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«
MARCHE HUMBLEMENT AVEC TON DIEU » Marlin
K. Jensen « La véritable
humilité nous conduira inévitablement à dire à Dieu : 'Que ta volonté soit
faite'. »
L'un des thèmes
inoubliables de la dernière conférence générale d'octobre était qu'en tant
que saints des derniers jours, nous devons non seulement nous soucier de ce que
nous faisons, mais aussi de ce que nous sommes et de ce que nous
nous efforçons de devenir[1].
Avec ce principe à l'esprit, j'ai écouté attentivement le discours que le président
Hinckley a adressé aux jeunes de l'Église en novembre dernier. J'ai été
touché par les six sages conseils inestimables qu'il a donnés aux jeunes
concernant ce qu'ils devaient être. L'un de ces conseils, « Soyez
humbles », m'a particulièrement intéressé. Il y a quelques
semaines, lorsque j'ai mentionné à ma femme que, suite au discours du président
Hinckley, je pensais peut-être prendre l'humilité comme thème de mon discours
d'aujourd'hui, elle a réfléchi, puis avec un pétillement malicieux dans le
regard, elle m'a répondu : « Cela ne te laisse que quelques jours pour en acquérir
! » Après avoir reçu cet encouragement, j'ai réfléchi à ce qu'impliquait
l'exhortation du président Hinckley : « Soyez humbles ». Pour commencer,
vous ne devriez pas être surpris d'apprendre que l'humilité ne fait pas partie
des traits de caractère que tout le monde souhaite obtenir. Ces dernières années,
des livres à succès ont été écrits sur l'intégrité, le bon sens, la
courtoisie et un tas d'autre vertus, mais apparemment, le thème de l'humilité
ne semble pas bien se vendre. Manifestement, en ces temps rudes où l'on apprend
l'art de la négociation par l'intimidation et où l'agressivité est
devenu un maître mot dans le monde du travail, ceux qui s'efforcent de devenir
humbles seront une petite minorité ignorée, mais extrêmement importante. Le fait de
s'efforcer consciemment d'acquérir l'humilité pose aussi un problème. Je me
souviens qu'un jour, l'un de mes frères des soixante-dix a dit concernant
l'humilité : « Si vous pensez être humble, vous ne l'êtes pas ». Il nous
avait conseillé de nous efforcer d'acquérir l'humilité et de veiller à ne
pas savoir quand nous l'obtenons ; c'est alors que nous l'aurions. Mais s'il
nous arrivait de penser l'avoir, alors nous ne l'aurions pas[2]. C'est l'une des
leçons que C. S. Lewis enseigne dans son célèbre Screwtape Letters.
Dans la 14e lettre, un homme bon qu'un diable et son apprenti veulent
employer à leur service commence à devenir humble et le diable déclare que «
c'est très mauvais ». Avec beaucoup de perspicacité, Lewis fait dire par le
diable à son complice : « Ton élève est devenu humble ; est-ce que tu le lui
as fait savoir[3] ? » Heureusement,
le Sauveur nous a donné un modèle pour cultiver l'humilité. Lorsque ses
disciples lui ont demandé : « Qui donc est le plus grand dans le royaume des
cieux ? ». Il a répondu en plaçant un petit enfant au milieu d'eux et en déclarant
: « Quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le
royaume des cieux[4]. » Dans ce
passage, le Sauveur nous enseigne que devenir humble, c'est devenir comme un
enfant. Comment devient-on comme un enfant et quelles sont les qualités de
l'enfant que nous devons acquérir ? Dans son profond sermon rapporté dans le
Livre de Mormon, le roi Benjamin nous a donné une explication : « Car l'homme
naturel est ennemi de Dieu, et l'est depuis la chute d'Adam, et le sera pour
toujours et à jamais, à moins qu'il ne se rende aux persuasions de l'Esprit-Saint,
et ne se dépouille de l'homme naturel, et ne devienne un saint par l'expiation
du Christ, le Seigneur, et ne devienne semblable à un enfant, soumis, doux,
humble, patient, plein d'amour, disposé à se soumettre à tout ce que le
Seigneur juge bon de lui infliger, tout comme un enfant se soumet à son père[5]. » Le roi Benjamin
semble enseigner que devenir comme un enfant est un processus graduel du développement
spirituel dans lequel nous recevons de l'aide par l'intermédiaire du
Saint-Esprit et de notre confiance en l'expiation du Christ. Grâce à ce
processus, nous finirons par acquérir les caractéristiques de l'enfant que
sont la douceur, l'humilité, la patience, l'amour et la soumission spirituelle.
