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LA LOI DU JEÛNE
Joseph
B. Wirthlin « Associé à
la prière fervente, le jeûne est puissant. Il peut nous fortifier pour les périodes
de tentations. »
Mes chers frères
et soeurs, j'ai le sentiment, tout comme vous, que les paroles de David B.
Haight sont inspirantes pour l'Église toute entière, ainsi que les paroles de
tant d'autres personnes. Il y a deux
mille ans, un homme parcourait les chemins rocailleux et poussiéreux de Galilée
mais peu de gens l'ont reconnu pour ce qu'il était réellement : le Créateur
de mondes, le Rédempteur, le Fils de Dieu. Un docteur de
la loi est venu lui demander : « Quel est le plus grand commandement ? » Jésus a répondu
: « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et
de toute ta pensée. « C'est le
premier et le plus grand commandement. « Et voici le
second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. « De ces deux
commandements dépendent toute la loi et les prophètes[1]. » Par l'intermédiaire
de Joseph Smith, le prophète, le Seigneur a établi son Église à nouveau
parmi les hommes. L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, rétablie
sur la terre en ces derniers jours, est centrée sur ces commandements que le
Sauveur a proclamé être les plus grands : aimer notre Père céleste et aimer
notre prochain. Notre Sauveur a dit : « Si tu m'aimes, tu me serviras et
garderas tous mes commandements[2].
» Une manière de montrer notre amour est d'observer la loi du jeûne. Cette loi est
basée sur un principe simple, mais pourtant profond, une pratique simple, qui
est que, si nous observons ce principe dans l'esprit qui convient, nous nous
rapprochons de notre Père céleste et nous fortifions notre foi tout en
soulageant le fardeau d'autres personnes. Dans l'Église
de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, il est demandé aux membres de
jeûner chaque fois qu'ils ont particulièrement besoin de fortifier leur foi,
et de jeûner une fois par mois le jour de jeûne. Ce jour-là, nous nous
abstenons de deux repas consécutifs, nourriture et boisson, nous prions notre Père
céleste et nous faisons une offrande de jeûne pour aider les pauvres.
L'offrande doit être au moins égale à la valeur des aliments que nous aurions
mangés. Généralement, le dimanche de jeûne est le premier dimanche du mois.
Ce jour-là, il est demandé aux membres qui en sont physiquement capables de jeûner,
de prier, de rendre témoignage de la véracité de l'Évangile et de faire une
offrande de jeûne généreuse. Milton R.
Hunter a dit : « La loi du jeûne est probablement aussi vieille que la famille
humaine. . . Dans les temps anciens, les prophètes dirigeants ont
donné à nombreuses reprises aux membres de l'Église le commandement
d'observer la loi du jeûne et de la prière[3].
» Nous remarquons
que dans les Écritures, le jeûne est presque toujours associé à la prière.
Sans la prière, le jeûne n'est pas complet, c'est simplement avoir faim. Si
nous voulons que notre jeûne soit plus que simplement avoir faim, nous devons
élever notre coeur, notre esprit et notre voix en communion avec notre Père céleste.
Associé à la prière fervente, le jeûne, est puissant. Il peut nous remplir
l'esprit des révélations de l'Esprit. Il peut nous fortifier pour les périodes
de tentations. Le jeûne et la
prière peuvent nous aider à acquérir plus de courage et de confiance. Ils
peuvent affermir notre personnalité et édifier la maîtrise de soi et la
discipline personnelle. Souvent, lorsque nous jeûnons, nos prières et nos
supplications justes ont plus de force. Notre témoignage grandit. Nous mûrissons
spirituellement et émotionnellement, et nous sanctifions notre âme. Chaque
fois que nous jeûnons, nous maîtrisons un peu plus nos appétits et nos
passions pour les choses du monde. Le jeûne et la
prière peuvent nous aider dans notre famille et dans notre travail quotidien.
