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UNE DISPOSITION A FAIRE CONTINUELLEMENT LE BIEN
Spencer J. Condie Des soixante-dix La meilleure preuve de la véritable conversion c'est peut-être que l'on n'a plus de disposition à faire le mal. Il y a plus de 2000 ans, une grande foule de saints s'est rassemblée autour du temple, au pays de Zarahemla, pour écouter l'un des plus grands sermons rapportés dans les saintes Écritures. Le roi Benjamin rappela à plusieurs reprises à son auditoire qu'il prononçait les paroles qui lui avaient été données par un ange de Dieu (voir Mosiah 3:2 ; 4:1 ; 4 :11 ; 5 :5) Après avoir écouté le discours poignant du roi Benjamin, la nombreuse assemblée s'écria à l'unisson : « Oh ! sois miséricordieux, et applique le sang expiatoire du Christ, afin que nous recevions le pardon de nos péchés. » En réponse à leurs supplications, « l'Esprit du Seigneur vint sur elle, et elle fut remplie de joie » (Mosiah 4:2-3). Cette joie est l'un des signes que l'on a obtenu le pardon de ses péchés, car, comme l'a déclaré Alma, « la méchanceté n'a jamais été le bonheur » (Alma 41:10). Quand ils prirent conscience de la bonté de Dieu, les habitants de Zarahemla eurent « la conscience en paix » et « furent remplis de l'amour de Dieu », deux indications supplémentaires qu'ils avaient reçu le pardon (voir Mosiah 4:3, 12). Ils apprirent qu'il y avait d'autres manifestations du pardon : ils ne seraient pas enclins à se nuire les uns aux autres (voir Mosiah 4:13) et ils ne souffriraient pas que leurs enfants transgressent les lois de Dieu et se battent et se querellent (voir Mosiah 4:14). Un autre signe de la rémission des péchés était leur inclination à aider les personnes dans le besoin et leur désir de s'accorder de leurs biens les uns aux autres (voir Mosiah 4:21). A la fin du discours inspiré du roi Benjamin, les gens crurent toutes ses paroles, et ils éprouvèrent un grand changement de cœur. Ils n'avaient « plus de disposition à faire le mal, mais à faire le bien continuellement » (Mosiah 5:2). La plus grande preuve de véritable conversion et de rémission du péché est peut-être le fait de ne plus avoir de disposition à faire le mal, mais à faire continuellement le bien. LA LOI DE MOÏSE ET LA LOI SUPÉRIEURELe point de vue des dispositions constitue une différence importante entre la loi de Moïse et la loi supérieure introduite par le Sauveur dans le sermon sur la montagne. Les dix commandements interdisent certains comportements comme le meurtre, l'adultère et les jurons, mais la loi supérieure, elle, interdit jusqu'aux dispositions qui entraînent ces mauvais comportements, à savoir, respectivement, la colère, la convoitise et toute forme de serment (voir Matthieu 5:21-37 ; 3 Néphi 12:21-37). Les Béatitudes incitent à l'acquisition de dispositions à la douceur, à la miséricorde, à la pureté de cœur et à beaucoup d'autres attributs divins (voir Matthieu 5:3-12 ; 3 Néphi 12:3-12). Quant à la disposition à faire continuellement le bien, tout naturellement on s'abstient de « toute espèce de mal » (1 Thessaloniciens 5:22) et l'on ne peut considérer le péché qu'avec aversion (voir Alma 13:12). Le roi Benjamin a adressé une mise en garde à son peuple : « Je ne peux pas vous dire toutes les choses par lesquelles vous pouvez commettre le péché... Mais il y a une chose que je peux vous dire, c'est que si vous ne veillez pas à vous-mêmes, et à vos pensées, et à vos paroles, et à vos actes, et n'observez pas les commandements de Dieu, et ne continuez pas dans la foi de ce que vous avez entendu concernant la venue de notre Seigneur jusqu'à la fin de votre vie, vous périrez. » Il exhorta alors avec amour les saints à se souvenir et à ne pas périr (Mosiah 4:29-30 ; italiques ajoutés ; voir Alma 12:14). COMMENT CULTIVER SES DISPOSITIONSBeaucoup des dispositions des gens reflètent les