L’ESPRIT DU CHRIST, UNE LUMIÈRE PARMI LES TÉNÈBRES

par Daniel K. Judd

Les Écritures modernes nous aident à comprendre que l'Esprit du Christ n'est pas seulement une source de vérité ; c'est aussi le moyen que Dieu utilise pour nous aider dans tous aspects de notre vie. Le fait d'apprendre la doctrine de l'Esprit du Christ nous aide à voir le don de notre Père éternel aimant pour guider et diriger tous ses enfants.

Le prophète Mormon a dit que l'Esprit du Christ était l'un des principaux moyens que Dieu utilise pour nous soutenir et nous guider:

« Car voici, l'Esprit est donné à tout homme afin qu'il puisse discerner le bien du mal ; c'est pourquoi, je vous montre la façon de juger ; car tout ce qui invite à faire le bien et à persuader de croire au Christ est envoyé par le pouvoir le don du Christ ; c'est pourquoi vous pouvez savoir avec une connaissance parfaite que c'est de Dieu.

« Mais tout ce qui persuade les hommes de faire le mal et de ne pas croire au Christ, et de le nier, et de ne pas servir Dieu, alors vous pouvez savoir avec une connaissance parfaite que c'est du diable; car c'est de cette manière que le diable opère, car il ne persuade aucun homme de faire le bien, non, pas un seul; ni ses anges non plus, ni ceux qui se soumettent à lui » (Moroni 7:16-17).

DESCRIPTION DE L’ESPRIT DU CHRIST

Les Écritures de l'Église ne nous donnent pas de renseignements détaillés sur la manière d'opérer de l'Esprit du Christ, mais elles décrivent ses desseins et son influence. Dans les Doctrine et Alliances, nous apprenons que l'Esprit du Christ « sort de la présence de Dieu pour remplir l'immensité de l'espace » (D&A 88:12). Il s'agit de la lumière du soleil, de la lune et des étoiles, et du pouvoir par lequel toutes choses ont été faites (voir D&A 88:7-10). L'Esprit du Christ « donne la vie à tout » et « est la loi par laquelle tout est gouverné » (D&A 88:13). On appelle aussi à juste titre l'Esprit du Christ la lumière du Christ parce qu'il « donne la lumière à tout homme qui vient au monde » (D&A 84:46).

L’ESPRIT DU CHRIST ET LE SAINT-ESPRIT

On confond souvent l'Esprit du Christ avec le Saint-Esprit, le don du Saint-Esprit et la personne spirituelle de Jésus-Christ. Cette confusion vient évidemment pour une part de l'utilisation alternative des termes Esprit du Seigneur, Esprit de Dieu et Esprit du Christ dans les Écritures comme dans la conversation et il est souvent difficile de comprendre à quel personnage ou quel don le passage fait référence. C'est grâce aux prophètes de la dispensation actuelle que nous apprenons que l'Esprit du Christ n'est ni le Saint-Esprit, ni le don du Saint-Esprit, ni le personnage spirituel de Jésus-Christ, mais qu'il est le principal moyen d'action de ces derniers.

Joseph F. Smith (1838-1918) a enseigné. « Nous disons souvent Esprit de Dieu lorsque nous voulons dire Saint-Esprit, nous disons également Saint-Esprit lorsque nous voulons dire Esprit de Dieu. Le Saint-Esprit est un personnage de la Divinité et n'est pas ce qui éclaire chaque homme qui vient au monde. C'est l'Esprit de Dieu qui se manifeste au monde par le Christ, qui éclaire chaque homme qui vient ici-bas, et qui opère sur les enfants des hommes et qui continuera à opérer sur eux jusqu'à les amener à la connaissance de la vérité et à la possession de la lumière supérieure et au témoignage du Saint-Esprit[1]. »

James E. Talmage (1862-1933), ancien membre du Collège des douze apôtres, a enseigné que l'Esprit du Christ est « l'essence divine » par laquelle la Divinité opère sur les gens et dans la nature.

