'est levé, s'est avancé dans les fonts baptismaux, a pris la petite Nancy par la main et l'a aidée à descendre dans l'eau qui purifie la vie humaine et apporte la renaissance spirituelle. Il a prononcé les paroles: « Nancy Ann McArthur, ayant reçu l'autorité de Jésus-Christ, je te baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Amen », sans bégayer à aucun moment ! Il n'a pas fait une seule faute ! Je venais d'être témoin d'un miracle. Robert a ensuite accompli de la même manière l'ordonnance du baptême pour deux ou trois autres enfants.

Dans les vestiaires, quand j'ai félicité Robert, je m'attendais à l'entendre parler avec le même débit ininterrompu. Je me trompais. Le regard baissé, il m'a remercié en bégayant.

Je témoigne à chacun de vous ce soir que quand Robert a agi avec l'autorité de la Prêtrise d'Aaron, il a parlé avec puissance, avec conviction et avec l'aide du ciel.

Nous devons procurer à nos jeunes gens de la Prêtrise d'Aaron des expériences qui édifient la foi. Ils désirent avoir l'occasion que nous avons eue de sentir l'aide de l'Esprit du Seigneur.

Je me souviens du premier discours qu'on m'a demandé de donner à l'église. On m'avait permis de choisir mon sujet. Comme j'ai toujours aimé les oiseaux, j'ai pensé au monument aux mouettes. Pour me préparer, je suis allé à Temple Square et j'ai regardé le monument. Mon attention a d'abord été attirée par toutes les pièces dans l'eau. Je me demandais comment on pourrait les récupérer et qui allait le faire. Je ne dis pas que j'aie pensé les récupérer. Ensuite, j'ai regardé les mouettes au sommet du monument, essayant, dans mon âme d'enfant, de m'imaginer ce qu'avaient dû éprouver les pionniers quand ils avaient vu les précieuses céréales de la première année de récolte dévorées par les sauterelles, puis les mouettes, aux larges ailes, descendre dans les champs et manger les sauterelles. J'adorais ce récit. Je me suis assis, un crayon à papier à la main, et j'ai écrit un discours de deux minutes et demie. Je n'ai jamais oublié les mouettes. Je n'ai jamais oublié les sauterelles. Je n'ai jamais oublié mes genoux qui s'entrechoquaient quand j'ai donné le discours. Je n'ai jamais oublié cette expérience où j'ai exprimé verbalement en chaire mes sentiments les plus profonds. Je vous exhorte à donner aux détenteurs de la Prêtrise d'Aaron l'occasion de réfléchir, de raisonner et de servir.

David O. McKay a fait cette remarque : « Que Dieu nous aide à être fidèles aux idéaux de la Prêtrise d'Aaron et de la Prêtrise de Melchisédek. Puisse-t-il nous aider à magnifier notre appel et à inspirer les hommes par notre comportement, non seulement les membres de l'Église, mais tous les hommes, partout, leur inspirer de mener une vie meilleure, plus élevée, à les aider à être de meilleurs maris, de meilleurs voisins et de meilleurs dirigeants, en toutes circonstances[6]. »

Le monde semble s'être éloigné de la sécurité du mouillage, avoir dérivé loin de la paix du port. Le laxisme, l'immoralité, la pornographie et la force de la pression de l'entourage font que beaucoup sont ballottés sur l'océan du péché et viennent se fracasser sur les récifs que sont les occasions manquées, les bénédictions perdues et les rêves effondrés.

Certains demandent, angoissés : « Y a-t-il une voie qui mène à la sécurité ? » « Y a-t-il quelqu'un pour me guider ? » « Peut-on échapper à la destruction qui menace ? » La réponse est un « oui » sonore. Regardez vers le phare du Seigneur. Il n'est pas de brouillard si épais, de nuit si sombre, de vent si fort, de marin si perdu que la lumière de ce phare ne puisse le secourir. Il nous fait signe à travers les tempêtes de la vie. Le phare du Seigneur nous envoie des signaux facilement reconnaissables, et qui ne nous trahissent jamais.

Ces signaux sont nombreux. Je n'en citerai que trois. Notez-les soigneusement. L'exaltation, la vôtre, la mienne, peut en dépendre.

Premièrement, la prière apporte la paix.

Deuxièmement, la foi précède le miracle.

Troisièmement, l'honnêteté est le meilleur parti.

Premièrement, la prière. Adam a prié ; Jésus a prié ; Joseph a prié. Nous connaissons le résultat de leurs prières. Il ne fait pas de doute que celui qui remarque un passereau qui tombe entend les supplications de notre coeur. Souvenez-vous de la promesse : « Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée[7]. »

Deuxièmement, la foi précède le miracle. Il en a toujours été et il en sera toujours ainsi. Il ne pleuvait pas quand Noé a reçu le commandement de construire une arche. Abraham ne voyait pas de bélier dans le buisson quand il s'est préparé à sacrifier son fils Isaac. Il n'y avait pas encore de personnage céleste en vue quand Joseph s'est agenouillé et a prié. Il y a d'abord eu l'épreuve de la foi, puis le miracle.

