LES SAINTS DES DERNIERS JOURS NOUS PARLENT

LE PRIX A PAYER POUR ETRE DISCIPLE

Le président Hinckley fait remarquer que « le prix à payer pour être disciple est le courage personnel » (voir ce numéro, page 2). Ce courage dont il parle est le courage moral nécessaire pour défendre nos croyances, pour suivre les recommandations de Dieu et pour garder ses commandements, même si notre entourage agit autrement. Les disciples du Christ doivent également faire preuve de courage dans d'autres situations. Il faut du courage pour présenter l'autre joue quand quelqu'un déverse sa colère sur nous. Il faut souvent faire preuve de courage pour suivre les murmures de l’Esprit. Et quand nous affrontons des épreuves, nous devons souvent nous armer de courage pour persévérer dans la poursuite de nos objectifs justes. Les expériences décrites ici montrent le courage qui caractérise les disciples du Christ. Ils ont appris, comme l'a dit le président Hinckley, à se réjouir « de savoir que bien que nous devions faire preuve de courage tout au long de la condition mortelle et face à nos épreuves, Dieu ne nous abandonnera pas mais nous guidera et nous soutiendra (voir ce numéro, page 6).

J'AVAIS BESOIN D’UNE BENEDICTION

par Brandon J. Miller

C’était la saison des pluies aux Philippines et il avait plu toute la journée. La pluie amenait souvent des bêtes indésirables dans notre maison, en général des araignées, des rats, etc.

En rentrant chez nous après une journée de prosélytisme, mon collègue et moi avons remarqué de la lumière chez nos voisins et nous avons eu l'idée de leur rendre visite. Nous avons décidé de passer chez nous prendre des photos de nos familles pour les leur montrer.

Nous rangions les photos entre nos lits, sur l'étagère du bas. En voulant prendre les miennes, j'ai senti tout à coup une douleur à la main droite. Baissant les yeux, j'ai vu qu'un serpent venait de me mordre.

J'ai appelé mon compagnon, frère Regis, et il est arrivé en courant pour voir ce qui se passait. Je lui ai montré le sang sur ma main et je lui ai dit que j'avais été mordu par un serpent. Un voisin, entendant notre agitation, est arrivé en courant et nous a aidés à chercher le serpent. Nous l'avons trouvé lorsqu'il a surgi de dessous le lit pour attaquer la planche que tenait frère Regis. Le voisin s'est exclamé :

« C'est un cobra des Philippines ! »

Frère Regis a tué le serpent. Je me suis rendu compte que j'étais pris de vertiges, alors nous nous sommes précipités chez l'évêque, frère Rotor, car il savait soigner les morsures de serpent. Il s'est vite mis à s'occuper de moi.

Je commençais à sentir un poids dans ma poitrine et je respirais difficilement. Des ténèbres semblaient envahir mes pensées et je commençais à perdre connaissance. A ce moment, j'ai entendu une voix qui disait: « Si tu veux terminer ta mission ici-bas, il te faut une bénédiction. »

Je suis resté conscient le temps de dire : « Pouvez-vous me donner une bénédiction ? »

L'évêque m'a répondu : « Oui, laissez-moi juste le temps de terminer. » Il m'était difficile de ne pas m'évanouir, mais j'ai entendu la voix qui persistait: « Il te faut la bénédiction maintenant. Tu ne peux pas attendre. » Cette fois-ci, j'ai ordonné « Donnez-moi une bénédiction ! »

Je ne me souviens pas des paroles de la bénédiction que mon compagnon et l'évêque m'ont donnée. Mais je faisais entièrement confiance au Seigneur et à sa Prêtrise. Pendant la prière j'ai commencé à reprendre connaissance, et j'ai vomi plusieurs fois. Aux dernières paroles de la bénédiction, les vomissements ont cessé. J'étais conscient de ce qui m'entourait et je sentais une agréable sensation de bien-être et d'amour envahir mon corps. Je savais que mon Père Céleste m'aimait et que tout irait bien.

Mon dirigeant de zone, frère Howarth, a amené chez l'évêque un médecin qui s'intéressait à l'Eglise. Environ deux heures s'étaient écoulées lorsqu'ils sont arrivés. Nous sommes partis pour l'hôpital qui se trouvait à environ une heure de route de l'endroit où je servais.

