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COMMENT DEVENIR LES MEILLEURS INSTRUCTEURS DE NOS ENFANTSpar Ronald L. Knighton Directeur général du département des programmes Dans le rôle d'instructeurs de nos enfants que Dieu nous a donné, à nous, parents, nous avons beaucoup plus de soutien que nous le pensons, entre autre l'aide abondante de notre Père. La mission est claire : « S'il y a des parents qui ont des enfants en Sion, ou dans l'un de ses pieux organisés, qui ne leur enseignent pas à comprendre la doctrine du repentir, de la foi au Christ, le Fils du Dieu vivant, du baptême et du don du Saint-Esprit par l'imposition des mains, à l'âge de 8 ans, le péché sera sur la tête des parents. « Car ce sera là une loi pour ceux qui habitent en Sion, ou dans l'un de ses pieux organisés... « Et ils enseigneront aussi à leurs enfants à prier et à marcher en droiture devant le Seigneur » (D&A 68:25, 26, 28). Il ne fait pas de doute que c'est en premier lieu aux parents qu'il incombe d'enseigner l'Évangile aux enfants. Pour certains cette idée peut donner à réfléchir et même faire peur. Mais il est évident que nous voulons que nos enfants aiment l'Évangile et jouissent des bénédictions d'un témoignage. Nous lisons dans 3 Jean 1-4 «Je n'ai pas de plus grande joie que d'apprendre que mes enfants marchent dans la vérité.» L'apôtre écrivait ici tout particulièrement à un ami qu'il aimait, mais tous les parents justes espèrent et désirent à coup sûr que leurs enfants « marchent dans la vérité » et n'abandonnent pas les enseignements du foyer. Et cependant, pourraient demander les parents, comment pouvons-nous espérer enseigner l'Évangile aux enfants, alors que nous n'avons aucune formation d'enseignants ? Nos enfants ont d'excellents instructeurs de séminaire et d'auxiliaires. Comment pouvons nous espérer leur en offrir davantage en matière de connaissance de l'Évangile ? Le fait est que, aussi bons que soient les instructeurs de l'extérieur, tout ce qu'ils peuvent faire n'en est pas moins en complément de l'enseignement qui se fait au foyer. Nous commettons une erreur quand nous sous-estimons l'importance des exemples et des expériences de tous les jours fournis par la vie en famille. Nous risquons aussi de sous-estimer nos propres capacités d'enseigner les principes de l'Évangile, oubliant que cette capacité est accrue quand nous recherchons les directives du Saint-Esprit et que nous organisons nos efforts pour profiter de tous les moyens que notre Père céleste nous a donnés. LE FOYER : UN LIEU SACRÉLe foyer est l'école fondamentale de la vie et de l'Église. La sainteté du foyer est comparable à celle du temple. Ce qu'on enseigne au foyer constitue une contribution majeure à ce caractère sacré. Harold B. Lee (1899-1973) a dit que la plus grande œuvre que nous accomplirons jamais se fera au sein de notre foyer (voir Conférence Report, avril 1973, page 130). Je me souviens d'une expérience qui s'est produite alors que je n'avais que trois ans. Ma famille habitait dans une humble maison de deux pièces au toit de terre. Mon père était au lit, délirant sous l'effet de la scarlatine. Il y avait un violent orage à l'extérieur et ma mère, mon frère de quatre ans et moi, nous mettions des casseroles, des boites et des seaux pour recueillir l'eau qui gouttait à travers le toit. Ma petite sœur dormait sur un lit de camp près de mon père. Quand les casseroles, les boites et les seaux furent en place, maman nous appela, à ses côtés, mon frère et moi, et nous fit prier à genoux. Je suis sûr qu'elle m'avait déjà aidé à prier bien des fois, mais cette fois-ci c'était différent. Je me souviens qu'elle m'aida à dire les paroles de la prière. Elles disaient à peu près ceci : «Père céleste, nous avons vraiment besoin de ton aide. Nous avons besoin que notre papa aille mieux. Bénis-le pour qu'il guérisse. Nous avons besoin que notre toit cesse de couler, pour que papa ne soit pas mouillé, qu'il n'ait pas froid et ne tombe pas encore plus