Ils peuvent nous aider à magnifier nos appels dans l'Église. Ezra Taft Benson,
ancien président de l'Église, a dit : « Si vous voulez obtenir l'esprit de
votre office et de votre appel comme nouveau président d'un collège, nouveau
[membre] d'un grand conseil, nouvel évêque [je pourrais dire aussi nouvelle présidente
de la Société de Secours], essayez de jeûner pendant un temps. Je ne veux pas
dire simplement sauter un repas puis manger deux fois plus au repas suivant. Je
veux dire jeûner réellement, et prier durant cette période. Cela fera plus
que quoi que ce soit d'autre que je connaisse pour vous donner la vision réelle
de votre office et de votre appel et permettre à l'Esprit d'agir par votre
intermédiaire[4]. » Joseph Smith,
le prophète, a enseigné : « Qu'il y ait une règle pour tous les saints, et
il n'y aura jamais de pénurie de nourriture : Lorsque les pauvres ont faim, que
les nantis jeûnent un jour et donnent ce qu'ils auraient mangé aux évêques
pour les pauvres, et tout le monde sera dans l'abondance pendant longtemps. . .
Et aussi longtemps que les saints appliqueront tous ce principe le coeur heureux
et le visage réjoui, ils seront dans l'abondance[5].
» Les prophètes
du Livre de Mormon ont enseigné la loi du jeûne. « Voici, il arriva que le
peuple de Néphi se réjouit extrêmement, parce que le Seigneur l'avait de
nouveau délivré des mains de ses ennemis ; c'est pourquoi, ils rendirent grâces
au Seigneur, leur Dieu ; oui, et ils jeûnèrent beaucoup et prièrent beaucoup,
et ils adorèrent Dieu avec une joie extrêmement grande[6]. » Les quatre fils
de Mosiah ont montré la puissance de l'association du jeûne et de la prière.
Ils ont rencontré des difficultés énormes, mais ils ont pourtant accompli des
miracles en amenant des milliers de Lamanites à connaître la vérité. Ils ont
donné le secret de leur réussite. Ils ont sondé les Écritures et ils se sont
« beaucoup livrés à la prière et au jeûne ». Quel en a été le résultat
? « Ils avaient l'esprit de prophétie, et l'esprit de révélation, et
lorsqu'ils enseignaient, ils enseignaient avec une puissance et une autorité
venant de Dieu[7]. » Lorsque nous jeûnons,
mes frères et soeurs, nous ressentons la faim, et, pour une courte période,
nous nous mettons littéralement dans la position des personnes qui ont faim et
qui sont dans le besoin. Ce faisant, nous comprenons mieux les privations qu'ils
subissent. Lorsque nous faisons à l'évêque une offrande pour soulager la
souffrance d'autrui, nous faisons non seulement quelque chose de sublime pour
les autres, mais faisons aussi quelque chose de merveilleux pour nous-mêmes. Le
roi Benjamin a enseigné que lorsque nous donnons de nos biens aux pauvres, nous
conservons « de jour en jour le pardon de [nos] péchés[8] ». Un autre prophète
du Livre de Mormon, Amulek, a expliqué que souvent nos prières sont vaines
parce que nous renvoyons les nécessiteux[9]. Si vous avez le
sentiment que notre Père céleste n'écoute pas vos supplications,
demandez-vous si vous écoutez les cris des pauvres, des malades, des affamés
et des affligés qui vous entourent. Certaines
personnes, voyant les besoins énormes qu'il y a dans le monde, se disent : Que
pourrais-je bien faire pour changer cela ? Je vais vous
dire simplement une chose que vous pouvez faire. Vous pouvez vivre la loi du jeûne
et faire une offrande de jeûne généreuse. Les offrandes
de jeûne sont utilisées dans un seul but : aider les nécessiteux. Tout
l'argent remis à l'évêque sous forme d'offrande de jeûne sert à aider les
pauvres. Lorsque les dons sont plus importants que les besoins locaux, ils sont
transmis pour servir à répondre à des besoins ailleurs. En tant qu'apôtre
du Seigneur Jésus-Christ, je parcours le monde pour témoigner de lui. Je viens
devant vous aujourd'hui pour rendre un autre témoignage, le témoignage de la
souffrance et des besoins de millions d'enfants de notre Père céleste. Beaucoup trop
de gens dans le monde aujourd'hui, des centaines de milliers de familles, sont
dans le besoin chaque jour. Ils ont faim. Ils souffrent du froid. Ils souffrent
de maladies. Ils ont de la peine pour leurs enfants. Ils se lamentent pour la sécurité
de leur famille. Ces gens ne sont pas des étrangers ni des gens du dehors, ce
sont des enfants de notre Père céleste. Ils sont nos frères et nos soeurs.