La véritable humilité nous conduira inévitablement à dire à Dieu : « Que
ta volonté soit faite. » Et comme ce que nous sommes influence ce que
nous faisons, notre soumission se verra dans notre recueillement, notre
gratitude et notre désir d'accepter les appels, les conseils et les réprimandes.
Une histoire de
la tradition familiale des descendants de Brigham Young illustre la nature
soumise de l'humilité. Elle raconte que lors d'une réunion publique, le prophète
Joseph, peut-être comme mise à l'épreuve, réprimanda sévèrement Brigham
Young pour quelque chose qu'il avait fait ou pour quelque chose qu'il aurait dû
faire mais qu'il n'avait pas fait (on ne connaît pas les détails). Lorsque
Joseph eut fini de le réprimander, toutes les personnes présentes attendirent
la réponse de Brigham Young. Cet homme puissant, qu'on appela par la suite le
Lion du Seigneur, répondit simplement et humblement, d'une voix que tous
reconnurent comme sincère : « Joseph, que veux-tu que je fasse[6] ? » La puissance de
cette réponse apporte un sentiment d'humilité. Cela nous rappelle que le plus
grand acte de courage et d'amour de l'histoire de l'humanité, le sacrifice
expiatoire du Christ, a aussi été le plus grand acte d'humilité et de
soumission. Certains se demandent peut-être si ceux qui cherchent à devenir
humbles doivent toujours s'incliner devant la fermeté des opinions et positions
d'autrui. La vie du Sauveur prouve assurément que la véritable humilité n'est
pas l'asservissement, la faiblesse ou la servilité. On peut avoir
une autre perspective utile de l'humilité en examinant son contraire,
l'orgueil. Tout comme l'humilité mène vers d'autres vertus comme la modestie,
le fait d'accepter les conseils et d'être sans prétention, l'orgueil mène
vers de nombreux autres vices. D'après la théologie des saints des derniers
jours, c'est par orgueil que Satan est devenu l'adversaire de toute vérité.
C'est le développement de cette arrogance que les sages de la Grèce ancienne décrivaient
comme le chemin qui mène à la destruction. Il y a douze
ans, Ezra Taft Benson a fait un discours de conférence puissant dans lequel il
a déclaré que l'orgueil est « le péché universel, le plus grand des vices[7] ». Il a enseigné que
l'orgueil est essentiellement compétitif de nature et il a fait référence à
cette citation de C. S. Lewis: « L'orgueilleux, quand il a quelque chose, n'en
tire de plaisir que s'il en a plus que son prochain. Nous disons que les gens
s'enorgueillissent d'être riches, intelligents ou beaux, mais ce n'est pas le
cas. Ils s'enorgueillissent d'être plus riches, plus intelligents ou plus beaux
que les autres. Si tout le monde était de même richesse, de même intelligence
ou de même beauté, il n'y aurait pas de raison d'en tirer de la vanité. C'est
la comparaison, le plaisir d'être au-dessus des autres, qui font de nous des
orgueilleux. Faites disparaître la notion de compétition, et c'en est fini de
l'orgueil[8]. » Quel commentaire intéressant
sur le monde très compétitif et donc très orgueilleux d'aujourd'hui ! Et pour
ceux d'entre nous qui ont reçu la « plénitude de l'Évangile », c'est un
rappel important que nous devons éviter d'être ou de paraître arrogant ou
condescendant dans toutes nos relations avec autrui. Je pense
parfois à ce que serait la vie si nous étions tous plus humbles. Imaginez un
monde dans lequel nous deviendrait le pronom principal à la place de je.
Imaginez
l'impact sur la recherche de la connaissance si la norme était d'être instruit
sans être arrogant. Réfléchissez
à l'atmosphère qui régnerait au sein d'un ménage, d'une famille ou de toute
autre organisation, si humblement, chacun reconnaissait et pardonnait les
erreurs, si nous n'avions pas peur de féliciter les autres par crainte qu'ils
ne profitent de nous et si chacun était capable d'écouter aussi bien que
s'exprimer. Imaginez les
avantages qu'il y aurait à vivre dans une société dans laquelle les considérations
de situation n'ont pas d'importance, où les citoyens se soucient davantage de
leurs responsabilités que de leurs droits et où ceux qui détiennent le
pouvoir admettent de temps en temps humblement : « Je peux me tromper. » Notre
besoin d'avoir raison doit-il être si fort ? Cette intolérance vis-à-vis des
autres et de leur point de vue n'est assurément rien d'autre que l'orgueil que
les Grecs considéraient comme le péché suicidaire. On se demande en quoi les
événements historiques récents auraient été différents si les principaux
protagonistes avaient cédé aux doux appels de l'humilité. Plus important
encore, pensez au rôle de l'humilité dans le processus du repentir. N'est-ce
pas l'humilité, associée à une puissante foi au Christ, qui incite le
transgresseur à prier Dieu, à demander pardon à celui qu'il a offensé et,
lorsque c'est nécessaire, à confesser ses péchés à son dirigeant de la prêtrise?