malade. Nous t'aimons, Père céleste, et nous voulons toujours te servir.» Nous avons certainement dit d'autres choses au cours de cette prière, mais ces paroles pleines de foi prononcées par ma chère mère pendant ma tendre enfance n'ont jamais quitté mon souvenir. J'ai appris le principe de la prière et sa valeur au foyer grâce à l'exemple et aux enseignements de parents fidèles et obéissants. Le prophète Néphi a expliqué la base et le but de l'enseignement parental : « Car nous travaillons diligemment... pour persuader nos enfants ... de croire au Christ et d'être réconciliés avec Dieu ... « Et nous parlons du Christ, nous nous réjouissons dans le Christ, nous prêchons le Christ... afin que nos enfants sachent vers quelle source ils peuvent se tourner pour obtenir la rémission de leurs péchés » (2 Néphi 25:23, 26). Les occasions d'enseigner le Christ et son Évangile à nos enfants semblent quasiment illimitées quand nous pensons en termes d'exemple et de précepte. LA PUISSANCE DE L’EXEMPLEOn dit que les trois plus grands maîtres sont l'exemple, l'exemple et l'exemple. La meilleure façon pour les parents d'enseigner les vérités de l'Évangile aux enfants, c'est d'être des exemples de vie chrétienne. Nos enfants en apprennent davantage en observant la manière dont nous vivons, notre façon d'agir et ce que nous faisons, que par n'importe quelle autre méthode que nous puissions utiliser pour les éduquer. Nous enseignons à nos enfants à bien servir leur prochain en le servant bien nous-mêmes. Nous leur apprenons à pardonner en pardonnant. Nous enseignons l'amour et la bonté en étant aimants et bons, la reconnaissance en étant reconnaissants. Quand nous contractons les alliances de l'Évangile et que nous les gardons, et que nous recevons les ordonnances du salut, nos enfants le voient et sont incités à rechercher les bénédictions de ce genre d'obéissance. Nous leur enseignons les principes de l'honnêteté et de l'intégrité en étant honnêtes, loyaux, et dignes de confiance. Nous leur enseignons le sens des responsabilités en étant des gens qui agissent, pas des gens qui doutent, en acceptant les occasions de participer et de travailler, en tenant parole. Quand nous donnons l'exemple de l'amour et de la bonté, que nous prenons courage et que nous passons notre temps à encourager les autres et à leur apporter de la joie, de la paix et du bonheur, nos enfants apprennent, par notre exemple et par notre conduite, à faire de même. Nous devons être ce que nous voulons qu'ils soient. Si nous voulons que leur visage soit empreint de l'image du Christ, nous devons veiller à ce que le nôtre le soit aussi. Ma grand-mère paternelle a été veuve à partir de l'âge de 64 ans jusqu'à son décès à 101 ans. Elle avait une petite maison simple contenant peu des biens de ce monde, et pourtant elle était un modèle de bonheur, de joie et de foi, et avait une attitude contagieuse d'amour, de gentillesse et d'espérance. Bien qu'ayant sa part de problèmes de santé et des autres difficultés de la vie, c'était une optimiste perpétuelle. Chaque fois qu'un de ses 10 enfants, 69 petits-enfants, 110 arrière-petits-enfants et 49 arrière-arrière-petits-enfants lui rendait visite pour lui apporter un peu d'amour et d'encouragement, il recevait toujours plus d'amour et d'encouragement qu'il n'en pouvait donner. Elle était abondamment bénie des choses qui sont vraiment importantes et c'était par son noble exemple qu'elle les communiquait le mieux. Son visage était véritablement empreint de l'image du Christ. Grand-mère n'avait été que huit ans à l'école et pourtant elle fut une enseignante profonde et influente. NOTRE MEILLEURE CONDUITELes parents qui ont de la sagesse prennent soin de ne pas donner l'exemple de traits de caractère ou de comportement négatifs. Nous devons nous rappeler que la haine détruit l'âme de celui qui la nourrit, que l'envie aigrit la personnalité de la personne qui est dominée par elle, que la critique et les jugements durs détruisent l'amitié et