ANA LUCRECIA MORALES : LE DON DE LA POÉSIE

par Don L. Searle

C'est une fille comme toutes les autres. Elle aime faire ses devoirs sur la balançoire du jardin et acheter des vêtements. Mais elle aime aussi écouter de la poésie, et elle a écrit que Dieu a fait aux poètes un don :

« Celui de ressentir l'essence même de la vie, et des choses : l'eau, la terre, la lune et le matin. »

A première vue, Ana Lucrecia Morales ressemble aux jeunes Guatémaltèques de 16 ans. Pourtant, ses camarades savent qu'elle est différente, d'une manière qu'ils ne comprennent pas toujours, mais qu'ils respectent.

Par exemple : bien qu'elle ait beaucoup de devoirs pour l'école, elle attend avec impatience d'aller tous les soirs à un autre cours. Elle appelle cela le séminaire. Pour la plupart de ses camarades, le séminaire est un endroit où les prêtres ou les ministres du culte étudient, pas un endroit pour une adolescente. « Est-ce que ce n'est pas difficile ? Cela doit être ennuyeux », demandent-ils.

Mais pas pour Analù, comme l'appellent ses camarades. Sa mère vient la chercher à l'école, ainsi que sa soeur et son frère plus jeunes, et les emmène directement à leur cours de séminaire de 18 heures. Analù dit à ses camarades qu'elle aime le séminaire parce qu'elle y étudie la vie de Jésus-Christ. Elle aime aussi étudier les Ecritures ; elle a eu la deuxième place dans sa classe de séminaire pour la maîtrise d'Ecritures.

Sa classe d'environ quinze élèves se réunit dans le bâtiment de la paroisse - la paroisse de San Pedrito, du pieu de Palmita, à Guatemala City - et pendant au moins cette heure chaque jour Analù est parmi des amis qui aiment aussi étudier les Ecritures.

Dans la journée, Analù va au Colegio Vienna, école secondaire privée dirigée par des enseignants autrichiens. « J'aime cette école », dit Analù. « L'enseignement y est bon, et j'y ai beaucoup d'amis. » Il n'y en a toutefois que trois ou quatre qui sont membres de l'Eglise, et il n'y a pas de membre dans sa classe.

Ce n'est pas seulement le vif intérêt d'Analù pour le séminaire qui frappe ses camarades qui ne sont pas membres de l'Eglise.

Elle refuse toujours le café. Dans un pays où la production de café fournit de nombreux emplois, certains de ses camarades ont du mal à comprendre. « Pourquoi est-ce un péché de boire du café ? » demandent-ils.

« Je leur réponds que ce n'est pas bon pour notre corps. » La question lui permet d'expliquer la Parole de Sagesse.

En général, ses camarades respectent ses croyances, mais la plupart d'entre eux ne sont pas d'accord avec elle en ce qui concerne la Parole de Sagesse et aussi d'autres choses. Ce n'est pas facile quand ses camarades lui demandent de faire des choses qu'on lui a enseigné de ne pas faire, et elle prie souvent pour avoir la force de défendre ses croyances.

Mais dans de tels cas, elle est aidée. « Le séminaire m'aide de nombreuses manières », explique-t-elle. «Lorsque j'ai un problème, le séminaire m'aide toujours à choisir le bien, et c'est aussi très intéressant d'apprendre la vie des prophètes et la manière dont le Seigneur s'est manifesté à eux.»

La manière dont Analù réagit aux paroles du Seigneur et de ses prophètes a peut-être un rapport avec ce qu'elle a écrit au début de son poème:

« Dieu a donné aux poètes un sixième sens, pour percevoir l'essence des sentiments... »

Bien sûr, Analù passe du temps à faire ce que font toutes les autres filles. Elle aime retrouver des camarades pour écouter de la musique. Son groupe préféré chante des ballades et des chansons populaires. Elle a aussi un ami qui est pianiste de talent, et elle aime l'écouter jouer de la musique classique.

Elle aime aller au cinéma avec des amis. Elle admire un acteur en particulier, mais pas parce qu'elle le trouve beau. Qu'est-ce qu'elle lui trouve ? Il incarne toujours des personnages amusants, mais qui sont très plausibles et qui se soucient réellement des autres.

Ces caractéristiques sont révélatrices des idées d’Analù et du genre de famille qu'elle veut fonder un jour. «Je voudrais que mes enfants, quand j'en aurai, aient tout ce que j'ai reçu grâce à la bonté de Dieu, dit-elle. Je fais de mon mieux pour bien agir parce que je veux être un bon exemple pour eux.»

Analù a appris très jeune à quel point notre Père céleste peut être bon avec ses enfants. Quand elle était petite, son père était très malade. Après plusieurs interventions chirurgicales, les médecins avaient fait tout ce qu'ils pouvaient et avaient peu d'espoir qu'il survive. Mais la mère d’Analù a uni la famille en prière et a demandé à chacun de prier aussi individuellement. Son père s'est rétabli, au grand étonnement de ses médecins qui ont dit que c'était un miracle. Analù a su que c'était une réponse à leurs prières, et elle a appris que notre Père céleste répondrait aux siennes.

Ces expériences et les enseignements qu'elle a reçus sont gravés dans son coeur et font partie de son être.

C'est peut-être comme pour les choses dont elle parle dans un autre poème. Elle a écrit en espagnol, sa langue maternelle, que les vers et les mots sont :

« l'expression de ce qui coule dans nos veines et nous donne une force surprenante et inconnue, un sentiment indéfinissable exprimé en vers. »

« TOUT BON DON »

Quand il faisait partie des soixante-dix, Robert D. Hales a expliqué : « Dans Doctrine et Alliances 52:14-19, nous avons un guide que nous devons suivre pour utiliser nos dons de création à des fins justes. On nous dit que le don ou mode de discernement repose sur la prière, la contrition, l'obéissance aux ordonnances et aux commandements, l'emploi d'un langage humble et édifiant, le refus des querelles, l'acceptation humble du pouvoir du Seigneur et Ia production de louanges et de sagesse.

« Le verset 10 de la section 46 parle aussi de notre esprit, c'est-à-dire de notre capacité d'étudier, d'apprendre et de développer notre intelligence, nos dons et nos talents. Nous avons la responsabilité de nous améliorer.

« On a demandé un jour à l'un de mes amis : « Jouez-vous du piano ? » Il a répondu : « Je ne sais pas, je n'ai pas encore essayé. » Quelle belle leçon ! Combien avons-nous de talents cachés qui attendent, pour se révéler, uniquement que nous fassions l'essai !

« N’oubliez pas pourtant qu'il n'est pas facile de développer nos talents créateurs. Je me surprends parfois à justifier mon manque de talents en me disant : « Tous ne reçoivent pas tous les dons » (D&A 46:11 ). Par exemple, lorsque nous travaillons de près avec des traducteurs et des interprètes, il nous est facile de leur dire : « Comme vous avez de la chance de posséder le don des langues. » Un jour il m'a été répondu sans détours : « J'ai reçu le don des langues après des milliers d'heures d'étude et après avoir surmonté de nombreux échecs et de nombreux moments de découragement » (« Every Good Gift », New Era, août 1983, pp. 6-7).

 

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