Je suis
reconnaissant des exemples d'humilité que j'ai vus au cours de ma vie. Un jour, accablé
de chaleur et de frustration lors d'une moite journée de juillet, mon père
avait réagi de manière exagérée à mes erreurs de jeunesse et m'avait puni
de manière qui m'avait semblé excessive par rapport à mon délit. Par la
suite, il m'a présenté ses excuses et m'a assuré de sa confiance en mes
capacités, ce que j'ai beaucoup apprécié. Cette expression d'humilité est
restée gravée dans ma mémoire depuis plus de 40 ans. Ma merveilleuse
femme a toujours fait preuve d'humilité. Tout comme Néphi s'est adressé à Léhi
pour lui demander son avis après la défaillance passagère de ce dernier, elle
est à mes côtés depuis 34 ans et m'a constamment soutenu et aimé « malgré
ma faiblesse[9] ». Je suis souvent
profondément touché par les exemples d'humilité que l'on trouve dans les Écritures.
Pensez à Jean Baptiste qui a déclaré au sujet du Sauveur : « Il faut qu'il
croisse et que je diminue[10].»
Pensez à Moroni nous suppliant de ne pas le condamner à cause de ses
imperfections, mais de remercier Dieu qu'il nous ait manifesté ses
imperfections, pour que nous puissions apprendre à être plus sage que lui[11]. Nous ne devons pas
oublier l'exclamation de Moïse qui, après avoir connu la grandeur de Dieu et
de ses créations, a déclaré qu'à cause de cela, il savait que l'homme n'est
rien, ce qu'il n'avait jamais supposé[12]. Le fait que Moïse
reconnaisse que nous dépendons totalement de Dieu n'est-il pas le commencement
de la véritable humilité ? Je me fais l'écho
de la déclaration inoubliable de l'auteur anglais, John Ruskin, que « le
premier signe de la vraie grandeur d'un homme est son humilité ». Il a ajouté
: « Par humilité, je ne veux pas dire le fait de douter de son propre pouvoir. . .
Les hommes vraiment grands. . . ont le sentiment curieux que. . .
la grandeur n'est pas en eux, mais qu'ils en sont l'instrument. . .
Ils voient quelque chose de divin. . . en chaque homme. . .
et sont éternellement, follement et incroyablement miséricordieux[13]. » Comme le président
Hinckley, notre prophète actuel, Michée, prophète de l'Ancien Testament, se
souciait de veiller au développement de l'humilité. Il a déclaré à son
peuple : « On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; et ce que l'Éternel
demande de toi, c'est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde,
et que tu marches humblement avec ton Dieu[14]. » Que Dieu nous accorde à tous
de marcher humblement devant lui et devant tous les hommes. Je témoigne que
Gordon B. Hinckley est un vrai prophète et que son exhortation à être humble
vient de Dieu. Je témoigne que Jésus-Christ, le Fils doux et humble de Dieu
est l'humilité personnifiée. Je sais que ce sera avec humilité que nous nous
agenouillerons un jour aux pieds du Sauveur pour qu'il nous juge[15]. Puissions-nous vivre de
manière à nous préparer à cet instant d'humilité, c'est là ma prière, au
nom de Jésus-Christ. Amen. [1]
Voir « Les séductions et les tentations du monde », Neal A. Maxwell, Le
Liahona, janvier 2001, pp. 43-46 ; «Ce que nous devons devenir»,
Dallin H. Oaks, Le Liahona, janvier 2001, pp. 40-42. [2] Albert Choules fils, compte-rendu non
publié de la réunion du collège des soixante-dix du 15 avril 1993. [3] The Screwtape
Letters, 1982, pp. 62–63. [4] Matthieu 18:1,
4. [5] Mosiah 3:19. [6] Voir « Hugh B.
Brown, Youthful Veteran », Truman G. Madsen, New Era, avril 1976, p.
16. [7] « Prenez garde à l'orgueil », L'Etoile,
avril 1989, p. 5. [8] Mere Christianity, 1960, p. 95. [9] 2 Néphi 33:11. [10] Jean 3:30. [11] Voir Mormon 9:31. [12] Voir Moïse
1:10. [13] The Works of John
Ruskin, éd. E. T. Cook et Alexander Wedderburn, 39 vols., 1903–1912, 5:331. [14] Michée 6:8. [15] Voir Mosiah 27:31; D&A 88:104.
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