PREMIERS CROYANTS FIDÈLES

Donald L. Enders

Joseph et Lucy Mack Smith furent les premiers à savoir que Dieu le Père et Jésus-Christ étaient apparus à leur fils, Joseph Smith, fils. Par la suite, ils sacrifièrent tout ce qu’ils avaient pour l’Évangile.

En janvier 1836, tandis qu'il accomplissait les ordonnances liées à la dotation dans le temple de Kirtland, Joseph. Smith, le prophète, eut une vision du royaume céleste. A la recherche de mots pour en exprimer la gloire, il décrivit « la beauté transcendante » de sa porte semblable à « des flammes tournoyantes », ses «belles rues» et le Père et le Fils assis sur « le trône flamboyant de Dieu »(D&A 137:1-4). A sa grande joie, il vit aussi son frère Alvin, ainsi que son père et sa mère (D&A 137:5).

Alvin était mort treize ans plus tôt. Sa vie vertueuse, son soutien à la mission de Joseph, et son obéissance aux commandements expliquent son exaltation. Toutefois, les parents de Joseph étaient encore en vie ; comment donc pouvait-on montrer leur exaltation ?

La réponse fut donnée par le Seigneur dans son explication : « Car moi, le Seigneur, je jugerai tous les hommes selon leurs oeuvres, selon le désir de leur coeur »(D&A 137:9).

Quels étaient les désirs et les oeuvres de Joseph Smith, père, et de Lucy Mack Smith - ces premiers croyants fidèles de l'Évangile rétabli - qui peuvent inspirer les saints des derniers jours d'aujourd'hui dans leur recherche de la gloire céleste ? Pour être bref, ils cher­chaient la vérité, ils la trouvèrent et y restèrent doréna­vant attachés (voir Matthieu 7:8).

En Nouvelle-Angleterre, ils cherchèrent la vérité évangélique. A New York, ils la trouvèrent. En Ohio, au Missouri et en Illinois, ils vécurent fidèles à l'Évangile, ne reculant pas devant les sacrifices, la pauvreté, les souffrances physiques, le mépris du monde et le chagrin à la mort de leurs proches. A toutes les périodes de leur vie, ils enseignèrent avec ferveur les principes de l'Évangile à leur famille, rendirent service avec désintéressement et témoignèrent sans cesse de la bonté de Dieu.

À LA RECHERCHE DE L’ÉVANGILE

Dans leur enfance, Joseph Smith, père, et Lucy Mack furent élevés dans des foyers pieux et industrieux de la Nouvelle-Angleterre. Joseph, né en 1771, fils d'Asael et de Mary Duty Smith, de Topsfield, Massachusetts, était le troisième de onze enfants. Lucy, née en 1775 à Gilsum, New Hampshire, était la cadette des huit enfants de Solomon et Lydia Gares Mack. Les parents de part et d'autre enseignèrent à leurs enfants le devoir envers Dieu, le travail, l'unité familiale, la lecture et une conduite convenant à une société policée.

Les deux familles, comme beaucoup autour d'elles, étaient à la recherche de la vérité : elles prenaient au sérieux la Bible et la prière personnelle, mais avaient le sentiment que le christianisme traditionnel s'était écarté de la Bible. Elles s'attendaient par conséquent à un renouveau de l'Église du Christ. Asael, père de Joseph Smith, père, croyait qu'un prophète moderne naîtrait parmi ses descen­dants. Lucy fut profondément influencée dans son enfance et dans sa jeunesse par la bonté de sa mère et par l'exemple de deux sœurs aînées qui exprimèrent une foi inébranlable, même au cours de maladies en longue phase terminale. Dans sa jeunesse, Lucy rechercha « un changement de cœur » qui la rapprocherait de Dieu.

A l'âge de 19 ans, Elle accompagna son frère Stephen lors d'un voyage d'affaires à Tunbridge (Vermont), où elle rencontra Joseph, 23 ans. Au bout d'une année d'amitié, l'amour naquit et ils se marièrent le 24 janvier 1796. C'était une union prometteuse. Ils étaient en bonne santé, étaient entourés de parents et d'amis et avaient mis de l'argent de côté. Selon la culture traditionnelle de la Nouvelle-Angleterre, cette prospérité et cette acceptation sociale étaient des signes de la faveur de Dieu. Mais au cours des vingt années qu'ils passèrent dans les localités voisines du Vermont et du New Hampshire, Joseph et Lucy apprirent la dure mais importante leçon que la vie n'était pas si simple que cela.

