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LES LEÇONS APPRISES SUR LE CHEMIN DE LA VIEpar Joseph B. Wirthlin du Collège des douze apôtres Il ne m'est pas difficile de me souvenir de mes années d'université. J'aimais beaucoup de choses dans la vie universitaire : j’aimais apprendre, j’aimais la camaraderie et j'aimais le football. J'avais toujours rêvé de faire partie d'une équipe universitaire de football et pendant trois ans j'ai porté le maillot pourpre et j'ai joué au poste d'arrière. A cette époque, le monde hésitait au bord du chaos. Des forces politiques contraires s'exacerbaient et se bloquaient. La tension montait à toute allure. Il y avait des conflits entre les pays. Le monde entier semblait pris dans un grondement qui s'amplifiait, comme si un volcan était au bord de l'éruption et qu'elle allait finir par se produire. Avant la fin, chaque pays, chaque personne a ressenti les effets de ces jours sombres. Je me souviens du jour où mon père est venu me parler. C'était juste après la fin de la saison de football de 1936. - Joseph, m'a-t-il dit, veux-tu partir en mission ? Je lui ai répondu que oui. - Alors il faut y aller maintenant, a-t-il dit. Si tu attends, tu n'iras jamais. Je ne voulais pas le croire. Je voulais réaliser mon rêve qui était de jouer au football et de finir mes études. Si j'acceptais un appel en mission, je devrais renoncer à tout. A ce moment-là les missions duraient trente mois et je savais que si je partais, il était très probable que je ne rejouerais jamais au football, que je ne pourrais peut-être même pas finir mes études. Mais je savais aussi que ce que mon père avait dit était vrai. Mon évêque était Marion G. Romney (1897-1988) qui a fait par la suite partie de la Première Présidence de l'Église. Il m'avait déjà parlé de faire une mission. Je suis allé le voir pour lui dire que c'était pour moi le moment de partir. Quelques mois plus tard, je suis monté à bord du SS Manhattan et j'ai commencé un long voyage qui m'a emmené au cœur de la crise mondiale. J'avais été appelé dans la mission d'Allemagne-Autriche. Ma première ville a été Salzbourg, en Autriche. La mission n'avait pas beaucoup de missionnaires et peu après mon arrivée mon compagnon a été muté dans un autre district. Je me suis bientôt retrouvé seul à Salzbourg, jeune missionnaire dans un pays nouveau et étranger. Il se passait une autre chose que je n'ai pas mentionnée : Une armée nombreuse du troisième Reich d'Hitler se rassemblait juste de l'autre côté de la frontière, à moins de trente kilomètres de Salzbourg. Où qu'on aille, on sentait une tension croissante dans l'air. Personne ne savait si le lendemain les tanks allemands ne franchiraient pas la frontière en masse. Je me souviens bien de cette période. Je ne pense pas qu'il y ait eu un moment de ma vie où je me suis senti plus découragé et plus perdu. C'était une mission difficile ; personne ne semblait avoir de temps pour moi ni pour le message que j'apportais. Je me demandais s'il y aurait jamais assez de membres dans cette ville pour faire une paroisse. Pendant six semaines j'ai été seul. Pendant six semaines j'ai attendu un compagnon. Pendant six semaines je me suis demandé ce que je serais en train de faire si j'étais resté à Salt Lake City et si j'avais continué mes études. Bien que sur le moment les jours et les nuits m'aient semblé interminables, ils ont fini par passer. Mon compagnon, plus ancien dans la mission, est arrivé et nous avons fait de notre mieux dans cette situation pour servir le Seigneur. Cette année-là, à l'approche de Noël, mon compagnon et moi avons décidé d'aller à pied à Oberndorf, petit village niché dans les belles Alpes bavaroises. Vous savez peut-être que ce sont la beauté et la majesté de ce petit village qui ont inspiré Joseph Mohr à écrire en 1818 le magnifique cantique « Douce nuit » (Cantiques, n° 127). La veille de