En chemin, le médecin m'a demandé de lui raconter ce qui s'était passé. Frère Howarth a dit : « Docteur, nous devrions accélérer ! » Le médecin a répondu: « Pourquoi ? Il devrait déjà être mort. Il a de la chance. » Le cobra des Philippines est le serpent le plus dangereux du pays.

Ceux qui disent que Dieu n'est plus un Dieu de miracles, ne comprennent pas l'Evangile ni son amour pour nous, ses enfants. Je sais que ma vie a été épargnée et je n'ai pas subi de séquelles durables grâce à la puissance de la parole de Dieu : « Et par le pouvoir de sa parole, ils faisaient s'écrouler les prisons. Oui, même la fournaise ardente ne pouvait leur faire de mal, ni les bêtes sauvages, ni les serpents venimeux, à cause du pouvoir de sa parole », écrivit Moroni (Mormon 8:24 ).

Brandon J. Miller est membre de la deuxième paroisse de Iona, pieu de Iona (Idaho, Etats-Unis).

UNE ECLAIRCIE

par Ana Lima Braxton

Il faisait une chaleur étouffante et les oiseaux remplissaient le ciel bleu du Portugal. Près de moi, mes neveux s'amusaient dans la rivière et plongeaient pour échapper à la chaleur.

Si seulement j'avais pu échapper à mes problèmes aussi facilement ! J'avais décidé peu de temps auparavant de redevenir pratiquante dans l'Eglise. Par l'intermédiaire du Saint-Esprit, le Seigneur avait confirmé ma décision, mais ma famille et mes amis ne la comprenaient pas. Ils m'avaient critiquée et abandonnée et je me sentais terriblement seule. Quand ma soeur m'a demandé de surveiller ses enfants qui se baignaient, j'ai pu avoir quelques rares instants de paix au milieu de ce qui me semblait n'être qu'une bataille incessante contre des forces qui cherchaient à m'éloigner de la vérité.

J'avais apporté mon livre de Mormon avec moi et pendant que mes neveux barbotaient dans la rivière, je me suis assise pour lire sous un arbre. Mes larmes se sont mises à couler quand j'ai pensé aux êtres chers qui me disaient que je me trompais. J'étais absolument sûre de faire la volonté du Père.

Soudain, je me suis rendu compte que je n'entendais plus mes neveux. J'ai regardé la rivière, mais ils n'y étaient pas. J'ai senti une inquiétude proche de la panique m'envahir.

Et c'est alors que j'ai entendu une voix d'enfant qui m'appelait. Je me suis retournée et j'ai vu mes neveux derrière moi, souriants, les joues radieuses comme la lumière du soleil. Le plus jeune, âgé d'environ cinq ans, cachait quelque chose derrière son dos... Un bouquet de fleurs de toutes les couleurs qu'il avait cueillies pour moi avec ses frères dans le champ voisin. Il me les a offertes, et sa voix résonnait comme de la musique à mes oreilles.

J'ai eu de nouveau les larmes aux yeux. Mais cette fois-ci, c'étaient des larmes de joie. En embrassant mes neveux, j'ai levé les yeux vers le ciel et j'ai vu des rayons de soleil briller à travers une éclaircie dans les nuages. Une grande paix a envahi mon coeur. A cause de ce petit geste simple, un geste d'amour, je savais que je n'étais pas seule. Même s'ils ne comprenaient pas ma décision, mes neveux et toute ma famille m'aimaient toujours. Mais ce qui est plus important, notre Père céleste connaissait mes épreuves, et était là pour me soutenir par son amour infini.

Ana Lima Braxton est membre de la branche de Signal Mountain, pieu de Chattanooga (Tennessee, Etats-Unis).

DE NOUVEAUX REVES AU LIEU DES ANCIENS

par Maria Patricia Rojas V.