Quand ils allèrent s'installer à Palmyra (New York) en 1816, ils avaient été éprouvés de toutes les manières possibles. Deux de leurs dix enfants étaient morts. Ils avaient été appauvris par une dépression économique nationale et un associé malhonnête. Le mauvais temps avait été, trois saisons d'affilée, à l'origine de mauvaises récoltes. Lucy fut près de mourir de la tuberculose qui avait tué ses deux sœurs. Une épidémie de fièvre typhoïde toucha tous les enfants de Joseph et de Lucy. La vie de la petite Sophronia fut épargnée après que ses parents eurent déversé leur cœur en supplications empreintes de douleur, à genoux à son chevet. Et le jeune Joseph, qui avait sept ou huit ans, souffrit d'une infection de la moelle des os - complication qui nécessita une intervention chirurgicale qui faillit le rendre invalide. La bonne réputation de la famille avait également souffert en même temps que sa fortune et elle fut « invitée » à quitter le village du Vermont où elle vivait pour que la commune ne soit pas obligée de l'aider.

Ce fut aussi une période d'aguerrissement spirituel. Quand on désespéra de la sauver de la tuberculose, Lucy fit alliance de servir Dieu toute sa vie et de rechercher la religion qui lui permettrait de le servir convenablement, même si elle « l'obtenait du ciel par la prière et par la foi. » Elle guérit et rechercha fidèlement cette religion pendant les deux décennies qui suivirent, ne comprenant pas encore que ce serait son propre fils qui la lui présenterait. Elle continua « pendant des jours, des mois et des années », sans arrêter, à demander à Dieu de révéler « les trésors cachés de sa volonté ». La méfiance de Joseph Smith, père, vis-à-vis des religions organisées ne lui permit pas de partager sa recherche parmi les Églises auxquelles elle avait accès, mais cela ne devint pas une source de querelle entre eux. Au contraire, elle pria sincèrement pour avoir la consolation et fut réconfortée par un songe qui lui assura que son mari, Joseph père, accepterait la vérité quand elle lui serait présentée.

Lucy écrivit : « Nous nous sentions plus enclins à reconnaître la main de Dieu dans la protection de notre vie pendant un siège aussi acharné de la maladie, de la souffrance et des ennuis que si nous avions connu la santé et la prospérité. » Ils pardonnèrent à ceux qui les avaient offensés, payèrent leurs dettes et cherchèrent ensemble à améliorer leur sort en allant s'installer dans l'ouest de New York.

Joseph, père, précéda Lucy et les enfants à Palmyra. Lorsque la famille fut réunie, l'argent liquide se trouvait réduit à quelques cents. Mais cette arrivée révéla des traits importants de la famille. D'abord sa joie évidente de se retrouver. Lucy écrivit la joie qu'elle éprouva à se remettre, elle et ses enfants, aux soins et à l'affection d'un mari et d'un père tendre et de voir les enfants « entourer leur père, se pendre à son cou et lui couvrir le visage de larmes et de baisers qu'il leur rendait de tout cœur ». Deuxièmement, il y avait l'unité dans la recherche de la façon de résoudre leurs problèmes. Lucy dit : « Nous nous sommes tous assis et avons tenu conseil ensemble avec maturité pour décider de la meilleure chose à faire et de la façon dont nous devions nous mettre au travail. » Joseph, père, Alvin et Hyrum travaillèrent pour payer le terrain. Pour entretenir la maison et reconstituer le stock de provi­sions, Lucy, aidée de Sophronia et des petits enfants, s'oc­cupa des tâches ménagères et vendit ses peintures sur toile huilée. Ils fabriquèrent aussi des gâteaux et du root beer (boisson gazeuse à base d'extraits végétaux, N.d.T.), que le jeune Joseph vendait dans le village en poussant une charrette à bras fabriquée par la famille.

DÉCOUVERTE DE L’ÉVANGILE

Les efforts concertés de la famille améliorèrent considérablement sa situation matérielle. Deux ans après être arrivés à Palmyra, « étrangers, sans amis, sans maison, sans emploi, écrit Lucy, nous avons pu nous installer sur nos propres terres, dans une habitation douillette, confortable bien que humble, construite et joliment meublée par notre propre industrie ».

La soif incessante de vérité spirituelle qui habitait Lucy était sur le point d'être satisfaite. Au printemps de 1820, son fils Joseph, 14 ans, eut la Première Vision, dans laquelle il vit le Père et le Fils ; ses péchés lui furent pardonnés ; il reçut le commandement de ne se joindre à aucune Église et il lui fut dit que la plénitude de l'Évangile allait bientôt être rétablie. Trois ans plus tard, Moroni, le messager céleste, lui dit qu'il avait été choisi par le Seigneur pour faire paraître un livre antique qui contenait « la plénitude de l'Évangile éternel » Joseph Smith, Histoire 1:34).