Noël nous sommes allés à pied au village et nous nous sommes assis un moment en silence dans une petite église pour écouter la belle musique de l'orgue. Nous avons pris le chemin du retour par une soirée d'hiver claire à l'air vif. Nous marchions sous un ciel tout étoilé et dans un silence feutré créé par la neige fraîchement tombée. C'était peut-être une soirée comme celle-là qui avait inspiré un vicaire à écrire, plus d'un siècle auparavant, la musique de l'un des cantiques les plus aimés de toute la chrétienté. Tout en marchant, mon compagnon et moi parlions de nos espoirs et de nos rêves. Nous parlions de nos objectifs et de ce que nous voulions voir se réaliser dans notre vie. Plus nous parlions, plus nous étions décidés à accomplir les choses dont nous parlions. En marchant à la lumière de la pleine lune, nous avons tous les deux pris de grandes résolutions. Je me suis engagé ce soir-là à ne pas perdre mon temps. J'allais renouveler mes efforts pour servir le Seigneur. J'ai décidé de magnifier tous les appels que je recevrais dans le royaume du Seigneur. C'est aussi ce soir-là que j'ai décidé qui j'allai épouser. Je ne connaissais pas son nom, mais j'avais à l'esprit le genre de personne qu'elle serait, quelqu'un qui vivrait l'Évangile et qui serait spirituellement forte. Je l'ai même décrite à mon compagnon : elle ferait 1 mètre 65, elle aurait les yeux bleus et les cheveux blonds. Soeur Wirthlin correspond à la description que j'ai faite d'elle à ce moment-là sans la connaître. Cette soirée a donc été importante pour moi. Deux années et demies se sont écoulées sans que je m'en rende compte, et je me suis retrouvé chez moi. Je me souviens avoir entendu quelqu'un mentionner un nom : Elisa Rogers, une jeune fille qui était responsable d'un bal pour les étudiants à l'Hôtel Utah. Ce nom avait quelque chose de particulier. Je me suis dit qu'il fallait que je la rencontre. Je me souviens de la première fois où je l'ai vue. Pour rendre service à un ami, j'étais allé chez elle pour chercher sa soeur. Elisa a ouvert la porte et je suis resté bouche bée. C'était elle : belle, 1 mètre 65, les yeux bleus, les cheveux blonds. Elle a dû ressentir aussi quelque chose, parce qu'elle m'a dit : « Je sais qui vous étiez. » Elle s'est rapidement rendu compte qu'elle avait fait une erreur de conjugaison. Pour bien comprendre la situation, il faut savoir qu'elle était étudiante en anglais. Après toutes ces années, elle se souvient encore de son embarras du moment. Le fait que je raconte cette histoire ne l'aide pas à se sentir plus à l'aise, mais je crois qu'elle me pardonnera. Soixante ans se sont écoulés depuis cette veille de Noël à Oberndorf où j'ai pris ces résolutions. Beaucoup de choses sont arrivées durant ces années. Ma prémonition concernant le football était bonne ; je n'ai jamais rejoué. Mais j'ai terminé mes études à l'université. Malgré tout, je n'ai jamais regretté d'avoir fait une mission et de m'être engagé à servir le Seigneur. Grâce à cela, ma vie a été remplie d'aventures et d'expériences spirituelles, de joies qui dépassent l'entendement. Beaucoup d'entre vous êtes peut-être à un moment de votre vie où vous vous sentez un peu découragés ou seuls. Peut être êtes-vous un peu perdus, peut-être même un peu effrayés. Tout le monde a ressenti cela à un moment ou à un autre. Tout le monde s'est demandé s'il finirait par être heureux. Il y a plus de deux mille ans, Aristote a dit que tous les hommes ont le même objectif fondamental : être heureux (voir Ethique à Nicomaque, livre 1, chapitres 4 et 7). Après avoir vécu 80 ans, je commence à avoir quelques idées sur ce qui aide les gens à trouver le bonheur et à réussir. Je vais vous donner cinq éléments qui, si vous les prenez au sérieux et les appliquez personnellement, vous apporteront le bonheur, la réussite, l'accomplissement et l'obtention d'un héritage dans