Ils sont « concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu[10] ». Leurs prières
ferventes montent aux cieux, suppliant d'avoir du répit, le soulagement de
leurs souffrances. Aujourd'hui même, à cette heure, même des membres de notre
Église prient pour le miracle qui leur permettrait de surmonter les souffrances
qui les entourent. Si, alors que
nous avons les moyens de le faire, nous n'avons pas de compassion pour eux et
nous ne nous précipitons pas à leur aide, nous risquons fort de faire partie
des gens dont parlait le prophète Moroni lorsqu'il a dit : « Car voici, vous
aimez l'argent, et vos biens, et vos beaux habits. . . plus que vous
n'aimez les pauvres et les nécessiteux, les malades et les affligés[11]. » Je me souviens
très bien que mon père, l'évêque de notre paroisse, remplissait mon petit
chariot rouge de nourriture et de vêtements, et m'envoyait, en tant que diacre
de l'Eglise, rendre visite aux familles nécessiteuses de notre paroisse, tirant
mon chariot derrière moi. Souvent,
lorsque les offrandes de jeûne étaient épuisées, mon père prenait de
l'argent de sa poche pour fournir à ses ouailles nécessiteuses la nourriture
qui leur éviterait d'avoir faim. C'était l'époque de la Grande Dépression et
beaucoup de familles souffraient. Je me souviens
avoir rendu visite à une famille en particulier : une mère malade, un père au
chômage et découragé, et cinq enfants au visage creux, tous désespérés et
affamés. Je me souviens de la gratitude qui rayonnait sur leur visage lorsque
je suis arrivé à leur porte avec mon petit chariot débordant presque de ce
dont ils avaient besoin. Je me souviens du large sourire des enfants. Je me
souviens des larmes de la mère. Et je me souviens du père, debout, la tête
inclinée, incapable de parler. Ces impressions
et beaucoup d'autres ont forgé en moi l'amour des pauvres, l'amour de mon père
qui servait comme berger de son troupeau, et l'amour des membres de l'Église
fidèles et généreux qui faisaient tant de sacrifices pour soulager les
souffrances des autres. Mes frères et
soeurs, dans un certain sens, vous aussi vous pouvez apporter un chariot débordant
d'espoir à une famille nécessiteuse. Comment ? En faisant une offrande de jeûne
généreuse. Parents,
enseignez à vos enfants les joies d'un jeûne convenable. Et comment peut-on le
faire ? Comme pour tout autre principe de l'Évangile, montrez-leur que vous le
faites par votre exemple. Puis aidez-les à vivre eux-mêmes la loi du jeûne,
peu à peu. Ils peuvent jeûner et ils peuvent aussi faire une offrande de jeûne,
s'ils choisissent de le faire. Si nous enseignons à jeûner à nos enfants,
cela peut leur donner le pouvoir de résister aux tentations tout au long du
voyage de la vie. Quel doit être
le montant de nos offrandes de jeûne ? Mes frères et soeurs, la mesure de
notre offrande pour bénir les pauvres est la mesure de notre gratitude envers
notre Père céleste. Nous qui avons été bénis si abondamment, allons-nous
tourner le dos aux gens qui ont besoin de notre aide ? Le don d'une offrande de
jeûne généreuse est l'indication de notre volonté de nous consacrer au
soulagement de la souffrance des autres. Marion G.
Romney, qui était évêque de notre paroisse lorsque j'ai été appelé en
mission et qui est devenu plus tard membre de la Première Présidence de l'Église,
a lancé l'exhortation suivante : « Donnez généreusement pour que vous-mêmes,
vous puissiez progresser. Ne donnez pas seulement pour en faire bénéficier les
pauvres, mais donnez aussi pour votre bien-être personnel. Donnez assez pour
faire don de vous-même au royaume de Dieu par la consécration de vos moyens et
de votre temps[12]. » Les diacres de
l'Église ont l'obligation sacrée d'aller rendre visite à chaque foyer de
membres pour collecter les offrandes de jeûne pour les pauvres. Thomas S.
