MESSAGE DE LA PREMIÈRE PRÉSIDENCE

LE PHARE DU SEIGNEUR

MESSAGE ADRESSE AUX JEUNES DE L’ÉGLISE

Par Thomas S. Monson

Premier conseiller dans la Première Présidence

Vous, jeunes de l'Église, êtes un groupe remarquable, une génération choisie. Vous me rappelez les paroles du poète Henry Wadsworth Longfellow :

Que la jeunesse est belle ! Comme elle resplendit,

Avec ses illusions, ses aspirations et ses rêves

Livre des commencements, histoire sans fin.

Chaque jeune fille est une héroïne, chaque homme est un ami ![1]

Il y a à peine vingt ans, beaucoup d'entre vous n'étaient pas encore entrés dans la condition mortelle. Vous demeuriez dans un foyer céleste. Nous avons relativement peu de détails sur notre existence d'alors, sinon que nous étions avec nos êtres chers qui se souciaient de notre bien-être éternel. Ensuite est arrivé le temps où la vie ici-bas est devenue nécessaire à notre progression. Sans doute nous sommes-nous dit adieu, avons-nous exprimé notre confiance et, nous étant qualifiés, sommes-nous passés dans la condition mortelle.

Quelle cérémonie de remise de diplôme chacun d'entre nous a-t-il eue! Des parents aimants nous ont accueillis avec joie dans notre foyer terrestre.

Chacun de nos caprices a été accueilli avec de tendres soins et de l'affection. On a dit que les nouveau-nés étaient « de douces fleurs à peine écloses, venues du foyer divin pour s'épanouir ici-bas »[2].

Ces premières années, bien particulières, étaient d'une grande valeur spéciale. Satan n'avait pas le pouvoir de nous tenter. Nous n'étions pas encore devenus responsables ; nous étions innocents devant Dieu. C'étaient des années d'apprentissage.

Nous n'avons pas tardé à entrer dans l'adolescence que certains ont taxée d' « âge ingrat ». Je dirais plutôt que c'est un âge « formidable », plein de possibilités, de croissance, un semestre universitaire de progression, marqué par l'acquisition de connaissances et par la quête de la vérité.

Personne ne décrit ces années comme faciles. Il est vrai qu'elles sont devenues de plus en plus difficiles. Le monde semble ne plus être amarré en sécurité et avoir dérivé loin du havre de paix. Le laxisme, l'immoralité, la pornographie et la pression de groupe poussent beaucoup de gens, tels des bateaux à la dérive sur l'océan du péché qui vont se fracasser contre les éperons rocheux que sont les possibilités manquées, les bénédictions perdues et les rêves brisés.

Inquiets, nous nous demandons: « Où trouver la sécurité? Y a-t-il quelqu'un qui ose nous guider? Pouvons-nous échapper à la destruction qui nous menace? »

La réponse est un oui retentissant! Je vous donne le conseil suivant: Tournez les yeux vers le phare du Seigneur. Il n'est pas de marin si perdu dans un brouillard si dense, dans une nuit si sombre et dans un coup de vent si fort qu'il ne puisse pas être sauvé par sa lumière, qui montre le chemin vers la sécurité et le port.

Le phare du Seigneur envoie des signaux immédiatement reconnaissables et qui ne nous font jamais défaut. Je propose trois de ces signaux qui, si on y fait attention, nous aideront à traverser les tempêtes de la vie :

1. Choisissez soigneusement vos amis.

2. Planifiez votre avenir en fonction d'objectifs.

3. Vivez avec le soutien de la foi.

PREMIÈREMENT, CHOISISSEZ SOIGNEUSEMENT VOS AMIS

Nous avons appris un fait important d'une enquête qui a été faite dans certaines paroisses et certains pieux de l'Église, il y plusieurs années. En général, les personnes qui ont des amis mariés au temple se marient au temple tandis que celles qui ont des amis qui ne se sont pas mariés au temple ne s'y marient pas. L'influence des amis semblait égaler les exhortations des parents et dépasser les enseignements prodigués en classe ou la proximité d'un temple.