Rappelez-vous que la foi et le doute ne peuvent pas exister dans le même esprit au même moment, car l'un chasse l'autre. Rejetez le doute. Cultivez la foi.

Enfin, l'honnêteté est le meilleur parti. J'ai appris cette vérité de manière spectaculaire pendant que je faisais mes classes dans la marine il y a cinquante-cinq ans. Après ces trois semaines de formation dans l'isolement, nous avons reçu la bonne nouvelle que nous aurions notre première permission et pourrions visiter San Diego. Tous les hommes attendaient impatiemment ce changement de rythme. Tandis que nous nous préparions à monter dans les bus pour aller en ville, l'adjudant a lancé cet ordre : « Tous ceux d'entre vous qui savent nager, rangez-vous ici. Vous irez en permission à San Diego. Tous ceux qui ne savent pas nager, rangez-vous ici. Vous irez à la piscine pour une leçon de natation. Vous n'irez en permission qu'après avoir appris à nager. »

Je nageais depuis toujours. Je me préparais donc à monter dans le bus pour aller en ville, mais l'adjudant a dit à notre groupe : « Encore autre chose. Suivez-moi. En avant, marche ! » Il nous a conduis à la piscine, nous a faits nous déshabiller et nous ranger au bord du grand bain. Ensuite, il nous a ordonné : « A l'eau, et faites-moi une longueur de bassin ! » Dans ce groupe, où tous étaient censés savoir nager, il y en avait une dizaine qui avaient cru pouvoir tromper l'adjudant. En fait, ils ne savaient pas nager. Ils ont sauté à l'eau, de gré ou de force. Cela a été la catastrophe. Les sous-officiers les ont laissés couler une ou deux fois avant de leur tendre une perche de bambou et de les aider à sortir. En quelques mots bien choisis, l'adjudant leur a dit alors : « Ça vous apprendra à dire la vérité ! »

Combien j'étais reconnaissant d'avoir dit la vérité, de savoir nager et d'avoir fait facilement la longueur de bassin. Des leçons de ce genre nous apprennent à être loyaux, loyaux à la foi, loyaux au Seigneur, loyaux à nos compagnons, loyaux à tout ce qui est sacré pour nous et qui nous est cher. Je n'ai jamais oublié cette leçon.

Le phare du Seigneur nous guide vers la sécurité et la joie éternelle, par ses signaux qui ne nous trahissent jamais.

La prière apporte la paix.

La foi précède le miracle.

L'honnêteté est le meilleur parti.

Je vous témoigne ce soir que Jésus est bien le Christ, notre Rédempteur et Sauveur bien-aimé. Nous sommes dirigés par un prophète du Dieu tout-puissant. Je parle de Gordon B. Hinckley. Je sais que vous partagez cette conviction.

Pour terminer, je vais vous lire une lettre simple, mais profonde, qui exprime notre amour pour notre prophète et la direction qu'il nous donne.

Cher Président Monson,

« Il y a cinq ans, le président Hinckley a été soutenu comme prophète, voyant et révélateur. Cela a été pour moi une expérience extraordinaire, liée à votre appel à manifester notre soutien en levant la main.

« Ce matin-là, je devais aller chercher du foin pour mon bétail. J'écoutais la conférence à la radio de ma camionnette. J'avais chargé le foin, j'avais fait marche arrière dans la grange et je jetais les balles de foin de l'arrière de la camionnette. Quand vous avez appelé les frères de la prêtrise Ðoù qu'ils se trouventð à se préparer à soutenir le prophète, je me suis demandé si cela s'adressait à moi. Je me demandais si le Seigneur allait être offensé, parce que j'étais en sueur et plein de poussière. Mais je vous ai pris au mot et je suis descendu de la camionnette.

« Je n'oublierai jamais cela. Seul, debout dans la grange, le chapeau à la main, le visage couvert de sueur, le bras à angle droit, j'ai soutenu le président Hinckley. Mes larmes se mêlaient à ma sueur tandis que je restais assis plusieurs minutes à méditer sur cet événement sacré. »

Il ajoute :

« Dans la vie, nous vivons parfois des événements très importants dans des endroits particuliers. Cela m'est arrivé, mais je ne me suis jamais trouvé dans une situation plus spirituelle, plus émouvante ou plus mémorable que ce matin-là dans la grange, avec pour seuls témoins mes vaches et un cheval rouan.

« Fraternellement »

Signé Clark Cederlof

Président, nous, frères de la prêtrise, nous vous aimons et vous soutenons. J'en témoigne, au nom de Jésus-Christ. Amen.

 

[1] D&A 107:99.

[2] Millenial Star, 22 septembre 1890, pp. 595-596.

[3] Voir Conference Report, octobre 1952, p. 17.

[4] « The War We Are Winning », Ensign, novembre 1986, p. 44.

[5] Proverbes 4:26.

[6] Conference Report, Octobre 1967, p. 97.

[7] Jacques 1:5.

 

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