JAMAIS JE N’AI REGARDE EN ARRIÈRE

Par Cameron McCoy

A l'âge de sept ans, j'ai promis au Seigneur que, si l'occasion m'en était donnée, je prêcherais l'Évangile à travers le monde. A cette époque là, j'assistais régulièrement aux offices de l'Église baptiste avec ma famille. Il y avait beaucoup de choses que je ne comprenais pas. Par exemple, je ne savais pas pourquoi seuls le pasteur et ses assistants avaient le droit de parler. Je pensais que tout le monde devrait avoir la possibilité de faire part de ses sentiments et de ses croyances. Toutefois, ma famille et notre Église m'ont aidé à acquérir de l'amour et de la gratitude envers Jésus-Christ et les Écritures.

Dans ma jeunesse, ma famille vivait à moins de cinq minutes du temple de Washington D.C. Le temple fascinait le jeune garçon que j'étais et j'ai toujours désiré y entrer. Mais mon père m'assurait : « ce bâtiment n'aura jamais place dans ta vie. Cesse de t'en préoccuper. »

Chaque jour, je regardais mon père étudier la Bible intensément. Je savais qu'il était un homme de Dieu et je commençais à soulever beaucoup de questions. Il me répondait toujours de lire la Bible et d'y trouver la réponse par moi même.

Une dizaine d'années plus tard, j'étais garde dans les Marines des États-Unis, affecté à la sécurité de l'ambassade américaine dans la république de Djibouti, petit pays du nord-est de l'Afrique. C'est alors qu'ayant décidé de rechercher la vérité, j'ai lu la Bible de bout en bout. En me rapprochant de Dieu, je me suis rendu compte que la Bible était véritablement sa parole. Je n'avais plus besoin de me reposer sur le témoignage de mon père. Néanmoins je sentais que je n'avais pas encore toute la vérité, et je désirais ardemment savoir pourquoi je me sentais tenu de ne pas boire, fumer ou jurer et de me garder moralement pur. Et pourquoi je m'efforçais en permanence de garder les commandements.

Au bout de quinze mois, j'ai été muté à l'ambassade américaine, à Pretoria, en Afrique du Sud. J'ai été choisi pour être le premier noir à servir dans ce pays en tant que garde dans les Marines. Partout où j'ai été muté, j'ai été sélectionné à cause de mes principes. Chose intéressante, c'est Bill Clinton, président des États-Unis, qui m'a téléphoné pour me demander d'accepter le poste en Afrique du Sud. Voilà en partie à quoi sont dues mes nombreuses médailles et autres distinctions.

En Afrique du Sud, j'ai fait la connaissance des Cleverly. Ils étaient membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Mme Cleverly m'a invité à diverses occasions chez eux. Elle me parlait constamment des activités des jeunes adultes, mais je ne pouvais jamais y participer à cause de mon emploi du temps. Puis elle m'a invité à aller à l'église un dimanche et j'ai accepté. Mais dans l'intervalle, j'avais trois nuits de service à assurer. Je suis descendu à la bibliothèque de l'ambassade où il y avait un ordinateur à grande capacité de recherche. J'ai tapé simplement Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Toutes sortes d'informations en sont sorties et j'ai lu pendant huit heures, la première nuit, huit heures encore la suivante et huit heures la troisième. J'ai examiné plus particulièrement les croyances professées par les saints des derniers jours et la façon dont ils appliquaient ces croyances dans leur vie. Je voulais savoir s'ils vivaient en accord avec ce qu'ils avaient établi comme lois ou principes de l’Église.

Dans la semaine précédant ma visite à l'église, j'ai fait un rêve. J'étais assis à une table et il y avait deux jeunes gens en chemisette blanche et qui portaient des badges noirs. Ils étaient assis de chaque côté de la table tandis que j'étais assis en bout. A mon réveil, je ne me suis guère appesanti sur mon rêve.

La première fois que je suis entré dans une salle de culte des saints des derniers jours, j'ai su que cette Église avait quelque chose de différent. Il se trouvait que c'était le premier dimanche du mois, ce qui fait que les membres avaient la possibilité de se lever pour rendre leur témoignage. Voici l'ordre véritable de l'Église, ai-je pensé.

On m'a présenté aux missionnaires. L'un d'entre eux était, trait pour trait, l'un des jeunes hommes de mon rêve. Sœur Cleverly nous a invités, les missionnaires et moi, à manger. Elle nous a placés à table exactement comme mon rêve l'avait prédit. Les missionnaires ont commencé à m'enseigner l'Évangile.