le royaume céleste. AYEZ FOI EN VOTRE PÈRE CÉLESTEPremièrement, ayez foi en votre Père céleste. Il sait qui vous êtes. Il vous écoute lorsque vous priez. Il vous aime. Il se soucie de vous. Il veut ce qu'il y a de mieux pour vous. Après avoir servi quelques temps à Salzbourg, j'ai été muté à Zurich, en Suisse. Tandis que je m'y trouvais, Julius Billeter, membre de l'Église, a pris contact avec moi. C'était un généalogiste professionnel et il m'a dit qu'il avait vu beaucoup de noms Wirthlin dans son travail. Il m'a proposé de faire des recherches sur les lignées de ma famille. J'ai écrit chez moi et mon père a trouvé que c'était une occasion formidable. Il l'a donc engagé pour commencer des recherches. Un an plus tard, frère Billeter m'a tendu un livre. Il faisait 36 centimètres de long, 46 centimètres de large et pesait 6,2 kilogrammes. Il contenait près de six mille noms de mes ancêtres. C'était un document inestimable que je chérissais. Juste avant la fin de ma mission, je l'ai mis dans une malle de bateau avec quelques autres affaires personnelles et je l'ai envoyé chez moi. J'ai prié pour qu'il arrive en toute sécurité et que cette généalogie précieuse ne soit pas perdue. Je suis arrivé chez moi avant la malle. Les semaines passaient. La malle n'arrivait pas. Je commençais à craindre que ce livre irremplaçable n'ait été perdu. Six mois après mon arrivée à Salt Lake City, j'ai reçu un appel du dépôt de la compagnie ferroviaire Union Pacific. Une malle était arrivée pour moi. Je me suis précipité pour aller la chercher, mais lorsque je l'ai vue, j'ai eu un coup au coeur. La serrure de la malle avait été cassée. J'ai soulevé le couvercle et, en regardant à l'intérieur, j'ai eu le coeur encore plus serré. Tout avait été trempé d'eau de mer. De plus, je pouvais voir que quelqu'un avait fouillé dans mes affaires. Il manquait des choses. J'ai délicatement enlevé les couches de vêtements, cherchant mon précieux livre. Quand je l'ai atteint, mon coeur s'est gonflé de joie. Non seulement il était là, mais le papier en était complètement sec ! Je sais que le livre avait été protégé par une intervention divine. Le Sauveur a demandé: « Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou ? Cependant, il n'en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père. Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc point : vous valez plus que beaucoup de passereaux » (Matthieu 10:29-31). De même, si la protection d'un livre contre les éléments marins mérite l'attention divine, combien plus votre Père céleste sera conscient de votre vie et de vos besoins. Un jour, Thomas S. Monson, maintenant premier conseiller dans la Première Présidence, m'a dit : « Il y a un pouvoir qui dirige toute chose. Souvent quand il arrive quelque chose, ce n'est pas par hasard. Un jour, quand nous réfléchirons à ce qui a semblé être des coïncidences dans notre vie, nous nous rendrons compte qu'après tout ce n'étaient peut-être pas des coïncidences. » Le Seigneur connaît vos épreuves. Il voit vos victoires. Et il est dit : « Confie-toi en l'Éternel de tout ton coeur, et ne t'appuie pas sur ta sagesse reconnais-le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers » (Proverbes 3:5-6). FIXEZ-VOUS
DES BUTS JUSTES
Deuxièmement, fixez-vous des buts justes. Votre attention sera attirée par de nombreuses choses tout au long de votre vie. Les divertissements seront multiples. Des gens et des choses feront appel à vous, chantant le chant des sirènes de l'argent, du plaisir et du pouvoir. La réussite est un mot séducteur. Des milliers de livres ont été écrits à ce sujet. Ils promettent argent, liberté, temps libre et luxe. Des milliers de personnes ont élaboré des formules infaillibles pour faire fortune. Par exemple, on attribue à J. Paul Getty cette formule en trois points pour devenir riche : « Se lever tôt. Travailler dur. Trouver du