Nous avons tendance à devenir comme les personnes que nous admirons. Comme dans « The Great Stone Face » de Nathaniel Hawthorne, nous adoptons les manières, les attitudes et même le comportement des personnes que nous admirons, et en général, ce sont nos amis. Fréquentez des personnes qui, comme vous, ne sont pas guidées par le souci de la commodité éphémère, par des buts superficiels ou des ambitions étriquées, mais par ce qui est de première importance, c'est-à-dire des objectifs éternels.

Non seulement votre cercle d'amis influence beaucoup votre manière de penser et votre comportement, mais vous influencerez également les leurs. Beaucoup de non-membres sont entrés dans l'Église grâce à des amis qui les ont fait participer aux activités de l'Église. Je vous fais part d'une expérience familiale inestimable qui a commencé en 1959, lorsque j'ai été appelé comme président de la mission du Canada qui avait son siège à Toronto.

Ann, notre fille, a eu cinq ans peu après notre arrivée au Canada. Elle voyait travailler les missionnaires et elle voulait, elle aussi, être missionnaire. Ma femme a fait preuve de compréhension en permettant à Ann d'emporter en classe quelques exemplaires du Children's Friend (magazine anglais correspondant à L'Ami, N.d.T.). Ann ne s'en est pas contentée. Elle voulait également emporter un exemplaire du Livre de Mormon afin de pouvoir parler de l'Église à son institutrice, mademoiselle Pepper. Il y a tout juste quelques années, longtemps après notre retour de Toronto, nous sommes rentrés de vacances et avons eu l'heureuse surprise de trouver dans notre boîte à lettres du courrier de mademoiselle Pepper :

« Chère Ann,

Reviens de nombreuses années en arrière. J'étais ta maîtresse d'école à Toronto, au Canada. J'ai été touchée par les exemplaires du Children's Friend que tu as apportés à l'école. J'ai été touchée par ton engagement envers un livre appelé le Livre de Mormon.

Je me suis promis d'aller un jour à Salt Lake City pour comprendre le sens de tes paroles et ta manière de croire. Aujourd'hui, j'ai eu le bonheur d'aller à votre centre d'accueil pour les visiteurs de Temple Square. Grâce à une petite fille de cinq ans qui avait compris ce qu'elle croyait, je comprends maintenant mieux l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. »

Mademoiselle Pepper est morte peu après cette visite. Comme notre fille a été heureuse lorsqu'elle est allée au temple de Jordan River, en Utah, et a accompli les ordonnances du temple pour son institutrice chérie avec qui elle s'était liée d'amitié longtemps auparavant.

DEUXIÈMEMENT, PLANIFIEZ VOTRE AVENIR EN FONCTION D'OBJECTIFS

Dans l'oeuvre célèbre de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles, Alice arrive à la croisée de deux chemins partant devant elle en directions opposées. Elle rencontre le chat du Cheshire et lui demande: « Quel chemin dois-je prendre? »

Le chat lui répond: « Cela dépend de l'endroit où tu veux aller. Si tu ne sais pas où tu veux aller, peu importe le chemin que tu choisis. »

A la différence d'Alice, nous savons tous où nous voulons aller. Le chemin que nous empruntons est important, car celui que nous suivons dans cette vie nous conduit à la voie que nous suivrons dans l'au-delà.

Je vous supplie, mes jeunes frères et soeurs, de vous rappeler qui vous êtes. Vous êtes des fils et des filles du Dieu Tout-Puissant. Vous avez une destinée à accomplir, une vie à vivre, une contribution à apporter et un but à atteindre. L'avenir du royaume de Dieu ici-bas sera en partie favorisé par votre dévouement.

Rappelons-nous que la sagesse de Dieu peut paraître une folie aux yeux des hommes, mais que la plus grande leçon que nous puissions apprendre dans la condition mortelle, c'est que, lorsque Dieu commande et que nous obéissons, nous avons toujours raison. Certains insensés se détournent de la sagesse de Dieu et suivent les séductions de la mode volage, l'attrait de la fausse popularité et le plaisir de l'instant. Leur comportement ressemble terriblement à l'expérience désastreuse d'Esaü, qui a échangé son droit d'aînesse contre un potage de lentilles.[3]

Et quels sont les résultats de ce genre d'action ? Je vous témoigne que le fait de se détourner de Dieu a pour résultat des alliances et des rêves brisés, des ambitions volatilisées, des espérances non satisfaites, des espoirs anéantis, de mauvaises orientations, une personnalité faussée et une vie ruinée. Je vous supplie d'éviter ces marais et ces sables mouvants. Vous êtes d'ascendance noble. Votre but est l'exaltation dans le royaume céleste.