Moroni commanda aussi à Joseph de parler à son père de la visite, ce qu'il fit. Celui-ci crut pleinement et Joseph eut le soutien total de sa famille, y compris de ses frères et de ses sœurs. « Nous étions convaincus que Dieu était sur le point de révéler quelque chose qui nous satisferait l'esprit, écrit Lucy. Nous nous en réjouîmes extrêmement. »

Elle note un tendre souvenir où la famille tout entière, rassemblée au coin du feu après les travaux du jour, écoute le jeune Joseph avec la plus grande attention lui raconter des événements du Livre de Mormon. «L'union et le bonheur le plus doux remplissaient la maison ; aucun heurt, aucune discorde ne perturbait notre paix, et la quiétude régnait parmi nous.» Lucy et Joseph, père, se rendaient compte que ce trésor était éternel, tandis que le monde ne pouvait offrir que des choses vaines.

Aussi agréable que fût cette connaissance, les sept années qui s'écoulèrent entre la première visite de Moroni les 21-22 septembre 1823 et l'organisation officielle de l'Église, le 6 avril 1830, furent une époque de grande mise à l'épreuve pour Joseph et Lucy. Ils prirent des dispositions pour acheter un terrain forestier à Manchester (New York), commencèrent à le défricher, construisirent une maison de rondins, une grange et des annexes, plantèrent un verger et commencèrent à construire une grande maison en bois dans le style de la Nouvelle-Angleterre. Dès 1830, la ferme comptait parmi les meilleures de la région et était connue pour « sa propreté et sa disposition ».

Un coup terrible leur fut asséné lorsque Alvin mourut inopinément, six semaines seulement après la visite de l'ange Moroni. Le bonheur de la famille s'effondra en un instant et Joseph, Lucy et les enfants furent un certain temps plongés dans le chagrin. Juste après ce deuil, ils perdirent la possession de leur ferme. Alvin avait gagné suffisamment d'argent pour tout payer sauf la dernière mensualité « après beaucoup de travail, de souffrance et de fatigue » avant de mourir et avait aussi commencé la construction de leur nouvelle maison de bois. Quand le premier agent immobilier mourut, il y eut un malentendu et, par tromperie, le menuisier qu'ils avaient engagé pour finir leur maison acquit le titre. Un quaker vint à leur secours, acheta le terrain et leur permit de vivre dans la maison et dans la ferme pendant les quatre années suivantes en échange du travail fourni par leur fils Samuel.

L'un des souvenirs les plus poignants de Lucy, c'est sa détresse quand elle se rendit compte qu'ils allaient perdre la maison qui avait été conçue par son Alvin bien-aimé dans le but exprès de veiller à ce que Joseph, père, et elle soient à l'aise dans leurs vieux jours. « J'étais accablée et je tombai dans un fauteuil, presque privée de sensibilité », dit-elle. Elle demanda à Hyrum : «Qu'est-ce que cela peut vouloir dire ? ... Comment se fait-il que tout ce que nous avons gagné au cours des dix dernières années nous soit enlevé en un seul instant ? » Ses sentiments étaient naturels, mais quand ils durent quitter la maison trois ans plus tard, elle dit à Oliver Cowdery, qui logeait chez eux : « je regarde maintenant tout autour de moi toutes ces choses qui ont été rassemblées pour mon bonheur et qui ont coûté des années de travail... je renonce maintenant à tout cela pour le Christ et le salut, et je prie Dieu de m'aider à le faire sans un seul murmure ni une seule larme... je ne jetterai pas un seul regard de regret sur ce que je laisse derrière moi. »

Elle parlait aussi pour son mari. Ce qu'ils laissaient derrière eux, c'était plus qu'une maison confortable. L'hostilité n'avait cessé de grandir à cause des expériences spirituelles de Joseph. La plupart de leurs anciens voisins et amis les évitaient ; certains mentaient activement à leur propos. D'autres profitaient d'eux, mettaient leur propriété à sac et leur imposaient des procès mesquins.