Après avoir fini mes études de gestion, j'ai travaillé avec un jeune cadre qui est plus tard devenu mon mari. Quelle époque merveilleuse ! Mais un mois après notre mariage, quand mon mari et moi étions en route de Bogota, en Colombie, où nous habitions, pour aller rendre visite à mes parents à Duitama, nous avons eu un accident de voiture. Mon mari est mort dans l'accident et j'ai été frappée d'amnésie. Je n'avais aucun souvenir des six années précédentes, je ne pouvais ni marcher ni bouger mon bras gauche.

Après des mois de rééducation, j'ai enfin pu marcher de nouveau et j'ai pu bouger un peu mon bras. Petit à petit, ma mémoire revenait et six ans après l'accident, je me souvenais de tous les événements de ma vie, sauf ceux de deux années : celle qui précédait l'accident et celle qui le suivait. Mais mes capacités restaient très diminuées. J'avais des difficultés à exprimer mes pensées, et j'avais de la peine à répéter quelque chose après l'avoir entendu. Comme j'oubliais facilement les détails, certaines personnes profitaient de mes trous de mémoire.

Finalement, les médecins m'ont dit qu'ils avaient fait tout ce qu'ils pouvaient. J'essayais de paraître heureuse et enthousiaste, mais souvent j'étais frustrée et en colère. Qu'est-ce que j'allais faire de ma vie ?

Alors que j'étais au plus profond de mon désespoir, j'ai lu dans les Ecritures la promesse du Seigneur que nous ne serons pas tentés au-delà de ce que nous sommes capables de supporter (voir 1 Corinthiens 10.13 ; D&A 64:20). J'ai prié pour obtenir le témoignage de cette promesse.

Je suis finalement retournée à la société où j'avais travaillé avant mon accident. Puisque je n'étais pas capable d'exercer mon ancien métier, j'exécutais des travaux moins exigeants, mais même ces tâches étaient difficiles. Cependant, je n'abandonnais pas. Je me suis battue pour terminer mon contrat de 6 mois. Pendant ce temps, un espoir merveilleux a éclairé mon esprit et m'a aidée à faire de mon mieux pour améliorer mes capacités.

En restant proche du Seigneur, je reprenais confiance en moi, et je ressentais l'influence du Saint-Esprit dans ma vie. Bientôt cette influence m'a amenée à envisager de partir en mission. Je savais que certains considéraient cela comme un désir insensé, mais quand j'en ai discuté avec le président de branche, il m'a donné le courage nécessaire. Pour me préparer, j'ai décidé de lire le Livre de Mormon en entier, ce que je n'avais pas encore fait depuis douze ans que j'étais membre.

Cependant, ma mauvaise mémoire représentait un véritable défi. Après avoir commencé par 1 Néphi au moins dix fois sans être capable de me souvenir du moindre détail de ce que j'avais lu, j'ai compris qu'il fallait changer de stratégie. J'ai prié pour trouver une solution et bientôt une méthode m'est venue à l'esprit: écrire un résumé de chaque chapitre au fur et à mesure.

J'ai acheté un cahier et j'ai lu le premier chapitre de 1 Néphi. Comme je n'avais qu'une vague idée de ce que je venais de lire, j'ai relu le chapitre. Ce n'est qu'après cela que j'ai réussi à faire un résumé des idées principales de ce chapitre dans mon cahier.

J'ai continué en m'aidant de la prière. Après avoir terminé 1 Néphi, j'ai constaté que je n'avais plus besoin de lire chaque chapitre deux fois ; une fois suffisait pour écrire un bon résumé. De cette façon, j'ai lu le Livre de Mormon en entier. Quand j'ai eu fini, j'avais un fort témoignage spirituel que ce livre est vrai et je pouvais aussi témoigner que le Seigneur nous rend plus forts si nous nous tournons vers lui.

Ensuite, j'ai rempli le formulaire de santé missionnaire et j'ai répondu honnêtement à toutes les questions même si les réponses pouvaient faire échouer mon désir de devenir missionnaire. Quelle ne fut pas ma joie quand j'ai reçu l'appel de servir dans la mission de Cali en Colombie ! C'est là-bas que j'ai découvert la véracité de la promesse du Seigneur qui se trouve dans 1 Néphi 3:7 : « Le Seigneur ne donne pas de commandements aux enfants des hommes sans leur préparer la voie pour qu'ils puissent accomplir ce qu'il leur commande. »

Après mon retour de mission, je suis retournée vivre avec mes parents dans une ferme où nous cultivions des produits que nous vendions. J'ai aussi appris à bien tricoter, ce qui me permet de gagner de l'argent et me laisse du temps pour progresser spirituellement. Je mène une vie heureuse et productive.