pétrole. » D'autres formules, peut-être plus pratiques, sont des variations sur un même thème : vous devez concentrer toutes vos pensées, vos sentiments et vos actions sur vos objectifs. Vous devez aspirer à votre objectif avec toute la passion possible. Vous devez diriger chacune de vos pensées vers votre objectif. Vous devez concentrer toute votre énergie pour atteindre votre objectif. Bien entendu, lorsqu'elles s'appliquent à des objectifs justes, ces méthodes peuvent avoir une grande valeur. Le problème est que dans la plupart des cas la recherche de la richesse, des plaisirs et du pouvoir mène à une position qui peut sembler désirable au premier coup d’œil, mais plus on s'en approche, plus on découvre ce qu'elle est réellement. La réussite dans le monde est trop souvent au prix de votre droit d'aînesse. Ceux qui concluent ce marché ressentiront un jour ce qu'Esaü a ressenti quand il s'est rendu compte de ce qu'il avait perdu, « il poussa de forts cris, pleins d'amertume » (Genèse 27:34). Un autre piège dans lequel nous tombons souvent lorsque nous sommes obsédés par la réussite c'est que nous l'attribuons à notre propre force et à notre propre intelligence et que nous oublions le Seigneur qui nous a bénis et nous a fait prospérer. Moïse a dit au peuple d'Israël : « Lorsque tu mangeras et te rassasieras, lorsque tu bâtiras et habiteras de belles maisons... Lorsque tu verras multiplier ton gros et ton menu bétail, s'augmenter ton argent et ton or, et s'accroître tout ce qui est à toi... Garde-toi de dire en ton coeur : Ma force et la puissance de ma main m'ont acquis ces richesses... Et si tu oublies l'Éternel, ton Dieu, et que tu ailles après d'autres dieux, si tu les sers et te prosternes devant eux, je vous déclare formellement aujourd'hui que vous périrez » (Deutéronome 8:12-13, 17, 19). Pensez-vous que vous pourrez utiliser l'argent que vous avez gagné dans cette vie dans l'au-delà ? Mettez votre Père céleste en premier dans votre vie. Engagez-vous à le suivre, à obéir à ses commandements et à vous efforcer chaque jour de ressembler davantage au Christ. Concentrez vos efforts sur l'obtention des richesses célestes. Si vous agissez autrement, vous n'obtiendrez finalement que déception et chagrin. Cela me rappelle une parabole du Sauveur, celle de l'homme qui avait travaillé dur pour amasser des richesses. Il avait tant de biens qu'il n'avait pas suffisamment de place pour les engranger. Alors il a construit de grands greniers pour les contenir. Il avait à l'idée que dès qu'il aurait un endroit sûr pour tous ses biens, il pourrait se reposer et mener une vie de loisir, à manger, à boire et à se réjouir. Mais dès qu'il a eu fini ses bâtiments, Dieu lui a dit : « Insensé ! Cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ? » (Luc 12:20.) Le Sauveur a posé aux gens de son époque une question qui fait réfléchir et qui a parcouru les siècles jusqu'au nôtre: « Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perdait son âme ? » (Matthieu 16:26.) L'argent est-il nécessairement mauvais ? Jacob, prophète du Livre de Mormon, a répondu à cette question. Il a enseigné à son peuple : « Pensez à vos frères comme à vous-mêmes, et soyez amicaux envers tous et généreux de vos biens, afin qu'ils soient riches comme vous. Mais avant de rechercher la richesse, recherchez le royaume de Dieu. Et lorsque vous aurez obtenu l'espérance dans le Christ, vous obtiendrez la richesse, si vous la recherchez et vous la rechercherez dans l'intention de faire le bien pour vêtir les nus, et pour nourrir les affamés, et pour délivrer les captifs, et pour apporter du soulagement aux malades et aux affligés » (Jacob 2:17-19). Moïse a dit aux gens de son époque : « S'il y a chez toi quelque indigent d'entre tes frères, dans l'une de tes portes, au pays que l'Éternel ton Dieu te donne, tu n'endurciras point ton coeur et tu ne fermeras point ta main devant ton frère indigent » (Deutéronome 15:7). TRAVAILLEZ