A l'honneur de Joseph et de Lucy, ils ne devinrent ni aigris ni vindicatifs. « Nous redoublâmes de diligence à prier Dieu pour que Joseph fût plus complètement instruit et protégé », écrit Lucy. Ils furent les premiers à connaître et à accepter l'appel de Joseph, fils, s'affligèrent avec lui lors de la perte des 116 premières pages du Livre de Mormon, l'aidèrent à protéger les plaques, entendirent le témoignage des trois témoins et furent parmi les premiers à être baptisés. Joseph, père, et deux de ses fils, Hyrum et Samuel, furent parmi les huit témoins.

Dans un très beau moment, Lucy fut presque accablée en se rendant compte qu'elle était « effectivement la mère d'un prophète du Dieu du ciel - l'instrument honoré pour l'accomplissement d'une si grande oeuvre. » Lors d'un autre moment inoubliable, son fils, prophète, prit son père dans ses bras immédiatement après le baptême de celui-ci, et s'exclama : « Loué soit mon Dieu ! J'ai vécu assez longtemps pour voir mon père baptisé dans la véritable Église de Jésus-Christ ! »

MISE EN PRATIQUE DE L’ÉVANGILE

Joseph et Lucy recherchèrent la vérité religieuse dès leur jeunesse et pendant trente-quatre ans de mariage. Pendant les dix dernières années qui précédèrent la mort de Joseph, père, en 1840, ils suivirent avec fermeté le chemin qui s'ouvrait devant eux avec l'assurance que s'ils servaient Dieu de tout leur cœur, ils seraient innocents devant lui au dernier jour (voir D&A 4:2).

Joseph et Lucy ne possédèrent plus jamais de maison à eux. A Kirtland, ils vécurent dans une ferme proche de la ville, ferme qui avait été mise à la disposition de Joseph, fils. « Se tuant au travail », ils y logèrent, nourrirent et instruisirent de l'Évangile beaucoup de gens qui se rassem­blaient à Kirtland. Au Missouri, Joseph, le prophète, s'ar­rangea pour qu'eux et ses sœurs mariées gèrent une auberge à Far West. A Nauvoo, Joseph, père, étant atteint par la maladie qui allait l'emporter, ils vécurent dans une petite demeure près de chez Joseph, fils. Cependant leur pauvreté ne les empêcha pas de respecter l'alliance faite au baptême de porter les fardeaux les uns des autres et d'être témoins de l'Évangile (voir Mosiah 18:8‑9).

Lucy était une infirmière habile et Joseph lui apportait son soutien. Selon un voisin de Palmyra : « C'était la meilleure famille du voisinage en cas de maladie, et l'un d'eux était presque tout le temps chez moi quand mon père est mort. » A Far West, Lucy assuma de bon cœur le soin de « vingt ou trente malades... pendant les exac­tions des émeutiers ». Au début de l'installation à Nauvoo, lorsque « des dizaines d'enfants mouraient du chancre noir » (le scorbut), le prophète Joseph et Hyrum « mirent à part leur chère maman pour qu'elle prenne soin des malades ». Elle passa des mois parmi les saints pauvres et malades. Une jeune voisine dit de Lucy qu'elle était « une des femmes les plus gentilles, qui aidait toujours ceux qui étaient dans le besoin ».

Joseph et Lucy partageaient avec hospitalité ce qu'ils avaient. Dans les années d'avant l'Église, ils accueillirent un jeune orphelin ainsi que deux personnes âgées. Un couple de jeunes mariés vécut plusieurs mois avec eux à Kirtland. Dans cette ville, au Missouri et à Nauvoo, ils donnaient souvent aux invités tous les lits qu'ils avaient à la maison, tandis qu'eux-mêmes partageaient une couverture par terre. Ils nourrissaient les nouveaux arrivants et les missionnaires, accueillaient les conseils et les réunions de l'Église, faisaient de leur foyer un havre où l'on pouvait donner des bénédictions patriarcales dans une ambiance spirituelle, proposaient des conseils personnels et des discussions de doctrine et tenaient tous les soirs une réunion spirituelle familiale avec des cantiques et des prières.

Leur témoignage de la véracité de l'Évangile forti­fiait les membres et défiait les critiques. Un habitant de Palmyra acheta l'emprunt de Joseph, père, et exigea un paiement immédiat, mais proposa d'annuler la dette s'il brûlait le Livre de Mormon. Bien que malade, Joseph refusa et fut emprisonné plusieurs semaines pour dettes.

