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«
LE TOUCHER DU MAÎTRE »
Boyd
K. Packer « Nous
commettons tous des fautes. . . Il est alors dans notre nature d'éprouver
un sentiment de culpabilité, d'humiliation et de souffrance que nous ne pouvons
pas guérir seuls. C'est alors que nous avons besoin du pouvoir guérisseur de
l'Expiation. »
Le soutien des
dirigeants est une grande protection pour l'Église. Le Seigneur a commandé :
« Il ne sera donné à aucun homme d'aller prêcher mon Évangile ou d'édifier
mon Église, s'il n'est ordonné par quelqu'un qui a l'autorité et dont l'Église
sait qu'il a l'autorité et qui a été dûment ordonné par les chefs de l'Église[1]. » Ainsi les membres de
l'Église de toutes les organisations du monde entier savent qui sont les véritables
messagers. Mon objectif
est de soulager la douleur de ceux qui souffrent du sentiment très déplaisant
qu'est la culpabilité. J'ai l'impression d'être le médecin qui commence son
traitement en disant : « Cela fera peut-être un peu mal, mais. . .
» Nous avons tous
goûté au moins à la douleur que provoque notre conscience lorsque nous avons
fait quelque chose de mal. Jean a dit que
« si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes,
et la vérité n'est point en nous[2]
». Puis il l'a dit avec plus de force : « Si nous disons que nous n'avons pas
péché, nous le faisons menteur, et sa parole n'est point en nous[3]. » Nous avons tous
parfois, et pour certains d'entre nous souvent, des remords de conscience pour
ce que nous avons fait de mal ou pour ce que nous n'avons pas fait. Ce sentiment
de culpabilité est, à l'esprit, ce que la douleur est au corps. Mais la
culpabilité peut être plus difficile à supporter que la douleur physique. La
douleur physique est le système d'alarme de la nature qui signale qu'il est nécessaire
de modifier, de nettoyer ou de traiter quelque chose, ou peut-être même de
l'enlever par une intervention chirurgicale. La culpabilité, la douleur de
notre conscience, ne peut pas être guérie de la même manière. Si vous êtes
accablés par des sentiments de culpabilité ou de déception, d'échec ou de
honte, il existe un remède. Mon intention n'est pas de blesser vos sentiments
tendres, mais de vous aider, vous et ceux que vous aimez. Les prophètes ont
expliqué à quel point la culpabilité peut être douloureuse. Je vais vous
lire ce qu'ils ont dit ; préparez-vous à entendre des mots très forts.
Pourtant, je ne vais pas lire ce qu'ils ont pu dire de plus dur. Le prophète
Alma, décrivant ses sentiments de culpabilité, a dit : « Mais j'était torturé
d'un tourment éternel, car mon âme était déchirée au plus
haut degré et torturée par tous mes péchés[4]. » Les prophètes
ont choisi des mots très évocateurs. Torturé[5] évoque le supplice. Dans les
temps anciens, on allongeait la victime sur un cadre, poignets et chevilles
attachés à une grosse vis que l'on pouvait tourner et cela provoquait une
douleur insoutenable. La déchirure
est une douleur physique des plus intenses. Les Écritures parlent souvent d'âmes
et d'esprits qui sont « déchirés » par la culpabilité[6]. Tourment vient du latin «
tormentum » qui était un instrument de torture si douloureux que même les
innocents avouaient[7]. Les prophètes
parlent du « fiel de l'amertume[8]
» et comparent souvent la douleur engendrée par la culpabilité à un étang
de feu et de souffre. Le roi Benjamin
a dit que ceux qui sont mauvais seront « condamnés à la vision affreuse de
leur culpabilité et de leurs abominations personnelles, ce qui les [fera]
reculer hors de la présence du Seigneur, vers un état de misère et de
tourment sans fin[9] ». Joseph Smith,
le prophète, a dit : « L'homme sera son propre bourreau et son propre
accusateur. . . Le tourment de la déception dans l'esprit de l'homme
[ou de la femme] est aussi atroce qu'un étang ardent de feu et de souffre[10]. » Ce lac de feu
et de souffre, qui brûle toujours sans jamais se consumer, est la description
que les Écritures donnent de l'enfer[11]. Supposez qu'il
n'y ait pas de remède, aucun moyen de soulager la douleur spirituelle ou
d'effacer l'agonie de la culpabilité. Supposez que chaque erreur et chaque péché
soient ajoutés aux autres, provoquant une torture, un déchirement, un tourment
durant éternellement. Trop d'entre nous portent inutilement le poids de la
culpabilité et de la honte. Les Écritures
enseignent qu'il doit y avoir « une opposition en toutes choses » et que, «
s'il n'en était pas ainsi. . . la justice ne pourrait pas s'accomplir[12] », pas plus que le
bonheur, la joie ou la Rédemption. Le troisième
article de foi enseigne : « Nous croyons que, grâce au sacrifice expiatoire du
Christ, tout le genre humain peut être sauvé en obéissant aux lois et aux
ordonnances de l'Évangile. » L'Expiation rachète de la mort spirituelle et de
la souffrance causée par le péché. Nous pensons
souvent que l'expiation du Christ ne s'applique qu'à la fin de la
vie dans la condition mortelle pour racheter de la Chute ou mort spirituelle.