À ACCOMPLIR VOS OBJECTIFS
Troisièmement, après vous être fixé des objectifs justes, travaillez de toutes vos forces à les accomplir. Pour reprendre les paroles de David O. McKay (1873-1970) quand il était dans le Collège des douze apôtres : «Rendons-nous... compte que le privilège de travailler est un don, que la force de travailler est une bénédiction, que l'amour du travail est la réussite» (Conference Report, octobre 1909, p. 94 ; italiques dans l'original). Le travail est une thérapie pour l'âme. L'Évangile de Jésus-Christ est un évangile de travail. Je crois que la paresse que nous pouvons avoir provient pour une grande part d'une mauvaise compréhension de l'expiation du Seigneur. Nous ne pouvons pas rester dans l'oisiveté, ne rien faire et nous attendre à réussir dans les domaines spirituel et matériel. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour atteindre nos objectifs, et le Seigneur ajoutera ce qui manquera. Souvenez-vous des paroles du Président Hinckley : « La majeure partie du travail dans ce monde n'est pas faite par des génies. Elle est faite par des gens ordinaires, dont la vie est équilibrée, qui ont appris à travailler de manière extraordinaire » (« Our Fading Civility », discours de remise des discours à l'université Brigham Young, 25 avril 1996, p. 15). Je vais vous parler d'une personne remarquable qui s'est sentie responsable de sa vie et qui est devenu quelqu'un d'important, malgré ses humbles débuts. Il s'agit du docteur Ben Carson. Il est né et a été élevé dans un quartier pauvre de Detroit. Il a grandi dans un foyer sans père. Sa mère a assumé la responsabilité d'élever ses enfants, et elle a transmis ce sens des responsabilités à son fils. Le docteur Carson racontait que sa mère disait souvent à ses enfant : « N'avez-vous pas de tête ? » S'ils répondaient oui, elle continuait en disant : « Si c'était le cas, vous auriez pu trouver le moyen de vous sortir de cette situation. Peu importe ce que Johny ou Mary ou qui que ce soit d'autre a fait. Vous avez une tête, alors trouvez le moyen de régler vos problèmes. » Le docteur Carson raconte : «J'ai commencé à comprendre que je pouvais diriger ma vie, que je pouvais aller où je voulais et que je pouvais faire tout ce que je voulais. La seule personne qui déterminait ou limitait réellement ma réussite c'était moi. Lorsque j'ai compris cela, je me suis débarrassé de ma mentalité de victime. J'ai compris qu'il ne fallait pas que j'attende dans l'oisiveté que quelqu'un fasse quoi que soit pour moi» (« Seeing the Big Picture : An Interview with Ben Carson, M.D.», Saturday Evening Post, juillet/août 1999, pp. 50-51). Le docteur Carson n'a pas attendu dans l'oisiveté que quelqu'un fasse quelque chose pour lui. Il a pris sa vie en mains. Il s'est appliqué dans ses études et il a réussi, suffisamment pour les continuer et devenir médecin. Il a gravi les échelons et est devenu directeur du service de neurochirurgie pédiatrique du centre hospitalier pour enfants Johns Hopkins à Baltimore, hôpital réputé dans le monde entier. En 1987, il a réussi pour la première fois l'intervention chirurgicale qui consiste à séparer des frères siamois attachés par le derrière de la tête. Socrate a dit: « Les dieux nous vendent toutes bonnes choses au prix de notre travail » (Xenophon, Mémorables, livre 2, chapitre 1, section 20). Le président Hinckley a repris cette idée : « Sous le ciel, rien ne peut remplacer le travail productif. C'est le processus par lequel les rêves deviennent réalités. C'est le processus par lequel les visions improductives deviennent des réalisations dynamiques... « C'est le travail qui fait la différence dans la vie. C'est le fait de développer notre intelligence et d'utiliser l'habileté de nos mains qui nous élève au-dessus de la médiocrité » (Cité dans « Pres. Hinckley Shares 10 Beliefs with Chamber », Church News, 31 janvier 1998, p. 3). MAGNIFIEZ