traditions culturelles qu'ils ont assimilées pendant leur enfance et leur adolescence. La consommation d'alcool, les tenues vestimentaires, les conduites impudiques et le concubinage largement répandus ne sont que quelques exemples de traditions culturelles non conformes à l'esprit de l'Évangile. C'est ainsi que « le Malin vient enlever aux enfants des hommes la lumière et la vérité par la désobéissance et à cause de la tradition de leurs pères » (D&A 93:39). Ces traditions semblent naturelles du fait que la plupart des gens de telle ou telle société ont ces comportements, mais les commandements de Dieu sont fondés sur la vérité révélée, non sur les préférences populaires. Ainsi le roi Benjamin a-t-il averti ses sujets que « l'homme naturel est ennemi de Dieu », et les a exhorté à rejeter les traditions impies et à subir un grand changement de leurs dispositions naturelles en se rendant « aux persuasions de l'Esprit Saint » (Mosiah 3:19). Il arrive que des membres s'attachent tant à certaines traditions de l'Église qu'un changement dans une règle ou une pratique met leur foi à l'épreuve. Ils croient à la révélation continue tant qu'elle n'implique pas de changement. Décrivant les saints de son époque, Joseph Smith, le prophète, s'est exclamé un jour : « Il y a un certain nombre d'années que j'essaie de préparer l'esprit des saints à recevoir les choses de Dieu ; mais nous en voyons certains qui... s'effritent comme du verre dès qu'arrive quoi que ce soit de contraire à leurs traditions » (Enseignements du prophète Joseph Smith, compilés par Joseph Fielding Smith, 1981, p. 268). LES DISPOSITIONS NAISSENT DES ASPIRATIONSNos dispositions au bien ou au mal sont pour une grande part le résultat de nos aspirations. En enseignant aux Zoramites comment ils pouvaient obtenir le témoignage de la vérité, Alma les exhorta à « faire preuve d'un tout petit peu de foi », et, même s'ils ne pouvaient faire plus que désirer croire, à laisser ce désir agir en eux (voir Alma 32:27). Ce qui n'est au début qu'un désir fugace, peut, si on le cultive et qu'on lui donne cours assez longtemps, devenir un mode habituel de pensée ou de comportement. Joseph Fielding Smith (1876-1972), a dit, lorsqu'il était membre du Collège des douze apôtres : « Il est aussi facile de prendre de bonnes habitudes que d'en prendre de mauvaises » (The Way to Perfection, 10e édition, 1953, p. 150). James E. Talmage (1862-1933), du Collège des douze apôtres, a enseigné : « Un homme absolument sincère ne peut pas mentir volontairement, néanmoins le fait qu'il est assuré contre la duplicité n'est pas le résultat d'une compulsion externe, mais d'une retenue intense due au fait qu'il a cultivé la compagnie de l'esprit de vérité (Jésus le Christ, 1991, p. 146). Les conséquences éternelles de nos aspirations et de nos dispositions ont été expliquées de manière poignante à Corianton par son Père, Alma, qui lui a expliqué : « Au dernier jour, il lui sera rendu selon ses actes. S'il a désiré faire le mal, et ne s'est pas repenti de son vivant, voici, le mal lui sera fait selon la restitution de Dieu » (Alma 42:27-28). La personne qui ne paie pas honnêtement la dîme peut acquérir une disposition semblable à celle de la personne qui dévalise une banque : les différences principales portent sur les victimes et les méthodes. Le Seigneur lui-même demande : « Un homme trompe-t-il Dieu ? Car vous me trompez. Et vous dites : En quoi t'avons-nous trompé ? Dans les dîmes et les offrandes » (Malachie 3:8). Les gens qui agissent sous le coup d'une colère injuste contre un voisin risquent d'acquérir les dispositions d'un dictateur enclin à traiter cruellement les autres. Les « accros » de l'Internet et de la télévision qui goûtent au buffet d'obscénité et de pornographie que leur offre Satan acquièrent les mêmes inclinations que la personne qui commet