C'est beaucoup plus que cela. C'est un pouvoir présent à chaque instant auquel
nous pouvons faire appel dans la vie quotidienne. Lorsque nous sommes torturés,
déchirés ou tourmentés par la culpabilité, ou écrasés par le chagrin, le
Sauveur peut nous guérir. Bien que nous ne comprenions pas pleinement comment
l'expiation du Christ s'est réalisée, nous pouvons ressentir « la paix de
Dieu, qui surpasse toute intelligence[13] ». Le plan de l'Évangile
est « le grand plan du bonheur[14]
». Il est contraire à la nature de Dieu et contraire à la nature même de
l'homme de trouver du bonheur dans le péché. «La méchanceté n'a jamais été
le bonheur[15].» Nous savons que
certaines angoisses et dépressions sont provoquées par des problèmes
physiques, mais que beaucoup (peut-être la plupart) ne sont pas d'origine
physique mais spirituelle. La douleur spirituelle provoquée par la culpabilité
peut être remplacée par la paix de l'esprit. Contrastant
avec les paroles dures qui condamnent le péché, écoutez les paroles
apaisantes et consolatrices de miséricorde qui contrebalancent les
paroles dures de la justice. Alma a dit : «
Mon âme a été rachetée du fiel de l'amertume et des liens de l'iniquité. J'étais
dans l'abîme le plus sombre ; mais maintenant je vois la lumière merveilleuse
de Dieu. Mon âme était torturée d'un tourment éternel ; mais. . .
mon âme n'est plus dans la souffrance[16]. » « Oui, je me
souvenais de tous mes péchés et de toutes mes iniquités, et à cause de cela,
j'étais tourmenté par les souffrances de l'enfer. . . « Et. . .
comme j'étais ainsi torturé par le tourment, tandis que j'étais déchiré par
le souvenir de mes nombreux péchés, voici, je me souvins aussi d'avoir entendu
mon père prophétiser au peuple concernant la venue d'un certain Jésus-Christ,
un Fils de Dieu, pour expier les péchés du monde. « Alors, quand
mon esprit s'empara de cette pensée, je m'écriai au-dedans de mon cœur : Ô Jésus,
Fils de Dieu, sois miséricordieux envers moi qui suis dans le fiel de
l'amertume et suis enserré par les chaînes éternelles de la mort. « Et alors,
voici, lorsque je pensai cela, je ne pus plus me souvenir de mes souffrances ;
oui, je n'étais plus déchiré par le souvenir de mes péchés. « Et oh quelle
joie, et quelle lumière merveilleuse je vis ! Oui, mon âme était remplie
d'une joie aussi extrême que l'avait été ma souffrance[17]. » Nous commettons
tous des fautes. Il arrive que nous fassions du mal ou que nous blessions
gravement les autres d'une manière que nous ne pouvons pas réparer seuls. Nous
endommageons des choses que nous ne pouvons pas réparer seuls. Il est alors
dans notre nature d'avoir un sentiment de culpabilité, d'humiliation et de
souffrance que nous ne pouvons pas guérir seuls. C'est alors que nous avons
besoin du pouvoir guérisseur de l'Expiation. Le Seigneur a
dit : « Car voici, moi, Dieu, j'ai souffert ces choses pour tous afin qu'ils ne
souffrent pas s'ils se repentent[18].
» Si le Christ
n'avait pas accompli son expiation, les châtiments résultant des erreurs
s'ajouteraient les unes aux autres. La vie serait sans espoir. Mais il s'est
volontairement sacrifié afin que chacun de nous puisse être racheté. Et il a
dit : « Voici, celui qui s'est repenti de ses péchés est pardonné, et moi,
le Seigneur, je ne m'en souviens plus[19]. » Ézéchiel a
dit : « Si [le méchant] rend le gage, s'il restitue ce qu'il a ravi, s'il suit
les préceptes qui donnent la vie, sans commettre l'iniquité, il vivra, il ne
mourra pas. « Tous les péchés
qu'il a commis seront oubliés[20].
» Réfléchissez
à cela : seront oubliés ! Nous pouvons même
conserver le pardon de nos péchés[21]. Le baptême par
immersion est pour la rémission de nos péchés. Nous pouvons renouveler cette
alliance en prenant la Sainte-Cène chaque semaine[22]. L'Expiation a
une valeur pratique, personnelle et quotidienne ; appliquez-la à votre vie. On
peut en bénéficier en commençant par quelque chose d'aussi simple qu'une prière.