VOS APPELS
Quatrièmement, magnifiez vos appels et soyez des membres fidèles de l'Eglise. Lorsque nous allons à l'église, nous nous entourons de personnes qui partagent notre engagement à obéir aux commandements et à suivre le Sauveur. Certains font l'erreur de croire que l'église est un endroit où des gens parfaits se réunissent pour dire des choses parfaites, avoir des pensées parfaites et ressentir des sentiments parfaits. Je m'empresse de démentir cela. L'église est un endroit où des gens imparfaits se réunissent pour s'aider et se fortifier les uns les autres tout en s'efforçant de retourner auprès de leur Père céleste. Chacun de nous aura un parcours différent dans la condition mortelle. Nous progresserons à des vitesses différentes. Les tentations qui affligent votre frère ne vous troubleront peut-être pas du tout. Ne méprisez jamais ceux qui sont moins parfaits que vous. Ne soyez jamais contrarié parce que quelqu'un ne sait pas aussi bien parler que vous, ne sait pas aussi bien diriger que vous, ne sait pas aussi bien servir que vous, ne sait pas coudre, sarcler ou astiquer aussi bien que vous. L'Église est une société d'amélioration mutuelle dont la raison d'être est d'aider tous les fils et toutes les filles de Dieu à retourner en sa présence. Une manière d'estimer votre valeur dans le royaume de Dieu est de vous demander : « Est-ce que j'arrive bien à aider les autres à atteindre leur potentiel ? Est-ce que j'aide les autres dans l'Église ou est-ce que je les décourage ? » Si vous découragez les autres, vous détruisez le royaume de Dieu. Si vous édifiez les autres, vous édifiez le royaume. Un autre moyen d'estimer votre valeur dans le royaume est de vous demander si vous êtes activement engagé à magnifier votre appel dans l’Église. Lorsque vous magnifiez votre appel, vous ne vous contentez pas d'agir mécaniquement; vous vous engagez à servir à l'endroit où vous êtes appelés de tout votre coeur, de tout votre pouvoir, de tout votre esprit et de toutes vos forces. Si vous n'avez pas d'appel dans l'Église, voulez-vous aller trouver votre évêque pour lui dire que vous avez le désir de servir, de travailler avec ardeur ? Si vous servez fidèlement, le Seigneur sera avec vous et vous ressentirez son Esprit et sa main qui vous guidera. Il y a quelques années, lors d'une conférence générale, Boyd K. Packer, du Collège des douze apôtres, a raconté l'histoire de Joseph Millett, membre peu connu de l'Église. Il vivait dans les premiers temps de l'Église et a traversé les plaines avec d'autres membres fidèles pour irriguer un désert et trouver un nouveau foyer. Durant ces premières années, la nourriture était souvent rare. Les hivers étaient particulièrement difficiles, et souvent les aliments mis en réserve venaient à manquer. Joseph Millett a écrit dans son journal : « L'un de mes enfants est rentré en disant que la famille de Newton Hall n'avait plus de pain et n'en aurait pas ce jour-là. « J'ai partagé la farine que nous avions et je l'ai mise dans un sac pour la faire porter à frère Hall. A ce moment-là, frère Hall est arrivé. « Je lui ai dit : Frère Hall, est-ce que vous n'avez plus de farine ? « Nous n'en avons plus frère Millett. « Eh bien, frère, en voici dans ce sac. Je l'ai partagée et j'allais vous la faire porter. Vos enfants ont dit aux miens que vous n'en aviez plus. « Frère Hall s'est mis à pleurer. Il a dit qu'il avait essayé de s'en procurer chez d'autres personnes, mais qu'il n'avait pas réussi. Il était allé sous les cèdres et avait prié le Seigneur qui lui avait dit d'aller trouver Joseph Millett. « Eh bien, frère Hall, vous n'avez pas à me la rendre. Si le Seigneur vous a envoyé la chercher, vous ne me devez rien. » Ce soir-là, Joseph Millett a écrit une phrase remarquable dans son journal : « Vous ne pouvez