Bruce R. McConkie (1915-1985), ancien membre du Collège des douze apôtres, a ajouté : « Avant et après le baptême, tous les hommes reçoivent à un degré ou un autre de l’Esprit qui est la lumière du Christ. » Il a dit, en parlant par analogie, que « un témoignage reçu avant le baptême se manifeste comme un rayon de lumière étincelant dans les ténèbres et les tempêtes de la vie... pour éclairer la voie ». Il compare ensuite le don du Saint-Esprit à « l'éclat continu du soleil à midi, qui déverse ses rayons sur le sentier de la vie et sur tout ce qui est alentour[2] ».

Des prophètes anciens et modernes ont enseigné que l'objectif de l'Esprit du Christ est d'être préparatoire. Il prépare les enfants de Dieu à recevoir le témoignage temporaire du Saint-Esprit, suivi par le don plus durable du Saint-Esprit qui est conféré à ceux qui se font baptiser. On peut trouver un exemple de cette progression dans le récit de la conversion du roi Lamoni, dans le Livre de Mormon. Lamoni avait l'autorité de roi et avait appris que « tout ce qu'il faisait était juste », mais le texte dit que malgré tout, il savait que c'était mal de tuer ses serviteurs qui, à son avis, ne l'avaient pas bien servi : En dépit de leur croyance en un Grand Esprit, le roi Lamoni et son père pensaient que tout ce qu'ils faisaient était juste ; néanmoins, Lamoni commençait à craindre extrêmement d'avoir mal agi en tuant ses serviteurs (voir Alma 18:5).

Ce verset nous permet de conclure qu'en qualité de fils et de filles de Dieu, nous avons tous une conscience (voir Romains 2:14-15). Dans le coeur du roi Lamoni, la vérité était éclipsée par la tradition et le péché, mais un esprit opérait en lui et ravivait son sens du bien et du mal. L'expérience du roi Lamoni s'est poursuivie et intensifiée lorsqu'il est tombé sur le sol, comme s'il était mort (voir Alma 18:42).

Remarquez la description qui est faite de l'expérience du roi Lamoni pendant qu'il est terrassé : « Ammon... savait que le roi Lamoni était sous le pouvoir de Dieu; il savait que le sombre voile de l'incrédulité était en train d'être chassé de son esprit, et que la lumière qui éclairait son esprit, qui était la lumière de la gloire de Dieu, qui était la lumière merveilleuse de sa bonté - oui, cette lumière avait infusé une telle joie dans son âme, que la nuée de ténèbres avait été dissipée, et que la lumière de la vie éternelle était allumée dans son âme, oui, il savait que cela avait accablé son corps naturel et qu'il était ravi en Dieu » (Alma 19:6).

Ammon semble décrire la lumière du Christ qui opérait sur le roi afin de le préparer à recevoir la compagnie constante du Saint-Esprit. Le roi Lamoni et ses serviteurs se sont alors fait baptiser et bien que cela ne soit pas rapporté en détail dans les Écritures, nous pouvons être sûrs que l'ordre divin a été suivi et qu'ils ont alors reçu le don du Saint-Esprit (voir 2 Néphi 31:14).

La lumière supplémentaire qui accompagne la réception du don du Saint-Esprit est démontrée par les expériences d'Ammon. Il a fait preuve d'un grand pouvoir pour défendre les troupeaux du roi (voir Alma 17:36-37 ; 18:2) et il a ensuite été « rempli de l'Esprit de Dieu ». Il a ensuite perçu les pensées du roi (voir Alma 18:16).

Ammon a décrit les bénédictions supplémentaires en ces termes :

« Je suis appelé par son Esprit-Saint à enseigner ces choses à ce peuple, afin qu'il soit amené à la connaissance de ce qui est juste et vrai ; et une part de cet Esprit demeure en moi, ce qui me donne de la connaissance, et aussi du pouvoir, selon ma foi et mes désirs qui sont en Dieu » (Alma 18:34-35 italiques ajoutés).