On n'atteint pas ce but en une seule tentative glorieuse mais par une vie entière de droiture, une accumulation de choix empreints de sagesse et par la constance dans la poursuite de l'objectif. Comme la meilleure note que l'on espère voir sur son bulletin scolaire, la récompense de la vie éternelle exige des efforts. La meilleure note est le fruit de chaque thème, de chaque interrogation écrite, de chaque cours, de chaque examen, de chaque projet de lecture et de chaque devoir de fin de trimestre. Par conséquent, chaque leçon à l'église, chaque prière, chaque rendez-vous, chaque ami, chaque bal précède le but du mariage au temple qui est un pas de géant vers la meilleure note sur le bulletin scolaire de la vie.

Notre but est d'accomplir, d'exceller et de nous efforcer d'atteindre la perfection. N'oubliez cependant pas que l'objet de notre vie n'est pas de passer devant les autres mais de nous dépasser nous-même. Le véritable objectif est de battre ses propres records, de faire mieux aujourd'hui qu'hier, de supporter plus brillamment nos épreuves que nous ne l'imaginions, de donner davantage que nous ne l'avons jamais fait, d'accomplir notre tâche avec plus d'énergie et d'attention au détail que jamais. Et pour accomplir cela, notre attitude se reflète dans notre détermination de tirer le meilleur parti de nos possibilités. Nous nous détournons des attraits de la tentation et du vieux piège rusé de la temporisation. Il y a deux siècles, Edward Young a dit que « la temporisation est un voleur de temps. »[4] En réalité, la temporisation est bien plus grave. Elle nous prive de notre estime personnelle. Elle nous harcèle et gâche notre joie. Elle nous prive de la réalisation suprême de nos ambitions et de nos espoirs. Sachant cela, nous revenons brutalement à la réalité avec la connaissance certaine que « c'est ce jour-même qu'il faut saisir nos occasions, et la détermination de ne pas les gâcher ».

L'apôtre Paul pensait peut-être à notre époque quand il a enseigné aux Corinthiens que la vie ressemble beaucoup à une course. Il a dit: « Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans le stade courent tous, mais qu'un seul remporte le prix ? Courez de manière à le remporter. »[5]

L'Ecclésiaste a également écrit à ce sujet : « La course n'est point aux agiles ni la guerre aux vaillants »[6], mais à ceux qui endurent jusqu'à la fin.

La course de la vie ne peut être évitée. Nous sommes sur la piste et nous courons, que nous le voulions ou non. Certains ont du mal à distinguer le but final et font des détours qui leur coûtent cher, les déçoivent et les contrarient. D'autres voient clairement le prix que reçoit celui qui court bien, et restent fermement dans la course. Ce prix, cet objectif élevé et désirable, n'est rien d'autre que la vie éternelle en présence de Dieu.

Si vous planifiez votre avenir en fonction d'objectifs, le coffre au trésor de la connaissance et de l'inspiration vous sera ouvert.

TROISIÈMEMENT, VIVEZ AVEC LE SOUTIEN DE LA FOI

Dans la confusion de notre époque, les conflits de conscience et l'agitation de la vie quotidienne, la foi ferme devient pour nous une ancre.

En priant personnellement et en famille notre Père céleste, nos êtres chers et nous-même satisferons à ce que le grand homme d'État anglais, William G. Gladstone, a appelé le plus grand besoin du monde : « La foi vivante en un Dieu personnel ». Cette foi éclairera notre chemin comme le phare du Seigneur.

Lorsque nous avons une foi ferme au Dieu vivant, lorsque nos actions extérieures reflètent nos convictions intérieures, nous avons la force combinée de vertus visibles et cachées. Elles se conjuguent pour assurer la sécurité pendant la traversée des mers les plus démontées.

Où que nous soyons, notre Père céleste peut entendre la prière que nous faisons avec foi, et y répondre.

