LA MAIN TENDUE A RIO

Par Barbara Jean Jones

« Tendons la main... aux gens ! Lions-nous d'amitié avec eux ! Soyons gentils avec eux ! Encourageons-les ! Faisons grandir leur foi et leur connaissance de cette oeuvre, qui est celle du Seigneur » (Gordon B. Hinckley, « Paroles du prophète actuel », Étoile, août 1999, p. 15).

On entendait l'écho des pas de Renata Araujo, quinze ans, résonner tristement, tandis qu'elle marchait sur le sol recouvert de carreaux froids. Renata savait que lorsqu'elle atteindrait le bout du couloir et enterait dans la salle des Jeunes Filles, elle y serait la seule. L’ouverture de sa nouvelle paroisse faisait qu'elle était le seule pratiquante du programme des Jeunes Filles. Elle raconte : « Je me sentais très seule ».

Renata n'est plus seule. La salle auparavant tranquille et presque vide retentit maintenant de la voix enthousiaste des dix jeunes filles pratiquante de la paroisse de Botafogo, dans le pieu d'Andarai, à Rio de Janeiro, au Brésil. Ce changement s'est opéré il y a seulement un an. L'histoire de ces jeune filles illustre ce qui peut se produire quand des membres de l'Église suivent le conseil du président Hinckley (cité tout au long de cet article) de tendre la main... aux nouveaux convertis, aux non-pratiquants et aux non-membres.

AIDEZ-LES À REVENIR

« Il y a ceux dont la foi était jadis ardente mais qui s'est maintenant refroidie. Beaucoup souhaitent revenir à l'Eglise mais ne savent pas vraiment comment s'y prendre. Ils ont besoin qu'on leur tende une main amicale » (« Tendez une main secourable », L'Étoile, janvier 1997, p. 98).

Tout a commencé par deux jumelles de 18 ans, Camila et Sabrina Reis, qui étaient non pratiquantes depuis des mois. Lorsque Vera Pimentel, présidente des Jeunes Filles de la nouvelle paroisse de Botafogo, a commencé à appeler chacune des jeunes filles non pratiquantes en leur proposant de les amener à l'église et aux activités en voiture, il n'en a pas fallu plus pour les jumelles.

Sabrina dit: « Nous voulions retourner à l'Église mais nous ne savions pas comment faire. Vera nous a facilité la tâche. »

RÉPONDEZ AUX QUESTIONS

« Le membre... sera présent pour répondre aux questions lorsque les missionnaires ne seront pas là. Il sera un ami pour le converti qui opère un changement important et souvent difficile » (« Cherchez les agneaux, paissez les agneaux » L'Étoile, juillet 1999, p. 119).

Peu après le retour de Sabrina et de Camila à l'Eglise, elles ont commencé, elles aussi, à tendre la main aux autres. Lorsque Ana Carolina Batista, 14 ans, a commencé à s'informer sur l'Église avec sa mère, les jumelles étaient présentes pour apporter leur aide. La première fois qu'Ana Carolina est venue à l'église, son inquiétude a disparu lorsque les jumelles se sont assises près d'elle et qu'elles lui ont montré comment rechercher les Ecritures de la leçon. Elle raconte : « Cela m'a mise à l'aise, parce que je ne savais pas quoi faire. J'ai été soulagée de voir qu'il y avait des gens pour m'aider. »

Ana Carolina dit que l'amitié des jumelles a beaucoup facilité sa décision de devenir membre de l'Eglise. Sabrina et Camila étaient heureuses, elles aussi ; les élèves de leur petite classe devenaient plus nombreuses.

ACCUEILLEZ AVEC AMOUR ET INTERET

« Ce peut être une expérience périlleuse de se joindre à l'Église. S'il n'y a pas de mains chaleureuses et fortes pour accueillir le converti, s'il n'y a pas d'expressions d'amour et de sollicitude... il risque de s'éloigner » (L'Étoile, juillet 1999, p. 122).