Monson m'a raconté un jour que lorsqu'il était jeune évêque, il avait
commencé à sentir que les jeunes diacres de sa paroisse se plaignaient d'avoir
à se lever si tôt pour collecter les offrandes de jeûne. Au lieu d'appeler
les jeunes gens à la tâche, l'évêque plein de sagesse les avait emmenés au
centre d'entraide de Salt Lake City. Là, les garçons
ont rencontré une femme handicapée qui tenait le standard téléphonique. Ils
ont vu un aveugle qui mettait des étiquettes sur des boîtes de conserve, et un
frère âgé qui remplissait des étagères. Le président
Monson a dit : « Un profond silence est tombé sur les garçons tandis qu'ils
voyaient le résultat de leurs efforts de chaque mois pour collecter les fonds
sacrés des offrandes de jeûne qui aidaient les nécessiteux et fournissaient
un emploi à ces personnes qui, sans cela, n'auraient rien eu à faire[13]. » En tant que
membres de l'Église, nous avons la responsabilité sacrée d'aider les
personnes qui sont dans le besoin et d'alléger leurs lourds fardeaux. L'observance de
la loi du jeûne peut aider tous les gens de tous les pays. Le président
Hinckley a demandé : « Qu'arriverait-il si les principes du jour de jeûne et
des offrandes de jeûne étaient respectés dans le monde entier ? Les affamés
seraient nourris, les nus seraient vêtus et les sans-abri auraient un toit. . .
La sollicitude et la générosité se développeraient dans le coeur des gens de
partout[14]. » En jeûnant
dans un bon esprit et à la manière du Seigneur nous recevrons de l'énergie
spirituelle, nous deviendrons davantage maîtres de nous-mêmes, nous remplirons
notre foyer de paix, notre coeur se gonflera de joie, nous serons fortifiés
contre la tentation, nous serons préparés pour les temps d'adversité et nous
ouvrirons les écluses des cieux. Écoutez
quelles sont les bénédictions abondantes qui sont prophétisées pour les gens
qui vivent la loi du jeûne : « Alors tu appelleras, et l'Éternel répondra ;
tu crieras, et il dira : Me voici !. . . L'Éternel sera toujours ton
guide, il rassasiera ton âme dans les lieux arides. . . tu seras
comme un jardin arrosé, comme une source dont les eaux ne tarissent pas[15]. » En vivant la
loi du jeûne, non seulement nous nous approchons de Dieu par la prière, mais
nous nourrissons les affamés et nous prenons soin des pauvres. Chaque fois que
nous le faisons, nous accomplissons les deux grands commandements dont « dépendent
toute la loi et les prophètes[16]
». Je sais que Jésus-Christ
est vivant. Je sais que Gordon B. Hinckley est notre prophète, voyant et révélateur.
Je témoigne solennellement de cette réalité. Je rends aussi témoignage que
celui qui a eu compassion « de ces plus petits[17] », veille avec amour et
compassion sur les personnes qui aujourd'hui vont au secours des faibles,
fortifient les mains languissantes et affermissent les genoux qui chancellent[18]. J'élève ma voix pour témoigner et promettre, comme l'ont fait les grands apôtres qui nous ont précédés, qu'il est certain que les personnes qui vivent la loi du jeûne découvriront les grandes bénédictions liées à ce saint principe. J'en rends solennellement témoignage au nom de Jésus-Christ. Amen. [1]
Matthieu 22:37-40. [2]
Doctrine et Alliances 42:29. [3]
Will a Man Rob God ?, 1952, pp. 207-208. [4]
The Teachings of Ezra Taft Benson, 1988, pp. 331-332. [5]
History of the Church, 7:413. [6]
Alma 45:1. [7]
Voir Alma 17:2-3. [8]
Mosiah 4:26. [9]
Voir Alma 34:28. [10]
Éphésiens 2:19. [11] Mormon 8:37. [12] « The Blessings of the Fast », Ensign, juillet
1982, p. 4. [13] « The Way of the Lord », Ensign, novembre
1977, p. 8. [14] « The State of the Church », Ensign, mai
1991, pp. 52-53. [15] Esaïe 58:9, 11. [16] Matthieu 22:40. [17] Matthieu 25:40. [18] Voir Doctrine et Alliances 81:5.
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