effectivement des actes immoraux ; leurs dispositions ne diffèrent que par leur degré. Jean a décrit les étapes de ce processus dans le détail : « Chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis la convoitise, lorsqu'elle a conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort » (Jean 1:14-15). Généralement, nos dispositions se manifestent par notre comportement ; c'est pourquoi Jean nous lance l'exhortation : « Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres » (Jean 2:18). IL FAUT DU TEMPS POUR ACQUÉRIR UNE DISPOSITIONIl arrive que des candidats à la mission ou des couples qui projettent d'être scellés dans le temple soient affolés à l'idée que, du fait de transgressions récentes, ils devront attendre un an ou plus avant de pouvoir recevoir les bénédictions de la mission ou du mariage au temple. Ils se demandent si leurs jeûnes, leurs larmes et leurs prières ne suffisent pas à démontrer qu'ils ont le cœur brisé et l'esprit contrit, et ils se demandent : « Pourquoi exiger que nous attendions si longtemps ? » Cette question paraît légitime, surtout à la lumière de l'affirmation du Seigneur: « C'est à ceci que vous saurez si un homme se repent de ses péchés ; voici, il les confessera et les délaissera » (D&A 58:43). La confession est une condition préalable essentielle du pardon, mais après la confession, on doit cultiver la disposition à ne plus faire le mal, qui se manifeste par l'abandon total du péché, et cela exige du temps. Utilisant une image forte, Pierre a comparé les gens qui se repentent brièvement mais ne surmontent pas leur disposition au mal au chien qui retourne à ce qu'il avait vomi, et à la truie lavée qui se vautre dans le bourbier (voir 2 Pierre 2:22). Dans une révélation moderne, le Sauveur a souligné combien il est important d'acquérir la disposition à faire continuellement le bien, quand il a déclaré : « Moi, le Seigneur, je ne vous imputerai aucun péché ; allez et ne péchez plus ; mais les péchés précédents retourneront à l'âme qui pèche, dit le Seigneur, votre Dieu » (D&A 82:7). Après avoir contemplé une lumière céleste aveuglante et entendu la voix de Jésus-Christ, Saul de Tarse changea sa vie de manière spectaculaire, et prit le nom de Paul. Après une période de cécité, la vue lui fut rendue par une bénédiction d'Ananias. L'auteur des Actes rapporte ensuite qu' « aussitôt il prêcha dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu » (Actes 9:20). Cependant, le récit qu'a fait Paul de sa conversion est plus détaillé que la version des Actes. Il écrivit aux Galates qu'après sa conversion il ne se joignit pas immédiatement aux autres apôtres à Jérusalem, mais partit pour l’Arabie puis revint à Damas. Il ajouta : « Trois ans plus tard, je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas, et je demeurai quinze jours chez lui » (Galates 1:17-18). Bien qu'il ait déjà prêché l'Évangile à Damas, quand il se joignit à ses frères à Jérusalem, ils le craignaient et ne croyaient pas qu'il était un disciple (voir Actes 9:26). Du fait que Paul était connu pour avoir cherché auparavant à détruire l'Église, il fallut du temps pour que les autres reconnaissent qu'il avait acquis à présent la disposition d'un disciple du Christ. COMMENT LES DISPOSITIONS SE MANIFESTENTLes dispositions au bien et au mal se manifestent de nombreuses manières. Par exemple nous pouvons penser que nous sommes bon et charitable, mais avoir une tendance de raconter des blagues racistes qui dément notre compassion. Nous pouvons penser que nous sommes patient et longanime, mais les autres peuvent observer chez nous des petits signes de colère au volant quand un conducteur nous coupe la route. Nous pouvons nous considérer comme compatissant et tolérant vis-à-vis de nos collègues et de nos voisins, tandis que les membres de notre famille proche peuvent nous trouver intolérant