Naturellement j'aurais préféré ne pas avoir eu d'accident, mais je me rends compte du progrès énorme que j'ai fait par la suite. J'ai appris qu'il est possible de perdre nos rêves et nos espoirs, même nos être chers, et de voir disparaître nos talents, nos richesses et nos forces... mais que le Seigneur nous soutiendra toujours. Il nous donne de nouveaux rêves pour remplacer ceux que nous avons perdus. En dépit des difficultés que nous rencontrons, le Seigneur nous aide à aller de l'avant. Il compense, et il tient toujours ses promesses.

Maria Patricia Rojas V. est membre de la branche de Barbosa, district de Duitama (Colombie).

UN COW-BOY CORIACE

par Allan L. Noble

Tout le monde savait que Dallas Stock, cow-boy de rodéo, était un « dur ». Ce qu'ils ne savaient pas, c'était de quelle façon sa ténacité serait mise à l'épreuve.

Dallas n'avait pas été pratiquant dans l'Eglise pendant plusieurs années, mais sous l'influence affectueuse de sa femme Ginny et de leurs cinq enfants, aidé par des efforts inspirés des dirigeants de la paroisse et d'amis, le coeur de Dallas avait fini par changer. Etant son évêque, j'étais heureux de le voir progresser et décider d'emmener sa famille au temple. Il s'était préparé et la famille avait choisi une date pour se rendre à la maison du Seigneur,

Une semaine avant cette date, Dallas travaillait au ranch du programme d'entraide du pieu, faisant monter des taureaux dans les camions. Un taureau capricieux ne voulait pas monter et, pour se protéger, Dallas a sauté derrière un portail. Mais quand le taureau a heurté le portail, celui-ci s'est rabattu, et le taureau a écrasé Dallas entre le portail et la clôture, lui cassant un bras et plusieurs côtes et provoquant d'importantes contusions.

Le soir, j'ai rendu visite à Dallas. Il souffrait beaucoup, avec le bras dans le plâtre et les côtes bandées. Je lui ai conseillé de remettre le voyage au temple à plus tard. Il a répondu : « Frère, j'irai au temple mercredi prochain. »

Personne ne s'attendait à voir Dallas à l'église le dimanche. Mais il était là, remplissant son appel d'instructeur de l'Ecole du Dimanche. Cela représentait des souffrances pour lui, mais son dévouement était une source d'inspiration pour les membres.

Le mercredi, Dallas, Ginny, leurs enfants et de nombreux membres de leur famille et de la paroisse se sont rendus au temple comme prévu. Entre son fils et son gendre, Dallas a assisté à la session de dotation. Chaque fois qu'il bougeait, les membres de la paroisse sentaient presque la douleur que Dallas devait éprouver.

Après le scellement de Dallas et Ginny l'un à l'autre et à leurs enfants, dans la salle de scellement, les membres de la paroisse, les larmes aux yeux, se sont approchés pour les féliciter. J'étais sur le point de prendre Dallas dans mes bras mais je me suis arrêté en disant :

« Je ne veux pas vous faire mal. »

« Frère, a répondu Dallas, je n'ai pas mal du tout. Je peux vous affirmer que je n'ai pas eu mal de toute la journée. »

« Vous aviez l'air de souffrir », ai-je dit.

« Il m'était difficile de me lever et de m'asseoir mais cela ne faisait pas du tout mal », a-t-il expliqué.

En sortant du temple j'étais très ému par tout ce qui s'était passé. J'étais tellement reconnaissant que Dallas ait été béni pour avoir fait tout ce qu'il pouvait pour se rendre au temple avec sa famille. Ce jour-là, nous avons été les témoins, non pas de la force d'un cow-boy, mais de celle d'un homme d'une immense spiritualité.

Allen L. Noble est membre de la paroisse de Garden Lakes, pieu de West Maricopa, Phénix Arizona (Etats-Unis).

 

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