Cela ne vous libérera pas des difficultés et des erreurs, mais cela peut
effacer la culpabilité par le repentir, et vous apporter la paix. J'ai cité le
troisième article de foi. Il comprend deux parties : « Nous croyons que, grâce
au sacrifice expiatoire du Christ, tout le genre humain peut être sauvé [puis
les conditions] en obéissant aux lois et aux ordonnances de l'Évangile. » La justice réclame
un châtiment[23]. La culpabilité n'est
pas effacée sans douleur. Il y a des lois auxquelles il faut obéir, des
ordonnances qu'il faut recevoir et des châtiments dont il faut s'acquitter. La douleur
physique requiert des soins médicaux et un changement de mode de vie. Il en est de même
pour la douleur spirituelle. Il faut qu'il y ait repentir et discipline
personnelle, et surtout discipline personnelle. Mais pour rétablir notre
innocence, après des transgressions graves, il doit y avoir confession à l'évêque,
qui est le juge désigné. Le Seigneur a
fait la promesse suivante : « Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai
en vous un esprit nouveau[24].
» Cette chirurgie cardiaque spirituelle, comme celle du corps, peut provoquer
de la douleur et requérir un changement d'habitudes et de conduite. Mais dans
les deux cas, la guérison apporte une nouvelle vie et la paix de l'esprit. Lorsque les
cieux étaient ouverts et que le Père et le Fils se tenaient devant Joseph
Smith, le Père a prononcé neuf mots : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoute-le[25] ! » Puis les
révélations se sont succédées et l'Église de Jésus-Christ des Saints des
Derniers Jours[26] a été
organisée. Le Seigneur a lui-même déclaré que c'était « la seule Église
vraie et vivante sur toute la surface de la terre[27] ». Pierre, Jacques
et Jean ont rétabli la prêtrise supérieure, et Jean-Baptiste la Prêtrise
d'Aaron. La plénitude de l'Évangile a été révélée. Après les révélations,
qui ont été reçues et qui sont encore reçues par l'Église du Christ, tout
ce qui a été imprimé, prêché, chanté, construit, enseigné ou diffusé l'a
été afin que les hommes, les femmes et les enfants puissent connaître
l'influence rédemptrice de l'expiation du Christ dans leur vie quotidienne, et
être en paix. Il a dit : «
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix[28]. » Moi qui suis
l'un de ses apôtres, je témoigne de lui et du pouvoir toujours présent de son
expiation. Après ces
paroles de justice et de miséricorde, d'avertissement et
d'espérance tirées des Écritures, voici le même message exprimé par
un simple poème : Il était abîmé et rafistolé, et le
commissaire-priseur le toucher du Maître[29]. Au nom de Jésus-Christ. Amen. [1]
Doctrine et Alliances 42:11. [2] 1 Jean 1:8. [3] 1 Jean 1:10. [4]
Alma 36:12 ; italiques ajoutés. [5]
Voir Mosiah 27:29 ; Alma 36:12, 16, 17 ; Mormon 9:3. [6]
Voir 2 Néphi 9:47 ; Alma 14:6 ; 15:3 ; 36:12, 17, 19 ; 39:7. [7]
Voir Mosiah 2:39 ; 3:25 ; 5:5 ; Moroni 8:21. [8]
Alma 41:11 ; voir aussi Actes 8:23 ; Mosiah 27:29 ; Alma 36:18 ; Mormon 8:31
; Moroni 8:14. [9] Mosiah 3:25. [10]
Deseret News, 8 juillet 1857,
p. 138. [11]
Voir Apocalypse 20:10 ; 21:8 ; 2 Néphi 9:16, 19, 26 ; 28:23 ; Jacob 3:11 ;
6:10 ; Mosiah 3:27 ; Alma 12:17 ; 14:14 ; Doctrine et Alliances 63:17 ;
76:36. [12]
2 Néphi 2:11. [13]
Philippiens 4:7. [14]
Alma 42:8. [15]
Alma 41:10 ; voir aussi verset 11. [16]
Mosiah 27:29. [17]
Alma 36:12-13, 17-20. [18]
Doctrine et Alliances 19:16. [19]
Doctrine et Alliances 58:42 ; voir aussi Hébreux 8:12 ; 10:17. [20] Ézéchiel 33:15-16. [21]
Voir Mosiah 4:12 ; voir aussi 2 Néphi 25:26 ; 31:17 ; Mosiah 3:13 ; 4:11 ;
15:11 ; Alma 4:14 ; 7:6 ; 12:34 ; 13:16 ; Hélaman 14:13 ; 3 Néphi 12:2 ;
30:2 ; Moroni 8:25 ; 10:33. [22]
Voir Doctrine et Alliances 27:2. [23]
Voir Alma 42:16-22. [24]
Ézéchiel 26:36. [25] Joseph Smith,
Histoire verset 17. [26]
Voir Doctrine et Alliances 115:4. [27] Doctrine et Alliances 1:30. [28] Jean 14:27. [29] Myra Brooks
Welch, « The Touch of the Master's Hand », dans Best-Loved Poems of the
LDS People, éd. Jack M. Lyon et al., 1996, pp. 182-183.
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