pas imaginer combien j'étais heureux d'apprendre que le Seigneur savait ce dont j'étais capable » (Journal de Joseph Millett, manuscrit, archives du département d'Histoire, Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers jours). C'est merveilleux de savoir que le Seigneur nous fait suffisamment confiance et nous aime pour faire appel à nous pour bénir les autres. Mes frères et soeurs, votre Père céleste veut faire appel à vous de la même manière. Je vous promets que si vous magnifiez vos appels et faites le bien, le Seigneur déversera sur votre tête des bénédictions sous forme de satisfaction et de joie si abondamment que vous n'aurez pas assez de place pour les recevoir. APPRÉCIEZ
VOTRE VOYAGE
Cinquièmement, appréciez votre voyage. Le peuple de Dieu est un peuple joyeux. Nous savons qu'il y a des moments pour la réflexion, le recueillement et la dévotion, mais nous savons aussi que nous possédons les principes joyeux de la vie éternelle. Nous avons tant de choses qui doivent nous faire sourire, nous rendre heureux et même nous faire rire. Il y a tant de gens parmi nous qui attendent toujours pour être heureux. « Si seulement je pouvais avoir mon diplôme, si seulement je pouvais m'acheter une voiture, si seulement je pouvais me marier... » Pour trop de gens, le bonheur est au-delà de l'horizon, toujours hors de portée. Chaque fois que nous gravissons une colline, le bonheur se trouve juste derrière la suivante. C'est affreux de toujours devoir attendre demain, de toujours dépendre des lendemains, de toujours trouver des excuses pour le présent en pensant que sûrement plus tard nous posséderons les choses qui nous rendrons heureux. N'attendez pas demain. N'attendez pas le bon emploi, la bonne maison, le bon salaire, la taille de robe idéale. Soyez heureux aujourd'hui. Soyez heureux maintenant. Abraham Lincoln a dit : « La plupart des gens ont le bonheur qu'ils décident d'avoir » (The Book of Positive Quotations, compilé par John Cook, 1997, p. 7). Décidez d'être heureux, même si vous n'avez pas d'argent, même si vous n'avez pas un teint parfait, même si vous ne remportez pas le prix Nobel. Certaines des personnes les plus heureuses que je connaisse ne possèdent aucune des choses considérées comme nécessaires dans le monde pour être satisfait et joyeux. Pourquoi sont-elles heureuses ? Je suppose que c'est parce qu'elles n'écoutent pas très bien le monde. Ou parce qu'elles écoutent très bien ce que leur dit leur coeur. Elles se réjouissent de la beauté de la terre. Elles se réjouissent des rivières, des montagnes et du chant des oiseaux. Elles se réjouissent de l'amour de leur famille, des pas hésitants d'un tout-petit, du sourire sage et tendre des personnes âgées. Elles se réjouissent du travail honnête. Elles se réjouissent des Écritures. Elles se réjouissent de la présence du Saint-Esprit. Il y a une chose dont je suis certain : le temps qui nous est donné ici s'écoule beaucoup trop rapidement. N'en gâchez plus en restant assis à regarder la vie passer. Je vais vous donner un autre conseil. Soyez prêts à rire de vous-mêmes. Quand Matthew Cowley (1897-1953) a été appelé au Collège des douze apôtres, J. Reuben Clark (1871-1961) l'a fait entrer dans son bureau pour lui donner des conseils pour son nouvel appel. Le président Clark a été l'un des grands dirigeants et penseurs de l'Église. Il a renoncé à un poste d'ambassadeur des États-Unis au Mexique pour accepter un appel dans la Première Présidence de l'Église. C'était un homme habitué depuis longtemps à porter de lourdes responsabilités. Vers la fin de
l'entretien entre frère Cowley et le président Clark, le président Clark a
dit : « Maintenant, mon garçon, fiston [le président Clark appelait tous
les membres du Collège des Douze 'fiston'], maintenant, fiston, n'oublies pas
la sixième règle. » Frère Cowley a demandé : « Qu'est-ce que la sixième règle