La réaction en chaîne a continué lorsque Ana Carolina a tendu la main à une autre amie de l'Église. Tatiane Pimenta, 16 ans, a commencé à assister aux réunions lorsque soeur Pimentel leur a parlé de l’Église, à sa famille et elle. Tatiane dit ; « J'étais très intimidée parce que je ne connaissais, personne. Je restais silencieusement dans un coin. »

Mais les choses ont changé immédiatement pour Tatiane. « J'ai commencé à me sentir à l'aise parce que je me suis fait une amie. » Dans une classe, soeur Pimentel a présenté un jeu dans lequel toutes les filles disposaient leurs chaussures au milieu de la pièce, mettaient celles de quelqu'un d'autre, puis faisaient la connaissance de la propriétaire. Tatiane raconte : « C'est ainsi que j'ai commencé à parler à Ana Carolina. Elle est devenue ma première amie, une amie qui m'a beaucoup encouragée. Grâce à elle, je me suis sentie capable de devenir membre de l'Eglise. »

PARLEZ DE L’ÉVANGILE ; SOYEZ AMICAL

« Chaque nouveau converti a besoin... d'un ami... Chaque converti doit être nourri de la bonne parole de Dieu (voir Moroni 6:4) » (L'Étoile, juillet 1999, p. 122).

Carolina Caetano a commencé à aller dans la classe des Jeunes Filles quand ses parents sont retournés à l'église après être restés non pratiquants pendant des années. Carolina avait aimé la Primaire quand elle était enfant mais elle n'avait jamais été baptisée et ne connaissait maintenant plus l'Église et ses membres. Elle raconte : « Quand on revient, on est vraiment intimidé parce qu'on ne connaît plus personne. C'est pourquoi je n'y allais pas beaucoup, au début. »

Mais bientôt les missionnaires et soeur Pimentel ont commencé à aller chez Carolina pour lui apprendre l’Évangile. « Chaque fois que [soeur Pimentel] préparait une leçon, elle venait chez moi pour me l'expliquer. Et elle m'aidait toujours à lire le Livre de Mormon », dit Carolina.

Carolina a aussi commencé à se faire des amis. « Ce sont les amitiés durables que je me suis faites à l'église qui m'ont aidée le plus à y revenir et à vouloir me faire baptiser. Les jeunes filles m'entouraient toujours, m'appelaient toujours pour me dire d'assister aux activités, de venir le dimanche suivant. Elles me rappelaient toujours les choses. »

DONNEZ DES TACHES

« Chaque converti mérite une responsabilité... Naturellement, le nouveau converti ne saura pas tout. Il fera probablement quelques erreurs. Et alors ?... L'important est la progression que produira l'activité » (L'Étoile, juillet 1999, p. 122).

Comme Carolina, Katarina Echaniz, qui a seize ans, s'est rapidement fait des amis après avoir connu l'Église par un membre de la paroisse. Grâce aux leçons missionnaires et à l'exemple de ses amies, elle a, elle aussi, reçu rapidement un témoignage. Peu après son baptême, elle a été appelée dans la présidence des Églantines. Elle dit : « Je me sentais responsable parce qu'il y avait des filles qui comptaient sur moi pour que je remplisse mon appel. Je voulais tout faire bien. » Katarina dit que son appel l'a aidée à rester forte dans l'Évangile.

N'ABANDONNEZ JAMAIS

« Je vous supplie, et je m'y inclus, d'aller vers nos frères et soeurs qui ont connu la beauté et les merveilles de l'Évangile rétabli pendant une brève saison et qui, pour une raison ou une autre, s'en sont éloignés...

« Je crois honnêtement que si les [membres de l'Église font] cela, ils goûteront au doux et merveilleux sentiment qui nous envahit lorsque nous sommes un instrument entre les mains du Seigneur pour ramener quelqu'un dans son Église et son royaume » (« Comment devenir un meilleur instructeur au foyer ou une meilleure instructrice visiteuse », L'Étoile, septembre 1998, p. 37).