et dur. L'utilisation que nous faisons de notre temps, surtout de notre temps libre, révèle nos dispositions au bien ou au mal. Le Seigneur a déclaré : « Car celui qui est fidèle et sage dans le temps est considéré comme digne d'hériter les demeures préparées pour lui par mon Père » (D&A 72:4). Certains passent leurs week-ends et leurs soirées libres devant la télévision, tandis que d'autres se rendent au temple, étudient les Écritures et d'autres bons livres, apprennent à lire et à écrire à de jeunes enfants, rendent visite aux malades à l'hôpital, font connaître l'Évangile à leurs voisins, font leur généalogie, et participent à des activités pour améliorer leur localité et à d'innombrables autres activités utiles. Ils ont une disposition à faire continuellement le bien. Notre attitude reflète notre disposition au bien ou au mal. La critique chronique et le pessimisme persistant, ainsi que le sarcasme et le cynisme qui les accompagnent, traduisent souvent un manque de foi et de confiance dans le Seigneur et une impatience constante à voir le grand plan du bonheur s'exécuter dans notre vie. Néphi nous a exhortés vigoureusement à « marcher résolument, avec constance dans le Christ, ayant une espérance d'une pureté parfaite et l'amour de Dieu et de tous les hommes » (2 Néphi 31:20). Dans le dernier chapitre du Livre de Mormon, Moroni réitère : « Il faut qu'il y ait la foi ; et s'il faut qu'il y ait la foi, il faut aussi qu'il y ait l'espérance ; et s'il faut qu'il y ait l'espérance, il faut aussi qu'il y ait la charité » (Moroni 10:20). Il enseigne également que la charité, la foi et l'espérance sont essentiels pour être sauvé dans le royaume de Dieu (voir Moroni 10:21). Moroni fait ensuite une déclaration très importante, qui constitue un diagnostic: « Et si vous n'avez pas l'espérance, vous devez nécessairement être dans le désespoir ; et le désespoir vient de l'iniquité » (Moroni 10-22). Moroni ne dit pas que le désespoir naît de l'adversité. Il y a d'innombrables personnes dont l'âme marquée de cicatrices a été éprouvée jusqu'à la limite du supportable, mais qui restent fidèles et fermes. C'est l'iniquité qui engendre le désespoir, car elle prive du Consolateur, qui est une grande source de foi et d'espérance. Le désespoir se manifeste par un manque de foi, une absence d'espérance et un manque de charité à l'égard de ceux qui peuvent nous avoir offensés ou peuvent avoir essayé de détruire nos rêves. Sans l'intervention de la foi, de l'espérance et de la charité et sans la guérison qu'elles apportent, la déception ne tarde pas à faire place au chagrin puis au désespoir. Boyd K. Packer, aujourd'hui président suppléant du Collège des douze apôtres, nous réaffirme « Il était prévu que la vie serait une épreuve. Il est normal de connaître l'angoisse, la dépression, la déception et même l'échec. » Il ajoute : « Enseignez à nos membres à rester fermes et à faire face, s'ils ont de temps à autre une journée particulièrement difficile ou plusieurs de suite. Les choses s'arrangeront. Il y a un grand dessin à nos difficultés dans la vie » (« That All May Be Edified », 1982, p. 94) Tant que nous mènerons une vie juste et continuerons de nourrir notre témoignage et notre foi, de faire grandir notre confiance et notre espérance en notre Père céleste aimant, et de traiter les autres avec charité, l'amour pur du Christ, nos déceptions ne tourneront pas à l'angoisse ni au désespoir. DISPOSITIONS HUMAINES ET DIVINESIl est bon de comparer nos dispositions humaines à la disposition divine de Jésus-Christ. Pendant son ministère terrestre, le Sauveur a humblement admis : « Je ne fais rien de moi-même, mais ... selon ce que le Père m'a enseigné ... parce que je fais toujours ce qui lui est agréable » (Jean 8:28-29). Au jardin de Gethsémané, au plus profond de la souffrance, il a fait cette prière