que la mesquinerie restreint les possibilités qui peuvent s'ouvrir à nous. Nous pouvons être des modèles de bonne conduite face à de telles tentations. Nous pouvons décider d'enseigner à nos enfants la meilleure façon d'agir en évitant d'entretenir des rancœurs, de critiquer, de harceler, d'être sarcastiques, de nous quereller, de murmurer, de nous moquer et de manifester de l'antagonisme. Quand nous pardonnons et que nous oublions, nous donnons à nos enfants l'occasion de savoir ce qu'est le miracle du pardon. À l'époque où j'étais détenteur de la Prêtrise d'Aaron, une personnalité importante du pieu fut déclarée coupable de pratiques commerciales illégales et envoyée en prison. Les membres du pieu firent beaucoup de commentaires critiques. Mon père, qui était un homme bon et enclin à pardonner, et qui faisait partie, à l'époque, du grand conseil du pieu, réunit la famille et nous enseigna que le Seigneur n'avait pas de personne parfaite à appeler, mais qu'il y avait beaucoup de personnes bonnes et merveilleuses qu'il appelait pour fortifier la vie des autres et aussi pour qu'elles soient elles-mêmes fortifiées par le service. Il dit que nous serions toujours bénis si nous soutenions ceux que le Seigneur avait appelés au ministère et que nous devions nous attacher à leurs points forts et non à leurs faiblesses. L'attitude miséricordieuse et aimante de mon père à l'égard de notre ancien dirigeant fut pour moi une grande leçon qui a été un guide dans ma vie. LE POUVOIR DE LA PAROLE ET DU PRÉCEPTEParlez avec gentillesse, dites ce qui édifie. « Une réponse douce calme la fureur, mais une parole dure excite la colère » (Proverbes 15:1). Lorsque nous, les parents, nous évitons les paroles qui humilient, démolissent, déçoivent ou découragent, nous enseignons à nos enfants à éviter les habitudes nocives. Quand nous choisissons et que nous utilisons des mots qui édifient, louent, félicitent, élèvent et encouragent, nos enfants sont poussés à faire de même. C'est ainsi qu'ils apprennent les traits de caractère chrétiens et cette conduite les aide à se sentir bien dans leur peau. Nous chantons: « A chacun sachons dire un mot gentil, chez nous, en tout temps, en tout lieu » (Cantiques, numéro 150). Les cantiques sont autant de sermons évangéliques et ils invitent le Saint-Esprit à témoigner des principes et des vérités enseignées et apportent aussi du réconfort et de l'encouragement. Nous pouvons les utiliser chez nous pour instruire nos enfants et pour appuyer les leçons données par d'autres moyens. La musique a une influence si puissante que les chants appris dans l'enfance restent toute la vie dans l'esprit et dans le cœur. Il vaut de temps en temps la peine qu'à titre personnel ou familial nous méditions les paroles de certains cantiques et chants de la Primaire. Quand l'occasion se présente, à nous, parents, d'avoir des entretiens avec nos enfants, la meilleure façon de les instruire est de les inviter à exprimer leur pensée et à être positifs. Pour créer une ambiance d'enseignement efficace, nous devons écouter leur point de vue, leurs préoccupations et leurs questions. Une bonne règle consiste à appliquer le principe : demandez au lieu de dire. Posez des questions qui commencent par : « Que penses-tu de ... ? » « Comment vois-tu . . . ? » « Pourquoi penses-tu ... ? » ou « Que veut dire, à ton avis... ? » Un de vos adolescents demandera peut-être d'aller avec des amis à un concert de hard-rock. Si vous dites «Je ne veux pas que tu y ailles parce que la musique et la conduite des gens ne sont pas en accord avec les principes de l'Évangile», cela risque de mettre vos enfants sur la défensive ou de leur donner le sentiment qu'on les humilie. Vous pourriez dire plutôt : « Je te remercie de me le demander, mais ça me met mal à l'aise de te voir aller là-bas. A ton avis, qu'est-ce qui me met mal à l'aise comme cela ? » Votre enfant a alors l'occasion de parler de principes et d'application de l'Évangile sans se sentir personnellement