Il y a de nombreuses années, lors de ma première visite au célèbre village de Sauniatu, aux Samoas, que le président McKay aimait tant, ma femme et moi avons rencontré un grand groupe de jeunes enfants ; ils étaient près de deux cents. Après nous être adressés à ces jeunes, timides mais beaux, j'ai suggéré à l'instructeur samoien que nous passions aux activités de clôture. Lorsqu'il a annoncé le cantique de clôture, je me suis soudain senti poussé à saluer personnellement chacun de ces enfants. J'ai vu à ma montre qu'il était trop tard pour que je le fasse, car notre place était réservée dans l'avion qui partait de Samoa et j'ai écarté cette pensée. Avant la prière de clôture, j'ai de nouveau ressenti que je devais serrer la main à chaque enfant. J'ai exprimé ce désir à l'instructeur qui a fait l'un de ces larges et beaux sourires samoiens. Il l'a annoncé aux enfants en samoien. Ils ont manifesté leur approbation d'un sourire radieux.

L'instructeur m'a dit la raison de sa joie et de la leur. Il a dit : « Quand nous avons appris qu'un membre du Collège des Douze devait venir nous voir aux Samoas, si loin du siège de l'Église, j'ai dit aux enfants que s'ils le demandaient avec ferveur et sincérité, et s'ils exerçaient leur foi comme on peut le lire dans les récits de la Bible, cet apôtre visiterait notre village de Sauniatu et que, grâce à leur foi, il recevrait l'inspiration de saluer chaque enfant en lui serrant personnellement la main. » Je n'ai pu retenir mes larmes lorsque ces garçons et ces fillettes de grande valeur passaient timidement près de nous et nous murmuraient doucement le doux bonjour samoien : « Talofa lava. » C'était une profonde démonstration de foi.

Rappelez-vous que la foi et le doute ne peuvent pas coexister, car l'un chasse l'autre.

Si le doute frappe à votre porte, il vous suffira de dire à ces pensées sceptiques, dérangeantes et rebelles : « Je veux conserver ma foi et la foi des miens. Je sais qu'elle apporte le bonheur et la satisfaction et j'interdis à l'incertitude et au doute de détruire la maison de ma foi. Je reconnais que je ne comprends pas le processus de la création mais j'en admets le fait. J'avoue que je ne peux pas expliquer les miracles de la Bible, et je n'essaie pas de le faire, mais j'accepte la parole de Dieu. Je ne me trouvais pas avec Joseph, mais je le crois. Ma foi ne m'est pas venue de la science, et je ne permets pas à la prétendue science de la détruire. »

Puissiez-vous vivre toujours avec le soutien de la foi.

Mes chers amis, si vous choisissez prudemment vos amis, prévoyez votre avenir en fonction d'objectifs sains et vivez avec le soutien de la foi, vous mériterez la compagnie du Saint-Esprit. Vous aurez « une espérance d'une pureté parfaite »[7]. Vous témoignerez, par votre expérience, de la vérité de la promesse du Seigneur : « Moi, le Seigneur, je suis miséricordieux et bienveillant envers ceux qui me craignent et me réjouis d'honorer ceux qui me servent en justice et en vérité jusqu'à la fin. Grande sera leur récompense et éternelle leur gloire. »[8]

Le phare du Seigneur montre la voie sûre. Suivons les signaux qu'il nous envoie à vous et à moi, afin que nous puissions revenir sains et saufs au foyer.

IDÉES POUR LES INSTRUCTEURS AU FOYER

1. De même que notre cercle d'amis influence beaucoup notre manière de penser et notre comportement, de même nous influençons les leurs.

2. Certains ont du mal à voir le but final et font des détours qui leur coûtent cher, les déçoivent et les contrarient. D'autres voient clairement le prix, la vie éternelle en présence de Dieu, et restent fermement dans la course.

3. Si nous avons une foi ferme au Dieu vivant, si nos actions extérieures reflètent nos convictions intérieures, nous pourrons traverser en toute sécurité les mers les plus démontées.

 

[1] Henry Wadsworth Longfellow, “Morituri salutamus"

[2] Cité dans "The Home Book of Quotations", de Gerald Massey, selection par Burton Stevenson, 1934, p.121.

[3] Voire Genèse 25:29-34

[4] John Bartlett, Familiar Quotations, 14ème édition, 1968, p. 399

[5] 1 Corinthiens 9:24

[6] Ecclésiaste 9:11

[7] 2 Néphi 31:20

[8] Doctrine et Alliances 76:5-6

 

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