pleine de docilité : « Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne » (Luc 22:42), montrant par là que la volonté du Fils était « engloutie dans la volonté du Père » (Mosiah 15:7). Après avoir reçu le commandement de sacrifier son fils Isaac, Abraham a démontré au Seigneur et à sa postérité qu'il avait la disposition à faire continuellement le bien, quand « il se leva de bon matin » (Genèse 22:3, italiques ajoutés) pour faire les préparatifs, nécessaires sacrifice qu'on attendait de lui. Joseph, arrière-petit-fils d'Abraham, fut, lui aussi, un exemple impressionnant de disposition à fuir le mal et à faire continuellement le bien. Quand la femme de son maître chercha à le séduire, Joseph répondit avec indignation: « Comment ferais-je un aussi grand mal et pècherais-je contre Dieu ? » (Genèse 39:9). Puis il s'enfuit. Joseph avait pris la décision de ne jamais offenser Dieu, bien avant de rencontrer la femme de Potiphar. Après qu'on eut injurié Alma, qu'on eut craché sur lui et qu'on l'eut chassé d'Ammonihah, un ange lui apparut et lui commanda de retourner dans cette ville hostile où on l'avait rejeté. Son amour de Dieu, plus fort que sa crainte des hommes, et sa disposition à faire le bien se voient dans le fait qu'il « retourna rapidement au pays d'Ammonihah » (Alma 8:18, italiques ajoutés). Quand Joseph Smith, le prophète, rapporta les événements entourant la Première Vision et l'apparition ultérieure de l'ange Moroni, il reconnut que parfois il avait manifesté « les faiblesses de la jeunesse et les imperfections de la nature humaine ». Mais il se hâta d'ajouter: « Il ne faut pas penser que je me rendis coupable d'avoir péché gravement ou par méchanceté. Il n'a jamais été de ma nature d'être enclin à commettre de tels péchés » (Joseph Smith, Histoire 1:28). La disposition naturelle du prophète à faire le bien a été démontrée pendant le camp de Sion. En mai 1834, en Illinois, le prophète et ses frères montaient leurs tentes dans la prairie, quand des frères découvrirent trois serpents à sonnettes. Ils s'apprêtaient à les tuer, mais le prophète intervint aussitôt. Il leur dit : « Laissez-les. Ne leur faites pas de mal. Comment le serpent perdra-t-il son venin, si les serviteurs de Dieu ont la même disposition et continuent de lui faire la guerre ? Les hommes doivent devenir inoffensifs, avant les créatures brutales ; et une fois que les hommes auront perdu leurs dispositions malveillantes et auront cessé de détruire les animaux, le lion et l'agneau pourront demeurer ensemble, et le nourrisson pourra jouer avec le serpent sans avoir rien à craindre » (History of the Church, 2:71). Le prophète Joseph vécut conformément à ce qu'il prêchait. C'est là la disposition que fait naître cette exhortation du Sauveur: « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent... Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi » (Matthieu 5:44 ; 6:14). Les paroles de
Joseph Smith, le prophète, s'appliquent au président Hinckley : « L'homme
rempli de l'amour de Dieu ne se contente pas de faire du bien à sa famille
uniquement, mais il s'intéresse au monde entier et est désireux de faire du
bien à tout le genre humain » (Teachings, p. 174). Le calendrier chargé
des voyages du président Hinckley, épuisant pour ceux qui l'accompagnent,
montre sa disposition à faire continuellement le bien en renonçant au confort
