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LES SAINTS DES DERNIERS JOURS NOUS PARLENT
VIVRE UNE AVENTUREDavid B. Haight, du Collège des douze apôtres, a écrit : « S'embarquer pour une mission, comme beaucoup le savent, implique beaucoup des émotions que l'on a en s’embarquant pour une grande aventure : de l'enthousiasme, un peu d'inquiétude, voire un soupçon de crainte. Dans l'oeuvre missionnaire, nous faisons un pas dans l'inconnu » (voir ce numéro, page 15). Comme pour toute grande aventure, la mission demande des préparatifs, de l'entraînement et des réalisations. Il faut donner le meilleur de soi-même. Mais peu d'autres aventures, comme le montrent les expériences suivantes, peuvent apporter une joie aussi tangible et changer autant la vie que le service missionnaire. UN TRESOR D'AMOUR Par Romy Bazalar Cotera Je me souviens encore d'un après-midi, comme si c'était hier. Durant nos réunions du dimanche, qui se tenaient à l'époque le matin et l'après-midi, je m'étais assise près d'une dame souriante. Je lui avais pris la main pour être sûre qu'elle ne me quitte pas. Mais je n'avais que six ans, et j'étais fatiguée. Mes paupières commençaient à se fermer, et malgré mes efforts pour garder cette main douce, je me suis endormie. Lorsque je me suis réveillée, elle n'était plus là. Je me suis mise à pleurer, j'étais vraiment triste. Elle s'appelait Avon Compton. Son mari, Merlin, et elle étaient toujours souriants ; on pouvait lire l'amour sur leur visage. En fermant les yeux aujourd'hui, je peux encore les voir clairement. J'ai souvent parlé d'eux à mes élèves de la Primaire. Leur histoire est le meilleur moyen que je connaisse d'enseigner l'amour à ma classe de CLB. Ils étaient venus au Pérou depuis leur pays pour être un certain temps parmi nous. Elle ne parlait pas très bien notre langue, mais son mari la parlait mieux que certains d'entre nous. Nous l'admirions et nous savions qu'il aimait notre langue et notre culture. Je ne me souviens pas exactement quand j'ai commencé à aimer soeur Compton, mais je pense que cela a dû être ce premier dimanche à la Primaire. Elle nous a enseigné le chant « Quand je vais à l'église » (Childrens Songbook, p. 157). Elle avait apporté des images, et en nous enseignant les paroles du chant, elle nous avait parlé de l'importance de chanter. Elle nous avait dit que notre Père céleste et Jésus-Christ aiment entendre nos voix s'élever en louanges. Une autre fois, nous étions à nouveau assises l'une à côté de l'autre à la réunion de Sainte-Cène. Nous ne pouvions pas dire grand chose à cause de la différence de langue, mais nous pouvions communiquer. Pendant la réunion, elle a pris une feuille de papier et quelques crayons de couleur. Je pensais qu'elle allait écrire quelque chose, mais elle a murmuré : « Dessinons Maman. » Elle a fait un petit cercle. Puis elle a montré ses yeux et m'a donné la feuille et un crayon de couleur. J'ai compris qu'elle voulait que je dessine les yeux, et je l'ai fait. Je lui ai rendu le crayon de couleur, et elle a dessiné les cheveux. Puis j'ai dessiné la robe, et elle a dessiné les bras. Finalement, à deux, nous avions dessiné ma mère. J'étais tellement heureuse ! J'ai montré le dessin à ma mère et j'ai fait un gros baiser à soeur Compton. Elle avait toujours quelque chose pour nous. C'était souvent une histoire pour enfants qu'elle avait écrite. Un jour elle m'a parlé de Jésus-Christ. Puis nous avons colorié des dessins de Jésus qu'elle avait faits. Puis est arrivé le jour où frère et soeur Compton ont dû partir. J'ai demandé pourquoi. Maman m'a dit qu'ils avaient une famille à qui ils manquaient et qui avait besoin d'eux. J'ai pensé à ma mère et la peine que j'aurais d'être éloignée d'elle longtemps. J'ai alors compris que je devais laisser partir soeur Compton. Les années ont passé. Nous n'avons jamais cessé de nous écrire et notre amitié s'est renforcée. Quand je pense à soeur Compton, je pense aux paroles que notre Seigneur Jésus-Christ a dites à ses disciples : «C'est ici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés» (Jean 15:12). Je me souviens avec bonheur des jours d'été où nous, les enfants de la Primaire, faisions une chasse au trésor : un bonbon, une fleur ou un petit jouet caché par un enfant plus grand. Comme nous étions heureux lorsque nous trouvions le trésor ! Depuis lors, j'ai trouvé beaucoup de beaux trésors. Mais l'un de mes plus grands trésors sera toujours l'amour de deux membres missionnaires particuliers : mes amis Avon et Merlin Compton. Romy Bazalar
Cotera est membre de la paroisse de Santa Cruz, dans le pieu de Limatambo, à
