« RAPPELLE-TOI QUI TU ES »

Anonyme

Vers le moment où j'ai atteint l'âge de quatorze ans, ma mère s'est mise à parler en code. Chaque fois que je me préparais à sortir en courant vers une nouvelle aventure avec mes amies, elle me criait : « Rappelle-toi qui tu es ! »

Je n'étais pas tout à fait sûre de ce qu'elle voulait dire par là, mais je faisais semblant de comprendre et je criais par-dessus mon épaule : « Oui, maman. Au revoir » Il m'arrivait parfois de réfléchir à son message codé. Qu'est-ce qu'elle essayait de me dire ? Je savais qui j'étais. Et après ?

Pendant mon adolescence, la vie avec ma famille n'était pas toujours agréable. Après une soirée particulièrement terrible, je me rappelle m'être regardée dans le miroir, reconnaissant à peine le visage qui s'y reflétait, parce que j'avais le visage tout rouge à cause des gifles répétées de mon père. Je me suis mise à pleurer, ne sachant pas ce que je devais faire ou penser. J'ai envisagé de faire une fugue. Pire encore, l'idée de mettre fin à ma vie malheureuse a pénétré mon esprit en détresse.

Jamais, avant ou depuis, je ne me suis sentie aussi seule. J'étais épuisée, presque prête à laisser les ténèbres environnantes me dominer. J'ai regardé une fois de plus dans le miroir. Je me suis écriée en moi-même : je ne me connais même pas moi-même. C'est alors que j'ai entendu se répéter clairement et distinctement dans mon esprit la formule de ma mère : rappelle-toi qui tu es ! Rappelle-toi qui tu es !

Pour la première fois, j'ai compris ce que ma mère voulait dire. Elle voulait que je me souvienne de mon héritage divin. Et une phrase d'un chant de la Primaire a fait écho dans mon esprit : «Je suis enfant de Dieu» (Cantiques, numéro 193). Ce rappel soudain m'a aidée à combattre la tentation de Satan de faire quelque chose d'insensé. Le fait de savoir que ma nature était divine allait m'aider à endurer; ma mère le comprenait bien et je sais qu'elle espérait que je le comprendrais aussi un jour.

Le Seigneur Jésus-Christ est l'exemple parfait de quelqu'un qui comprenait son héritage divin. Les Écritures nous disent que dans sa jeunesse il « croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes » (Luc 2:52). Plus sa compréhension grandissait, mieux il était préparé à remplir son rôle de Sauveur du monde.

Nous ne serons pas appelés à souffrir comme Jésus-Christ. Mais pour nous aider à surmonter nos épreuves, notre Père céleste nous a donné des outils qui peuvent augmenter notre compréhension de notre héritage divin. Les Écritures nous apprennent comment d'autres ont reconnu leur rôle de fils et de filles de Dieu et ont agi en conséquence. Les prophètes vivants nous informent sur notre nature et notre potentiel divins. Grâce à la prêtrise, nous pouvons recevoir des bénédictions inspirées qui nous rappellent notre relation avec notre Père céleste. Dans le temple, nous recevons des instructions quand nous participons aux ordonnances sacrées. Et par la prière, nous pouvons obtenir l'aide dont nous avons besoin quand nous oublions qui nous sommes.

Les années qui ont suivi le soir où j'ai déchiffré le code de ma mère ont été difficiles. Mais le fait d'être consciente de ma nature divine m'a aidée à voir mes difficultés dans une perspective éternelle. Cette connaissance m'a finalement amenée à me marier au temple et à travailler avec mon mari à élever des enfants fermement ancrés dans l'Évangile.

Je pense encore souvent aux paroles de ma mère. Il m'est arrivé de m'imaginer le moment final passé avec mon Père céleste avant de partir pour la terre. J'aime me l'imaginer me serrant dans ses bras et me laissant partir avec un dernier conseil : « rappelle-toi qui tu es ! »

 

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