? » Le président Clark a répondu : « Ne pas se prendre trop au sérieux. »
Puis, frère Cowley a demandé : « Quelles sont les cinq autres ? » Et le président
lui a dit : « Il n'y en a pas ! » (Matthew
Cowley Speaks, 1954, pp. 132-133). Certaines personnes se prennent si au sérieux qu'elles ne peuvent pas avoir de sentiment de réussite tant qu'elles ne se sont pas trouvées elles-mêmes. Certaines abandonnent leur famille, leur métier et leurs études pour cette quête de leur véritable personnalité. George Bernard Shaw a dit : « La vie ne consiste pas à découvrir qui nous sommes, mais à créer notre personnalité. » Ne vous souciez pas de savoir qui vous êtes concentrez votre énergie à créer le genre de personne que vous voulez être ! Au cours de votre route non seulement vous découvrirez qui vous êtes, mais il est probable que vous serez agréablement surpris et fier de la personne que vous trouverez. Ne reportez rien d'une minute. Chaque instant est précieux. Décidez maintenant de faire de votre vie quelque chose de remarquable ! Il n'y a pas très longtemps, j'ai eu l'occasion de retourner, avec soeur Wirthlin, à l'endroit où j'avais commencé ma mission. J'avais la tâche d'organiser le pieu de Salzbourg, en Autriche. Dans un sens c'était comme si je rentrais chez moi. Je me suis souvenu des jours où j'avais parcouru ces rues pavées en me demandant s'il y aurait un jour assez de membres pour faire une petite paroisse. Et je m'y retrouvais, des années plus tard pour organiser un pieu. J'avais le coeur rempli de joie en regardant l'assemblée de membres fidèles et en me souvenant du temps que j'avais passé dans cette ville. En repensant maintenant à cette époque, je me demande si ces temps d'épreuve et de solitude n'avaient pas contribué à forger mon caractère et à renforcer mon désir de réussir. Cette période qui m'avait semblé être un échec a peut-être été la plus décisive de ma vie, parce qu'elle m'a préparé pour de grandes choses à venir. Tandis que j'étais en Autriche, je suis allé à Oberndorf avec ma femme. Nous avons suivi le même chemin que celui que j'avais parcouru avec mon compagnon tant d'années auparavant. Et là, devant les montagnes magnifiques et la beauté intacte de ce village bavarois, je lui ai raconté une fois de plus la nuit calme où j'avais décrit à mon compagnon la femme que j'épouserai. Les résolutions que j'ai prises en cette sainte nuit à Oberndorf, m'ont guidé tout au long de ma vie. Bien que j'aie encore beaucoup à apprendre et à accomplir, j'ai fait de mon mieux pour avoir foi en Dieu ; j'ai fait de mon mieux pour me concentrer sur les choses importantes de la vie ; j'ai fait de mon mieux pour travailler dur à des tâches justes ; j'ai fait de mon mieux pour magnifier les appels que j'ai reçus dans l'Église ; et j'ai fait de mon mieux pour profiter du voyage de la vie. Puissiez-vous faire de même en faisant de votre vie quelque chose de digne de votre héritage divin ! Je témoigne que le but de ma mission à cette époque en Europe est le même qu'aujourd'hui : témoigner que nous avons un Père céleste qui nous aime, et que son Fils bien-aimé, Jésus-Christ a réalisé pour nous la grande Expiation. Je témoigne que Joseph Smith était un prophète de Dieu qui a reçu la plénitude de l'Évangile éternel et qui a établi l'Église du Seigneur sur la terre en ces derniers jours. Je témoigne que Gordon B. Hinckley est notre prophète, notre voyant et notre révélateur aujourd'hui. Si vous avez des aspirations justes, le Seigneur sera avec vous et vous guidera. Il veut que vous soyez heureux et que vous réussissiez. Il veut que vous alliez à lui. Puissiez-vous trouver de la paix et de la joie dans le voyage de votre vie ! Article tiré
d'un discours donné lors d'une veillée du Département d'Éducation de l'Église,
le 7 novembre 1999, à l'université Brigham Young.
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