NOUS AVONS ENSEIGNE L’ÉVANGILE A PAPA

Sheila R. Woodard 

Papa a été élevé dans l’Est des États-Unis. Maman a grandi dans un foyer de saints des derniers jours en Utah. Ils se sont rencontrés pendant qu’ils travaillaient en Californie et sont sortis ensemble pendant plusieurs mois. Quand papa est retourné chez ses parents, maman lui a manqué et il l'a fait venir. Il était loin de se douter que sa décision d'épouser une sainte des derniers jours, affecterait le reste de sa vie.

Comme maman et papa aimaient tous les deux leur famille, il leur était difficile de décider de l'endroit où ils allaient vivre. Quand mon frère et moi nous étions jeunes, notre famille a déménagé plusieurs fois entre l'Utah et la côte est. Quand nous vivions dans l'Est, papa nous conduisait parfois dans une ville voisine pour que nous puissions aller aux réunions de la branche de l'Église. Comme il se sentait mal à l'aise d'entrer avec nous, il attendait dans la voiture.

Par beau temps, nous nous trouvions un arbre ombrageux sous lequel nous nous asseyions après l'Église, et papa sortait le panier pique-nique de la voiture. Pendant que nous mangions, maman nous encourageait, mon frère et moi, à dire à papa ce que nous avions appris à la réunion de Sainte-Cène.

Quand nous allions dans l'Ouest pour habiter près de la famille de maman, nous allions plus souvent à l'église. Nous n'avions plus de pique-nique, mais nous avions de merveilleux repas autour de la table du dîner. Chaque dimanche, nous disions à papa ce que nous avions appris à l'église.

Ce n'est que quand mon frère et moi sommes devenus plus âgés que nous nous sommes rendu compte de ce que nous manquions parce que papa n'allait pas à l'église avec nous. Nous nous sommes rendu compte que si nous voulions qu'il nous accompagne, il faudrait l'instruire et le baptiser. C'est ainsi qu'ont commencé nos efforts inlassables pour lui parler de l'Évangile. Mais, les mois et les années passant, nous nous demandions parfois s'il se ferait jamais baptiser.

Quand j’ai eu neuf ans, nous avons eu un petit frère. Une fois de plus, papa a entendu toutes les leçons de la Primaire à la table du dîner. Entre-temps, il s'était mis à aller à l'église avec nous à l'occasion. Il invitait même les missionnaires à manger chez nous et écoutait les leçons. Mais il ne voulait pas s'engager à se faire baptiser.

Quand mon frère aîné a été appelé en mission, nous nous sommes rendu compte que le petit groupe de missionnaires que nous constituions allait être considérablement affaibli. « Ne vous en faites pas, nous a dit notre frère pour nous rassurer. Je vais continuer à travailler sur papa dans le champ de la mission. » Il a tenu parole. Dans presque toutes les lettres qu'il envoyait à la maison, il était plein de zèle missionnaire et posait la question clé. « Papa, écrivait-il, quand vas-tu te faire baptiser ? » Néanmoins, malgré les leçons missionnaires qu'il avait reçues maintes et maintes fois, papa ne se sentait toujours pas prêt.

Quand j’ai eu 21ans, j’ai été appelée en mission en Uruguay. J’écrivais chez moi chaque semaine et je relatais toujours des expériences missionnaires positives. Ensuite, je parlais des baptêmes que nous avions faits et je demandais « Papa, quand vas-tu te faire baptiser ? »

Le jour de mes 22 ans, j’ai reçu une carte d'anniversaire avec un message de Maman. « Ton père reçoit de nouveau les leçons missionnaires, écrivait-elle. Cette fois il s'est engagé à se faire baptiser ! »

A partir de ce moment-là, chaque fois qu'une lettre arrivait de chez moi, je m'attendais pleinement à apprendre que papa s 'était fait, baptiser. Mais la nouvelle n'arrivait pas. Et puis. j'ai reçu un petit mot de maman

« Ton père a décidé de ne pas se faire baptiser maintenant. » J’étais effondrée. Que s'était-il passé ? Est-ce que quelque chose dans une de mes lettres avait incité papa à faire marche arrière ? Au cours des quelques mois, qui ont suivi, j'ai beaucoup prié pour lui. Je continuais à écrire et à l'encourager à rester en contact avec les missionnaires.

Six mois plus tard, je recevais un message surprenant: « Tu dois téléphoner immédiatement à la maison » Alarmées, ma compagne et moi, nous nous sommes rendues en courant dans les bureaux où l'on pouvait donner les coups de téléphone internationaux. Une standardiste m'a dit d'attendre dans une cabine téléphonique pendant qu'elle faisait le numéro pour moi.

Quand le téléphone a sonné, j'ai décroché. Ma mère, était au bout du fil. « Qu'est-ce qui se passe ? » ai-je demandé, paniquée.

« Sheila », a-t-elle répondu d'une voix, toute excitée et très heureuse, « ton père s’est fait baptiser aujourd’hui. Il s’est éveillé ce matin et a dit: ‘Je veux me faire baptiser. Veux-tu téléphoner à l'évêque et lui demander si cela peut se faire aujourd'hui ?’ Alors, j'ai téléphoné à l'évêque, et il a tout arrangé. » Mon frère aîné avait accompli l’ordonnance à midi à I'égIise de la paroisse.

Tandis que maman parlait, ma crainte s'est évanouie et mon coeur s'est rempli de gratitude et de joie. Après toutes ces années d'efforts, d'attente et de prière, nous étions enfin une famille complètement membre.

Sheila R. Woodard est membre de la 28ème paroisse d’Idaho Falls, dans le pieu central d’Idaho Falls (Idaho)

 

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