LA LUMIÈRE DE LA DÉCOUVERTE ET DE L’INTELLIGENCE

L'Esprit du Christ est le pouvoir qui éclaire notre intelligence lorsque nous cherchons à découvrir les mystères du ciel et de la terre (voir D&A 88:11). Néphi nous dit que l'Esprit de Dieu agissait sur l'homme en qui nous reconnaissons Christophe Colomb ainsi que sur d'autres Gentils [par exemple, les Pères Pèlerins, les Puritains]. Néphi ajoute : « Ils sortirent de captivité sur les nombreuses eaux » (1 Néphi 13:12-13). Nous lisons également que le Seigneur a promis qu'il serait sa lumière dans le désert pendant sa recherche de la terre promise (voir 1 Néphi 17:13).

Alma a écrit que des coeurs seraient changés et que leur âme serait illuminée par la lumière de la parole éternelle (voir Alma 5:7). Il a aussi dit qu'on pouvait discerner la lumière, dans le passage suivant : « Oh alors, cela n'est-il pas réel ? je vous dis que oui, parce que cela est lumière; et ce qui est lumière est bon parce qu'on peut le discerner : c'est pourquoi vous devez savoir que c'est bon » (Alma 32:35).

De nombreux grands dirigeants, scientifiques, artistes et philosophes de ce monde ont bénéficié de l'influence de la lumière du Christ. En 1978, la Première Présidence a déclaré que les grands dirigeants religieux comme Mahomet, Confucius et les Réformateurs, ainsi que des philosophes comme Socrate, Platon et d'autres ont reçu une part de la lumière de Dieu pour éclairer des nations entières[3].

Joseph Fielding Smith (1876-1970) a écrit : « Ceux qui font ces découvertes sont inspirés de Dieu, sinon ils ne les feraient jamais. Le Seigneur a inspiré Edison, Franklin, Morse, Whitney et tous les inventeurs et découvreurs, et par leur inspiration ils ont obtenu la connaissance nécessaire et ont pu fabriquer et inventer comme ils l'ont fait pour le profit du monde. Sans l'aide du Seigneur ils auraient été aussi impuissants que les hommes des époques précédentes[4]. »

LA LUMIÈRE DE LA CONSCIENCE

L'Esprit du Christ se manifeste d'une multitude de manières, mais la plus personnelle et la plus importante de ses caractéristiques s'exprime sans doute par notre conscience c'est-à-dire notre capacité de discerner le bien du mal (voir Moroni 7:16). C'est par notre conscience que nous commençons à percevoir l'amour de notre Père céleste qui fait « tout pour le bien-être et le bonheur de son peuple » (Hélaman 12:2).

Bien qu'elle puisse être déformée, nous pouvons percevoir notre conscience de différentes manières, qui est la lumière du Christ. Si nous appliquons la vérité, notre conscience se manifestera par une douce invitation nous persuadant de faire le bien. Lorsque nous n'appliquons pas la vérité, notre conscience sera source de culpabilité.

Le fait de suivre la lumière du Christ peut nous donner la paix et une meilleure compréhension, alors que si nous agissons contre ce que nous savons être justes, nous connaîtrons la détresse, la confusion et, souvent, le début de problèmes plus graves. Les gros problèmes menaçants sont souvent petits et simples au début. Remarquez l'exemple suivant d'une conscience qui inspire des idées, dans une situation dans laquelle la plupart d'entre nous se sont déjà trouvés :

Ma femme m'avait demandé si je voulais bercer Rachel, notre bébé, pour qu'elle s'endorme. Je savais que je devais le faire, mais en fait je voulais regarder le match de football. J'ai trouvé rapidement un compromis: je pouvais emmener notre bébé dans ma chambre, regarder le match de football sur le téléviseur portable et le bercer en même temps. Tout le monde y trouvait vraiment son compte ! je n'aurais pas l'écran couleur mais ce n'était pas cher payé pour être un bon père !