Lima (Pérou), PRISE PAR SURPRISEPar Wang Shu-chuan Je suis devenue membre de l'Eglise à Tainan (Taiwan), en octobre 1991. Deux ans plus tard, j’ai déménagé à Taipei pour travailler. Ressentant le besoin de mieux connaître l'Evangile, je me suis inscrite à l'institut. Cette décision m'a menée à un événement qui m'a prise par surprise. Pour ma deuxième année d'institut, nous avons étudié les Doctrine et Alliances, et j'ai beaucoup appris sur le temple. J'ai alors eu le grand désir d'aller au temple. Quand j'en ai parlé à mon évêque, il m'a indiqué comment m'y préparer. En juin 1995, je suis allée voir le président de pieu pour un entretien. Mon président de pieu a commencé par me dire que j'étais trop jeune pour contracter les alliances sacrées du temple. Ses paroles m'ont stupéfaite car j'avais vraiment fait des efforts pour me préparer et je savais en moi-même que j'étais prête. Alors je l'ai supplié d'y réfléchir, expliquant que mon évêque m'avait envoyée à lui. Je lui ai demandé si nous pouvions au moins parler de la possibilité d'y aller. Il m'a répondu : « Si vous insistez, nous allons en parler. » Vers la fin de l'entretien, il m'a demandé : « Si le Seigneur-vous demandait de partir en mission aujourd'hui, le feriez-vous ? » J'ai répondu : « Je pense que oui. » J'ai eu ma recommandation à l'usage du temple et ma dotation le même jour. J'ai aussi décidé que j'accepterais un appel à faire une mission. Ma famille a été abasourdie par ma décision. Mon frère aîné a déclaré que si je partais en mission, je ne devais pas compter revoir ma famille par la suite. Mais comme Néphi l'a promis, le Seigneur a préparé la voie pour que je puisse accomplir ce qu'il avait demandé (voir 1 Néphi 3:7). Je suis partie dans la mission de Taichung (Taiwan) en mai 1996. Juste avant mon départ, mon frère m'a prise dans ses bras et m'a dit en pleurant que s'il ne voulait pas que je parte c'est parce qu'il ne supportait pas l'idée d'être séparé de moi. Tout au long de ma mission, ma famille m'a totalement soutenue. Ma mission a changé ma vie. J'ai compris plus clairement mes relations avec notre Père céleste. Mon témoignage a grandi et l'importance de l'oeuvre missionnaire, qui est d'amener des âmes à Jésus-Christ, s'est gravée éternellement dans mon esprit et dans mon coeur. Ce qui m'est le plus cher maintenant que j'ai fait une mission, c'est la promesse que j'ai faite à Dieu de persévérer jusqu'à la fin. Je me souviens de ce que mon président de mission a dit alors que quelques missionnaires dont je faisais partie allaient être bientôt relevés. Il a dit qu'il voulait que nous restions dignes pour que nous puissions tous nous retrouver dans les cieux un jour. J'ai souvent pensé à cela, particulièrement dans les moments d'épreuve. J'ai le coeur rempli de gratitude. Je suis reconnaissante que Dieu m'ait protégée et m'ait donne des occasions d'apprendre. Beaucoup de ces expériences étaient surprenantes et inattendues, mais elles m'ont toutes aidée à devenir un peu plus la servante du Seigneur que je désire tellement être. Wang
Shu-chuan est membre de la quatrième paroisse de Taipei, dans le pieu de Taipei
Centre (Taiwan). « Donnez-nous
une bénédiction ! » Par Lesly Augusto Tobar Correa Otavalo, belle ville du nord-est de I'Equateur, est encore plus belle dans ma mémoire à cause qu'une expérience que j'y ai eue pendant que j'étais missionnaire dans la région de Quito. Un après-midi de septembre 1996, ma compagne et moi nous rendions à pied à un rendez-vous pour une leçon missionnaire. Tout à coup des enfants sont sortis en courant d'une humble maisonnette en criant : « Une bénédiction ! Une bénédiction ! Donnez-nous une bénédiction ! » Nous étions étonnées et nous ne savions pas quoi penser. Nous allions décider de les ignorer et de continuer notre chemin, mais quelque chose nous a poussées à aller voir ce qui se passait. Nous avions peur que quelque chose de grave ne soit arrivé. Les enfants sont rapidement rentrés en courant dans la maison. Nous les avons suivis et nous avons trouvé une dame qui était aussi surprise de nous voir que nous de la voir. Nous lui avons expliqué ce qui s'était passé et, en souriant, elle nous a dit : « Les enfants étaient en train de jouer. » Nous avons parlé avec elle quelques minutes, nous avons pris son nom pour revenir, puis nous sommes parties. Deux jours plus tard, nous sommes retournées la voir et nous avons appris qu'elle était membre de l’Eglise. Elle n'était pas allée à l'église depuis longtemps, principalement, dit-elle, parce qu'elle n'avait ressenti le soutien de personne. Ses enfants n'étaient pas membres de l'Eglise. Nous avons eu l'impression qu'elle voulait que l'Evangile de Jésus-Christ revienne dans sa vie et dans celle de ses enfants. Nous avons enseigné le message de l'Evangile à ses enfants, et ils se sont fait baptiser deux semaines plus tard. Au service de baptême, l'un des enfants s'est mis à pleurer de joie. Il a dit que sa mère avait changé, et qu'il était très heureux que le Seigneur ait envoyé des missionnaires chez eux. Ces enfants ne se doutaient pas qu'en demandant une bénédiction en jouant, le Seigneur leur répondrait par une abondance de bénédictions. Aujourd'hui, cette famille continue d'être forte et fidèle dans l'Eglise. Beaucoup de gens dans le monde sont comme ces enfants. Sans le savoir, ils désirent une bénédiction de notre Père céleste. Il leur suffit de demander, et il répondra. Car il a dit : « Vous êtes de petits enfants, et vous n'avez pas encore compris combien sont grandes les bénédictions que le Père a entre ses mains et qu'il a préparées pour vous » (D&A 78:17). Lesly Augusto
Tobar Correa est membre de la paroisse de El Porvenir, dans le pieu de Milagro
(Equateur).
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