Dès la première fois où elle est venue à l'église, Moema Duberley, 16 ans, l'a aimée. Elle dit : « Les filles étaient très réceptives et essayaient de m'aider à faire connaissance avec tout le monde. Cela me donnait l'impression que l'Église était mon second foyer. »

Mais Moema a eu des difficultés pour aller à l'église lorsque sa mère a arrêté d'assister aux réunions, juste quelques mois après leur baptême. En partie grâce à son appel, mais surtout grâce à leur amitié, Katarina a commencé à appeler Moema.

Katarina dit : « Parfois, j'avais l'impression d'ennuyer Moema, mais j'essayais toujours parce que je sentais que c'était important et je savais que Dieu allait m'aider parce que je priais. »

Après avoir été entourée pendant des mois par Katarina et d'autres filles, Moema est redevenue pleinement pratiquante. « Je suis revenue à l'Église parce que tout ce que j'y avais appris me manquait, et aussi à cause de mes relations avec Dieu et avec les membres. »

Maintenant, Moema et Katarina sont de vraies amies. Moema dit : « Je suis vraiment reconnaissante parce que j'avais besoin d'une amie lorsque j'étais non pratiquante. Je suis très reconnaissante que Katarina ait été comme cela pour moi. Lorsque l'on reste un certain temps loin de l'Église, on commence à sentir que l'on ne sera peut-être pas accepté. Mais lorsque les gens téléphonent, cela fait du bien de savoir que l'on n'a pas été oublié. »

Quant à elle, Katarina déclare : «Je suis très reconnaissante du retour de Moema. Et cela a marché ! J'ai prié et cela a bien marché. »

APPORTEZ VOTRE SOUTIEN

« Chaque converti est un fils ou une fille de Dieu. Chaque converti constitue une grande et sérieuse responsabilité. Il est absolument impératif que nous veillions sur ceux qui font maintenant partie de nous » (L'Étoile, juillet 1999, p. 122).

Leurs amis du séminaire ont aidé les convertis récents que sont Daniele Ramalno, âgé de 14 ans et Pamela Silva, âgée de 16 ans, lorsqu'ils sont arrivés dans la paroisse.

Daniele dit : « Lorsque nous entourons les non-membres, certains ne manqueront pas de se moquer de nous. Mais les garçons du séminaire veillent toujours sur nous et nous traitent gentiment. Et ils nous encouragent. »

Pamela dit : « Ils sont pour moi de très bons amis. Ils nous amènent toujours en voiture au séminaire et aux activités. »

UNITÉ DANS LE SERVICE

«Nous avons le devoir de tendre la main pour aider, non seulement les membres, mais aussi tous les autres» (« Nous remercions le Seigneur de ses bénédictions », L'Étoile, juillet 1999, p. 105).

Non seulement les jeunes filles de la paroisse de Botafogo s'aident entre elles, mais elles continuent aussi de tendre la main aux membres encore non pratiquants ainsi qu'aux personnes de leur collectivité. Qu'elles agissent dans un parc de la ville ou dans un abri pour les adolescents qui sont à la rue, qu'elles écrivent des cartes aux jeunes non-pratiquantes ou qu'elles leur téléphonent, qu'elles parlent ensemble ou qu'elles soient réunies pour répéter le thème des Jeunes Filles, il existe un lien spécial entre ces jeunes filles lorsqu'elles s'efforcent d'appliquer les paroles du prophète.

« Jeunes gens et jeunes filles... je supplie chacun de vous de trouver les convertis de l'Église, de les prendre dans vos bras et de vous en faire des amis... je vous en prie, je vous en prie, tendez la main à chaque converti de l'Église et aidez-le à s'ancrer dans la foi » (réunion à Guadalajara, au Mexique, le 10 mars 1998).

 

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