Le problème est survenu après deux minutes de match. Rachel s'est mise à s'agiter. J'ai pensé que si j'éteignais la télévision, si je marchais en la tenant dans mes bras et si je lui chantais quelque chose, elle se calmerait. Je savais que c'était ce qu'il fallait faire, mais est-ce que je l'ai fait ? Non, pendant les trente minutes qui ont suivi, je me suis débattu pour regarder le match tout en berçant Rachel, furieux de ne pas pouvoir faire ce que je voulais !

L'une des caractéristiques de ceux d'entre nous qui vont à l'encontre de la lumière et de la connaissance qu'ils ont est qu'ils essaient de se justifier. Ces justifications se manifestent par des pensées, des sentiments et, dans certains cas, par des symptômes physiques. Dans les Proverbes, nous lisons : « La voie de l'insensé est droite à ses yeux » (Proverbes 12:15). Dans mon cas avec Rachel, ma fille, je me justifiais ainsi : (1) J'ai eu des cas difficiles à traiter toute la journée ; j'ai donc besoin de temps libre ; (2) Ma femme est bien plus douée que moi pour s'occuper de bébés et elle devrait le faire ; (3) Ma femme n'est jamais contente de ce que je fais ; c'est donc injuste qu'elle me demande de faire cela ; et (4) Je suis très fatigué ; j'ai besoin de m'asseoir et de me détendre.

Nous pensons parfois que le péché consiste à commettre quelque chose de grave comme un meurtre, un adultère ou de l'immoralité flagrante. Ces actions sont parmi les péchés les plus graves, mais les Ecritures enseignent que chaque fois que nous savons comment faire et que nous ne le faisons pas... c'est un péché (voir Jacques 4:17). C'est un peu gênant à reconnaître, mais quand je ne me suis pas levé assez tôt et que je ne me suis pas promené avec mon enfant, je suis allé à l'encontre de ce que je sais être vrai et, pour être bref, c'est un péché[5].

Spencer W. Kimball (1895-1985) a déclaré : « La souffrance humaine a de nombreuses causes, parmi lesquelles la guerre, la maladie et la pauvreté, et la souffrance qui découle de chacune d'elle est très réelle, mais je ne serais pas honnête avec moi-même si je ne disais pas que sa cause la plus courante, celle qui entraîne la plus grande souffrance, c'est le péché - la violation d'un commandement donné par Dieu... Si l'un de nous souhaite avoir plus de précisions sur ce que nous pouvons faire pour avoir la vie en abondance, tout ce qu'il y a à faire, c'est consulter sa conscience.[6] »

UNE RICHE BÉNÉDICTION

Combien nous sommes bénis d'avoir l'Esprit du Christ qui nous permet de distinguer le bien du mal ! Notre Père céleste nous a fait la promesse suivante : « Ce qui est de Dieu est lumière; et celui qui reçoit la lumière et persévère en Dieu reçoit davantage de lumière; et cette lumière devient de plus en plus brillante jusqu'au jour parfait » (D&A 50:24). Je prie pour que chacun de nous suive l'invitation de Mormon de comprendre et de suivre cette lumière intérieure : « C'est pourquoi, je vous supplie... de rechercher diligemment dans la lumière du Christ afin de discerner le bien du mal ; et si vous vous saisissez de toute bonne chose, et ne la condamnez pas, vous serez certainement enfants du Christ » (Moroni 7:19).

Daniel K. Judd est membre de la cinquième paroisse de Canyon View, du pieu d'Orem Canyon View, en Utah.

 

[1] Gospel Doctrine, 5e édition, 1939, pp. 67-68.

[2] Voir Les Articles de foi, p. 209, note 3. A New Witness for the Articles of Faith, 1984, p. 262.

[3] Déclaration de la Première Présidence, 15 février 1978

[4] Doctrine du Salut, compilé par Bruce R. McConkie, volume 1, p. 142.

[5] Je remercie mon collègue, C. Terry Warner de m'avoir aidé à accéder à une meilleure compréhension des termes conscience et péché.

[6] The Teachings of Spencer W. Kimball, édité par Edward L. Kimball, 1982, p. 155.

 

l Accueil l Écritures l Livres l Magazines l Études l Médias l Art l