de son foyer pour apporter des bénédictions aux saints du monde entier. LES « DISPOSITIONS DE PRESQUE TOUS LES HOMMES »Dans la révélation moderne, le Seigneur nous a fait cette mise en garde : « Il est de la nature et des dispositions de presque tous les hommes de commencer à exercer une domination injuste aussitôt qu'ils reçoivent un peu d'autorité ou qu'ils croient en avoir » (D&A 121:39). Il m'est plus facile de déceler la domination injuste chez les autres que chez moi. Je peux me considérer comme franc, déterminé et exigeant, alors que les autres peuvent me considérer comme méchant, intransigeant et déraisonnable. Deux des plus grandes protections contre la disposition à la domination injuste sont le principe de présidence et le système de conseil de l'Église. Généralement, quand les dirigeants demandent et écoutent humblement les conseils des autres et quand les membres de la famille tiennent conseil ensemble, ils peuvent prendre des décisions qui recevront l'approbation du Seigneur (voir D&A 107:26-31). Notre disposition à faire le bien ou le mal se manifeste souvent par nos interprétations des commandements et par nos réactions aux recommandations des Frères. Par exemple, certaines personnes cherchent à négocier une définition très étroite de la dîme mais en préfèrent une très large de la Parole de Sagesse. Marion G. Romney (18971988), a dit, quand il était au Collège des douze apôtres « Il y en a parmi nous qui essaient de servir le Seigneur sans offenser le diable » « The Price of Peace », Speeches of the Year, 1er mars 1955, p. 7). Mais il y a beaucoup d'autres saints des derniers jours fidèles dont la vie est le reflet de la disposition du Sauveur, qui se sont toujours efforcés de faire ce qui plaisait à leur Père (voir Jean 8:29). RESPECTUEUX DES ALLIANCESNous renforçons notre disposition à faire le bien chaque fois que nous contractons et que nous respectons des alliances. Chaque fois que nous participons à des ordonnances de la prêtrise, les pouvoirs d'en haut descendent sur nous et nous rapprochent des cieux. Les personnes qui prennent part à la Sainte-Cène et aux ordonnances du temple d'un cœur pur et qui respectent fidèlement leurs alliances n'ont pas besoin de longues instructions sur la pudeur dans la tenue vestimentaire, le paiement d'offrandes de jeûne et de dîme généreux, l'observance de la Parole de Sagesse ou la sanctification du jour du Sabbat. Ils n'ont pas besoin qu'on leur rappelle avec sévérité de proclamer l'Évangile, d'aller souvent au temple, de faire des recherches généalogiques ou de faire leur enseignement ou leur instruction au foyer. Ils n'ont pas besoin non plus qu'on les pousse rendre visite aux malades et à rendre service aux gens qui en ont besoin. Ce sont là les saints fidèles du Très-Haut, qui respectent les alliances sacrées qu'ils ont contractées dans la maison du Seigneur, qui sont « déterminés à le servir jusqu'à la fin, et montrent vraiment par leurs œuvres qu'ils ont reçu de l'Esprit du Christ pour la rémission de leurs péchés » (D&A 20:37). Les saints respectueux de leurs alliances sont disposés à porter les fardeaux les uns des autres, à pleurer avec ceux qui pleurent, à consoler ceux qui ont besoin de consolation et à être les témoins de Dieu en tout temps et en toutes choses (voir Mosiah 18:8-9). Ils vivent selon la loi de consécration. Leur temps, leurs talents et leurs moyens financiers appartiennent tous au Seigneur. Leur fidélité à leurs alliances leur a permis d'acquérir une disposition à faire continuellement le bien, et ils «veulent prendre sur eux le nom [du] Fils, se souvenir toujours de lui et garder les commandements qu'il leur a donnés» (D&A 20:77 ; italiques ajoutés). Le respect des alliances leur donne droit à la bénédiction promise dans la prière de Sainte-Cène qu'ils auraient son Esprit avec eux (voir D&A 20:77), et la compagnie constante du Saint-Esprit cultive la disposition à faire le bien. Je prie pour que « nous marchions résolument, avec constance dans le Christ, ayant une espérance d'une pureté parfaite et l'amour de Dieu et de tous les hommes » (2 Néphi 31:20). Ce faisant, nous pouvons devenir comme les sujets du roi Benjamin, et ne plus avoir « de disposition à faire le mal, mais à faire continuellement le bien » (Mosiah 5:2).
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