Ordonné ancien en juin 1830, Joseph, père, se hâta de prêcher l'Évangile à ses parents et à ses frères et sœurs. En dépit d'une violente opposition et de l'indifférence de certains, il eut la grande joie de voir ses frères John, Asael, fils, et Silas se convertir et se rassembler avec les saints. A l'âge de 65 ans, comme patriarche de l'Église, il entreprit une mission patriarcale auprès des membres de l'Est des États-Unis. Au moment de sa mort, il avait donné plusieurs centaines de bénédictions patriarcales pour encourager et inspirer. Il fit partie du premier grand conseil de l'Église à Kirtland et, en 1834, fut ordonné, avec Hyrum, président-adjoint de l'Église. Lors de la consécration du temple de Kirtland, ce serviteur âgé du Seigneur vit des choses merveilleuses.

Lucy ne lui cédait en rien pour ce qui est du courage. Quand un officier de son ancienne Église insista pour qu'elle renie le Livre de Mormon, elle le défia : « Même si vous deviez m'entourer le corps de fagots et me brûler sur l'échafaud, je déclarerais jusqu'à mon dernier souffle que le Livre est vrai. »

Un autre jour, alors que certains des anciens considé­raient qu'avouer qu'ils étaient saints des derniers jours leur attirerait des persécutions, Lucy dit hardiment : « Je dirai très exactement aux gens qui je suis. » Quand un pasteur dit en se moquant que le Livre de Mormon ne méritait pas son attention, Lucy témoigna : « Monsieur, laissez-moi vous dire hardiment que le Livre de Mormon contient l'Évangile éternel et qu'il a été écrit pour le salut de votre âme par le don et le pouvoir du Saint-Esprit. » Sept mois après le meurtre de Joseph et de Hyrum, Lucy, parlant pour elle-même et pour son mari décédé, affirma : « Nous avons eu à cœur de faire paraître son royaume afin qu'il aille de l'avant. »

Joseph, père, et Lucy reçurent tous deux toutes les ordonnances du temple qui étaient alors accessibles aux membres de l'Église. Pour Joseph, père, ce furent les ordonnances préparatoires au temple de Kirtland. Lucy reçut, le 10 décembre 1845, ses ordonnances préparatoires et sa dotation au temple de Nauvoo.

LES LEÇONS DE LUCY ET DE JOSEPH

Quelles leçons pouvons-nous puiser aujourd'hui auprès de ces croyants fidèles ? Premièrement, en tant que parents, ils ont appris à leurs enfants à obéir à l'Évangile, à coopérer, à travailler dur et à prier sans cesse pour être guidés et pour recevoir les bénédictions dési­rées. Leur exemple était à la hauteur de leurs préceptes.

Deuxièmement, ils ont donné à leurs enfants l'exemple en appréciant la vérité partout où ils la trou­vaient. Ils se sont même laissés instruire de bon cœur, et avec joie, par l'un de leurs enfants, plutôt que d'estimer qu'en tant que parents c'étaient eux qui devaient connaître toutes les réponses.

Troisièmement, ils donnaient la priorité absolue au dévouement à l'Évangile. Même lorsqu'ils furent appelés à subir la pauvreté, le désespoir, la maladie et le mépris, ils ne faiblirent pas dans leur fidélité à la vérité.

Quatrièmement, bien qu'ayant peu de moyens, ils partageaient de bon cœur et ont servi les autres saints et la communauté jusqu'au bout de leurs forces.

Cinquièmement, ils gardaient leur famille unie. Qu'ils fussent chassés par les persécutions ou attirés par le rassemblement, Joseph et Lucy, quand ils suivaient les saints, emmenaient même leurs enfants mariés, entrete­nant leur foi, les soignant quant ils étaient malades et les soutenant avec amour.

Sixièmement, ils ont persévéré jusqu'à la fin. En dépit des épreuves et des souffrances qui auraient pu les aigrir et les inciter à mettre leur foi en doute, ils sont restés dévoués. En 1840 Joseph, père, patriarche de l'Église, mourut, entouré de sa famille et des saints. Lucy, 70 ans, resta à Nauvoo avec ses quatre enfants survivants et sa belle-fille Emma quand les saints partirent en 1846, mais sa foi en la mission de son fils Joseph ne fut jamais ébranlée.

Premiers croyants, son mari et elle ont montré ce que sont des parents exemplaires et ce qu'est le dévouement réciproque à la vérité. Ils sont un exemple pour toutes les familles de l'Église de notre époque.

Donald L. Enders, membre de la 11e paroisse de Kaysville, dans le pieu sud de Kaysville (Utah), est conservateur en chef des sites historiques au département d'histoire de la famille et de l'Église du musée d'histoire et d'art de l'Église

On peut se procurer les notes de fin d'article en anglais auprès du Liahona, Floor 24, 50 East North Temple Street, Salt Lake City, UT 84150-3223, USA.

 

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