Plus tard, quand j'ai appris le principe du baptême pour les morts, cela m'a paru stupéfiant que l'on puisse se rendre dans un lieu sacré pour accomplir de telles choses pour des personnes décédées. J'ai repensé à mes deux grands-pères et à ma grand-mère qui n'étaient plus. C'est à ce moment-là que j'ai ressenti pour la première fois le Saint-Esprit. Ces enseignements me semblaient vrais.

Nous sommes passés au principe suivant, qui concernait la famille et j'ai pris conscience que j'avais toujours su que c'était vrai. Quand j'ai entendu parler de la famille éternelle, j'ai dit aux missionnaires : « je savais que cela existait. »

Ensuite les missionnaires m'ont enseigné la Parole de Sagesse et c'est alors que j'ai fait une découverte. Il m'a semblé sentir mon âme s'épanouir comme si je me défaisais d'une sorte d'enveloppe et qu'une personne nouvelle en sortait. J'avais l'impression de flotter au-dessus du sol. J'avais toujours observé la Parole de Sagesse et je m'étais toujours demandé pourquoi j'étais ainsi. Personne n'avait jamais pu me fournir la réponse. Mais le Seigneur m'a répondu et j'en ai appris la raison par les missionnaires et grâce à leurs leçons. Je savais que tout ce qu'ils m'avaient enseigné auparavant était vrai et que tout ce qu'ils m'enseigneraient par la suite serait vrai. Je n'avais jamais ressenti l'Esprit aussi fort en lisant les Écritures que lorsque j'ai lu Doctrine et Alliances 89-18-21. J'ai su que c'était vrai. J'avais toujours su que mon corps était important et j'ai su alors qu'il ne devrait jamais être souillé.

A partir de ce moment-là, j'ai commencé à éprouver des sentiments mitigés quant à mon adhésion à l'Église. J'étais préoccupé par l'opinion de mon père et inquiet de sa réaction à ma décision.

Pendant la sixième leçon, j'ai senti que mon père allait m'appeler. Le téléphone a sonné. J'ai décroché ; c'était bien mon père.

« Ta mère m'a informé de ta décision de te joindre aux saints des derniers jours », m'a-t-il dit.

« Oui », ai-je répondu.

« Si je suis là, c'est pour empêcher ça », a-t-il ajouté.

Je lui ai dit alors : « Tu sais, papa, je t'aime et tu seras toujours mon père. Tu as fait énormément pour moi. Mais j'ai 22 ans, je suis un homme à présent et ces décisions concernent ma famille et mon avenir. Je te remercie de tout ce que tu as fait pour moi et de tout ce que tu feras encore pour moi, mais cette décision m'appartient. Je vais le faire et je sais que le Seigneur veut que je le fasse. »

Mon père n'était pas très heureux quand il a raccroché. Je suis tombé immédiatement à genoux et j'ai demandé au Seigneur de m'aider à voir et à comprendre que j'avais fait le bon choix. J'étais à des milliers de kilomètres de chez moi. J'étais seul et tout allait de travers. Il n'y avait que lorsque j'étais en compagnie des missionnaires que je me sentais bien. A ce moment là l'Esprit m'a témoigné que c'était la volonté du Seigneur et que le Seigneur voulait que je me fasse baptiser. Une voix m'a dit très clairement: « Tu dois faire la volonté du Seigneur. Tu te dois de suivre son exemple ». J'ai su alors. Jamais plus je n'ai regardé en arrière. Je me suis fait baptiser le 12 octobre 1995.

Un an jour pour jour après mon baptême, je suis entré dans le temple de Washington D.C. pour y recevoir ma dotation afin de me préparer à servir à plein-temps dans la mission de Madrid.

Pendant la première année, mes parents ne m'ont pas accordé leur soutien dans le service missionnaire. Le Seigneur m’a révélé pendant ma mission que ma famille allait bien et qu'il prendrait soin d'elle. Et puis tout à changé soudain. Durant mes six ou huit derniers mois de mission, ma famille m'a énormément soutenu. Elle disait qu'elle recevait bénédictions et savait qu'elles étaient dues à ma mission.

A mon retour de mission, j'ai passé trois semaines dans ma famille avant d'entrer à l'université Brigham Young. Avant le début de l'année scolaire, mon père est venu me voir, a rencontré mes amis et a visité Salt Lake City. Quand je l'ai ramené à l'aéroport, il m'a pris dans ses bras et m'a dit : « En 46 ans d'existence, je n'ai jamais ressenti autant d'amour, ni l'Esprit aussi fort à la maison que lors de ton séjour de ces dernières semaines. Je sais que nous le devons au service que tu as accompli en Espagne pendant deux ans. »

Cameron McCoy est membre de la 179e paroisse du 19e pieu de l'université Brigham Young.

 

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