jugé. Dans mon rôle de père, j'ai appris que quand nous donnons des réponses et que nous faisons des déclarations de doctrine ou' de principe sans demander l'avis de nos enfants, nous leur ôtons l'occasion de découvrir par eux-mêmes les vérités de l'Évangile. Le mieux est de lancer nos enfants dans une conversation sur l'Évangile qui favorise l'apprentissage par un échange de sentiments et de points de vue. LES LEÇONS DE LA VIEBien souvent les moments les plus favorables à l'enseignement se situent dans des situations moins officielles telles que les discussions au moment des repas, les conversations pendant que l'on travaille ensemble ou pendant que l'on voyage. L'heure de la prière peut devenir un moment d'enseignement fructueux, puisque nous tenons conseil ensemble avec le Seigneur. Nous devons aussi enseigner par la parole et par le précepte dans un cadre plus officiel comme la soirée familiale, l'entretien en tête-à-tête entre père/mère et enfant, le conseil de famille et la lecture des Écritures en famille. Lorsque nous, les parents, nous nous efforçons de tout notre cœur d'enseigner à nos enfants les vérités divines de l'Évangile et que nous leur rendons témoignage de la bonté et de l'amour de Dieu et des bénédictions qu'il nous donne, le Saint-Esprit instille la conviction de ces principes dans leur cœur. Les occasions d'enseigner se présentent souvent à des moments tout à fait inattendus ou dans des circonstances exceptionnelles. Il y a quelques années, nous avons offert à nos deux fils des vélos pour Noël. Tout s'est bien passé jusqu'au moment où mon deuxième fils, 10 ans, a regardé les pignons en essayant de changer de vitesse. Il a foncé tout droit dans l'arrière d'une voiture en stationnement. Comme j'étais quelques mètres devant lui, j'ai simplement entendu le bruit du choc. Je suis immédiatement retourné pour lui venir en aide. Cela m'a fait mal coeur de le voir, la bouche en sang et une des dents de devant cassée ; il avait heurté le coffre de la voiture avec la tête. En outre, on a cru un instant qu'il s'était cassé la jambe, ce qui lui était déjà arrivé six ans plus tôt. Tandis que je le soulevais dans mes bras, il a levé les yeux vers moi et a dit « Pourquoi faut-il toujours que j'apprenne à la dure ? » L'occasion d'enseigner était là ! Nous devons instruire nos enfants d'après les expériences de la vie, les nôtres et les leurs. C'est comme cela que le Sauveur enseignait. Quand nous le rattachons à la vie de tous les jours, l'Évangile prend un sens réel pour nos enfants. Nous devons lire, étudier et apprendre continuellement. Alors le Saint-Esprit peut nous aider à enseigner ce que nous apprenons. Et nous ne devons jamais oublier que nous pouvons demander l'aide divine. Nos enfants sont également les enfants de Dieu. Par notre foi et nos prières, il peut leur donner des bénédictions et il leur en donnera quand nous ne pourrons pas être là et à des moments où nous ne saurons pas où ils sont ni comment ils vont, mais lui, oui. Tous les parents ont le droit de demander l'aide du Seigneur pour enseigner aux enfants les vérités de l'Évangile. Notre Père nous a confié ces enfants et il nous aidera. Il inspirera aussi d'autres personnes à apporter leur aide dans les salles de classe de l'Église, mais c'est au foyer que se font l'enseignement et l'apprentissage les plus importants. Nous pouvons tous être reconnaissants d'avoir de bons instructeurs pleins de sagesse qui ont instruit nos parents, reconnaissants pour ceux qui nous instruisent maintenant et ceux qui nous aident à instruire nos enfants. Cependant ils ne sont là que pour aider. C'est nous, les parents, qui devons assurer la responsabilité d'enseigner à nos enfants les vérités de l'Évangile par l'exemple et par le précepte. Ce faisant, nous pouvons puiser de l'assurance dans cette promesse : « Tous tes fils seront disciples de l'Éternel, et grande sera la prospérité de tes fils » (Esaïe 54:13).
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